D&W1988 COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. $. 9o 4>A>*?< PARIS. IMPRIMERIE DE BACHELIER , rue du Jardinet, n 12. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SANCES DE L ACADMIE DES SCIENCES, PUBLIES CONFORMMENT A UNE DCISION DE L'ACADMIE On 36> exprience de Berzelius et de la plupart des chimistes; ou 443,75, exprience de M. Maumen? M. Baudrimont pense que tous les corps, en y comprenant l'hydrogne lui-mme, doivent avoir un poids atomique multiple, non de ia,5o, mais de la moiti ou du quart de ce nombre. Si cette opinion est juste, il devient trs-difficile, sinon impossible pour la plupart des corps, de la vrifier exprimentalement. Ainsi les chimistes, qui hsitent dj, pour le chlore, entre les nombres l\l\ifi et 45o, devraient maintenant se prononcer pour 44 2 >6 ou pour 443,75. Le procd suivant est si simple, si facile, si prompt (une heure au plus), et il me parat tellement exempt "de toute erreur, que j'espre que d'autres chimistes voudront bien rpter mon exprience, et s'assurer par eux-mmes si le poids atomique du chlore est rellement ou non un multiple de celui de l'hydrogne. ' Deux matras d'essai, long col, de la grosseur d'un uf .et ayant peu prs le mme volume, sont quilibrs sur une balance, dont un des plateaux porte le poids de 5 gr ,38i25 = 3 x i,35o, poids atomique de l'argent, 3 X o,44375, poids atomique suppos du chlore. 3 X i,35o sont retirs et remplacs par le mme poids d'argent pur. Dans les deux matras, l'un vide, l'autre renfermant l'argent, on verse la mme quantit d'acides nitrique et chlorhydrique purs. On place eu mme temps les deux matras sur le feu; l'vaporation termine, on les prsente ensemble l'ouverture d'une moufle chauffe au rouge. Le chlorure tant fondu, on pse ensemble les deux matras, en retirant le reste des poids, soit i,33t. Dans trois expriences, la balance (sensible au demi-milligramme) est reste en quilibre. Le poids atomique de Ihydrogne tant 1, celui du chlore devient 35,5. Poids atomique du bore. Berzelius a dduit le poids atomique du bore de la quantit d'eau que perd le borax par Ma fusion. Pour voir si ce sel fondu retient encore de l'eau, j'y ai projet du fer; il s'est dgag quelques bulles d'hydrogne. Pour en dterminer la quantit, j'ai fondu i r ooo de (8) borax avec 0,100 de spath d'Islande. La perte a vari de o,47i5 0,47a. Berzelius avait trouv 471- J'ai opr sur une trop petite quantit pour r- pondre d'une diffrence de 1 milligramme; nanmoins, le multiple de l'hy- drogne se trouve compris entre ces deux nombres, comme on le voit par le calcul suivant : 2B 22 60 48 NaO 3i ,oA q JP = 47. ia - 191 100,00 Si Ion reprsente 1 acide borique par BO 3 , l'atome du bore psera 1 1; et si l'on adopte la formule B a O 3 , il deviendra 5,5. physique. Note sur les expriences de M. Du Bois Reymond. (Extrait d'une Lettre de M. de Hcmboldt M. Arago.) < Ni les plaisanteries des rdacteurs de certains journaux sur la crdulit allemande, ni les rsultats ngatifs obtenus jusqu'ici par deux physiciens, habiles exprimentateurs, n'ont branl mes convictions l'gard de l'in- fluence volontaire de l'action musculaire sur le mouvement et la direction de l'aiguille astatique du galvanomtre. Nous venons d'avoir une nouvelle sance dans le cabinet de M. Emile Du Bois Reymond. J'ai invit cette sance M. Mitscherlich, notre ami commun, dont tu connais la grande habilet manier les instruments d'optique et de physique en gnral. M. Mitscherlich a obtenu ce que M. Du Bois a dcouvert, ce que, depuis des annes, plus de trente personnes occupes de recherches physiques ou physiologiques ont constat ici sur elles-mmes. En donnant de la tension aux muscles du bras gauche, l'aiguille a t mise instantanment en action par M. Mitscherlich, et dans le sens o M. Du Bois l'avait prdit, de manire a indiquer un courant de la main l'paule dans le bras contract. Eu roi- dissant son bras droit, M. Mitscherlich a vu l'aiguille se mouvoir dans le sens oppos, mais parcourir un moindre nombre de degrs, parce que l'in- tensit du courant dvelopp par le mouvement musculaire, n'est pas tou- jours la mme dans les deux bras. M. Mitscherlich , quelques jours plus tard , a encore rpt l'exprience, seul avec M. Du Bois. Il m'a permis de citer son tmoignage dans ces lignes, que tu voudras bien communiquer l'Acadmie. Occup moi-mme depuis plus d'un demi-sicle de ce genre de recherches physiologiques , la dcouverte que j'ai cru devoir t annoncer (9) a un vif intrt pour moi. C'est un phnomne de la vie, rendu sensible par un instrument de physique. chimie. De la prsence de l'allantone dans l'urine. (Extrait d'une Lettre de M. Woebxer M. Dumas.) Vous savez que l'on admet que la liqueur allantoque de la vache n'est autre chose que l'urine du foetus, et que cette liqueur contient un corps propre, l'allantone. Il tait donc prsumer que, mme dans l'urine de l'animal dj n, on pourrait trouver encore ce mme corps. En effet, j'ai trouv que l'allantone est un principe essentiel et constant de l'urine du veau. On n'a qu' vaporer l'urine jusqu' un sixime de son volume pour faire cristalliser, pendant quelques jours, l'allantone mle de beaucoup de phosphate de magnsie cristallis. Pour la purifier et la dcolorer, on la redissout dans l'eau bouillante, en traitant la dissolution avec un peu de charbon animal. Ainsi obtenus, les cristaux, quoique parfaitement blancs, affectent toujours une modification de forme diffrente de celle de l'allan- tone ordinaire, et qui provient d'une matire trangre qu'on ne parvient liminer qu'en combinant l'allantone avec l'oxyde d'argent. Spare de cette combinaison par l'acide hydrochlorique , l'allantone de l'urine de veau n'est pas diffrente de l'allantone obtenue de la liqueur allantoque ou de l'acide urique, ni par la forme, ni par la composition : elle est C 8 H ,2 N 8 6 . L'urine des veaux, qu'on se procure des bouchers, en faisant lier et couper la vessie encore remplie, est acide, et contient en outre de l'acide urique et de l'ure , ce qu'il parat, peu prs dans les mmes propor- tions que l'urine de l'homme; mais elle ne contient pas d'acide hippurique, corps essentiel de l'urine des vaches, qui, de son ct, est alcaline et ne contient pas de l'allantone. M. le Prsident annonce que le XXVII e volume des Comptes rendus est en distribution au secrtariat. MMOIRES LUS. agriculture. Observations sur le choix , la plantation et la culture des arbres d'ornement Paris ; par M. Poirson. (Commissaires, MM. de Jussieu, Decaisne.) C. li., l84g, 2 me Semestre. (T. XXIX, N I.) 2 ( io ) MMOIRES PRSENTS. . analyse mathmatique. Mmoire sur le nombre de valeurs que peut prendre une fonction quand on y permute les lettres quelle renferme ; par M, J.-A. Serret. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Liouville, Lam.) Les gomtres qui se sont occups de la thorie des quations alg- briques ont t conduits naturellement tudier diverses questions rela- tives au nombre de valeurs que peut prendre une fonction quand on y permute les lettres qu'elle renferme. Lagrange est le premier qui soit entr dans cette voie,. en dmontrant que le nombre des valeurs d'une fonction de n lettres est toujours un diviseur du produit i . i . 3 . . . n. Plus tard,Rufini considra particulirement, dans sa Thorie des qua- tions, les fonctions de cinq lettres, et dmontra qu'une fonction de cinq lettres, qui a moins de cinq valeurs, ne peut en avoir plus de deux. Ce thorme important fut tendu ensuite aux fonctions d'un nombre quelconque de lettres, par Pitro Abatti, compatriote de Rufini, qui dmon- tra qu'une fonction d'un nombre quelconque de lettres ne peut avoir plus de deux valeurs sans en avoir au moins cinq. Tel tait l'tat de la question, lorsque M. Cauchy commena s'en occuper. Ce gomtre, prenant pour point de dpart les travaux de Rufini et d'Abatti, publia, dans le tome X du Journal de l'cole Polytechnique, un Mmoire trs-remarquable, o se trouve dmontr ce beau thorme qui comprend ceux de Rufini et d'Abatti : Une fonction de n lettres qui a plus de deux valeurs, era a au moins un nombre gal au plus grand nombre premier contenu dans n. On conclut de l-, si n est un nombre premier, quune fonction de n lettres qui a plus de deux valeurs en a au moins n. M. Cauchy donne penser qu'il chercha tudier ce dernier thorme, au cas des fonctions d'un nombre quelconque de lettres, mais il ne put y parvenir que pour les fonctions de six lettres. Il a, en effet, dmontr, dans son Mmoire , que , si une fonction de six lettres a plus de deux valeurs, elle en a au moins six. Enfin, M. Bertrand prsenta, il y a trois ans, l'Acadmie un Mmoire qui fait aujourd'hui partie du XXX e cahier du Journal de l'Ecole Polj- ( w ) technique, et o il se proposait, comme objet principal , de dmontrer gn- ralement que , si une fonction de n lettres a plus de deux valeurs, elle en a au moins n. On sait que M. Bertrand est parvenu tablir ce thorme en faisant usage du postulatum suivant : Si n est >^, il y a au moins un nombre pre- mier compris entre - et n 2. Les Tables de nombres premiers ont permis de vrifier l'exactitude de ce postulatum pour les valeurs de n comprises entre 7 et 6oooooo,-en sorte que le thorme de M. Bertrand se trouve dmontr par lui pour les fonc- tions qui ont moins de 6000000 de variables. M. Bertrand a aussi dmontr dans son Mmoire que, n tant >9, si une Jonction de n lettres a plus de n valeurs, elle en a au moins 2 n. * Tels sont les faits principaux acquis cette thorie (1). Le Mmoire que j'ai l'honneur de prsenter aujourd'hui l'Acadmie se compose de deux parties, et renferme vingt-six propositions. L'objet principal de la premire partie est d'tablir le thorme de M. Bertrand, sans avoir recours aucun postulatum. Dans la seconde partie je dmontre : i qxx une fonction qui a plus de n valeurs en a au moins 2 n, si n est > 8; 2 qu une fonction qui a plus de in valeurs en a au moins -> si n est > 12. La Mthode dont je fais usage diffre essentiellement de celles qui ont t employes jusqu' ce jour, et la thorie expose dans ce Mmoire com- prend comme cas particuliers tous les rsultats partiels obtenus par les go- mtres qui ont trait avant moi cette matire. physique du globe. Sur les altitudes des montagnes de la Bolivie et sur les systmes de dislocation qu'on y observe. (Extrait dune Lettre de M. A. Pissis M. Elie de Beaumont.) Charg par le gouvernement de la Bolivie de lever la carte de cette contre, j'ai form une chane de triangles s tendant depuis la Cordilire U) Depuis que ce Mmoire est compos , je me suis aperu que M. Cauchy avait indiqu dans les Comptes rendus quelques rsultats conformes ceux que j'ai obtenus moi-mme. M. Cauchy a dduit ces rsultats de ses recherches sur les arrangements et les substitutions, mais il ne les a pas rappels dans la rimpression de son Mmoire, la seule dont j'avais eu connaissance (Exercices d'Analyse et de Physique mathmatique, tome III). Au surplus, l'analyse de M. Cauchy n'a aucun rapport avec la mienne. 2.. ( 12 ) de Vileapuccio jusqu'au del de La Paz, et comprenant divers sommets qui se trouvent dans la rgion des neiges. Les autres points , plus levs et gn- ralement inaccessibles, ont t dtermins par des lignes visuelles aboutis- sant toujours deux des cts de ces triangles, de manire avoir plusieurs distances znithales qui peuvent servir de vrification. Les deux points de dpart, c'est--dire La Paz et Oruro, ont t dtermins par des hau- teurs baromtriques observes sur ces points et au bord del mer Arica, et les altitudes calcules par la formule de Poisson. Voici les rsultats : Altitudes calcules baromtriquement. Oruro (la place) 3 781 mtres. La Paz ( place du palais) -. 3 660 Id. dduite de celle d'Oruro 3 699 Moyenne 3 679,5 Altitudes mesures trigonomtriquement . Illimani (distance znithale prise d'El Pilar) . . . . , ' 6 575 mtres . Id. ( id. du plateau de Chuquiaguillo) 6 452 Id. ( id. de la Capilla) 6455 ld. ( id. du pic de Tomosa) 6 573 Moyenne 6 5og Huaina Potosi ( moyenne) . 6 084 Dme de Saujaraa (massif trachytique isole) 64>4 Limite infrieure des neiges l'IIlimani (octobre 1847) 5 260 Cerro de Nigro Farellon ( prs d'Oruro) 5 383 Cerro de Vilacota (provices de Chayante) 5 372 Ces deux dernires montagnes ne conservent pas la neige pendant toute l'anne , bien qu'elles soient plus leves que la limite de l'IIlimani. Elles occupent la partie centrale du plateau o, pour la mme altitude, la temprature est plus leve que dans les Andes. Pic de Poopo (prs du lac de ce nom) 5 064 Pic de Tomosa ( prs de Calatnarca) 4 38 1 El Pilar (pilier sur le plateau qui domine La Paz) 4 ! 4p Cerro d'Oruro 4 1 34 En gnral, ces altitudes se trouvent infrieures celtes donnes par / I- ( r ) M. Pentland et indiques dans X Annuaire du Bureau des Longitudes (i). J'aurais bien voulu envoyer n mme temps les observations relatives aux lignes de soulvement des Andes; mais M. Levraut, qui veut bien se charger de cette Lettre , n'ira peut-tre pas directement en France , et ce travail pourrait n'arriver que fort tard; j'attendrai donc une autre occasion pour vous l'envoyer. Le dernier soulvement dont on retrouve les traces a eu lieu parall- lement au mridien. C'est lui que se rattachent les volcans modernes de la Cordilire occidentale. Dans les Andes orientales on retrouve des fractures suivant la mme direction. Elles sont, en gnral, places prs des points culminants et dans les parties infrieures; on observe des dykes de gypse enveloppant des fragments en partie calcaires, en partie l'tat de sulfate, et qui paraissent, venir des couches sous-jacentes. Les nappes de trachyte quartzifre et le terrain d'eau douce qui recouvre la surface du plateau bolivien ont aussi t fracturs suivant cette direction. Entre ce soulvement et celui des Andes orientales , on en reconnat un autre qui est en rapport avec les trachytes quartzifres et les conglomrats ponceux antrieurs au terrain paludines. Enfin, avant le soulvement des Andes orientales , on retrouve encore deux ordres de fractures, diriges les unes au nord-est et les autres au nord- nord-ouest. Les premires sont antrieures au dpt du terrain trilobites. On les rencontre l'est des Andes, dans la partie occupe par le gneiss et les schistes talqueux, tandis que les secondes sparent les diverses chanes formes par le terrain ardoisier, les psammites trilobites et orthis. On les observe vers l'extrmit sud du plateau , depuis Oruro jusqu'auprs de Potosi. Le terrain rapport au lias par MM. Pentland et d'Orbigny est adosse ces chanes et forme une ceinture qui les entoure l'est, au sud et l'ouest. (i) M. Pentland a publi l'anne dernire une nouvelle dtermination des principales alti- tudes de la Bolivie d'aprs les mesures qu'il a prises lors de son second voyage dans ce pavs Ces mesures, imprimes dans le Compte rendu de l'anne dernire (t. XXVII, p. i iA) t diff- rent peu de celles de M. Pissis qui , de son ct , ne pouvait les connatre encore la date de sa Lettre : Nvado de Sorata 6488 mtres au-dessus du niveau de la mer. Nvado de Illimani 6 456 ( i4 ) Gologie. De l'existence de couchesfde transition appartenant deux systmes dans les Vosges, autour du massij du Champ-du- Feu; par M. Daubre. (Prsent par M. Eue de Beaumont.) Il est un fait qui prouve que les terrains de transition qui entourent le massif granitique du Champ-du-Feu appartiennent deux systmes diff- rents. > Au nord du massif du Champ-du-Feu, dans la valle de la Bruche, le terrain est reprsent par des roches arnaces, grauwackes et poudingues, dans lesquelles sont enclavs, aux environs de Schirmeck, les amas de cal- caire gris, riche en encrines et en polypiers, que Ton exploite comme marbre Russ et Wackembach. Parmi les roches associes ce calcaire, on trouve, entre Russ et Schirmeck , un poudingue grossier form de fragments d'un granit semblable celui du Champ-du-Feu. Ces fragments, dont le dia- mtre atteint 5 6 centimtres, sont parfaitement arrondis sous forme de galets. Une pte noire et dure comme de l'aphanite les cimente; dans les interstices des cailloux, se trouvent aussi de petits nids calcaires qui portent des empreintes de Cyatophjllum et de Calamopora, dont les mmes espces se trouvent aussi dans les amas calcaires du voisinage. Au revers mridional du massif du Champ-du-Feu , sont adosss des schistes gris et lustrs, souvent traverss par des veines de quartz. Us ne contiennent pas damas calcaire, et l'on n'y a jamais rencontr de fossiles. Ces schistes diffrent donc tout fait, par leur composition minralogique, du terrain de transition de la valle de la Bruche; mais ils s'en distinguent surtout dans leur relation par rapport au terrain granitique. En effet, prs du granit autour duquel il a t redress, le schiste est travers par de petits filons de granit, comme on peut facilement l'observer dans la valle d'Andlau et sur le versant septentrional du val de Ville. Le schiste du val de Ville est donc antrieur au soulvement du granit du Champ-du-Feu. Or le granit qui forme des filons dans ce schiste appartient prcisment la mme varit que celui qui est en cailloux dans le poudingue de Russ. " Les couches de transition de la chane des Vosges appartiennent donc deux systmes distincts, dont l'un est antrieur, l'autre est postrieur au soulvement du granit du Champ-du-Feu. La direction du systme du Finistre (i) qui est Brest O. ai45'S., (i) M. lie de Beaumont, Note sur les systmes des montagnes les plus anciens de l'Europe 'Bulletin de la Socit Gologique de France, 2 e srie, tome IV, page 864). ( 5 ) E. ai45' N. , tant transporte au pied mridional du Champ-du-Feu, de- viendrait E. ii 12 degrs N., c'est--dire, trs-peu prs, parallle la direction moyenne des schistes du val de Ville. D'aprs ce fait et d'aprs la nature mme des schistes du val de Ville, M. lie de Beaumont pense que ces derniers doivent tre rapports aux schistes cumbriens de la Bretagne qui sont antrieurs au systme du Finistre, et plus anciens que le terrain silurien. Dans cette manire de voir, le granit du Champ-du-Feu serait sorti l'poque de la formation du systme du Finistre, et pourrait, par cons- quent, se trouver en cailloux rouls dans le terrain silurien, aussi bien que dans le terrain dvonien. Les couches fossilifres des environs de Schirmeck sont rapportes, par M. lie de Beaumont, aux couches infrieures du terrain dvonien [Tilestone fossilifre) , lesquelles sont concordantes avec le terrain silurien. acoustique. Mmoire relatif aux mouvements des cordes en vibration; par M. de Katow. (Commissaires, MM. Despretz, Duhamel.) physique du globe. Expriences sur les courants du dtroit de Gibraltar; par M. Coupvent des Bois. (Commissaires, MM. Arago, Duperrey.) L'auteur sera invit donner plus d'extension sa communication, sur laquelle il sera fait prochainement un Bapport. M. Feil, petit-fils de M. Guinand, prsente un flint-glass de 68 centi- mtres de diamtre, pesant 55 kilogrammes, obtenu en deux ramollissages, seulement 26 pour 100 de potasse, de la densit du flint ordinaire de Guinand, paraissant, aprs un examen consciencieux, d'une puret remar- quable. M. Feil prsente galement un chantillon de boro-silicate de potasse destin faire un grand crown-glass du mme diamtre que le flint. Ce crown-glass sera prsent l'Acadmie dans les derniers jours de juillet avec diffrents chantillons de borates de plomb. (Commissaires, MM. Arago, Chevreul , Begnault.) ( 16 , physiologie. Expriences sur les courants lectrophjsiologiques chez l'homme et les animaux; par M. Ducros. (Commissaires, MM. Becquerel, Despretz. ) L'auteur a constat, dit-il, par des expriences multiplies, que la dou- leur, les pincements, les piqres, en un mot tout ce qui active l'excitation vitale, ragissent distance du point o on les exerce, sur l'aiguille du galvanomtre. Les conducteurs du galvanomtre tant placs, l'un la nuque, l'autre au front, l'aiguille astatique a marqu l\o degrs du galvanomtre. Elle tait dans le repos lorsque j'ai fortement pinc la cuisse. Sous l'empire de la douleur, l'aiguille a marqu 80 degrs avec une grande vitesse. Cette exprience , rpte plusieurs fois, a constamment russi. Faite sur d'autres parties du corps, elle a prsent un rsultat analogue. . Au lieu de pincer, j'ai piqu avec des aiguilles sur des rgions loignes des points o les conducteurs du galvanomtre se trouvaient placs : dans ce cas encore les piqres ont ragi sur l'aiguille astatique. M. Nicole adresse un buse magntique. (Commissaires, MM. Rayer, Velpeau.) CORRESPONDANCE. astronomie. lments de la nouvelle plante. (Extrait d'une Lettre de M. GASPARis M. Arago.) .< Les lments suivants ont t calculs sur les observations des 29 avril , 7 et 1 6 mai : poque, 1" mai 1849- Anom. moy . 326 34' 22",44 Longit. du per 24 2 -47 3 ,44 Longit. du nud 285 . 32 . 29 ,72 Inclinaison 3.46.5i ,27 Loga 0.5192506 Log c 9. 2478343 Mouv. moy. diurne. . . . 5go",3784 4 ( 17 ) "Je crains que ces lments soient peine approchs, cause de la petite inclinaison. La valeur de log# est comparativement trop forte; mais en revanche les observations montrent que la plante a un mouvement plus lent que les autres astrodes. M. Dumont envoie la description dune nouvelle machine de son in- vention. L auteur sera invit complter la description de sa machine dont il est difficile de se faire une ide d'aprs l'explication qu'il a envoye. M. R. Coxe adresse des observations sur la communication de M. Andraud relative l'tat d'une machine lectrique pendant la priode o le cholra svissait avec le plus d'intensit Paris. M. Labrut envoie un Mmoire sur l'origine de la Lune. M Ji \m> dpose un paquet cachet'. L'Acadmie en accepte le dpt. A 4 heures et demie , l'Acadmie se forme en comit secret. La sance est leve 5 heures. A. C. R., 1849, V"" Semestre. ( T. XXIX, N I.) ( i8) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Acadmie a reu, dans la sance du i juillet 1849, ' es ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences, i er semestre 1849; n 26; hi-4. Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; tome XXVII; i me semestre 1848; in-4. Annales de Chimie et de Physique; par MM. Gay-Lussac, Arago, Che- vkeul, Dumas, Pelouze, Boussingault et Regnault; 3 e srie, tome XXVI, juin 1849; i n ~8. Annales des Sciences naturelles ; par MM. MlLNE EDWARDS, Ad. Brongniart et Decaisne; dcembre i848;in-8. Sur le pouvoir magntique des minraux et des roches; par M. A. DsLESSE; broch. in-8. Bulletin de l'Acadmie nationale de Mdecine, tome XIV, n 18; in-8. L Agriculteur praticien ; n 118; juillet 1849; in-8. Le Moniteur agricole; tome II, n i3; in-8. Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie et de Toxicologie ; n 8; juil- let 1849; in - 8 - Recueil de la Socit Polytechnique; par M. DE MolON; n 53; mai 1849; in-8. Journal des Connaissances mdicales pratiques et de Pharmacologie; a e srie, tome II; juin 1849; in-8. Journal des Connaissances mdico-chirurgicales ; juillet 1849; in-8, avec atlas. Flora batava; i58 e livraison, et index du X e volume. Amsterdam, 1849; in-4". ( '9 ) An Essay . . . Essai sur les sources du Nil dans les montagnes de la Lune; par M. Gh.-T. Beke. Edimbourg, 1848; broch. in-8. (Extrait du nouveau Journal philosophique d Edimbourg.) Astronomische . . . Nouvelles astronomiques de M. Schumacher; n 676 ; in-4. L'Abeille mdicale; n 1 3 ; juillet i849;in-8. Gazette mdicale de Paris; n" 26; in-4- Gazette des Hpitaux ; n oa 74 76. COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 9 JUILLET 1849. PRSIDENCE DE M. DUPERREY. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. bibliographie. Remarques sur la nouvelle dition del Mcanique cleste; par M. U.-J. Le Verkier. (Extrait.) L'dition originale des ouvrages de Laplace tait peu prs puise il y a quelques annes. Il en restait peine vingt exemplaires dans la librairie , et l'on entrevoyait le moment o les Franais seraient contraints d'tudier la Mcanique cleste dans une traduction trangre. Cette situation froissait une juste susceptibilit nationale, et blessait les intrts de la science. 11 fut propos au pouvoir lgislatif d'y remdier par une rimpression , faite aux frais de l'tat, des ouvrages de notre immortel compatriote. Le crdit n- cessaire pour cette dpense fut largement vot, sur un loquent rapport de M. Arago. La nouvelle dition vient d'tre acheve. Bien qqjil ne s'agisse que d'une rimpression , la Mcanique cleste est si intimement lie la gloire de l'Acadmie des Sciences, que nous ne saurions laisser passer cette rim- pression sans en dire quelques mots. Ni l'Acadmie, ni le savant rapporteur de la loi de 1842 n'ont t consults sur l'excution de cette uvre capitale C. R., 1849. "" Remettre. ( T. XXIX, N t.] 4 ( ", Notre droit d'examen reste donc entier. Il et t prfrable assurment que l'Acadmie et t saisie plus tt de cette question ; la discussion cependant ne sera peut-tre pas sans profit, si, comme nous devons l'esprer, le vu mis dans le Rapport de M. Arago vient se raliser: qu'un jour, dans des circonstances financires plus favorables , la France fasse publier aussi la collection des principaux Mmoires de Clairaut, de d'Alembert, de Lag range. Les conclusions de la discussion laquelle se livre ici M. Le Verrier sont les suivantes : On a rimprim scrupuleusement nombre d'erreurs qui avaient nces- sairement chapp dans la rdaction de la premire dition. On n'a point pris la peine de prvenir le lecteur, mme par une simple indication, de l'existence de ces fautes. La nouvelle dition perd ainsi l'intrt scientifique qu'elle et pu acqurir. L'inexactitude typographique est beaucoup trop frquente pour une dition de cette importance. Si l'on en vient un jour reproduire, aux frais de l'tat, les principaux Mmoires de Clairaut, de d'Alembert et de Lagrange , il sera dsirer que les bases principales de la publication soient arrtes aprs discussion au sein de l'Acadmie, et que le travail matriel de l'impression soit excut dans un tablissement plus habitu que l'Imprimerie nationale au maniement des formules mathmatiques. M. Binet n'ayant entendu la lecture que des dernires phrases de la Note de M. Le Verrier, annonce l'Acadmie qu'il aura une rponse faire des critiques qu'il croit exagres. La nouvelle dition des OEuvres de Laplace a t excute sous la direction d'une Commission compose de MM. Poinsot , Blanchet et Binet; et c'est titre de membre de cette Commission que M. Binet se rserve le droit de donner des explications que la commu- nication de M. Le Verrier parat exiger. M. le Prsident annonce que le XVIII e volume des Mmoires de l'Aca- dmie des Inscriptions et Belles-Lettres a paru, et est en distribution au secrtariat. -, ( a3 ) RAPPORTS. Rapport au sujet du grand prix de Mathmatiques dcerner en i85o(i). Les travaux rcents de plusieurs gomtres ayant ramen l'attention sur le dernier thorme de Fermt, et avanc notablement la question, mme pour le cas gnral, l'Acadmie propose de lever les dernires diffi- cults qui restent sur ce sujet. Elle met donc au concours pour le grand prix de Mathmatiques dcerner en i85o le problme suivant : Trouver pour, un exposant entier QUELCONQUE n les solutions en nombres entiers et ingaux de l'quation x n +- j" = z", ou prouver qu'elle n'en a pas. Le prix consistera en une mdaille d'or de la valeur de trois mille fr. Les Mmoires devront tre arrivs au secrtariat de l'Acadmie avant le I er octobre i85o. Ce terme est de rigueur. Les noms des auteurs seront contenus dans un billet cachet, qui ne sera ouvert que si la pice est cou- ronne. Note de M. Faye sur un Mmoire de M. Depoisson, adress l'acadmie. M. Faye, charg par l'Acadmie d'examiner une communication de M. Depoisson sur un instrument auquel l'auteur donne le nom de trap- zomtre, dit qu'il a lu avec intrt cette Note ainsi qu'une Lettre du mme auteur sur le mme sujet; mais, d'aprs la nature de cette communication et l'usage constant de l'Acadmie en pareil cas, il ne peut tre fait de Rapport. MMOIRES LUS. physique. Sur les actions molculaires; par M. A.imm. (Extrait.) (Commissaires, MM. Pouillet, Regnault.) L'auteur montre d'abord qu'on peut parvenir faire flotter la surface de l'eau un nombre indfini de fils de fer. Il explique ensuite les actions molculaires, qu'il a dj fait connatre, du (i) La Commission charge de proposer le sujet du prix tait compose de MM. Cauchy, Sturm, Arago, Poinsot , Liouville rapporteur. 4.. ( M ) reste, en 1842, dans sa Thorie de la capillarit. H applique les rsultats des actions capillaires l'explication de tous les effets dits de contact en chimie, et. indique le mode de formation des vsicules des nuages, les causes des brouillards, des vents, des ouragans, des tourbillons, des trombes, etc. Enfin l'auteur regarde les phnomnes capillaires comme formant le lien naturel entre la physique, la chimie et l'organisation. mdecine. Du sulfate de quinine comme moyen curatif et prophylactique du cholra,- par M. Duciiesive-Duparc. (Extrait.) (Commissaires, MM. Rayer, Veipeau.) L'auteur ne craint pas d'affirmer, d'aprs son exprience propre et celle de bon nombre de mdecins, que le quinquina, en outre de ses proprits curatives dans le cholra, possde un plus haut degr peut-tre encore la facult de mettre l'abri des atteintes de cette maladie, et, par consquent, d'agir comme prservatif. Il emploie le sulfate de quinine, uni la solution de caf et l'eau de Rabel, clans la proportion de t gramme de sulfate de quinine pour 100 d'in- fusion de caf et 7.5 centigrammes d'eau de Rabel : on y ajoute un peu de sucre. L'auteur dit n'avoir perdu aucun des malades chez lesquels ce traitement a t employ ds le dbut et d'une manire exclusive. MMOIRES PRSENTS. minralogie. Note sur la pegmatite des J^osges; par M. Delesse, ingnieur des mines et professeur la Facult des Sciences de Besanon. (Extrait.) Cette roche forme des filons irrguliers qui, sans avoir de direction bien rgulire, pntrent daos toutes les roches granitiques des Vosges ; elle est constamment associe de la tourmaline et joue le mme rle que le schorl-rock dans le Cornouailles. Elle reproduit, sur une chelle beaucoup moindre, les phnomnes remarquables qu'offrent les grauits gros grains du centre de la France et de la Bretagne qui ont t signals par les auteurs de la Carte gologique de la France. La pegmatite des Vosges offre une grande constance dans ses carac- tres : elle se compose de quartz blanc, de feldspath rose, de mica argentin et de tourmaline noire ou d'un noir verdtre. ( 25 ) L'auteur donne, dans son Mmoire, les analyses de ces quatre min- raux. Nous en extrayons seulement l'analyse du feldspath , attendu qu'elle confirme le fait annonc par M. G. Rose, savoir que dans le feldspath une certaine quantit de soude remplace souvent une certaine proportion de potasse. Deux analyses ont donn M. Delesse, pour la composition moyenne du feldspath, de la pegmatite des Vosges, les proportions suivantes : Silice .... 63 ,92 \ Chaux 0,75 I Soude 3,io\99,64 Oxyde de magnsie. . . 0,70 l Potasse 10, 4' / gologie. Coup d'ceil sur la gologie des Alpes vnitiennes ; par M. de Zigno. (Extrait.) (Commissaires, MM. lie de Beaumont, Dufrnoy.) Dans ce travail, l'auteur a procd la dtermination gologique des terrains stratifis de -cette partie des Alpes, au moyen de l'tude des fossiles qui s'y rencontrent. De cette manire , dit l'auteur, j'ai pu me rendre compte des anomalies qu'on y avait cites, et distinguer les diffrents tages des formations dans une suite de couches, depuis le micaschiste jusqu'au terrain moderne, dont plusieurs zones minralogiquement identiques renferment des formations ou des tages divers que les fossiles seuls ont pu m'aider reconnatre, mme dans des localits assez loignes l'une de l'autre. De cette manire, j'ai pu tracer les limites du trias, et dcouvrir, dans notre formation oolitique, les tages infrieurs et moyens, et quelques traces de l'tage suprieur. Ensuite, j'ai pu signaler et dterminer dans le terrain crtac l'tage nocomien, l'tage albien, ainsi que les deux divisions de l'tage de la craie auxquelles M. d'Orbigny a donn le nom de terrain turronien et de terrain snonien. Les terrains tertiaires, tudis superficiellement chez nous dans ces derniers temps, taient tous confondus ensemble et placs dans le terrain tertiaire moyen. Je suis parvenu y distinguer les tages ocne, miocne et pliocne, et m'assurer que notre grande formation nummulitique appartient, sans aucun doute, la priode ocne. Quant aux nummulites, je doute fort qu'il y en ait de crtacs. Dans un Mmoire sur le terrain crtac de l'Italie, j'avais annonc avoir trouv ( ^6 ) des traces de nummulites sous la Scaglia, mais je m'aperus bientt que j'avais t induit en erreur par des fragments de coquilles brises et rendues lenticulaires par les eaux. Dans nos Alpes, je crois les nummulites le fossile le plus caractristique de l'poque tertiaire, je persiste donc ne voir que du terrain tertiaire l o on les trouve. physiologie. Suite de ses expriences sur les courants lectrophjsiolo- giques; par M. Ducros. (Extrait.) (Commissaires, MM. Serres, Becquerel, Oespretz, Rayer.) L'auteur a t conduit, par de nouvelles expriences, admettre que l'impression des mdicaments est transmise l'axe crbro-spinal sous l'in- fluence de courants lectromagntiques, rendus apprciables parla dviation instantane de l'aiguille du galvanomtre, l'un des conducteurs tant plac au front, et l'autre la nuque. Il a vu cette dviation plus ou moins pro- nonce se produire sous l'influence de substances odeur trs-forte et saveur trs-prononce, de la valriane, du camphre, de Yassa ftida, du musc, de la fleur d'illet, du sulfate de quinine par exemple. Quelques substances, les huiles essentielles de ptrole, de valriane, l'huile empyreumatique, agissent en sens inverse, et font rtrograder l'ai- guille du galvanomtre. La Socit de l'Ocanie envoie des chantillons de rsine de xanthorea provenant des les de l'Ocanie, et demande que l'Acadmie veuille bien faire examiner ce produit, qui pourrait tre susceptible de quelques applications dans les arts et dans l'industrie. (Commissaires, MM. Gaudichaud, Pelouze, Payen.) M. Petit, de Maurienne, prie l'Acadmie de vouloir bien renvoyer la Commission des Arts insalubres, i son Mmoire sur un systme gnral d'assainissement par la ventilation, particulirement applicable l'assainis- sement des lieux d'aisance; i le Mmoire adress le I er septembre i845 sur l'application de son systme l'assainissement de l'atelier des bnistes de la prison centrale de Melun , rput le plus insalubre de tous les ateliers de cette prison. IHcanique. Mmoire sur un volant rgulateur; par M. Guillery. (Commissaires, MM. Arago, Laugier.) ( 2 7 ) mdecine. Mmoire sur la nature et la cause du cholra; par M. Francallet. (Commissaires, MM. Rayer, Velpeau.) M. Pionnier communique l'Acadmie ses ides sur la nature du cholra et sur les moyens de prvenir le dveloppement de cette maladie. (Commissaires, MM. Rayer, Velpeau.) M. Bche envoie, par l'intermdiaire de M. le Ministre de France aux tats-Unis, un exemplaire des Cartes hydrographiques des ctes des tats- Unis, dresses par lui et publies par les soins du gouvernement amricain. Il demande que l'Acadmie veuille bien donner son avis sur son travail. MM. Arago, Reautemps-Reaupr et Duperrey sont chargs d'examiner ce travail, et d'en rendre compte l'Acadmie. M. Espy envoie un ouvrage intitul: The Philosoph/ of storms. In-8; Roston, 1 84 1 M. Rabinet est charg de rendre un compte verbal de l'ouvrage de M. Espy. CORRESPONDANCE. M. le Ministre de la Marine adresse l'Acadmie ses remercments pour l'envoi du Rapport relatif aux rsultats scientifiques du dernier voyage de M. Lamare-Picquot, et l'introduction eu France de deux plantes alimen- taires, le Psoralea esculenta et Xpios tuherosa. anatomie. Mmoire sur la structure du foie; par M. Retzius. Dans une Lettre adresse M. Flourens, l'auteur signale, comme ce qu'il y a de plus important dans son travail, la prsence d'une sorte d'enveloppe forme par un rseau des conduits biliaires autour des rameaux de la veine porte, des artres hpatiques et des troncs biliaires, en dedans des pro- longements lobulaires de la capsule de Glisson. Ces rseaux d'enveloppe sont indiqus par Kiernan, mais la description qu'il en donne n'est pas exacte, et les anatomistes, en gnral, n'en ont pas compris la disposition vritable. ( ^8 ) KNTOMOLOGIE. Rsum d'un Mmoire sur les Pycnogonides; par M. Flix Dcjardin, professeur la Facult des Sciences de Rennes. Les Pycnogonides, qui ont rvl M. Milne Edwards le fait trs- remarquable de la division de l'intestin et du prolongement de ses branches dans les pattes d'un Articul, sont d'ailleurs fort peu connus, et leur histoire a donn lieu plusieurs erreurs, qu'il importe de rectifier. Les espces dont j'ai pu m'occuper habitent sur la cte de Saint-Malo, parmi les fucus, dans le byssus des Moules et entre les cailles d'Hutre; mais leur couleur et la lenteur de leurs mouvements les drobent aisment la vue , de telle sorte que ce n'est que par hasard ou par une recherche persvrante qu'on par- vient s'en procurer. C'est ainsi qu'avec le concours de plusieurs amateurs d'histoire naturelle, et particulirement de M. Boulengey, j'ai pu en tudier sept ou huit espces vivantes, et confirmer nombre de fois, sur les deux sexes, les observations dont voici le rsum au point de vue physiologique et anatomique seulement. Organes de la reproduction. >; i. Les ovaires des Pycnogonides [Ammothea, Nymphon, Pallne, Phoxichde) sont logs dans le quatrime article de chaque patte, lequel quatrime article, plus renfl chez les femelles, correspond proprement la cuisse des Insectes (le troisime tant le trochanter, le deuxime tant la hanche, et le premier reprsentant celui qu'Audouin avait nomm le trochantin). i. fies ovules, d'abord pdicells et munis de leur vsicule germina- tive, puis revtus de leurs enveloppes, prennent naissance sur un placenta linaire tendu le long de la face antrieure du quatrime article. 3. Les ufs sont expulss par un orifice situ prs de l'extrmit post- rieure du deuxime article de chaque patte et large de 4 5 centimes de millimtre. .. 4- Chez les mles, le quatrime article, moins gonfl et contenant le testicule, est muni, vers son extrmit antrieure, d'une pointe tronque et termine par un orifice excrteur large de i centime de millimtre. 5. Les pattes accessoires, faussement attribues aux femelles seules, parce qu'elles portent les paquets d'ufs, se voient, gnralement chez les deux sexes; mais elles sont beaucoup plus petites chez les femelles : elles manquent mme tout fait dans le Pycnogonon femelle, dont le mle a ces pattes accessoires trs-petites. ( 9) 6. Le Pycnogonon femelle, dont les pattes postrieures seules ont un orifice au deuxime article pour l'expulsion des ufs, a en mme temps l'abdomen plus large, de sorte que les ufs que j'ai vus contenus dans les diverses pattes, mais dont je n'ai pu voir l'origine, ne se sont peut-tre pas forms exclusivement dans le quatrime article de chaque patte. Organes de la dglutition. i 7 . lie premier segment, nomm improprement la tte ou la trompe, se termine, comme l'a dit Latreille, par un orifice buccal triangulaire ou en trfle; mais, au lieu de contenir un sophage troit, comme l'a suppos M. de Quatrefages, il contient un trs-large pharynx en forme de prisme triangulaire, faisant l'office d'un organe d'aspiration, et rappelant d'une manire frappante l'appareil de la dglutition chez les Helminthes nrna- todes. 8. Cet organe, dans lequel une bulle d'air trs-volumineuse peut s'en- gager si l'animal le fait fonctionner hors de 1 eau , prsente en avant, non pas, comme le croyait Latreille, les vestiges de deux mchoires soudes avec un labre et une languette, mais bien trois appareils dentaires symtriques correspondants chaque face du prisme , et reprsentant chacun un systme de pices analogues celles de l'pipharynx de certains Coloptres. 9 . Chaque face du prisme pharyngien est concave l'tat de repos et vient en contact avec les deux autres; mais une foule de fibres musculaires implantes perpendiculairement sur cette face, la rendent, en se contractant, moins concave, puis plane et mme convexe, pour produire un vide intrieur dans lequel se prcipitent les sucs animaux ou vgtaux dont se nourrit le Pycnogonide. io. Les trois faces sont hrisses de petites dents vers leur partie moyenne, et garnies, dans leur moiti postrieure, de vingt-six trente-deux ranges de poils ports sur autant d'arceaux corns trs-rguliers et galement espacs. On conoit que cette disposition de trois faces homologues formant un prisme triangulaire quilatral , ne pourrait tre devine ni tudie conve- nablement par la simple observation microscopique, qui, mme aide par le compresseur, ne donne que des projections superposes; mais par la dissection, toutes les parties peuvent tre isoles, mme chez les plus petites espces, et c'est ainsi que je les conserve entre des lames de verre et de mica. C. h., 1849, ? me Semestre. {T. X\1X,IN2.J 5 ( 3o) zoologie. Observations sur le prtendu systme nerveux des Tnias; par M. Feux Dujardin. Pour rpondre aux arguments employs contre moi par M. Blanchard, dans la lecture qu'il a faite, le 18 juin, devant l'Acadmie, je suis forc de publier immdiatement le rsultat de mes observations sur le Tnia per- joliata. Depuis le commencement de fvrier, avec le concours de MM. Aris- tide Guyot et Marie Pontalli, professeurs l'cole de Mdecine de Rennes, j'ai visit, pour la recherche des Helminthes, les intestins de vingt-deux chevaux , et nous avons trouv dix fois des Tnias vivants de deux ou trois espces. L'un de ces Tnias est celui que j'ai dcrit dans mon Histoire des Helminthes, sous le nom de Tnia perjoliata, mais qui, en raison de ses organes gnitaux trs-apparents , et de ses segments plus longs et facilement dissociables , devra recevoir une nouvelle dnomination. L'autre Tnia est celui que M. Blanchard a dcrit et figur dans le Rgne animal de Cuvier, en lui attribuant un systme nerveux bien dfini. Quelques-uns de ces Tnias, forms d'innombrables segments perfolis , avaient plus de i dci- mtre de longueur , et leur tte tait large de 4 millimtres. On conoit qu'avec de telles dimensions il soit possible de dissquer cet Helminthe , et d'tudier la lumire directe les tranches longitudinales ou transverses qu'on fait au moyen d'un rasoir, au lieu de l'observer seulement par trans- parence. En procdant ainsi, on voit bien une substance blanche et opaque pouvant, au premier coup d'il, faire croire la prsence du systme ner- veux dessin par M. Blanchard; mais en regardant plus attentivement, et en variant le grossissement et l'clairage, on reconnat que cette substance blanche, au lieu de jormer des filets nerveux, est irrgulirement parse en tranes diffuses et interrompues. MM. Aristide Guyot et Pontalli, qui, dans ces dernires annes, se sont beaucoup occups de l'anatomie des Inver- tbrs, ont reconnu comme moi que l'on ne peut voir dans ces tranes de matire blanche aucune analogie avec les nerfs des Articuls, des Vers ou des Mollusques , non plus qu'une ressemblance exacte avec les dessins de M. Blanchard. Je suis donc fond , d'aprs cela , nier formellement l'existence d'un systme nerveux, aussi bien dans ce Tnia grosse tte que dans les nombreuses espces dont la tte a moins de i millimtre, et que j'ai tudies par transparence de manire y reconnatre les vaisseaux et tous les dtails de la trompe. Maintenant, pour rpondre l'objection qui pourrait mtre faite ( 3i ) que je n'apporte encore ici qu'un rsultat ngatif, et que je n'ai pas su voir ce qui existe, j'ajouterai que dans ce mme Helminthe, long de 18 20 millimtres, que M. Blanchard (Explication de la planche XXIX du Rgne animal) dclare n'avoir pas encore d'organes gnitaux, j'ai su voir, au con- traire, des testicules longs de o mm ,378 et des pnis pineux trs-dlicats, longs de quinze millimes de millimtre, et n'arrivant pas jusqu'au bord du segment; mais c'est seulement en pratiquant des coupes longitudinales qu'on peut faire cette observation trs-difficile , et j'ai soin de dire encore une fois que ce n'est pas le mme Tnia que j'ai dcrit et figur dans mon Histoire des Helminthes, mais bien celui de M. Blanchard. Quant la structure des traches des Insectes , tout en protestant contre l'expression de granules de sarcode que me prte M. Blanchard , et en d- clarant que je ne parle pas du vaisseau dorsal, je persiste maintenir l'exac- titude de tous les faits que j'ai annoncs, quoiqu'ils soient en opposition avec des opinions antrieurement accrdites ; et j'ajoute, en outre, que c'est bien sur des Insectes vivants que j'ai rpt les expriences d'injection parle pro- cd de M. Blanchard , et que j'ai obtenu des effets de coloration semblables la pice mme que je tenais de son obligeance. palontologie. Rponse une Note critique de M. V. Baulin, relative la faune palontologique ; par M. Paul Gervais. M. Victor Baulin, dans la Note qu'il a dernirement adresse l'Aca- dmie au sujet de mes Mmoires sur les Mammifres fossiles de France (1), a cru devoir faire mes conclusions quelques rectifications que je ne puis accepter. Je prie l'Acadmie de vouloir bien me permettre de les rfuter. Ma rponse la Note de M. Raulin sera aussi courte et aussi claire que possible : i. M. Baulin me reproche d'englober dans les sables de Montpellier l'assise qui renferme, Blaye, les dbris $ Halitherium que Cuvier a signals sous le nom d'Hppopotamus dubius. Je n'ai pas cette prtention, et rien, dans mon travail, ne justifie ce reproche. J'ai dit que les golopues rapportent le terrain de Blaye l'tage du calcaire grossier parisien , comme le fait M. Baulin lui-mme ; et si j'ai ajout que cette opinion ne me paraissait pas hors de doute, je ne lui ai substitu nulle part celle que M. Baulin me prte. Le doute m'tait ncessairement impos par l'absence d'espces ter- (0 Tome XXVIII, pages 546, 643 et 699. 5.. ( 3a ) restres de Mammifres dans la mme assise que YHadheium de Blaye, absence peu prs complte, puisque la seule incisive de Mammifre go- thrien que l'on ait encore trouve dans ce gisement appartient un Pachy- derme dont il n'a pas t possible de prciser l'espce. J'ajouterai cependant ici que M. de Blainville a donn cette dent comme celle d'un Lophiodon (Ostogr. de ce genre, PI. II). Ce fait, bien qu'il soit isol, est cependant important constater, surtout cause de l'autorit que lui donne le nom de M. de Blainville; car M. Baulin, qui insiste pour que le terrain de Blaye soit de mme tage que le calcaire grossier moyen de Paris, refuse prci- sment, dans une autre partie de sa Note, de regarder les Lophiodons comme caractristiques de cet tage. Quant aux sables d'trichy, que M. Baulin dit plus anciens que ceux de Montpellier, tandis que je les ai compars ces derniers, aprs avoir vu les uns et les autres, ce qu'il n'a pu faire encore, je crois que de nouvelles recherches pourront seules dcider entre lui et moi. Je n'insisterai donc sur ce point que pour affirmer de nouveau que Halitheiium duhium, XH. Guettardi et VH. Serresii ont entre eux des affinits relles, et qu'il im- porterait de dcider s'ils sont ou non de la mme espce. J'ai d'ailleurs donn au Musum de Paris des matriaux (un crne presque entier, etc.), qui, joints ceux que l'ou y possdait dj, permettront de rsoudre cette ques- tion , importante mon point de vue. " 2. J'accepte encore moins, comme rectifications ce que j'ai publi, les remarques de M. Baulin relatives plusieurs des populations d'animaux terrestres que j'ai distingues, et en particulier celles relatives la deuxime et la troisime population. Elles ne tendraient rien moins qu' faire ad- mettre que des Mammifres de la mme espce ne sont pas de la mme faune, parce qu'ils ont vcu les uns dans le nord et les autres dans le midi de la France; ou, ce qui n'est pas plus acceptable, que des animaux carac- tristiques dans le bassin de Paris de deux poques fort bien connues (les Lophiodons et les Palotheriwns) , caractrisent ailleurs d'autres poques, quoiqu'on ne les y trouve nulle part mls aux espces de ces dernires. 3. M. Baulin est lui-mme dans l'erreur lorsqu'il dit que le Lophiodon du calcaire grossier a servi faire un genre particulier sous le nom d'Efjra- cotherium. Ce genre repose sur un animal du London-claj , qui a t dcrit par M. Richard Oweti, et qu'on n'a pas encore signal en France. 11 y a d'ailleurs deux Lophiodons dans le calcaire grossier parisien et non un seul, comme le croit M. Raulin; ce sont : i celui, de la taille des grands Lophiodons de Buschweiller, d'Argenton , d'Issel , etc., que M. de Blainville a runi spci- ( 33 ) fiquement ces derniers sous le nom spcifique de Lophiodon commune, sans doute pour indiquer qu'il est rpandu dans des localits assez nombreuses et assez distantes les unes des autres; 2 celui, de plus petite taille, que l'on a regard d'abord comme un petit Palotherium, puis comme un Hyraco- therium, mais galement tort, et que M. Pomel a le premier, et avec raison, runi aux Lophiodons sous le nom de L. Dunalii. C'est ce Lophiodon que j'ai appel Leptngnathwn, pour faire ressorlir l'un de ses principaux carac- tres diffrentiels. 4- M- Raulin me parat encore dans l'erreur lorsqu'il attribue les Lophiodons d'issel la molasse. J'ai visit exprs cette localit. Les /Lophio- dons y sont enfouis, ainsi que les Tortues signales par Guvier, les Croco- diles, etc., dans un conglomrat de graviers qui reposent sur le terrain gra- nitique de l'un des flancs de la montagne Noire, peu de distance de Castel- naudary. Je ne sache pas qu'on les ait trouvs dans la molasse des environs de cette ville, molasse de formation lacustre, qui nous a fourni, M. Dunal et moi , plusieurs des remarquables espces de coquilles fluvio-terrestres dcrites par M. de Serres (annales des Sciences naturelles, 3 e srie , tome IL), ainsi qu'une grande espce de Prle que M. Dunal vient de publier, sous le nom cVEquisetum sulcatum, dans les Mmoires de l' Acadmie des Sciences de Montpellier. 5. M. Raulin a cru devoir, propos des faits dont il vient d'tre question, aborder de nouveau la vieille controverse qui s'agite encore de temps en temps entre les gologues et les palontologistes, sur la valeur des donnes respectives qu'ils fournissent la science. Je ne le suivrai pas dans cette partie toute thorique de ses remarques, parce que je suis bien con- vaincu qu'il n'y a de chance d'arriver la vrit en gologie qu'en contrlant les deux mthodes l'une par l'autre , et en associant ensuite les faits positifs de chacune d'elles. Je dois cependant faire une dernire remarque : Les objec- tions que M. Raulin m'adresse, et auxquelles j'ai rpondu, m'taient en partie connues depuis assez longtemps , mon savant collgue et ami n'ayant fait, en ralit, que porter devant l'Acadmie une discussion toute bien- veillante et compltement intime, laquelle avaient donn lieu entre nous les observations de gologie et de palontologie auxquelles nous nous livrons , lui Bordeaux , moi Montpellier. Enfin, quel reproche M. Raulin prtend-il m adresser lorsqu'il dit en terminant : De ces rectifications, absolument indispensables , il rsulte que chacune des faunes admises par M. Gervais n'a pas un cachet aussi spcial qu'il le croit , et que c'est bien plutt spci- ( 34 ) fiquement que gntiquement quelles diffrent? Ne suffit-il pas, pour que des faunes soient rputes diffrentes , qu'elles diffrent spcifiquement? mdecine. additions son Mmoire sur les conditions gologiques du cholra; par M. Nre-Boube. (Extrait.) L'auteur annonce l'Acadmie que, depuis la lecture de son Mmoire, deux faits, particulirement intressants et importants par l'appui qu'ils prtent ses conclusions thoriques et pratiques, lui ont t communiqus, l'un par M. lie deBeaumont, et l'autre par M. le docteur Ducros. Dans mon Mmoire, j'ai dsign l'Ecosse comme l'une des contres qui ont d la nature gologique de leur sol d'avoir t peu ravages par le cholra. M. lie de Beaumont a bien voulu me signaler, comme faisant exception en Ecosse, l'importante ville de Glascow qui a t dsole par la maladie; mais M. Elie de Beaumont ma dit aussitt que Glascow est situe dans une petite plaine entirement forme de terrains d'alluvion, qu'ainsi ce n'tait l qu'une confirmation du principe que j'avais mis. D'un autre ct, M. le docteur Ducros m'a signal ce fait particulier : qu' Montmorency il n'y a eu de cholriques que dans le bas de la ville, qu'il n'y en a point eu dans la partie haute, qu'il y a eu seulement quelques cas dans les maisons cartes de la ville sur le plateau. Je retrouve l la con- firmation de tout ce que j'ai cherch dmontrer par des faits multiplis. M. Artub. propose l'Acadmie, i de nommer une Commission pour examiner la question des trombes, afin de lcher de prvenir des procs ruineux entre les compagnies d'assurance et leurs assurs; i de nommer une Commission pour examiner les faits indiqus par M. Boutigny, comme tant contraires aux lois connues en physique. M. Cont de Lvignac adresse une quatrime Lettre dans laquelle il con- tinue dvelopper ses opinions sur la cause et la nature du cholra. La sance est leve 5 heures. F. ( 35 ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Acadmie a reu, dans la sance du 9 juillet 1849, les ouvrages dont voici les titres: Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences- 2 ,ne semestre 1849; n 1 ; in-4- Annales des Sciencesnaturelles; par WSi.. MlLNE EDWARDS, Ad. BrongNiart et Decaisne; fvrier 1849; in-8. Voyage dans la Russie mridionale et la Crime, excut en 1837, sous la direction de M. Anatole Dmidoff; i3 e 16 e livraisons; in-fol. Histoire gnrale et particulire du dveloppement des corps organiss; par M. Goste; tome 1 er , 2 e fascicule. Cours d'algbre suprieure; par M. J.-A. Serret; 1849; in-8. Suite de la thorie lmentaire de la capillarit; par M. Artur; in-8- Tumeur fibreuse de la mamelle; par M. H. Larrey; broch. in-4. Notice sur le nivellement; par M. BOURDALOUE; 18 e Table de repres, isthme de Suez et basse Egypte; tudes de 1837; in-4. Encyclopdie moderne. Dictionnaire abrg des Sciences, des Lettres et des Arts, etc.; nouvelle dition, publie par MM. Didot, sous la direction de M. L. Renier; 245 e 248 e livraisons; in-8. Annales de la Socit centrale d'Horticulture de France; tome XL; juin 1849; in - 8 - Annales forestires; n 6: juin 1849; i n -8- Rpertoire de Pharmacie; tome VI, n 1 , juillet 1849; "1-8. acadmie royale de Relgique. Rulletin de l'Acadmie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux- Arts de Belgique; tome XVI; n 6 ; in-8. First report. . , Premier rapport sur la mtorologie des Etats-Unis, pour l'anne 1 843; par M. James, P. Espy; accompagn de 3o cartes. The philosophy. Philosophie des orages ; par le mme. Boston, 1 84 1 ; 1 vol. in-8. Vingt cartes hydrographiques des ctes des Etats-Unis, adresses par M. Guillaume-Tell Poussin, au nom de M. Alex.-D. Bche. Om lefverns. . Sur la structure du foie; par M. A. Retzius. (Extrait de Mmoires de l'Acadmie royale de Sude). Stockholm, janvier 1849; 'n-8. ( 36 . r ro vg- JB SCO -<: c d cd 5 9 o d | 00 00 X S/2 cri O c/i z ^ B fcfcV. K sJo b6 h ZW c + SA laimaMviSZOOZZKaiiioOwaiddKMWdodcfiZ s O q; 'S S 3J SJj tC -k rt r: re * O o - M ro 3 3 3 . . $ B! B g a s: " C C c . S sf > f ' ;! 4) 0) tu . '3 "S .S >i . u > ^ x. | a .= a - - 3 3 3 *1 - - cj 'U "2 i. . ~ ^ w . (5 -ai 'a, ^o t3 - c fia n S S S si ., S .""' .c^. ;:*. c- S. s. 5.S -lT-,zrx2^ 2xx2x s" l . l .--r- t '"- = = .:- ...-..^.^^^(y^oajc^o^ .Cai!UCa> S *" > > > t) ' t/>> ' ODtJO^ ' i~ te C ( - . . ta X x " ^T - S 3 5 <- s- oj a; c qj a tt> te i > \> = .?: ^ ^ ^ o o e o o ^-_^--^^.^;.rccc---^c---c - -^-^---c: aepsBfflPQUUUUUZHZUUHZZuf-ZfchBZZHUS. 1 ... oio o ci vg-io % O "-> - O m n x vO vr^o ci - r- 05co wn~* ^ vO 05 r vg- OS es 1 z W tO rX O 00 r-5D - 03 G5X XX Ci rO D O - vg-ro (SCO cl vg- cl vg- cl ; m o ro ro 2 / * + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + 1 < om ^0 ro o o vg-o x >n m r~ ci ro vg- Cad 1 S ci C".X O X X X sC X cl rX OMI c- - o onirn r Cl vg- d ro - t 0~.ro ro H JPJ H MPlNCCfOMflrt- - c. Cl NflflflflPiflC\PirtP)P - M l S ?+'++'++ + + + + + + ++ + + + +++. + ++ + + + + +" + + 1 :/5 /'KOH'UII es 1 W ri cl 05 - O5ro CO vg. r^X x n t ro ninmosm 05 c co O ro g-vg- o X 05 05 05 c? 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SANCE DU LUNDI 16 JUILLET 1849. PRSIDENCE DE M. DUPERREY. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. physiologie. Nouvelle Note touchant l'action de diverses substances injectes dans les artres; par M. Flourens. I. On a vu, par les expriences que j'ai communiques il y a dj quelque temps (i) l'Acadmie, que, de diverses substances injectes dans les artres, les unes abolissent la sensibilit sans abolir la motricit, et les autres la motricit sans abolir la sensibilit. Ainsi, par exemple, quand on injecte dans une artre un ther (a , un acide (3), de l'alcool, de l'ammoniaque, etc., le nerf perd la motricit et conserve la sensibilit '(4); et quand on injecte une poudre mle l'eau, de la poudre de rglisse, de poivre, de cigu, de chne, etc., le nerf perd , au contraire, la sensibilit et conserve la motricit. (i) Voyez Comptes rendus, tome XXIV, page C)o5. (2) Les thers sulfurique , actique , oxalique. (3) L'acide sulfurique tendu d'eau. (4) Ou du moins il ne perd la sensibilit que lorsque la dose de la substance injeete est trop forte. (Voyez Comptes rendus, tome XXIV, pages 905 et 906.) C. R., 1849, i m * Semestre. (T. XXIX, N 5.) 6 ( 38) II. On a vu, de plus, que de ces diverses substances, qui toutes produisent la paralysie musculaire, la paralysie du membre dans l'artre duquel on les injecte, les unes produisent cette paralysie avec relchement des muscles, et les autres, au contraire, avec rigidit, tension, roideur ttanique de ces mmes muscles. Les substances qui produisent la paralysie, avec relchement des muscles, sont: les poudres de rglisse, de poivre, de cigu, de chne, de belladone, etc., les thers sulfurique, actique, oxalique, l'alcool, l'acide sulfurique, l'ammoniaque, etc. n Parmi les substances qui produisent la paralysie du membre avec ten- sion, roideur ttanique des muscles, j'ai dj cit, dans la Note que j'ai lue en 1847 (0> l'essence de trbenthine; et j'aurais pu citer, ds lors mme, l'essence de bergamote, car l'exprience tait dj faite; M. Coze, doyen de la Facult de Mdecine de Strasbourg, a cit depuis, et cela dans une Note trs-intressante (2) , le chloroforme . A l'essence d trbenthine, l'essence de bergamote, au chloroforme, j'ajoute aujourd'hui les essences de girofle, de fenouil, de menthe et de romarin. J'ajoute aussi la crosote. Toutes ces nouvelles substances agissent comme l'essence de trbenthine et le chloro- forme. III. Premire exprience. Deux grammes d'essence de fenouil sont injects dans l'artre crurale droite d'un chien, en poussant du ct du cur (3). Au moment mme de l'injection, il y a douleur trs-vive: l'animal crie et s'agite. On le dlie, on le met sur ses jambes. Tout le train postrieur est paralys. Le membre du ct inject est roide et tendu, tendu comme un bton. " La jambe de l'autre ct est demi roide , demi flchie. Le nerf sciatique du membre demi roide est mis nu et pinc : immotricit complte, mais sensibilit, mais douleur trs-vive. Le nerf sciatique du ct tout fait roide est pinc : mme immotricit et mme survie de la sensibilit. Au bout d'un quart d'heure, le membre, d'abord demi roide, est presque tout aussi roide que l'autre. (1) Voyez Comptes rendus, tome XXIV, page 906. (a) Sance du 23 avril 1849. Comptes rendus, tome XXVIII, page 534. (3) royez, sur les injections ainsi faites, une de mes Notes prcdentes. (Comptes rendus. tome XXIV, page 483.) ( 39) Deuxime exprience. Deux grammes d'essence de romarin sont injectes dans l'artre crurale droite d'un chien, en poussant toujours du ct du cur(i). Au moment de l'injection, vive sensibilit, douleur. L'animal est dli et mis sur ses jambes. Tout le train postrieur est paralys ; cependant les deux jambes ne sont qu' demi roides; il n'y a mme un commencement rel de tension (2) que dans la jambe du ct inject. Le nerf sciatique gauche est pinc: immotricit complte, mais sensi~ bilit extrme, douleur trs-vive. On injecte un troisime gramme. La jambe du ct inject parat, aussitt, tout fait roide. L'animal s'appuie un peu sur l'autre, qui n'est qu' demi roide. " Le nerf sciatique droit est pinc: immotricit absolue; sensibilit extrme , douleur trs-vive. On injecte deux nouveaux grammes. On pince les deux nerfs sciatiques; et, cette fois-ci, insensibilit n'est pas moins complte que Y immotricit (3). Le membre du ct non inject reste toujours demi roide, demi flchi. < Troisime exprience. Deux grammes de chloroforme sont injects dans {.artre crurale droite d'un chien. Au moment.de l'injection, sensibilit vive, douleur. L'animal est dli et mis sur ses pieds. Tout le train postrieur est paralys. La jambe du ct inject est tout fait roide, l'autre est demi flchie et souple; l'animal s'en sert un peu. >' On injecte un troisime gramme. Roideur plus forte encore de la jambe du ct inject. L'autre jambe reste souple. (1) Toutes ces injections ont t faites en poussant du ct du cur; et j'en avertis ici pour n'avoir plus besoin de rappeler cette circonstance dans les expriences qui suivent. . (2) Dans l'tat de demi-roideur, le membre est demi contract, demi flchi; il est, au contraire , droit et tendu comme un bton , ainsi que je le disais tout l'heure , dans la roideur complte. (3) C'est (je l'ai dj dit note 4 de la page 37) ce qui arrive toujours avec ces substances quand on dpasse une certaine dose. Avec une dose modre, la sensibilit survit la motri- cit; avec une dose plus forte, la sensibilit disparat comme la motricit. 6.. ( Ho) " Les deux nerfs sciatiques sont pinces: V immotricit est complte et la sensibilit trs- vive. On injecte un quatrime gramme; et, cette fois- ci, \ insensibilit des deux nerfs sciatiques n'est pas moins complte que leur iintnntricit (i). Le membre non inject est toujours rest flasque. IV. Pour ne pas rpter inutilement le rcit de ces expriences , je me borne dire que les essences de bergamote, de menthe, de girofle et la crosote ont produit les mmes effets que les essences de fenouil et de romarin, et que le chloroforme (2). V. Voici deux'expriences dont les effets ont t inverses. Premire exprience. Deux grammes d'huile de naphtc sont injects dans l'artre crurale droite d'un chien. Au moment de l'injection, cris, douleurs, efforts de l'animal pour s'chapper. L'animal est dli et mis sur ses pieds. Tout le train postrieur est paralys, comme dans les expriences pr- cdentes; mais l s'arrte la similitude, car, dans les muscles, au lieu de roideur, il y a relchement, et, dans les nerfs, au lieu de perte de la motri- cit, il y a perte de la sensibilit (3). Deuxime exprience. Trente centigrammes de poudre de lycopode , mle de l'eau, sont injects dans l'artre crurale droite d'un chien. L'animal ne tmoigne aucune douleur au moment de l'injection. Il est dli et mis sur ses pieds. Tout le train postrieur est paralys. Les muscles sont dans un tat de relchement complet, dans un tat de mollesse singulire et particulire (4). On met nu les deux nerfs sciatiques; on les pince : la motricit sub- siste, la sensibilit est perdue, absolument perdue. VI. Voil donc diverses substances qui, injectes dans les artres, pro- duisent des effets divers : les unes agissant sur la motricit, et les autres sur la sensibilit; toutes produisant la paralysie musculaire, la paralysie des (1) Voyez la tinte 3 do la pai,'e prcdente. (2) "ie n'ai plus besoin, non plus, de dire que j'ai rpt plusieurs fois chacune de ces expriences, quoique je ne cite ici qu'un exemple de chacune. (3) Pour peu que l'on dpasse la dose requise d'huile de naphte , la motricit se perd avec la sensibilit. [Voyez la note 3 de la page prcdente.) (4) Ce mme tat de mollesse particulire s'observe aprs l'injection d'un ther, de Vther sulfurique, par exemple, dans les artres [voyez mes prcdentes Notes, dj cites). ( 4t.) membres, mais les unes produisant cette paralysie avec relchement , et les autres avec tension, raideur ttanique des muscles. Vil. Ou peut donc faire, de ces substances , quatre classes distincles : Il y a les substances qui agissent sur la motricit, celles qui agissent sur la sensibilit, celles qui produisent la paralysie musculaire avec rel- chement, et celles qui la produisent avec tension. VIII. Les substances de la premire classe, ou qui agissent sur la sensi- bilit, qui l'abolissent, sont: les poudres de rglisse, de lycopode, de chne, de cigu, de valriane, de poivre, de belladone , etc. ; Vhuile de naphte, etc. Les substances de la deuxime classe, ou qui agissent sur la motricit, qui l'abolissent, sont : les lhers sulfurique, actique, oxalique, alcool, Yacide suljurique, le camphre dissons dans l'alcool, le chlorojorme, les essences de trbenthine, de bergamote , de girofle, de menthe, de romarin, de fenouil, etc. > La troisime classe, ou celle des substances qui produisent la paralysie musculaire avec relchement, comprend : les thers suljurique, actique, oxalique, V alcool, l'acide suljurique, Vammoniaque, le camphre, etc. ; les poudres de rglisse, de chne, de lycopode, etc.; Vhuile de naphte, etc. El la quatrime , ou celle des substances qui produisent la paralysie musculaire avec roideur ttanique, avec tension, comprend : le chloroforme et les essences de trbenthine, de bergamote, de girofle, de menthe, de romarin, de fenouil, etc. (i). (i) Ces deux dernires classes ramnent les mmes substances que les deux premires, mais elles les groupent sous un autre point de vue. Dans les deux premires classes, les substances sont groupes d'aprs leur action sur les nerfs; elles sont groupes, dans les deux dernires, d'aprs leur mode d'action sur les muscles. On pourrait, pour viter cette rptition des mmes substances dans des classes diffrentes , faire seulement trois classes , de la manire suivante : I. Substances produisant l'abolition de la sensibilit et la paralysie avec relchement des muscles (les poudres de rglisse, de lycopode, de chne, etc. , Vhuile: de naphte, etc.). II. Substances produisant l'abolition de la motricit et la paralysie avec relchement des muscles ( les thers, Y alcool, Yacide sulfurique, etc.). III. Substances produisant l'abolition de la motricit et la paralysie avec roideur des muscles [chloroforme, essences de trbenthine, de bergamote, etc., crosote). On voit par l que les substances de la seconde classe (les thers, Y alcool, Yacide sulfu- rique, etc.) agissent, par rapport aux muscles, comme celles de la premire, et, par rapport aux nerfs, comme celles de la troisime. ( 4* ) Tels sont les faits que m'ont donns mes expriences; mais quelle peut tre la cause de ces faits? Pourquoi certaines substances agissent-elles sur la motricit et les autres sur la sensibilit? Pourquoi les unes produisent- elles la paralysie musculaire avec relchement et les autres avec tension? Pourquoi, relativement aux nerfs, Y huile de naphte agit-elle comme les poudres, et le camphre comme les thers? Pourquoi, relativement aux muscles, le chlorojorme agit-il comme les essences, et ther, les thers, tomme les poudres? On pourrait multiplier ces questions, et elles ne ser- viraient toutes qu' nous faire voir une chose, savoir, l'impuissance o nous sommes de les rsoudre. Presque en tout genre, le premier effet de nos dcouvertes est de nous dcouvrir notre ignorance. X. Je ne finirai pourtant pas cette Note sans appeler l'attention des physiologistes sur cette circonstance qui me parat bien remarquable : c'est que, tandis que, parmi les substances qui produisent la paralysie muscu- laire avec relchement, il en est qui agissent sur la sensibilit, sur les racines postrieures , sur les filets sensoriaux des nerfs, et d'autres sur la motricit, sur les racines antrieures , sur lesjilets moteurs des nerfs , toutes celles qui produisent la paralysie musculaire avec ttanos, tension, agissent toujours, primitivement du moins (i), sur la motricit, sur les racines antrieures des nerfs, sur leurs jilets moteurs (a). calcul intgral. Recherches nouvelles sur les sries et sur les approximations des Jonctions de trs-grands nombres,- par M. Augustin Cauchy. L'astronomie mathmatique, sujet principal de mon cours la Facult des Sciences, a naturellement rappel mon attention sur les sries l'aide desquelles on dtermine les valeurs des inconnues dans les mouvements plantaires, par consquent sur les rgles gnrales de la convergence des dveloppements des fonctions explicites ou implicites, et sur les limites des restes qui compltent ces dveloppements quand on les arrte aprs un certain nombre de termes. Les rflexions que j'ai faites ce sujet m ont fourni la solution de quelques difficults qui n'taient pas sans importance , (i) Voyez la note 3 de la page 39. (2) Je me fais un vrai plaisir de rappeler que j'ai eu , pour mes premires expriences de ce genre , le concours de M. Aug. Dumtl, alors mon aide-naturaliste au Musum, et de M. Philipeaux. J'ai eu , pour ces nouvelles expriences , le concours de M. Philipeaux , mon aide-naturaliste actuel. ( 43 ) et mont permis de perfectionner encore en plusieurs parties la thorie des suites, ainsi que je vais le dire en peu de mots. Je rappellerai d'abord que, si l'on dsigne par u le terme gnral dune srie simple ( 1 ) U , M, , 2 , . . . , par r le module de u, et par / le module de la srie, c'est--dire, la i limite ou la plus grande des limites vers lesquelles converge (r) n pour des valeurs croissantes de , la srie sera convergente, quand on aura /< i , divergente, quand on aura l > i . Si , en dsignant par z = re'P une variable dont le module soit r et l'argument p, on pose u = az", alors en nommait k le module de la srie (a) a , a,, a 2 ,. . ., dont le terme gnral est a , on trouvera l=kr; et, par suite, la srie (3) a,,, a,z, fljZ 2 ,... sera convergente , quand on aura r < -r , divergente , quand on aura r>~ Ajoutons que, si f(z) dsigne une fonction explicite de z qui, avec sa drive /' (z), demeure fonction continue de r et de p, pour tout module r de z infrieur une certaine limite &, j\z) sera dveloppable, pour un tel module, en une srie de la forme (3), et qu'alors on aura prcisment i si la valeur v du module r on peut joindre une valeur de l'argument p tellement choisie, que la fonction /(*) ou J'(Z) devienne infinie. ( 44 ) Je prouve encore que si F(z) tant, avec sa drive F'(z), fonction continue de z et de divers paramtres $, t-,..., on fait varier ces paramtres par degrs insensibles, la valeur de z dtermine par l'quation F (z) = o restera gnralement fonction continue de s, t,... jusqu'au moment o Ion aura F' (s) = o. De ces diverses propositions, on peut aisment dduire les rgles de la convergence et les modules des sries qui reprsentent les dveloppe- ments des fonctions implicites d'une seule variable ordonns suivant les puissances ascendantes de cette variable. On en conclut, par exemple, que si sr(z) dsigne une fonction toujours continue de z, une racine u = s -t- s , de l'quation (4) ttsUi) = s, ou (5) z tzs (s -+ z) = o, pourra tre dveloppe par la formule de Lagrange eu une srie conver- gente ordonne suivant les puissauces ascendantes de t, jusqu'au moment o le module 9 de t acquerra une valeur qui permettra de vrifier simul- tanment l'quation (5) et la suivante (6) i tzs'(s -h z) = o; et que, jusqu' ce moment, toute fonction continue de z sera elle-mme dveloppable en une srie convergente ordonne suivant les puissances ascendantes de t. On en conclut aussi que les sries, propres reprsenter les dveloppements de z et de m suivant les puissances ascendantes de t , A auront prcisment pour module le rapport -' Ce n'est pas tout: si l'on nomme u celle des racines de l'quation (4), qui se rduit s pour t = o, et f (z) une fonction continue de z, on aura, en vertu de la formule de Lagrange, (7) f( y )=f(^+sVr, ( 45) la valeur de T n tant Si d'ailleurs on nomme r et.f les valeurs de r et de ^> tires des quations (5), (6), et correspondantes au module de t, alors, en attribuant z= re ip un module / gal ou infrieur r, on pourra remplacer la formule (8) par la suivante : et en posant, pour abrger, zi'(s + z) = ((z), =fed=*Zi on aura (9) T n =^fy"f(z)d P . Soient maintenant R, Si les modules maxima maximorwn de Z et f(z), considrs comme fonctions de p; le module de T sera, en vertu de la formule (io), infrieur au rapport qui se rduira simplement n si l'on suppose r = r; et, par suite, si, dans la srie de Lagrange, on conserve seulement la somme des n premiers termes , la somme des termes ngligs offrira un module infrieur au rapport -K)' C.B., i84g, i ml Semestre. ( T. XXIX, N 5.; (46 ) tant le module de t. Il reste trouver une limite plus approche de l'er- reur commise, eu dterminant d'une manire approximative la valeur d'une intgrale de la forme (10) . =rzr f (*)dp dans le cas o n est un trs-grand nombre et o l'on attribue z un module pour lequel se vrifie la condition (.1) Z' = o. On y parviendra comme il suit. Supposons d'abord {(z) = t. Alors l'quation (io) donnera M '"** Concevons que, dans cette dernire formule, on*pose r = r, et p = + f. On aura (i3) = ^j["Z"rf(p. Dcomposons l'intgrale (i3) en deux parties, dont l'une soit prise entre des limites trs-rapproches zs, -+- cr, l'autre tant reprsente par (S); nous aurons (i4) s = i; f u z n dy + , rs tant un arc trs-petit. Supposons d'ailleurs que, pour r = r, p =f , on ait non-seulement Z = R, Z'=o, mais encore ^D p l(Z)=->, ^D*1(Z) = , on trouvera , pour une trs-petite valeur numrique de f , (i5) l(Z) = l(fl)-ay 2 + ? g tant trs-peu diffrent de b. Ajoutons que , R tant le module maximum maximorum de Z considr comme fonction de p, la partie indpendante de i dans a sera ncessairement positive. Cela pos, la formule (t5) donnera Z= Re-"fe s ?', C 47 ) et l'on aura, par suite, (16) s = I e-""?' e ne ?'d -+- >. Supposons prsent zs tellement choisi, que, pour de grandes valeurs de n, les deux produits (17) nrs a , nzs* soient le premier trs-grand , le second trs-petit. Alors, comme il est facile de le voir, on aura sensiblement 1 (18) * e* 1 e**? d Enfin, si la formule (la) on substitue la formule (10), on devra mul- tiplier le rapport (20) par le module &. de f (z) correspondant aux valeurs r et I 1 de r et de p. Ajoutons que les produits rasr 2 , nvs 3 ( 48 ) deviendront, le premier trs-grand, le second trs-petit, pour de trs-grandes valeurs de n , si l'on pose c v> = c, ju, tant deux nombres dont le second soit compris entre - et -. physique. Deuxime Note sur la fusion et la volatilisation des corps; par M. C. Despiiktz. Quoique j'aie fait un assez grand nombre d'expriences depuis la sance du 1 8 juin, dans laquelle j'ai eu l'honneur de communiquer l'Acadmie quelques rsultats obtenus par le concours des trois sources les plus puis- santes de chaleur, je me bornerai aujourd'hui rapporter un rsultat par- ticulier, qui me parat digne d'intrt. C'est la rduction du carbone en vapeur. Dans les diverses expriences que j'ai faites, j'ai obtenu des preuves videntes de la fusion du charbon. Ce n'est pas seulement mon opinion particulire, c'est aussi celle de toutes les personnes qui ont vu les exp- riences. Mais je veux surtout aujourd'hui parler de la volatilisation de cette substance. Voyant que la majeure partie du charbon disparat dans l'air sous la triple action de la lumire, de la pile et du chalumeau, et n'ayant pas en- core des appareils avec lesquels je pusse oprera l'abri de l'oxygne, j'ai cherch runir un grand nombre d'lments de Bunsen. Grce la bien- veillante amiti de plusieurs de mes confrres et de mes collgues, j'ai pu rassembler 5oo lments. M'tant assur, par l'exprience, qu'un l- ment plat en zinc a sensiblement la mme nergie qu'un lment cylin- drique, j'ai remplac par des lments plats et neufs tous les lments zinc qui m'avaient t confis, et que j'aurais ncessairement bientt dtriors. Je dois dire que M. Pouillet, que M. Foucault, avaient dj em- ploy des lments plats en zinc et M. Archereau des lments prismatiques en charbon. J'ai voulu voir ce que produirait la pile seule. Pour cela, j'ai runi 496 lments en quatre sries parallles. Ce qui quivaut peu prs 124 lments quatre fois plus grands. J'ai plac dans l'appareil appel uj lectrique, une baguette de charbon de sucre, de 4 millimtres environ de diamtre et de 5 centimtres environ de longueur, entre les deux ples. J'ai fait le vide 5 millimtres prs, et j'ai tabli la communication. Le charbon (49) a t port un haut degr d'incandescence, et le ballon s'est couvert d'une poudre noire, sche, cristalline. Je craignais que le mastic n'et coul. J'es- suyai le ballon: le mastic tait rest intact. D'ailleurs, c'est l'extrieur, surtout, qu'on se serait aperu s'il tait chauff au point de fondre. Il ne s'tait pas mme ramolli. Un peu de la matire grasse de la bote cuir aurait pu tre la cause du phnomne. Quoique la tige intrieure ft sche et propre, je renversai l'appareil, de manire mettre la bote cuir en bas, en lais- sant toujours le ple positif en haut. Je recommenai l'exprience et j'obtins le mme rsultat. Je refis encore l'exprience avec l'appareil qui sert aujourd'hui dans les cours pour montrer l'clat de la lumire lectrique. Cet appareil est beaucoup plus long que le prcdent, mais il est trop troit. Quand le char- bon qui tait fix au ple positif fut us du. ct du ple ngatif, il devint d'un blanc blouissant; il se dposa sur les parois du vase quelques raies blanches, puis tout coup il se rduisit en vapeur, peu prs avec l'appa- rence que prsente l'iode quand on jette un fragment de cette substance sur un corps suffisamment chaud. Toute la partie de l'appareil la plus rap- proche du foyer se couvrit d'une poudre noire, sche, cristalline. Le verre clata. L'exprience a t rpte deux fois avec le mme rsultat. On a encore fait cette exprience dans une trs-grande cloche en cristal, spare dans l'intrieur du foyer par une toile mtallique. Une couche de charbon brillant en poudre s'est dpo'se sur la partie suprieure de la paroi latrale, comme dans les trois expriences prcdentes. Plusieurs personnes ont vu ces expriences, et ont t convaincues, comme moi, que le carbone a t volatilis. Ce ne peut tre une illusion cause par la volatilisation d'une petite quantit de la matire grasse de la bote cuir. M. Arcbereau a fait souvent l'exprience de la lumire lectrique pen- dant des heures entires; il n'a jamais rien observ de pareil, quoique les viroles s'chauffassent bien plus, cause de la longue dure de ses exp- riences. Chacune de nos expriences dure une ou deux minutes, puis on interrompt le courant. Les viroles s'chauffent peine. M. Deleuil a fait souvent, la Sorbonne ou ailleurs, l'exprience des deux charbons, jamais le phnomne que nous signalons ne s'est prsent. Dans les expriences de M. Arcbereau , de M. Deleuil, et dans d'autres, on employait 60, 80 ou 100 lments de dimensions ordinaires. Dans ces conditions, on ne doit rien observer, car si l'on prend, comme nous l'avons fait, 124 lments, puis 248, 3^2, puis 496 en srie de 124, on voit que le ( 5o ) charbon devient de plus en plus clatant; mais ce n'est que lorsque les quatre sries sont rassembles que la volatilisation commence et s'accomplil. Si mme la pile tait charge d'acide depuis quelques jours, la rduction du charbon en vapeur pourrait bien ne pas avoir lieu. Le charbon de sucre avait d'abord t fait dans un creuset couvert , puis on avait ml intimement avec un tiers environ de sucre, et tenu dans des canons de pistolet, la temprature d'un grand fourneau rverbre, pendant quatre ou cinq heures. Il ne pouvait plus rester de matire orga- nique; cette matire aurait t dcompose la temprature de plus en plus leve, produite par la/j 2 48, 372 lments; la volatilisation ne commence qu' la temprature du courant de 496 lments. D'ailleurs une matire organique donne des vapeurs plus ou moins acides; le dpt est sec; mis dans de l'eau distille, il ne rougit pas le papier bleu de tournesol. Enhn le charbon des cornues donne lieu au mme phnomne et dans les mmes circonstances. Ici il n'y a pas mme souponner la prsence des plus faibles traces d'une matire organique, vu l'origine de ce charbon. Il est remarquer que le phnomne est plus frappant avec cette espce de charbon qu'avec le charbon de sucre. La volatilisation a lieu instantanment, probablement cause d'une temprature plus leve qu'exige une plus forte cohsion. On sait que le charbon des cornues a dj une grande densit. Il est donc plus facile de volatiliser le charbon que de le fondre en globules un peu considrables. En sra-t-il de mme du bore et du silicium? L'exprience seule peut dcider la question. Nous tcherons de faire l'essai. Le charbon se comporte peu prs comme la chaux, la magnsie, l'oxyde de zinc, etc., pris l'tat de puret, que, d'aprs nos expriences, on volatilise plus aisment qu'on ne fond. Nous les avons cependant rduits en verres transparents. L'alumine, la rutile, l'anatase, la nigrine, l'oxyde de fer, le disthne, etc., s'obtiennent immdiatement en globules, puis donnent des vapeurs. >. Toutes nos expriences nous montrent que ce n'est ni dans l'air, ni dans le vide qu'il faut tenter d'obtenir du charbon fondu en globules un peu notables, mais dans l'azote, une pression suprieure la pression atmo- sphrique. Les vases en verre ou en cristal ne conviennent pas pour ce genre de recherche, ils clatent presque toujours. Il est absolument ncessaire d'oprer dans des vases mtalliques. Je m'empresserai de prsenter l'Aca- dmie les nouveaux rsultats auxquels j'arriverai, si je les trouve dignes de son attention. > Je crois pouvoir tirer ds aujourd'hui cette consquence de mes exp- ( Si ) riences, que mme avec les moyens qui sont en ma puissance, et j'espre les agrandir, je peux prouver que tous les corps sont fusibles et volatils. MMOIRES PRSENTS. chimie. Mmoire sur les sucres; par M. Dubrunfaut. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Biot, Pelouze, Regnault, Balard.) Dans une Note que nous avons communique l'Acadmie en sep- tembre 1847, nous pensions avoir surabondamment prouv que le sucre interverti et ses similaires, les sucres de fruits, ne sont pas chimiquement simples, ainsi que MM. Mitscherlich et Soubeiran l'avaient dduit de leurs expriences. Nous pensions avoir suffisamment tabli, par une exprience fort simple et facile rpter, que le glucose cristallis, qu'on spare du sucre de fruits, n'est pas le rsultat de la transformation molculaire d'un sucre dou de rotation gauche, en un autre sucre dou de la rotation droite, mais bien le rsultat d'une simple analyse analogue toutes les analyses de mme genre que la cristallisation opre tous les jours sous nos yeux. Dans la mme Note, nous avions conclu, de nos expriences, qu'il y avait une grande analogie entre la composition du sucre de fruits et des miels, et que les diffrences essentielles que nous avions constates consis- taient en ce que le miel contenait : i. Du sucre de canne caractris par l'action inverse du ferment sur cette sorte de sucre; 2 . Par la proprit qu'offre le vesou de miel dans sa fermentation de subir une inversion droite vers les derniers termes de cette raction , pro- prit qui, selon nous, pouvait rvler un sucre nouveau. Dans la mme Note encore, aprs avoir dmontr exprimentalement dans les sucres de fruits l'existence d'un sucre incristallisable dou, entre autres proprits caractristiques, d'un pouvoir rotatoire nergique vers la gauche, nous avions mis avec rserve cette consquence probable de nos expriences, savoir: que le sucre interverti et ses similaires taient proba- blement forms de deux sucres rotations antagonistes, dont le glucose cris- tallis serait l'un, et dont l'autre serait le sucre incristallisable que nous avions isol. Cette thorie, que nous avons mise sous forme conjecturale en sep- tembre 1847, nous pouvons la donner aujourd'hui comme une thorie vraie. ( 5a) rsultant rigoureusement de nombreuses expriences, et donnant une expli- cation satisfaisante de tous les faits connus et bien observs. Ne pouvant rdiger en ce moment, sous forme de Mmoire, les longues et minutieuses expriences que nous avons entreprises depuis longtemps pour dbrouiller le chaos des espces de sucre , et arriver ainsi tablir une mono- graphie satisfaisante des corps sucrs, nous nous bornerons aujourd'hui faire connatre quelques-uns de nos rsultats, surtout en ce qui se rattache immdiatement au sujet de cette communication; nous les diviserons suivant l'ordre de nos recherches. >< i. Sur le sucre interverti et ses similaires. Le sucre, de canne bien interverti par les acides faibles ou le ferment est essentiellement form de deux espces de sucres diffrents, mlangs ou combins, quivalents gaux. Lune de ces espces est le glucose cristallis, anciennement connu, et qui, l'tat anhydre, a pour formule C' 2 H ,2 O l2 . L'autre espce est un sucre incristallisable qui, dessch ioo degrs, a la mme composition que le glucose, la mme formule C ,2 H i2 O' 2 , et qui, sous le mme poids, donne, par fermentation, les mmes quantits d'alcool et d'acide carbonique que le glucose. Ce sucre nouveau possde un pouvoir rotatoire gauche, qui est qua- druple de celui que possde le sucre interverti observ la mme temp- rature et dans les mmes conditions. Sa rotation, prise i4 degrs centi- grades de temprature, subit, en passant 5a degrs, un affaiblissement gal -jy. Il forme, avec la chaux, une combinaison basique soluble, ana- logue celle que donne le glucose , altrable comme cette dernire , absor- bant l'oxygne de l'air, et donnant, dans ce cas, naissance des corps nouveaux qui n'ont pas t examins. Ce sucre forme, en outre, avec la chaux, un compos peu soluble, cristallisable en prismes aiguills microscopiques. Ces cristaux caractristiques n'ont pas encore t analyss; mais on a pu constater qu'ils ne contiennent pas moins de 6 quivalents de base pour i quivalent de sucre. Ils sont alt- rables dans l'eau; l'air et la chaleur favorisent cette altration, qui se mani- feste par la liqufaction, puis par la disparition du corps sucr. >- Le sucre de canne , chauff seul en prsence de l'eau , ainsi que la exp- riment M. Soubeiran , ou chauff en prsence des acides dilus, ainsi qtie l'a pratiqu M. Malagutti, subit des altrations qui l'intervertissent et qui dtruisent ensuite le sucre liquide, l'exclusion du glucose. Ces obser- vations, suivies avec la fermentation alcoolique, l'alambic d'essai et les %p- ( 53) pareils de polarisation, fournissent l'une des dmonstrations les plus lgantes que nous puissions donner de la composition du sucre de fruits. 'Le sucre liquide est identique avec celui que l'on prpare avec l'inuline, et que M. Bouchardat a. fait connatre avec une rotation qui tmoigne de son impuret. i. Sur les miels. Les miels du commerce rcemment rcolts contiennent ds proportions variables de sucre de canne qui existe exclusi- vement dans la partie liquide. Ce sucre disparat avec le temps, et cette disparition est due surtout l'action inversive du ferment naturel qui est contenu dans ces produits. La saveur caractristique des miels est due la prsence d'lments dvelopps par une fermentation alcoolique. Les miels, suivant leur consistance et ta temprature laquelle on opre, fournissent de 20 3o pour 100 de glucose par la pression. L'eau mre dvie alors fortement gauche. Les miels qui se sont solidifis, refondus reprennent, dans des circon- stances favorables, leur consistance primitive. Les miels abandonns eux-mmes dans des vases mal bouchs et placs dans des caves, subissent une fermentation* fente sous l'influence de leur ferment naturel et d'un temps Jrs-long. Ici, contrairement aux phnomnes d'analyse qui se passent dans les fermentations opres basse densit et avec le ferment de bire, l'action du ferment se porte d'abord sur le sucre liquide, et laisse un vesou dans lequel se concentre le glucose. Un miel qui portait 1 35o de densit est tomb, au bout de trois ans, 1 i5o; il contenait quelques centimes d'alcool : le reste de l'alcool s'tait' vapor, il n'y avait eu que de faibjes traces de production d'acide lactique. Les miels contiennent tous, sans exception, une grande proportion de sucre de fruits, d'o l'on peut sparer facilement, l'aide de la chaux, notre sucre liquide incristallisable , avec toutes les proprits que nous lui avons assignes. Les miels contiennent, outre le sucre de canne et les lments du sucre de fruits , un excs de glucose ou un autre sucre haute rotation droite , que l'on retrouve dans le vesou qui a subi une fermentation alcoolique jus- qu'au terme o la rotation est passe notablement droite. La proprit laxative des miels, contrairement l'opinion de Guilbert, parat rsider dans le sucre liquide et non dans la matire solide. La cristallisation des miels s'opre avec une expansion telle, qu'elle bri- serait les vases qui les contiennent si on ne leur laissait les moyens de se C. H., 18)9, a*> Semestre. ( T. XXJX, N"3.) 8 ( 54 ) dilater librement. L'intervention de l'air est indispensable cette cristallisation comme celle des glucoses. 3. Sur les raisins desschs ou effleuris. Les expriences faites par M. Biot, sur les raisins, pour tablir le fait remarquable que la science admet depuis dix-sept ans, savoir: que les concrtions glucosiques dviant droite que l'on trouve dans les raisins, sont le rsultat d'une transformation qu'prouve le sucre du fruit dont la rotation est gauche; ces expriences , disons-nous, sont exactes, mais la consquence qu'on en a tire est inexacte, parce que les expriences qui lui ont servi de base n'ont pas t institues d'une manire rigoureuse. Les concrtions se manifestent d'abord dans le voisinage du pdoncule et des tissus vasculaires, o l'air favorise sans doute la cristallisation. Le'sucre dans les raisins intgres ne subit pas plus de transformation qu'il n'en subit dans les sirops de ce fruit. > En effet, les raisins secs concrtes ou non concrtes, mais conservs dans des conditions qui cartent les chances de fermentation ou d'autres altrations, donnent, aprs leur solution dans l'eau, une mme rotation et une rotation qui a la 'mme intensit pour des dissolutions de mme densit, et observes la mme tempieture. Les raisins secs et concrtes que l'on trouve dans le commerce, et dont les sirops tournent le plan de polarisation des rayons lumineux d'une manire si prononce vers la droite, ainsi que M. Biot l'a observ le premier, ont tous subi , sous l'influence du temps et des agents extrieurs, des altra- tions qui attaquent, d'abord le sucre liquide. Deux ordres de phnomnes, faciles constater, produisent surtout ce rsultat , soit isolment, soit concur- remment, ce sont: i une fermentation analogue celle que nous avons signale pour le miel altr spontanment; a l'invasion d'insectes divers, et notamment de XAcarus j'arin, dont on retrouve des traces nombreuses dans tous les raisins vieillis et blanchis; l'action de ces insectes se porte de prfrence sur le sucre liquide. Nous possdons en effet un bocal de raisins crass qui, aprs avoir subi la cristallisation glucosique, a t, depuis deux ans, parfaitement ana- lys pari-' A carus j'arin. Ces insectes ont dvor le sucre liquide, et n'ont la*ss que du glucose cristallis peu prs pur. Nous possdons galement des chantillons de miels analyss par des fourmis, qui ont dsert le sucre aprs l'avoir amen l'tat de glucose par l'limination du sucre liquide. Nous possdons encore un bocal de raisins secs conservs avec le con- ( 55) tact libre de l'air; ils ne se sont pas concrtes, ils se sont, au contraire, for- tement amollis en fermentant, et leur sirop dvie le plan de polarisation droite. chimie. Recherches sur l'analyse qualitative et quantitative de l'acide phosphorique ; par M. Ch. Leconte, prparateur de Mdecine au Coltge de France. (Commissaires, MM. Pelouze, Balard. ) La recherche de l'acide phosphorique l'aide des ractifs employs jusqu' ce jour prsente de grandes difficults. Ayant mis en contact presque tous les oxydes connus avec l'acide phos- phorique, le phosphate obtenu avec l'oxyde d'uranium offrit sur tous les autres une grande supriorit sous le rapport de son insolubilit presque absolue dans l'eau et de la rapidit avec laquelle il se dpose en laissant une liqueur claire.* De nombreuses expriences ont prouv la certitude avec laquelle les sels solubles d'urane -dclent la prsence de l'acide phosphorique partout o ils se rencontrent; les deux faits suivants, constats un grand nombre de fois, suffiront pour le prouver. i. o gl ',o5 d'acide phosphorique sirupeux, ajouts 4 litrae d'eau distil- le, fournirent avec l'azotate d'urane un prcipit trs-abondant, J'aide de l'bullition; des sels de soude, de potasse, d'ammoniaque, de chaux., de ma- gnsie (dans ces deux derniers cas la liqueur fut acidule de irfanire rester limpide), ajouts la liqueur prcdente, n'empchrent pas le prcipit de se former; les mme sels, ajouts de l'eau distille, ne prcipitrent pas l'azotate d'urane. a". Du phosphate de chaux fut dissous dans l'acide chlorhydrique, la liqueur trs-tendue donna un prcipit trs-abondant. fie dosage de l'acide phosphorique dans les phosphates solubles est trs-simple. On fait une solution d'azotate d'urane dont chaque centimtre cube prcipite o gr ,ooi d'acide phosphorique; on prend un poids connu du phosphate analyser, on le dissout dans un volume connu d'eau distille, ayant soin de le neutraliser; 5o centimtres cubes de cette liqueur sont ports l'bullition dans un petit ballon, et, l'aide dune burette gradue, on y verse l'azotate d'urane jusqu' ce que la liqueur surnageant le prcipit soit limpide, ayant soin de faire bouillir pendant une seconde aprs chaque addition de liqueur normale. 8.. ( 56) Dans un prochain Mmoire, j'aurai l'honneur de prsenter l'Acadmie un procd de dosage de l'acide phosphorique dans les phosphates inso- lubles l'aide de l'azotate d'urane. GOGRAPHIE. Mmoire sur le bassin suprieur du Jaxarie et de VOxus ; par M. Tchihachef. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. lie deBeaumont, de Jussieu, Geoffroy Saint-Hilaire et Babinet.) L'intrieur de l'Asie n'est jusqu'ici, en grande partie, qu' l'tat de terra incognita. Cette vaste rgion, aussi intressante par sa constitution physique que par l'histoire de son pass, se trouve enclave, aujourd'hui, du midi au nord, entre les possessions anglaises de l'Inde et le territoire sibrien. lia position gographique de ces deux lments europens vis--vis du grand Orient indique suffisamment le sens moral de la mission qu'ils ont y accomplir, bien que par des voies diffrentes. Les instincts inhrents la race anglo-saxonne la portent plutt des vues d'exploitation mercantile ou d'exclusion sociale, qu' des vues d'asso- ciation communale et de fusion qui caractrisent le sens de sociabilit et de solidarit , inhrent la race slave. " Cette diffrence d'instincts, et par consquent de rsultats ultrieurs, devient saisissante lorsqu'on observe le mode de procder de ces deux races chrtiennes dahs le double mouvement de colonisation intrieure qu'elles oprent aujourd'hui dans l'extrme Orient et l'extrme Occident, c'est-- dire en Amrique et en Sibrie. Aprs avoir sommairement prsent le but et les instruments de civili- sation que la Russie possde en Asie, o l'lment cosaque est appel jouer un si grand rle, non comme instrument de guerre, mais bien comme intermdiaire civilisateur, M. Tchihachef recherche les points les plus in- tressants d'exploration scientifique dans la zone borale de l'intrieur de 1 Asie. M. Tchihachef s'arrte particulirement aux bassins hydrographiques du .laxarte et de l'Oxus. Il mentionne aussi, sans l'tudier spcialement, le bassin de l'Amur, comme tant pour la Sibrie ce que la Baltique et la mer Noire sont pour la Russie europenne, une source vitale de civilisation et son unique dbouch maritime (ocan Pacifique), attendu que tous ses grands fleuves s'coulent dans la mer Glaciale. C7) Dans les valles du Jaxarte et de l'Oxus, M. Tchihachef prend en considration particulire leur partie suprieure, y inclus le plateau de Pamir, d'o s'coulent ces deux fleuves. Il discute les diverses notions que nous ont lgues le peu de voyageurs qui ont parcouru cette rgion , et qui se bornent trois, savoir: le moine bouddhiste Niouen-Thsang, au vn e sicle de J.-C; le clbre Marco-Polo, au xin e sicle, et enfin le lieutenant de la marine anglaise Wood, en i838. Malgr toute l haute porte des vues et des instructions manes du gnie de Pierre I er concernant les questions d'avenir du grand. Orient, les voyageurs russes n'ont pas encore pu pn- trer jusqu' ce fameux plateau" de Pamir, qui, atteignant (selon les mesures de Wood) la hauteur absolue de i56oo pieds, constitue un des points culminants "du renflement considrable qui caractrise le relief des terres intrieures de l'Asie, auquel on avait donn jusqu'ici, en Europe, le nom vague de grand plateau de la Tartarie. Un intrt commercials'attache encore cette rgion leve, qui borde les confins de la Chine occidentale. Le plateau de Pamir forme, avec le Kachgar-Davan, les deux principaux passages travers la chane des monts Bolors et celle du Than-Chan (monts Clestes). Ces passages sont frquents, depuis la plus haute antiquit, par les caravanes qui relient les intrts des peuples de l'extrme Orient avec ceux du bassin Aralo-Caspien. Ils forment, pour ainsi dire, les grandes lignes du mouvement de la vie propre de ces peuples, dont le sol renferme probablement des richesses minrales qui ne le cderont pas celles de la Sibrie, en juger par le peu qne.l'on en sait. Il serait dsirer vivement que la Russie, qui, par sa position gogra- phique et par la nature souple et robuste de ses populations, peut acqurir une grande influence' en Orient, depuis la mer Noire jusqu' l'ocan Pacifi- que, appuyt avec efficacit, comme l'Angleterre, les recherches des hommes qui se dvouent la vocation prilleuse de servir de. sentinelles avances aux progrs de la civilisation. physiologie. Suite de ses Recherches sur les courants lectrophysiologiques ; par M. Ducros. (Extrait.) (Renvoi la Commission dj nomme.) L'auteur prtend avoir constat par ses expriences : i . Que dans les actes de calcul arithmtique, l'intelligence et les facults intuitives ragissent sur l'aiguille astatique du galvanomtre, et produisent des dviatiops plus ou moins prononces, l'un des conducteurs de l'instru- ment tant plac sur le front et l'autre sur la tempe ; (58) >> 2. Que les dviations de l'aiguille sont d'autant plus prononces que les i aeuls sont plus difficiles et exigent plus d'attention ; 3. Que cet effet n'a pas lieu chez les enfants de dix quinze ans. M. Paul Dupont envoie, comme nouveau spcimen de son systme de d- calque lithographique, la seconde partie du XIII e volume de la Collection des Historiens de France de dom Bouqnet. L'Acadmie voit avec intrt cette reproduction , qui prsente la mme perfection que la premire partie du mme volume. Ce procd lui a paru d'autant plus digne d'attention, que M. Dupont n'est point de ces inventeurs qui, ds qu'ils ont obtenu la rcom- pense qu'ils dsiraient, se htent de disparatre et laissent tomber leur d- couverte dans l'oubli. Il a fait, au contraire, depuis plusieurs annes, de louables efforts pour tendre et multiplier les applications de son systme, qui n'est pas encore connu et apprci comme il mriterait de l'tre. M. Dupont joint 'son envoi uu tat indicatif de quatre-vingts libraires ou amateurs qui, pendant l'anne 1848, se sont adresss lui pour faire com- plter des exemplaires d'ouvrages qui, sans ce moyen, fussent rests incom- plets et sans valeur. (Commissaires, MM. Chevreul , Pouillet.) M. BiOT ajoute la remarque suivante : Legendre a donn la bibliothque de l'Institut un exemplaire des Tables logarithmiques de Vlacq, dix. dcimales, qui contient 101 chiliades au lieu de 100 que contient l'dition ordinaire. L'adjonction de celte dernire cbiliade, qui comprend les logarithmes des nombres, depuis 100000 jus- qu' 101 000, est fort rare, et fort utile. Legendre suppose qu'elle a t faite postrieurement la publication de l'ouvrage primitif, et pour quelques exemplaires seulement (voyez la Connaissance des Temps de 18 19, Addi- tions, page 3a6). Il y aurait par consquent de l'intrt la reproduire par le nouveau procd. L'exemplaire de l'Institut tant unique, il y aurait peut tre de la difficult obtenir qu'on le prtt pour cette opration. Mais je possde un exemplaire des mmes Tables, auquel j'ai fait ajouter cette 101 e chiliade, copie par une trs-belle main, en y rectifiant quelques fautes qui se trouvaient dans l'imprim; je le prterais volontiers pour cette utile application. (59) CORRESPONDANCE. M. le Ministre de l'Instruction publique remercie l'Acadmie de l'envoi qui lui a t fait du Rapport relatif aux rsultats scientifiques du dernier voyage de M. Lamare-Picquot, et l'introduction en France de deux plantes alimen- taires, l Psoralea esculenta et XApios tuberosa. astronomie.. Nouveaux lments de la plante dcouverte par M. de-Gasparis. (Extrait d'une lettre de M. Schumacher M. JragoT) Alloua , 2 juillet 1849. Je viens de recevoir de M. d'Arrest les lments suivants de la nouvelle plante, calculs sur la totalit des observations, depuis sa dcouverte jus- qu'au 18 juin. Je ne crois pas qu'elle ait t observe depuis. Elle tait dj peine visible ce jour-l la grande lunette de Berlin. M. d'Arrest a runi tontes les observations en six groupes normaux : Erreurs Berlin. Ascension droite. Dclinaison. en asc. droite, en dclin. _' 11 " 1 u 11 11 Avril i4 5 182.56.35,1 . 7.27.34,1 0,00 -4- 0,02 Mai i3,5 180.18.37,0 5.43.54,5 0,10 -f- 0,02 Mai 2i,5 180.22.51,9 5.32.38,0 2,83 + 4 2 6 Mai 28,5 180.43.52,7 5.29.57,5 3,52 -f- 7,55 Juin o4,5 181.20.07,0 5.33.5i,7 + 2,0g -+- 6,57 Juin i4>5 182.36.27,3 5.50.17,4 0,00 o,i3 qui sont reprsents, aux erreurs prs notes ct, par les lments sui- vants : Avril i5. Midi moyen Berlin. Longitude moyenne .. . 20059' 22", 55 J Prihlie 234.244>89 / quin. m. 1849,0 Nud ascendant 287.14.17,4s ) Inclinaison 3 . 47 o5 , 79 Excentricit o , 1 2002555 Loga o ,5o2go86 M. Arago prsente, pour la bibliothque, un Catalogue de tous les Ouvrages, Mmoires et Observations de W.-F. Bessel, rdig par M. Busch, attach l'observatoire de Knigsberg. (6o) anatomie compare. Sur le systme nerveux des Tnias; par M. Emile Blanchard. Pour donner plus de poids une. premire dngation, M. Dujardin en adresse une nouvelle l'Acadmie sur un autre sujet. 11 n'est pas parvenu voir le systme nerveux dans les Tnias, et cela lui suffit pour nier l'exis- tence de cet appareil organique dans ce type du groupe des vers. Ma rponse sera courte. . Quand, par des dissections minutieuses, j'ai russi isoler les ganglions et les nerfs dans la tte des Tnias, la jPupart des naturalistes qui se sont trouvs Paris cette poque ont vu par eux-mmes l'exactitude entire de la disposition que j'ai reprsente. Mais pour l'Acadmie, il me suffira de rappeler que MM. Milne Edwards, Rayer et Valenciennes, qui ont suivi avec la plus grande attention tous les faits consigns dans mes Recherches sur l'organisation des Vers, se sont attachs l'examen du systme ner- veux des Tnias, et en ont vrifi sur mes prparations les moindres dtails (i). Je n'ai pas besoin d'ajouter, aprs cela, qu'il me serait bien facile de mettre de nouveau la preuve sous les yeux de ceux que cette question pourrait intresser. Au reste, il y a deux ans environ; M. Dujardin , tant venu , au Musum , examiner mes prparations du systme ner- veux et du systme vasculaire des Intestinaux, regarda avec attention sous la loupe les pices montrant le systme nerveux des Tnias, et me dclara qu'il le voyait trs-distincte#ent. Ce savant aura regretter l'oubli de cette circonstance. " Jusque-l, M. Dujardin n'avait jamais vu, ni l'appareil de la sensi- bilit, ni l'appareil circulatoire" dans aucun type de vers, comme l'atteste son Histoire des Helminthes . Ce naturaliste se condamne lui-mme cruellement, en nous dvoilant ses moyens d'investigation : On conoit, dit-il, qu'avec de telles dimensions (celles du Tnia) il soit ^possible de dissquer cet Helminthe et d'tudier, la lumire directe, les " tranches longitudinales ou transverses qu'on fait au moyen d'un rasoir, n au lieu de l'observer seulement par transparence. Les zoologistes comprendront qu'avec -de semblables procds anato- iniques, les rsultats doivent tre en gnral trs-ngatifs; mais tous savent (i) Voyez le Rapport de M. Valenciennes,' Comptes rendus, t. XXIV, p. io34- ( 61 ) aussi que ce ne sont pas ceux dont je me sers. Ce n'est pas coups de rasoir que j'ai mis en vidence l'appareil de la sensibilit dans les Tnias. Quand j'ai dcrit le systme nerveux d'un type quelconque, j'avais en mme temps montrer des prparations o tout l'ensemble tait isol, o toute erreur, par consquent, tait devenue impossible. Je me suis fait une loi de ne ja- mais annoncer un seul fait, sans tre mme de le faire vrifier par tous les yeux. Ceci, je pense, pourra mviter de rpondre souvent ces naturalistes qui crivent l'Acadmie, non pour montrer des observations plus d- tailles, plus parfaites que celles de leurs prdcesseurs, mais simplement pour dire qu'ils n'ont pas su voir les faits vus et vrifis par un grand nombre. M. Pappenheiih adresse l'Acadmie une rclamation de priorit, qui parat sans aucun fondement, relative aux expriences communiques par M. Du Bois Reymond. M. Frizon adresse une communication relative un nouveau systme de pavage de son invention, qui , suivant lui, offrirait de notables avantages sur le systme actuellement employ. L'auteur n'ayant point dit en quoi consiste son nouveau systme, il ne peut tre fait de Rapport sur sa communication. M. Deshadryl prie l'Acadmie de vouloir bien lui faire obtenir de M. le Ministre de la Guerre un cercle rptiteur qui lui sera ncessaire pour faire des observations dans le cours d'un voyage d'exploration qu'il va entreprendre dans 1 Amrique mridionale. M. Camot envoie une communication relative la cause du cholra. M. D'Agar de Bds adresse un Mmoire sur les causes du cholra. Ce travail, tant imprim, ne peut tre l'objet d'un Rapport. M. Lemoyne adresse une Lettre dans laquelle il annonce avoir dcouvert la trisection de l'angle. Ce sujet tant de ceux dont l'Acadmie a dcid qu'elle ne s'occuperait C. R., 1849. 2= Semestre. (T. XXIX, !N 5.) 9 ( 6a } pas, la communication de M. Lemoyne ne peut tre prise en consid- ration. M. Wertheim envoie un paquet cachet. L'Acadmie en accepte le dpt. La sance est leve 5 heures. A. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Acadmie a reu, dans la sance du 9 juillet 1849, les ouvrages dont voici les titres : Introduzione. . . Introduction l'tude de ta gologie; par M. Ach. DE ZiGNO; partie t re . Padoue, i843; in-fol. Sopra. . . Sur deux fossiles trouvs dans le calcaire des monts padouans; par le mme. Padoue, 1 845 ; in-4. Sulla. . . Sur le gisement des terrains de sdiment du Trvisan; par le mme. Padoue, 1841; broch. in-8. * Su I terreno. . . Sur le terrain crtac de l Italie septentrionale ; parle mme. Padoue, 1846; broch. in-4. Nota. . . Note sur la distinction des fossiles, etc. ; par le mme. Venise , i846;in-8. Atti verbali. . . Procs-verbaux de la Section de Gologie, Minralogie et Gographie. (Extrait des Actes de la quatrime Section des savants Italiens; par les secrtaires, M. A. DE ZiGNO et M. A. Parolini. Padoue, 1 843 , broch. in-4. Astronomische. . . Nouvelles astronomiques de M. Schumacher; n 677, et une table; in-4- Gazette mdicale de Paris; n 27 ; in-4. Gazette des Hpitaux ; n" 77 79. ( 63 ) L'Acadmie a reu, dans la sance du 16 juillet 1849, ' es ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'acadmie des Sciences a me semestre 1849; n 1 ; in-4. Etudes sur les eaux minrales d'Uriage, prs Grenoble (Isre), et sur l'in- fluence physiologique des eaux en gnral, et les divers modes de leur emploi; par M. J. Vulfranc-Gerdy ; 1849; in-8. (Prsent par M. Rayer.) Mmoires de la Socit des Sciences, Lettres et Arts de Nancy, pour 1847. Nancy, i848; in-8. Socit des Sciences mdicales de l'arrondissement de Gannat. Rapport gnral sur les travaux de la Socit pendant l'anne 1 848 ; in-8. Compte rendu des travaux de la Socit de Mdecine, Chirurgie et Pharmacie de Toulouse, depuis le \{mai 1848 \usquau 20 mai 1849. Toulouse, 1849; in-8. Congrs scientifique de France ; 16 e session; in-4. Rfutation de l'opinion mise par M. Jomard, que les peuples de l'Amrique n'ont jamais eu aucun rapport avec ceux de l'Asie; par M. DE Paravey; brocb. in-8. (Extrait du numro de mai 1849, ^ es annales de philosophie chrtienne. ) Thorie des causes physiques qui produisent le cholra-morbus asiatique; par M. d'Agar de Bus, d'Issoudun; in-4. Instruction populaire sur les moyens de prvenir le cholra et d'en combattre les premiers symptmes; par M. le docteur Blache; broch. in-8. Cher- bourg, 1849- Bulletin de l'Acadmie royale de Mdecine de Belgique; annes 1848-1849; tome VIII, n 8; in-8. Bibliothque universelle de Genve,- juin 1849; b>8. Proceedings. . . Procs- Verbaux de la Socit zoologique de Londres; n os 184 188; in- 8. Transactions . . Transactions de la Socit zoologique de Londres; vol. III; partie 6; in-8. Astronomical. . . Observations astronomiques faites en 1847 <* I observatoire Radcliffe Oxford; par M. Manuel J. Johnson; vol. VIII. Oxford, 1849. ( 64 ) Verzeichniss . . . Catalogue des Ouvrages, Mmoires et Observations de F.-W. Bessel, rdig par M. Busch, attach l'observatoire de Knigsberg; in-4. Knigsberg, 1849. Astronomische... Nouvelles astronomiques de M. SCHUMACHER; n s 678 et 679; in-4- Journal de Pharmacie du Midi; 2 e srie, t. I er ; mai 1849; n-8. Le Moniteur agricole; tome II, n i4; in-8. L Abeille mdicale ; n i4; in-8. Gazette mdicale de Paris; n 28. Gazette des Hpitaux; n* 80 82. COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 23 JUILLET 1849. PRSIDENCE DE M. BOUSSINGAULT. t MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. calcul intgral. Mmoire sur l'intgration d'un sjstme quelconque d'quations dijfrentielles , et, en particulier, de celles qui reprsentent les mouvements plantaires ; par M. Augustin Cauchy. < Les dveloppements en sries, qui vrifient un systme d'quations diffrentielles, ne peuvent videmment reprsenter les intgrales de ce systme que dans le cas o les sries sont convergentes; et c'est seulement quand on a dmontr leur convergence, qu'une question de physique qn de mcanique paf laquelle on a t conduit ces quations diffrentielles peut tre- cense mathmatiquement rsolue.' Toutefois, dans l'astronomie, la convergence des sries qui reprsentent le mouvement troubl d'une plante n'est point tablie par le calcul. Seulement on a remarqu que les formules obtenues s'accordaient assez bien avec les rsultats de l'observation, et l'on en a conclu naturellement que les sries taient convergentes, mais sans pouvoir dire quelle tait la dure du temps pendant lequel la convergence subsisterait. Il m'a paru important de faire disparatre ces incertitudes, et de rechercher une mthode l'aide de laquelle on pt non-seulement obtenir, C. R., 1849, a me Semestre. (T. XXIX , !N 4.) I O (66) sous une forme nouvelle et simple, les intgrales gnrales d'un systme d'quations diffrentielles, mais encore calculer aisment des limites des erreurs que l'on commet, quand on arrte ces sries aprs un certain nombre de termes. Tel est l'objet du nouveau travail que je prsente l'Acadmie. Je me contenterai d'indiquer ici quelques-uns des rsultats les plus remar- quables, me rservant d'y ajouter, dans les prochaines sances, de plus amples dveloppements. "Soient donnes, entre le temps t et les variables x, y, z,..., des quations diffrentielles de la forme D t x = X, D,7 = r, D t z = Z,..., X ,' y, Z,... tant'des fonctions donnes de x, y, z,. .., t. Jk>ient encore s = f(x, j, z,..., t) une fonction donne de x, y, z,. . ., t; et x, y, z,- -, s ce que deviennent x i y-i z i' i s au bout du temps t. Pour dterminer en fonction de x, y, z, . . . , t, et t il suffira d'intgrer l'quation caractristique, c'est--dire , l'quation linaire aux drives partielles D,-+-D = o, dans laquelle on a D = XD x -i-FD r + ..., et d'assujettir vrifier, pour t = t, la condition 5 = 5, s dsignant la fonction ((x, y, z,..., f)que l'on dduit de s f(x, y, z,..., t) en y remplaant t par t. Gela pos, faisons, pour abrger, Vs = j nsdt.; si la valeur de t t est assez petite pour que la somme de la srie , dont le terme gnral est Vs , soit convergente , on aura (i) = s + Vs = V 1 s + (6 7 ) Soient d'ailleurs 9 un nombre qui varie entre les limites o, i ; u, v, w, . . des fonctions de , qui s'vanouissent avec 9, et se rduisent, pour 0==i, aux constantes a, b, c,..., en conservant toujours des modules gaux ou infrieurs ceux de a, b, c,...; U, V, W, ... ce que devient X, Y, Z,... quand on attribue x, jr, 2,..., t, les accroissements , c, w,..., 0(t t). Enfin, en supposant les modules de a, b, c,. . . et de t t assez petits- pour que les fonctions U, V, TV, ne cessent pas d'tre continues, prenons t\ ^ u v et nommons p ce que devient le module de l'exponentielle (3) i I eds o quand ou attribue aux variables , f, w,. . . et aux constantes a, b, c,..., des arguments tels que lem'odule p devienne un maximum maximorum. La srie que renferme le second membre de la formule () sera convergente, quand le module de r t sera infrieur au produit de - par -, e tant la base des logarithmes hyperboliques. Ajoutons quil sera utile de choisir les modules des variables u, c, tv,. . , et des constantes a, b, c,... de manire rendre le module p le plus petit possible. zoologie. Mmoire sur les Polypiers appartenant la famille des Oculinides, au groupe intermdiaire des Pseudastrides et la famille des Fongides; par MM. Milne Edwards et Jules Haime. (Extrait.) Ce travail porte essentiellement sur la classification des Polypiers qui , . par leur structure , se rapprochent'des genres Oculine et Fongie'de Lamarck. Ces Zoophytes constituent, avec les Turbinolides et les Astrides, dont il a t question dans nos prcdentes communications f une grande division naturelle de l'ordre des Zoanthaires, laquelle nous donnons le nom de Zoantharia aporosa. Le sous-ordre ainsi form est caractris par la structure de son scl- io.. (68) renchyme qui affecte la forme de grandes lames continues, et ne prsente pas, dans les parties essentielles, la disposition poreuse et rticule, si remarquable chez les Madrporides.et les autres Polypiers dont se compose notre division des Zoantharia perforata. Chez les Zoanthaires apors, l'ap- pareil cloisonnaire est toujours bien dvelopp, et constitue manifestement, dans le jeune ge au moins, six systmes rayonnes, ce qui les distingue de nos Zoantharia rugosa, chez lesquels ces systmes, toutes les fois qu'on peut les reconnatre, ne sont jamais qu'au nombre de quatre. Enfin les chambres des Polypirites demeurent libres dans toute leur hauteur ou ne sont divises que par des traverses intercloisonnaires non concordantes, et jamais par des planchers complets, comme cela se voit chez les Zoantharia tahulata (les Favosites et les Pocillopores par exemple). Famille des Oculiiides (Oculinid). Loges imparfaitement divises par des traverses peu nombreuses et peu dveloppes; jamais de synapticules. Muraille non perfore, trs-dveloppe, se confondant extrieurement avec un cnenchyme compacte et trs-pais, et se dveloppant en dedans de faon envahir plus ou moins complte- ment le fond de la chambre des Polypirites avancs en ge.. Cloisons bord entier ou subentier. Polypier toujours compos, et rsultant toujours d'une multiplication par bourgeonnement. Surface du Polypier lisse, finement strie autour des calices ou lgrement granule, mais ne prsentant jamais d'cbinulations. On peut partager lesOculines en deux sections, suivant que les cloisons sont gales entre elles ou ingales. A. Oculinid inquiseptat. Genre i. Oculina (pars), Lamarck. Gemmation spirale ou irrgu- lire. Columelle papilleuse. Des palis. 0. virginea et diffusa, Lam. Genre 2. Trymhelia. Diffre des Oculines par l'absence d'une colu- melle proprement dite, et le grand dveloppement des palis qui se soudent entre eux pour constituer un tube. T. eburnea, Nob. Genre 3. Cyathdia. Gemmation subterminale et rgulirement oppose. Columelle papilleuse et palis trs-dvelopps. Madrepora axillaris , Ellis et Solander. Genre 4- dstrlielia. Gemmation spirale ou irrgulire. Columelle paritale. Pas de palis. Cloisons denteles leur bord interne. Madrepora palmata, Goldfuss, tab. XXX,Jig. 6 a . Genre 5. Sjnhelia. Gemmation irrgulire. Calices superficiels, (6 9 ) uais par des stries radies. Columelle styliforme. Lithodendron gibbosum, Goldfuss. Genre 6. Acrhelia. Gemmation spirale. Cloisons excessivement d- bordantes et anguleuses. Ni columelle, ni palis. A. Seb, Nob., figure dans Seba, vol. III, tab. CXVII, n 5. Genre 7. Lophelia. Polypier dendrode, sans cnenchyme. Le bord des calices renvers en dehors sous forme d'une collerette ou crte circu- laire. Cloisons dbordantes. Ni columelle, ni palis. Madrepora prolifra et anthophjlliles, Ellis et Solander. Genre 8. Amphelia. Cnenchyme bien dvelopp la base. Gem- mation alterne distique. Cloisons trs-peu dbordantes. Columelle rudi- mentaire. Madrepora oculata, Ellis. Genre 9. Enallhelia, d'Orbigny, Mss. Diffre du genre prcdent k par des stries costales plus fortes et prolonges. Lithodendron compression et elegans, Goldfuss. B. Oculinid cequiseptat. Genre 10. Axhelia. Surface entirement couverte de stries subgra- nuleuses. Columelle compacte. Pas de palis. Cloisons dbordantes. Ocidina . myriaster , Valenciennes, collect. du Musum. Genre 1 1 . Crypthelia. Polypier dendrode et en espalier. Calices pdicells, trs-largis et reploys en deux. Ni columelle, ni palis. C. pudica, h Nob. ; de la collect. Stokes. Genre 12. Endhelia. Polypier dendrode. Une languette dresse au-devant de chaque calice. Ni columelle, ni palis. E. Japonica, Nob.; du Muse de Leyde. Genre i3. AUapora, Ehrenberg [Stjrlaster, Gray). Polypier den- drode. Cnenchyme trs-dvelopp, surface lisse, et prsentant, en cer- tains points, des tubercules dont la nature est encore inconnue. Calices rares. Ni columelle, ni palis. Oculina rosea eljlabellijbrmis, Lamarck. Groupe des Pseudastridks [Pieudastrcid). Les Polypiers dont nous formons ce petit groupe ne semblent pas tre des drivs d'un type organique particulier, et ne sauraient cependant tre rattachs aucune des grandes familles voisines. Ils prsentent un mlange de caractres qui les rapprochent la fois des Oculinides et des Astrides, de faon tablir le passage entre ces deux types, sans qu'on puisse cependant les considrer ni comme des Oculinides, ni comme des Astrides. De mme que tous ceux-ci, ils se distinguent des Turbinolides i\ . H (7) par l'existence de traverses intercloisonnaires ; ils ont un cnenchyme trs- dvelopp, mais qui, au lieu d'tre compacte comme chez les Oculines, est plus ou moins spongieux. Enfin ils se rapprochent des Astrides par la plu- part de leurs caractres, mais ils en diffrent par l'tat tout fait rudimen- taire de l'appareil costal, concidant avec le grand dveloppement d'un cnenchyme, qui est indpendant et non pithlique. Genre i. Madracis. Polypier dendrode. Cnenchyme subcompacte et fortement chinul. Bord calicinal simple. Columelle styliforme. M. asperula, Nob.; de Madre. Genre 2. Sideropora, de Blainville. Cnenchyme subcompacte et granul. Bord calicinal garni eu dessus d'un prolongement. Columelle styli- forme. S. digitata, de Blainv. Genre 3. Dendracis. Polypier dendrode. Cnenchyme subcompacte et granul. Calices submamelonns. Cloisons subgales. Columelle nulle. Madrepora Gervdlii, Defrance. Genre 4- Aracis. Polypier massif cnenchyme spongieux et chinul. Cloisons ingales. Pas de columelle. Astrea sphceroidalis, Michelin. Famille des Fongidks {Fungid, Dana). Dans cette famille, les individus s'lvent toujours trs-peu et tendent, au contraire, s'largir, de faon constituer des disques- quand ils restent simples, et former des expansions foliaces quand ils sont composs. Les calices sont toujours superficiels; ils restent ouverts latralement ou se runissent entre eux, sans jamais se dlimiter compltement. Les cloisons se distinguent rarement des ctes; elles se dveloppent beaucoup au del des points correspondants la base des tentacules 2 et se continuent sans interruption d'un calice dans un autre. Il rsulte de cette disposition , que la muraille se dveloppe sous la forme d'un plateau, et ne s'lve qu'incom- pltement entre les divers individus. Les cloisons sont formes par des lames -continues dont le bord suprieur est toujours divis, et dont les faces latrales sont couvertes de prolongements styliformes ou d'chinulations, qui le plus souvent se soudent de faon constituer des synapticules tendant diviser les loges intercloisonnaires, comme le ferait une espce de grillage; il n'existe que peu ou point de traverses lamellaires, d sorte que ces cavits ne sont jamais fermes vers le haut. La multiplication ne semble jamais s'ef- fectuer par fissiparit, et a lieu par bourgeonnement submarginal. ( V ) Premire tribu. Ctclolitiens (Cyclolitin). Plateau pourvu dune pithque bien dveloppe et plis concen- triques. Espces simples. Genre i. Cyclolites, Lamarck. Cloisons excessivement nombreuses, trs-minces. Fossette oblongue et troite. C. elleptia, Lam. Genre 2. Palocjrclus. Cloisons peu nombreuses, paisses. Fossette circulaire et trs-large. Madrepora porpita, Fougt. Deuxime trihu. Fongiens (Fungin). Plateau dpourvu dpithque , en gnral fortement chinul et tissu perfor. Le trois premiers genres de cette tribu ne renferment que des espces simples, et les autres des espces composes. Genre 3. Fungia (pavs) , Lamarck. Cloisons trs-nombreuses, rami- fies. Muraille fortement chinule. F. agaricijbrmis et patellaris, Lam. Genre !\. Micrabacia. Cloisons mdiocrement nombreuses et droites. Muraille peine chinule et ctes alternant avec les cloisons. Fungia coronula, Goldfuss. Genre 5. Anabacia, d'Orbigny, Mss. Rayons cloisonnaires se ter- minant en dessous sans former de muraille distincte. Madrepora porpita, Parkinspn, que nous nommerons A. Parkinsonii. Genre 6. Genabacia. Sont des Anabacia qui portent djeunes calices disposs circulairement autour du parent. Fungia stellat'a, d'Archiac. Genre 7. Herpetolithus , Dana. Polypier libre. Calices subradis, de deux sortes: les uns mdians, multilamells; les autres paucilamells. Madre- pora pileus, Ellis et Sol., tab. 45. Genre 8. Crjptabacia. Polypier libre. Calices assez nettement radis; ceux du milieu un peu plus distincts. Rayons courts et peu nom- breux. Fungia talp, Lamarck. Genre 9. ffahmitra, Dana. Diffre du prcdent par des cloisons trs-allonges et assez nombreuses. Fungia pileus , Lamarck. Genre 10. Podabacia. Diffre des Halamitra, en ce qu'il est cya- thode et fix par sa base. Agaricia cjathodes, Valenciennes ; collect. du Musum. Genre 11. Lithactinia, Lesson. Polypier libre ; individus tous sem- blables, non radis. Cloisons alternativement paisses et minces. L. Nov- Hiberni, Less. ( 7* ) Genre 12. Polyphyllia, Quoy et Gaimard. Diffre du prcdent par une srie centrale de calices subradis. P. pelvis, Q. et G. Genre i3. Zoopilus, Dana. Il y aurait deux ordres apparents de cloisons, dont les grandes seraient prolonges et les petites seules interrom- pues, pour indiquer les bouches des polypes. Cette forme ne nous est pas connue. Troisime tribu. Lophosrikns (Lophoserine). " Plateau dpourvu d'pithque et d'chinulations, et tissu non perfor. Genre i/J- Cjcloseris. Polypier simple, libre. Cloisons trs-nom- breuses, s'unissant par leur bord interne. Fungia cyclolites, Lamarck. Genre i5. Diaseris. Diffre du prcdent en ce que, dans le jeune ge, il est compos de parties spares qui ne s'unissent que plus tard; Fungia distorta, Michelin. '. Genre 16. Trochoseris. Espces simples, trocboides et fixes. Antho- phyllum distortum, Michelin. Genre 17. Cyathoseris Polypier compos, trochoide, fixe. Calices assez nettement radis. Quelquefois le plateau forme des replis qui s'lvent sous forme de collines. Agaricia infundibuliformis, Michelin. " Genre 18. Lophoseris ( Pavonia , ex parte, Lamarck). Polypier foliac, fix, s'levant en crtes irrgulires, garnies sur leurs deux faces de calices confluents et nettement radis. Pavonia boletijbrmis et divari- cata, Lam. Genre ig. Agaricia (pars), Lamarck. Calices ruuis en sries concentriques et spares par des collines ingales. A.undata, Lam., et Pavonia agaricites, Lam. Genre 20. Pachyseris. Diffre du prcdent par la fusion complte de tous les Polypirites d'une mme srie. Agaricia rugosa, Lamarck. ' Genre 21. Helioseris. Calices distincts, submainelonns : , disposs autour du parent, qui reste plus, grand que les autres. Agaricia cucullata , Lamarck. ' Genre 22.' Haloseris. Polypier formant des feuilles, lobes et chico- races, dont la surface suprieure est garnie de rayons trs-allongs, et ne prsente que des vestiges de calices. H. lactuca, Nob.; collect. Stokes. Genre 23. Leptoseris. Polypier fix, plateau s'levant en disque subcratriforme, dont le centre est occup par un grand individu-souche. Gemmation rare. Rayons trs-allongs. Calices trs-peu circonscrits, mais bien radis. L. fragilis, Nob.; collect. du Musum. ( 73 ) Groupe des Pseudofoncides (Pseudofungid). Nous tablissons ce groupe pour le genre Merulina, d'Ehrenberg, qui. prsentant la fois des caractres communs aux Astrides et aux Fongides, tablit le passage entre ces deux familles, tout en restant en dehors de l'une et de l'autre. La forme gnrale rappelle celle des Lopboseris, et le plateau est perfor comme dans les Polyphyllia; mais les calices sont disposs en sries spares par des collines rgulires, comme chez les Symphyllies, et les traverses intercloisonnaires les rapprochent encore des Astrides. RAPPORTS. chimie applique. Rapport sur les papiers de sret'. (Commissaires, MM. Thenard , Desnoyers, Gatteaux, Pelouze, Regnanlt, Balard, Seguier, Pouillet , Dumas rapporteur.) Diverses propositions ou rclamations ayant t rcemment soumises l'examen de l'Acadmie, soit au sujet de la fabrication d'un papier de s- ret pour le timbre et les actes publics, soit au sujet d'un nouveau papier l'usage de la Banque, elle a dcid qu'une Commission en ferait l'objet d'un Rapport spcial. Comme, parmi les chantillons qui lui taient adresss, il en tait plusieurs qui , pour tre convenablement apprcis, exigeaient le con- cours et les lumires des graveurs les plus habiles, l'Acadmie des Beaux- Arts, sur la demande de votre prsident, a dsign deux de ses membres, MM. Desnoyers et Gatteaux , qui ont bien voulu se joindre nous pour constituer la Commission mixte dont je suis charg de rsumer le travail. Dans une tude qui touche aux plus grands intrts de l'tat , aux intrts les plus chers des familles, aux questions les plus srieuses pour la morale publique et pour la sret des transactions, qui se complique enfin de r- clamations de priorit toujours dlicates, la Commission devait procder avec quelque circonspection, elle ne devait s'adresser l'Acadmie qu'aprs avoir laiss chacun de ses membres le temps de se former une opinion bien arrte. C'est l'avis unanime de la Commission que votre Rapporteur vient exprimer en son nom. I. L'Acadmie n'a point oubli que , dans la sance du 27 novembre 1 848, l'un des membres de la Commission, M. Seguier, a cru devoir appeler l'at- tention publique sur la ncessit de porter quelques rformes dans la fabri- C. H., iSJg * Semtst.. (T. XXIX, N 4.) I J ( 74) cation des billets de banque. Cette communication a donn divers artistes I occasion de soumettre l'Acadmie ou la Commission elle-mme leurs projets ou leurs ides sur cette {{rave question. C'est ainsi que MM. Grimp et Colas ont adress, l'un l'Acadmie, l'autre directement la Commission, des spcimens de billets de banque que ces artistes regardent comme tant inimitables, et qu'ils ont obtenus par des procds qui leur sont propres. Aprs en avoir pris connaissance , la Commission a pens qu'elle devait se mettre en communication , par l'organe de son prsident, avec M. le gou- verneur de la Banque, qui, assist des membres du Conseil de cet tablis- sement, est venu en confrer avec nous. L'Acadmie comprendra que sa Commission ait cru devoir procder cette tude avec une extrme rserve , et qu'elle se soit rsolue garder le plus profond secret sur le rsultat de ses expe'riences, de ses discussions et de ses dlibrations. Elle s'est assure que le Conseil de la Banque examine , avec la sagesse dont il a donn tant de preuves, les moyens qui lui sont soumis; qu'il ap- prcie les difficults nes du progrs des arts et de la marche des sciences; qu'il donnera sans doute ses billets toutes les garanties dont les arts et la science pourront le revtir, et elle vous propose, eu consquence, de lui laisser toute la responsabilit d'une dcision qui intresse tant de titres le crdit public. II. La Commission avait, en outre, examiner diverses rclamations relatives au procd propos par M. Grimp pour mettre les actes publics ou privs l'abri des falsifications d'criture , et pour faire cesser le lavage frauduleux du papier timbr. Dans ce double but, M. Grimp propose de revtir le papier sur ses deux faces, et avec l'encre mme de l'criture, d'une vignette compose de figures gomtriques, d'toiles microscopiques, par exemple, associes entre elles par une combinaison due au hasard. Quoique, diverses Commissions, dont plusieurs d'entre nous ont fait partie diverses poques, aient donn leur entire approbation ce pro- cd, jusqu'ici l'Administration n'a pas cru devoir en adopter l'emploi , par des motifs que nous ignorons. C'est en vue de dgager notre responsabilit cet gard vis--vis du pays et de l'Acadmie , que MM. Thenard , Pelouze , Regnault et moi, nous avions cru de notre devoir de faire connatre publiquement notre opinion dans une communication l'Acadmie, en date du 4 dcembre 1848. C'est la suite de cette communication, trs-favorable, on le sait, aux procds de M. Grimp, que sont survenues diverses rclamations, et que la Commission actuelle a t nomme pour les apprcier. Ces rclamations portent sur deux points. Les unes attaquent le pro- cd de M. Grimp comme incapable de donner un papier propre r- sister la falsification et la contrefaon , les autres lui contestent la priorit de ses moyens. III. Quant au premier point, la marche de la Commission lui tait trace par des prcdents nombreux. Elle a runi toutes les personnes qui con- testaient la sret des moyens de M. Grimp, toutes celles qui en propo- saient d'autres, et elle les a mises en demeure de falsifier ou de contre- faire le papier de cet artiste. Toutes les personnes qui s'taient adresses soit l'Acadmie, soit la Commission , ont donc reu, par la voie du secrtariat de l'Acadmie, quel- ques feuilles du papier de M. Grimp, sur lesquelles nous avions fait crire huit ou dix ligues au moyen de l'encre communment employe dans le commerce. Nous les invitions effacer quelques mots ou quelques lettres sur ces feuilles et les remplacer par d'autres, de manire tromper l'il d'un observateur, mme non prvenu et pris au hasard. La plupart ne l'ont pas essay. Aucune d'elles n'y est parvenue. > Ainsi, cette nouvelle preuve n'a fait que confirmer ceux des membres de la Commission qui avaient dj tudi la question, dans leur ancienne conviction; elle a amen les membres rcemment appels dans son sein la partager. Nous regardons comme tabli que le faux partiel n'a pas pu tre effectu jusqu'ici par des procds manuels sur le papier Grimp. IV. Mais, il tait annonc que, par voie de transport, le dessin qui recouvre ce papier pouvait tre rtabli sur une feuille aprs y avoir t effac, soit d'une manire gnrale, soit d'une manire partielle. L'un des rclamants, et il faut bien le nommer pour que le blme que la Commission est force de lui infliger ne vienne peser sur aucun des savants ou artistes qui lui ont soumis leurs travaux, M. Quinet avait d- clar publiquement qu'il tait en mesure de prouver que le transport de la vignette de M. Grimp s'effectuerait avec facilit d'une feuille l'autre, de manire permettre tous les faux. Pour le prouver, il a soumis la Commission un fragment de papier qui tait donn par lui comme ayant reu , par voie de transport , la vignette qu'un fragment du papier de M. Grimp lui avait cde. A l'examen des deux chantillons nous avons reconnu qu'en effet le il.. ( 7 VII. Nous avions enfin examiner quelques propositions accessoires et quelques prtentions relatives des questions de priorit; nous allons soumettre l'Acadmie l'avis de la Commission sur chacune d'elles. M. Gannal rappelle, par une Lettre'du i janvier 1849, c l u '1 a propos, en 1 834 , de remplacer le timbre noir du papier timbr par un timbre deux encres, mi-rouge, mi-bleu, de nature empcher le transport sur pierre et le tirage frauduleux qui s'effectue par les procds courants de la litho- graphie. La Commission, tout eu se proccupant des intrts du Trsor, estime qu'un procd qui aurait pour unique effet de les mettre l'abri des fraudes que le lavage ou la contrefaon servent effectuer, ne peut obtenir la prfrence sur des moyens qui s'opposent la fois au lavage frauduleux du papier timbr, aux falsifications des timbres, enfin aux altrations d'criture dont les actes peuvent tre l'objet. .- M. Gannal dsire , en outre , qu'il soit constat que c est sur sa demande que l'Acadmie a t saisie, en 1 8a5, par le Ministre de la Justice , de l'examen de la question des encres indlbiles et du papier de sret. Le Rapport, approuv par l'Acadmie en 1829, avait mentionn cette circon- stance en son temps. M. Baudrimont, d'accord en cela avec nombre d'inventeurs qui, di- verses poques, ont soumis l'Acadmie ou au Gouvernement de semblables propositions, annonce, par une Lettre adresse au prsident de la Com- mission, le i5 janvier de cette anne, qu'il a compos une encre indlbile. Votre Commission rappelle, ce sujet, que l'Acadmie a dcid j depuis longtemps, qu'elle ne croyait pas pouvoir conseiller au Gouvernement de se confier l'emploi d'une encre indlbile pour mettre le papier timbr l'abri des lavages et les actes l'abri des faux. Comment s'assurer, en effet, ( 79) que l'criture trace sur un acte priv le sera toujours par une encre ind- lbile? Quelle pnalit infliger ceux qui ngligeraient d'en faire usage? Qu< j le commerce et les particuliers emploient de telles encres leurs risques et prils, rien ne s'y oppose ; et si un chimiste aussi consciencieux que M. Bau- drimont consacrait ses soins la prparation d'une encre indlbile, l'Aca- dmie ne pourrait que l'y encourager; elle suivrait avec intrt les chances diverses d'une exprience sur laquelle on ne peut prononcer qu'aprs une longue pratique du procd et un long emploi du produit. M. Sainte-Preuve, par une Note en date du 18 dcembre 1848, pro- pose l'emploi d'un papier revtu sur ses deux faces d'une vignette trs-visible l'il nu , imprime l'encre ordinaire pendant la fabrication , et recou- verte d'une pellicule de papier, de manire que chaque feuille soit relle- ment compose de trois lames superposes. Le papier triple de M. de Sainte- Preuve offrirait certains avantages. La Commission voudrait avoir pu le soumettre aux expriences ncessaires pour lever les cloutes qu'elle conserve sur quelques points son gard; mais l'auteur n'ayant pas accompagn jus-- qu'ici sa communication des chantillons qui devaient l'appuyer, elle ajourne toute dcision ce sujet. M. Werdet propose de nouveau l'emploi d'un papier teint en rouge uniforme, qui n'a paru la Commission ni propre rsister aux essais de lavage, ni en tat de rsister la contrefaon, ni enfin de nature tre substitu au papier du timbre. M. Sellier, garde-magasin du timbre, demande que l'Acadmie veuille bien conseiller au Gouvernement d'adopter, pour le papier timbr, un pa- pier analogue celui des billets de banque : il envoie des chantillons l'appui de sa demande. M. Sellier croit que la couleur naturelle qui existe dans son papier serait une garantie contre les faux ; il regarde d'ailleurs son papier comme prfrable au papier du timbre en raison de sa solidit. La Commission rappelle que l'Acadmie s'est dj prononce sur le peu de ga- rantie esprer des teintes plates ou unies, en ce qui regarde les falsifier tions d'criture. Quant la dure des papiers proposs par M. Sellier, elle serait probablement plus grande que celle du papier actuel du timbre; mais il resterait voir si cet avantage ne serait pas compens par quelques incon- vnients spciaux. La Commission a d carter cette tude, car elle avait admis pour base de son travail qu'elle s'imposerait l'obliation d'oprer sur le papier actuel du timbre, sauf les perfectionnements dont sa fabrication est susceptible , parce qu'une exprience sculaire en a fait apprcier toutes les qualits. (; 8o ) M. Conlier a adress, tant l'Acadmie qu' la Commission, diverses lettres ou documents tendant tablir, i ses droits la priorit relative- ment l'impression des vignettes en encre ordinaire, comme garantie contre les altrations d'criture; i la supriorit des planches obtenues en atta- quant, par les acides, une lame d'acier damass, sur tous les dessins ob- tenus, soit par la main de l'artiste, soit par les procds mcaniques, quand il s'agit de prvenir les faux et les contrefaons. Sur le premier point, votre Commission rappelle que dans le Rapport adopt par l'Acadmie, en 1829, pleine justice a t rendue M. Coulier, qui, le premier, prsentait des vignettes imprimes au moyen d'une encre dlbile, comme moyen de garantir l'criture contre les tentatives de falsi- fication. Mais, la Commission n'a pas trouv dans ce Rapport la preuve que l'encre de M. Coulier ft de l'encre ordinaire, de l'encre usuelle base de fer, qui, employe dans les vignettes, leur donne un caractre de sret tout spcial, par sou identit avec l'encre de l'criture elle-mme. Voici , en effet, comment s'exprime le rapporteur de cette poque dj loigne, M. d'Arcet : M. Coulier emploie une couleur noire dont il n'a n pas fait connatre la composition, mais qu'on sait tre destructible par le chlore. Aujourd'hui, nous aurions quelque difficult retrouver la trace des discussions qui ont amen une Commission dont presque tous les membres ont disparu du sein de l'Acadmie, prciser, comme elle le fait dans son Rapport et en son nom propre, la nature de l'encre qu'elle propose son tour. Quoi qu'il en soit, M. Coulier, le premier, avait fait usage d'une vignette imprime avec une encre dlbile, sans en prciser la nature, et l'Acadmie conseilla, dans son Rapport, l'emploi iune encre dlbile iden- tique avec l'encre usuelle. Voil le fait. En ce qui concerne les planches en acier damass , la Commission ne saurait les recommander pour un emploi public : i cause de la difficult du tirage; 2 cause surtout du dfaut de comparabilit des preuves; 3 et mme cause de leur tirage trop limit. > Enfin, M. Quinet rclame la priorit pour l'impression sur papier des vignettes en encre usuelle au moyen de planches en relief. Il s'appuie sur un brevet en date du 18 novembre i8/j4 et sur un paquet cachel qu'il aurait dpos l'Acadmie le 3 fvrier i845. A l'gard de ce paquet cachet, il n'y en a pas trace ni dans les procs- verbaux, ni au secrtariat de 1 Acadmie. A la date indique, se trouve une lettre de M. Quinet qui annonce l'envoi d'chantillons de papiers imprims ( 8i ) l'encre usuelle , et o il rappelle qu'il a pris un brevet pour cette inven- tion. Il n'y est nullement question de paquet cachet, bien que M. Quinet l'ait rpt devant la Commission avec une vive insistance. La copie du brevet pris par M. Quinet. a t dpose par lui entre les mains de la Commission. De son ct, M. Grimp a mis sous les yeux de la Commission trois brevets en date du 19 septembre i836, du 12 dcembre i836 et du 2 f- vrier 183-7, o il indique l'emploi de cylindres ou planches soit en creux, soit en relief. Voici comment il rsume lui-mme son principe : Comme je l'ai dj dit, ces procds consistent principalement appli- quer, au moyen de cylindres ou de fractions de cylindres mtalliques ou de planches mtalliques gravs mcaniquement soit en creux, soit en re- lief , une impression en encre fugace ou dlbile sur la surface, sauf les dessins ou lgendes rentrs ou rservs, etc. L'encre ou la couleur fugace ou dlbile dont je fais usage pour mes impressions est presque toujours de l'encre ordinaire avec laquelle on crit habituellement Pour faire usage de cette encre, il suffit de l'paissir convenablement soit avec du pltre fin, ou du sulfate de chaux, ou du sulfate de zinc, ou du kaolin, ou de la terre de pipe, ou toute autre substance non susceptible de laisser sur le papier des traces assez apparentes, qui pourraient gui- der le faussaire Nous mettons en parallle avec ce passage , celui qui se rapporte au mme objet, dans le brevet de M. Quinet, en date du 18 novembre 1 844- Pour imprimer la partie dlbile de ses vignettes, cet artiste emploie de l'encre ordinaire paissie. Voici sa recette : Encre dlbile usuelle. Je la fais avec l'encre usuelle, de la gomme arabique et du miel blanc, en quantit suffisante pour donner seulement la viscosit ncessaire la puret de l'encrage. Enfin, nous croyons devoir rappeler ici, pour complter ces renseigne- ments, qu'en 1842, nous avons t tmoins de l'impression d'une vignette en encre usuelle, sans paississants, obtenue par une planche en relief. L exprience a eu lieu l'occasion du concours ouvert au Ministre des Finances, la suite duquel MM. Zuber, Knecht et de Beurges obtinrent des indemnits. M. Grimp ne s'tait pas prsent ce concours. M. Quinet n avait pas t admis par l'Administration fournir les preuves dfinitives. Cette exprience a t faite sous les yeux de quelques-uns des membres C. R.,i8)9, a"> Semestre. (T. XXIX, N 4.) J (8a ) de la Commission, par M. Knecht, au moyen d'un dessin type grav par M. Neuber et transport sur une pierre o il avait t mis en relief par des procds chimiques appropris. La finesse du dessin , la perfection du tirage, la rsistance de la vignette l'eau, au frottement, sa dlbilit ne laissaient rien dsirer. Nous dposons, l'appui de ce passage, les preuves tires en 1842 cette occasion et sous les yeux mmes des membres de la Commission ministrielle. Bien entendu que nous ne voulons pas formuler ici une opinion , ni plus forte raison engager celle de l'Acadmie sur des apprciations qui sont du ressort des tribunaux comptents. La question tait souleve devant elle, nous avions mettre sous ses yeux les faits dont nous avions une connais- sance personnelle , c'est l que nous devons borner notre rle. Cependant, nous croyons, en ce qui nous concerne, avoir le droit de conclure : Qu' notre connaissance, M. Grimp est le premier qui se soit servi de cylindres ou de planches graves en creux ou en relief, pour imprimer avec de l'encre ordinaire, plus ou moins paissie par diverses substances inertes, des dessins microscopiques sur la totalit du verso et du recto d'une feuille de papier, dans l'intention de s'opposer la fois la falsification des critures, et au lavage frauduleux ou la contrefaon du papier timbr. Conclusion . Comme il rsulte de cette nouvelle investigation des faits de nature intresser l'administration publique, la Commission demande l'Acadmie de vouloir bien dcider que copie de ce Rapport sera adresse MM. les Ministres de la Justice et des Finances. MEMOIRES LUS zoologie. Embryognie des Unio,- par M. A. de Qcatrefaces. (Commissaires, MM. Milne Edwards, Valenciennes.) Dans le dernier travail dont j'ai eu l'honneur de soumettre un extrait l'Acadmie, je disais que les mtamorphoses, trs-probablement gnrales parmi les mollusques acphales, se montreraient sans doute des degrs divers chez les diverses espces de ce groupe. L'tude du dveloppement des Unio confirme cette prvision. (83) L'volution embryonnaire de ces mollusques avait t dj bauche par Carus qui dcouvrit chez eux et chez les Anodontes le fait capital des dissemblances existant entre le jeune et l'adulte. Mais les dtails fort incom- plets, publis par le clbre naturaliste que je viens de nommer, taient loin de satisfaire aux exigences scientifiques actuelles , et jai d reprendre en entier l'histoire de ce dveloppement. Les ufs dUnio sont malheureu- sement trs-opaques. Nanmoins , j'ai pu constater la plupart des phno- mnes qui caractrisent le travail embryognique. Ainsi le fraclionnement du vitellus s'est montr ici avec des circonstances trs-semblables celles que j'ai signales dans mes recherches sur le Taret. Le rsultat final de cette priode d'volution a t de mme la formation d'une couche blastoder- mique extrieure enveloppant une masse intrieure qui entre bien plus tard en action. J'ai pu constater de nouveau dans les Unio le fait du fractionnement produit par l'activit vitale propre du vitellus indpendamment de toute fcondation. Ce phnomne se prononce mme trs-rapidement sur des ufs pris directement dans l'ovaire d'une femelle et placs dans une goutte d'eau. J'ai rendu plusieurs personnes tmoins de cette exprience. Ici d'ailleurs, comme chez les Hermelles, bien probablement comme chez tous les animaux, ce fraclionnement de vitellus non fconds se fait d'une ma- nire trs- irrgulire et aboutit la dsorganisation du vitellus qui, sous l'influence de la fcondation, se serait organis et aurait donn naissance un nouvel tre. Chez l'Unio, comme chez le Taret, le vitellus s'organise en masse pour former la larve en quelque sorte de toutes pices. On voit appa- ratre successivement la coquille d'abord membraneuse, plus tard incruste de sels calcaires; puis, le manteau se distingue le premier. Vers la mme poque, un espace plus .clair indique la place qu'occupera le muscle adduc- teur de valves, unique celte poque de la vie chez les Unio comme chez les Anodontes. Enfin le pied, encore trs-irrgulier, se montre et excute des mouvements, bien que ses tissus ne prsentent encore aucune trace d'or- ganisation musculaire. Les organes du corps proprement dit ne commencent paratre que bien plus tard, et l'opacit de la coquille, celle des tissus eux-mmes ne permet de suivre leur volution que d'une manire trs-incomplte. La coquille et son muscle adducteur existent dj, le pied lui-mme est bien dvelopp, que l'on ne trouve encore aucune trace des singuliers crochets qui attirrent l'attention de Carus, et que j'ai dcrits avec dtail en 1 835 dans un Mmoire relatif l'embryognie des Anodontes. Ce n'est que plus tard 12.. (84 ) qu'on les voit se montrer d'abord lisses, immobiles et replis dans l'int- rieur des valves , puis hrisss de dents destines s'engrener les unes dans les autres, et munis de muscles latraux qui les mettent en mouvement. Je n'ai d'ailleurs trouv ces crochets avec tout leur dveloppement que chez les larves qui avaient dj quitt les branchies de leur mre. A aucune poque je n'ai rencontr chez les Unio les bissus qui paraissent jouer un si grand rle dans la nutrition des larves d'Anodontes; mais il me reste quelques doutes cet gard. Les ufs aussi bien que les larves sont seulement presss les uns contre les autres, et sans doute agglutins par un peu de mucosit. Le sjour dans l'uf me parat en outre tre plus longtemps prolong pro- portionnellement chez l'Unio que chez les Anodontes. En rsum , le dveloppement embryonnaire se ressemble fort chez ces Acphales d'eau douce. La principale diffrence consiste dans l'apparition plus ou moins tardive des crochets, et surtout probablement dans l'absence ou la prsence des bissus placentaires. Mais cette mme volution se distingue, sous bie.n des rapports, de ce qu'on observe chez les Tarets. L'uf lui-mme nous prsente, sous le rapport de sa composition dans les deux groupes, des diffrences qui doivent influer sur les phnomnes du dveloppement. Chez les Tarets, une membrane unique est immdiatement applique sur le vitellus. Cette membrane, avons-nous vu, vient faire corps avec la larve au moment o cette dernire se constitue, et elle fait ainsi partie du nouvel animal. Chez l'Unio , le vitellus nage dans un albumen considrable. L'enveloppe gnrale de l'uf ne parat jouer qu'un simple rle de protection , et elle persiste encore l'poque o la larve est entoure d'une coquille forme aux dpens de la couche blastodermique extrieure. La larve des Tarets prsente trois modifications principales avant de subir sa mtamorphose dfinitive. D'abord nue et cilie dans toute son tendue, elle prend plus tard une coquille et porte un appareil de natation, puis enfin elle acquiert, en. outre, un organe de reptation. Chez les Unio, les deux premiers tats manquent entirement. La coquille se prononce dans un moment o le vitellus prsente encore peu prs son aspect caractris- tique, et a pris seulement une forme triangulaire (i). " Pour acqurir ses caractres dfinitifs, le Taret subit une dgradation considrable. Il n'y a rien de semblable chez le jeune Unio qui, pour res- (1) La seule apparence cilie que m'aient prsente les larves d'Unio consiste en quelques prolongements roides, transparents, immobiles qui m'ont paru venir du manteau, et qui passent entre les valves de la coquille une poque o celle-ci est parfaitement caractrise. ( 85) sembler l'adulte, n'a, pour ainsi dire, qu' ddoubler son muscle unique, perdre ses crochets, et modifier la forme de sa coquille en la rendant oblongue de triangulaire qu'elle tait primitivement (i). Ainsi le Taret se montre nous sous quatre formes bien distinctes, depuis le moment o le vitellus s'est organis en larve jusqu' celui o l'animal a acquis son tat parfait. L'Unio nous prsente seulement deux modifications. On voit que les mtamorphoses sont bien moins compltes chez le dernier que chez le premier de ces mollusques. Les observations prcdentes ont t faites, en majeure partie, sur des larves ou des ufs retirs immdiatement des branchies de la mre. Toute- fois, j'ai eu aussi recours aux fcondations artificielles. Malheureusement , la lenteur du dveloppement est ici un obstacle rel la russite des couves, parce qu'une multitude d'infusoires et de rotateurs se dveloppent dans les mares artificielles, et dvorent les jeunes larves. J'ai cependant russi en conserver un grand nombre de vivantes, et parvenues un tat aussi avanc que celles qui avaient t naturellement expulses par des Unio gardes en captivit. D'autres larves extraites des branchies vivent galement, depuis plusieurs jours, dans un de mes vases, malgr les myriades d'ennemis qui pullulent dans le mme liquide. Si je ne me trompe, ces faits ont quelque im- portance au point de vue de l'application. Ajouts ceux que m'ont offerts les Tarets, ils prouvent que les ufs des mollusques acphales peuvent fort bien se dvelopper en dehors des circonstances normales indiques par la nature, et qu'on aurait pu croire indispensables. Il est probable que le mme fait se reproduira chez l'Hutre, ce mollusque dont l'importance commer- ciale est si grande. Ainsi tomberait la seule objection fonde qu'on aurait pu, je crois, faire au procd de multiplication artificielle dont j'ai dj parl l'Acadmie. Cependant je dois dire que le moment des mtamorphoses est, pour les larves d'Acphales, une poque de crise pendant laquelle il en meurt un nombre immense. Cette crise, s'accomplissant en dehors des circonstances ordinaires, peut amener une mortalit telle, que l'application en grand du procd pourrait tromper les esprances les plus lgitimes. Mais il sera facile, je crois, d'y suppler en oprant d'une autre manire. Il suffirait de choisir, dans les parcs ou dans les rserves, les Hutres femelles l'poque o (i) Il est bien entendu que je n'entends nullement prjuger ici des changements que peuvent prsenter les organes que je n'ai pu tudier. Aussi ne fais-je entrer en ligne de compte ni les organes des sens si apparents chez le jeune Taret , ni les ouvertures singulires que j'ai dcrites chez cette mme larve, etc. (86) les jeunes sont encore logs dans les replis du manteau, et de les transporter sur le point o Ion voudrait multiplier ces mollusques. Les jeunes larves pourraient ainsi passer le temps voulu dans leur premier asile, et l'on n'au- rait supporter que les pertes rsultant de la nature mme de l'animal. Les expriences que je viens de faire sur les Unio, le nombre immense de larves que j'ai retrouves dans mes mares, me donnent la presque certitude que l'on russirait facilement crer des parcs artificiels en employant ce pro- cd, dans lequel sont respectes toutes les conditions normales. Cependant je suis le premier reconnatre qu'en ceci, comme en toute chose, l'exp- rience seule doit prononcer en dernier ressort. MMOIRES PRSENTS zoologie. Note sur une larve d'OEstride qui vit sous la peau du cheval; par M. IV. Joly, professeur la Facult des Sciences de Toulouse. (Extrait.) (Commissaires, MM. Dumril, Milne Edwards.) On sait que le cheval est attaqu par plusieurs espces d'OEstrides, dont les plus connues sont VOEstrus equi, YOE. veterinus et YOE. hmor- roidalis, qui vivent dans l'estomac ou dans les intestins de ce beau qua- drupde; mais ce qu'on ignore assez gnralement, c'est que dans sa peau mme il se dveloppe des larves de Diptres dont la prsence dtermine la formation de tumeurs analogues celles que l'on remarque, en certains temps de l'anne, sur le corps de nos grands Ruminants, et notamment sur ceux qui paraissent jouir, sous tous les autres rapports, d'une sant parfaite. Cependant Bedi et Huzard pre ont parl de ces larves cuticoles du cheval; Bracj- Clark les a mentionnes dans son estimable Essay on the Bots , mais il les regarde comme identiques. celles du genre Hjpo- derma, qni vivent sous le cuir pais du buf. De son ct, M. Roulin, dans ses Recherches sur quelques changements observs dans les animaux do- mestiques transports de l'ancien dans le nouveau continent , parle de l'ha- bitude que l'on a dans la Nouvelle-Grenade de rassembler de temps en temps les chevaux pour leur ter les larves d'OEstres . Il ne dit point d'ailleurs quel genre, quelle espce appartiennent ces larves amricaines. Enfin , M. Loiset , clbre mdecin vtrinaire du dpartement du Nord, a fait paratre, il y a quelques annes, une brve Notice sur l'stre cuticole du cheval, et il a donn, de la larve de cet OEstride, une description que (7) nous avons reproduite sans contrle daus notre Monographie des OEstrides. Aujourd'hui que nous avons la nature sous les yeux, nous avons pu nous convaincre que cette description, incomplte de l'aveu de l'auteur lui-mme, au point de vue de l'histoire naturelle, est en outre entache de quelques inexactitudes. C'est ce qui nous engage figurer l'insecte en ques- tion, et en donner un nouveau signalement plus en harmonie avec la rigoureuse prcision des mthodes scientifiques. La larve cuticole du cheval a une forme allonge, renfle en avant, lgrement attnue sa partie postrieure. Elle est acphale et apode ; son corps se compose de onze segments, y compris celui o se trouve l'ouver- ture buccale : celle-ci consiste en un petit trou bord d'un lisr noir et entour de quelques pines difficilement perceptibles l'il nu. Le premier segment est le plus petit de tous; les cinq qui le suivent vont en augmentant de largeur : les cinq derniers, au contraire, diminuent dans ce sens mesure qu'ils deviennent plus postrieurs. Si l'on examine ces segments par leur face ventrale, on voit que, les deux derniers excepts, ils sont tous partags transversalement, par un lger sillon, en deux moitis ingales, portant chacune un grand nombre de tubercules pineux, dont les pointes sont diriges en arrire sur la moiti antrieure du segment, en avant sur la partie postrieure. Deux plaques stigmatiques , seuls organes respiratoires dont la nature ait pourvu cette larve, sont situes sur l'espce de plateau qui termine le segment anal. Semblable, sous ce rapport, la larve de Hjpoderma bovis, la larve cuticole du cheval a, contrairement ce qu'on observe dans le plus grand nombre des cas, la face infrieure du corps convexe, tandis que le ct dorsal est lgrement concave : cette forme est , d'ailleurs , parfaitement approprie la cavit sphrique qui sert d'habitation au parasite. Il est noter que la face dorsale de son corps est dpourvue d'pines, sauf sur les deux ou trois premiers segments. La couleur gnrale de la peau est blanche ; les tubercules pineux seuls sont d'un brun plus ou moins fonc : la peau elle-mme est translucide et -comme vsiculeuse. Quant la taille de la larve, elle est de beaucoup infrieure celle de Hypoderma bovis, puisqu'elle ne dpasse pas 9 10 millimtres, tandis que la larve de l'OEstre du buf, parvenue son dveloppement complet, atteint jusqu' 35 et [\o millimtres. Cette diffrence, dj trs-considrable, n'est pas la seule que nous ayons signaler. Ainsi, on n'observe point sur notre insecte les six lignes longitudinales qui, chez THypoderme du buf, forment, en s'tendant du premier au dernier segment, autant de sries de mamelons plus ou moins (88) espacs entre eux. On n'y voit point non plus les cinq ou six minences pineuses qui entourent la bouche de cette dernire espce. Mais, en re- vanche, on trouve la partie postrieure et infrieure du deuxime segment une espce de coussinet transversal (pseudopode) saillant au-dessus du reste de la peau et garni de tubercules trs-petits, lequel n'existe point chez le ver des tumeurs du buf. Ces diffrences, jointes celles de la taille, suffisent, ce me semble, pour nous autoriser conclure que notre larve appartient au genre Hypoderma, mais quelle forme une espce particulire jusqu' prsent indite, laquelle nous imposerons le nom 'Hypoderma equi. > On nous demandera sans doute quelles sont les murs de cet insecte sous ses divers tats. Personne, que je sache, n'a pu les tudier encore. La larve seule tant connue, c'est elle que se rapportent le peu d'observations que possde la science. On sait que cette larve se trouve principalement sur les chevaux qui ont sjourn aux pturages pendant les mois de juillet et d'aot, et que sa prsence dtermine sur la peau de ces quadrupdes la for- mation de gros boutons indurs, dont le sige se trouve vers la rgion rachidienne, depuis le garrot jusqu' la croupe inclusivement. Ces boutons, dont le volume varie depuis la grosseur d'une lentille jus- qu' celle d'une petite noisette, ont, dit M. Loiset, une forme peu prs conique; en cartant avec soin les poils qui les recouvrent, on voit leur sommet une ouverture troite, semblable celle qu'on produirait l'aide d'une grosse aiguille. En pressant les boulons , il s'coule de cette ouverture une faible quantit de srosit purulente qui, aprs tre enleve (sic), laisse apercevoir dans les derniers mois du dveloppement de la tumeur une pointe vsiculaire, qui n'est autre chose que l'extrmit postrieure d'une larve. Les efforts faits pour l'expulsion de celle-ci sont ordinairement impuissants, jusqu' l'poque o l'accroissement la rapproche du temps de sa mtamor- phose. Alors, eu comprimant latralement et avec force la pustule avec les ongles des deux pouces, un corps vermiculaire en jaillit vivement au dehors, comme pouss par la dtente d'un ressort, et vient tomber sur le sol. Ce corps vermiculaire est la larve elle-mme. Nul doute que cette larve ne se nourrisse du pus qui se forme dans les tumeurs qui lui servent d'habitation jusqu'au moment de la nymphose. Nul doute que les pines dont son corps est garni n'aient pour usage d'augmenter la scrtion de ce pus en irritant la peau. Nul doute encore que l'animal ne les emploie, comme l'Hypoderme du buf, excuter les mouvements ncessaires pour s'chapper de sa sale demeure. Une fois sorti , il va cher- *C 8 9 ] cher un abri sous la terre ou dans le fumier, et c'est. l qu'aprs dix onze mois de sjour sous la peau du cheval, il se transforme en nymphe. La larve dont nous venons de nous occuper est assez rare dans le midi; mais on la trouve frquemment dans la partie septentrionale de la France. Elle est commune aussi en Belgique, en Hollande, et sur tout le littoral de la Baltique et de la mer du Nord. Sauf les phnomnes locaux dj signals, la larve cuticole du cheval ne dtermine, ce qu'il parat, aucun drangement morbide apprciable. Cependant, vers la fin de son accroissement, elle parat produire des dman- geaisons incommodes, qui cdent des lotions d'eau froide, parfois lg- rement vinaigre, ou bien l'un des moyens employs pour dtruire l'Hy- poderma bovis. M. Joly, dans une Lettre jointe cette Note ,. prie l'Acadmie de vouloir bien comprendre son nom parmi ceux des candidats qui seront prsents pour l'une des deux places de correspondant vacantes dans la Section de Zoologie. (Benvoi la Section de Zoologie.) chimie. Note sur l'action de l'oxyde de carbone sur les Charanpns ; par M. G s Barruel. (Commissaire, M. Decaisne.) Des Charanons du bl, des pois, etc., l'tat d'insectes parfaits, ont t plongs dans le gaz oxyde de carbone impur, provenant de l'action de l'acide sulfurique sur l'acide oxalique; ils sont morts instantanment, au moins ils en ont eu l'apparence par leur immobilit complte; mais comme les sujets soumis l'action de ce gaz reviennent la vie par le renouvelle- ment de l'air si le contact avec l'oxyde de carbone n'a pas t prolong, j'ai d maintenir son action pendant un certain temps; au bout de quarante- huit heures je les ai mis en contact avec l'air, la mort tait complte. Ces mmes insectes l'tat de larves pouvaient prsenter une diff- rence dans l'impression que ce gaz exerait sur eux, je les ai traits de mme, mais le gaz de cette seconde exprience tait un peu mlang d'air. L'immobilit ne s'est prsente qu'au bout d'environ dix secondes. Quelques larves ont t, plus .tard, ajoutes aux premires, ce qui a permis une partie du gaz de s'chapper et de faire place une quantit d'air quivalente en volume; elles sont cependant devenues immobiles dans le C. IL, i8i9, 2 me Semestre. (T. XXIX. N"4.) ** ( 9 ) mme espace de temps. Au bout de vingt-quatre heures, je les ai mises en contact avec l'air; au bout de deux heures, celles qui avaient t introduites en dernier lieu dans le flacon taient revenues la vie; places ensuite dans les mmes circonstances que les premires, elles ont succomb compl- tement. Il est donc facile, d'aprs ces expriences, de dtruire les Charanons, sous ces deux tats, par leur contact, plus ou moins prolong, avec l'oxyde de carbone, mme impur; je compte dterminer quel est le minimum du temps ncessaire pour amener leur mort dfinitive: c'est ce dont je m'occupe maintenant. Il tait important aussi de rechercher si les ufs de ces insectes rsistent ou non cette action; pour juger cette question, j'ai pris du bl aussi sain que possible, je l'ai spar en deux parties, l'une laisse dans un flacon ouvert avec le bl contenant les Charanons asphyxis; l'autre mlange de mme avec une autre portion du bl contenant les Charanons asphyxis, mais dans un flacon plein d'oxyde de carbone. S'il se dveloppe des Charanons dans le premier, et pas daus le second qui est plac dans un flacon rempli de gaz oxyde de carbone, la question sera dcide. D'aprs les rsultats dj obtenus, je pense qu'il y a quelque chose d'utile de fait pour la conservation des grains qui sont si promptement dtruits par suite de l'norme multiplication de ces insectes, qu'il n'est pas possible, par exemple, d'envoyer habituellement, aux colonies, le froment en nature , mais bien en farine qui s'chauffe et s'altre souvent au point d'tre presque hors de service aprs son passage sous les tropiques. Si quelques expriences auxquelles je n'aurais pas pens semblaient utiles l'Acadmie , je me trouverais trs-heureux de suivre ses conseils. physique. Sur une exprience relative la vitesse de propagation de la lumire; par M. H. Fizeau. Je suis parvenu rendre sensible la vitesse de propagation de la lu- mire par une mthode qui me parat fournir un moyen nouveau d'tudier avec prcision cet important phnomne. Cette mthode est fonde sur les principes suivants : Lorsqu'un disque tourne dans son plan autour du centre de figure avec une grande rapidit, on peut considrer le temps employ par un point de la circonfrence pour parcourir un espace angulaire trs-petit, -^o ^ e ' a circonfrence, par exemple. (9 ) Lorsque la vitesse de rotation est assez grande, ce temps est gnrale- ment trs-court; pour dix et cent tours par seconde, il est seulement de ToT et iowo de seconde. Si le disque est divis sa circonfrence , la manire des roues dentes, en intervalles gaux alternativement vides et pleins, ou aura, pour la dure du passage de chaque intervalle par un mme point de l'espace, les mmes fractions trs-petites. Pendant des temps aussi courts la lumire parcourt des espaces assez limits, 3i kilomtres pour la premire fraction, 3 kilomtres pour la seconde. En considrant les effets produits lorsqu'un rayon de lumire traverse les divisions d'un tel disque en mouvement, on arrive cette consquence,' que si le rayon, aprs son passage, est rflchi au moyen d'un miroir et renvoy vers le disque, de manire qu'il le rencontre de nouveau dans le mme point de l'espace, la vitesse de propagation de la lumire pourrainter- venir de telle sorte , que le rayon traversera ou sera intercept suivant la vitesse du disque et la distance laquelle aura lieu la rflexion. D'une autre part , un systme de deux lunettes diriges l'une vers lautre, de manire que l'image de l'objectif de chacune d'elles se forme au foyer de l'autre, possde des proprits qui permettent de raliser ces con- ditions d'une manire simple. Il suffit de placer un miroir au foyer de l'une, et de modifier le systme oculaire de l'autre en interposant entre le foyer et l'oculaire une glace transparente incline sur l'axe de 45 degrs et pou- vant recevoir latralement la lumire d'une lampe ou du soleil qu'elle rfl- chit vers le foyer. Avec cette disposition, la lumire qui traverse le foyer dans l'tendue suppose trs-petite de l'image qui reprsente l'objectif de la seconde lunette, est projete vers celle-ci , se rflchit son foyer et revient en arrire en traversant le mme espace pour passer de nouveau par le foyer de la premire lunette, o elle peut tre observe au moyen de l'oculaire et travers la glace. Cette disposition russit trs-bien, mme en loignant les lunettes des distances considrables; avec des lunettes de 6 centimtres d'ouverture, la distance peut tre de 8 kilomtres sans que la lumire soit trop affaiblie. On voit alors un point, lumineux semblable une toile , et form par de la lumire qui est partie de ce point, a travers un espace de 16 kilomtres, puis est revenue passer exactement par le mme point avant de parvenir l'oeil. > C'est sur ce point mme qu'il faut faire passer les dents d'un disque tournant pour produire les effets indiqus; l'exprience russit trs-bien, et i3.. l'on observe que, suivant la vitesse plus ou moins grande de la rotation, le point lumineux brille avec clat ou s'clipse totalement. Dans les circon- stances o l'exprience a t faite, la premire clipse se produit vers 12,6 tours par seconde. Pour une vitesse double, le point brille de nouveau; pour une vitesse triple, il se produit une deuxime clipse; pour une vitesse quadruple, le point brille de nouveau, et ainsi de suite. La premire lunette tait place dans le belvdre d'une maison situe Suresnes, la seconde sur la hauteur de Montmartre, une distance approximative de 8633 mtres. lie disque portant sept cent vingt dents tait mont sur un rouage mu par des poids et construit par M. Froment; un compteur permettait de mesurer la vitesse de rotation. La lumire tait emprunte une lampe dispose de manire offrir une source de lumire trs-vive. Ges premiers essais fournissent une valeur de la vitesse de la lumire peu diffrente de celle qui est admise par les astronomes. La moyenne dduite des vingt-huit observations qui ont pu tre faites jusqu'ici donne, pour celte valeur, 70948 lieues de 25 au degr. J'aurai l'honneur de soumettre au jugement de l'Acadmie un Mmoire dtaill lorsque toutes les circonstances de l'exprience auront pu tre tu- dies d'une manire plus complte. M. Bruckner soumet au jugement de l'Acadmie une nouvelle formule concernant Ylasticit de la vapeur d'eau, avec un aperu de son calcul. (Commissaire, M. Regnault.) M. Armange, capitaine au long cours, adresse, de Nantes, un Mmoire contenant les rsultats des observations qu'il a pu faire dans ses voyages sur diverses espces marines, sur les Janthines, sur l'animal de la Spirule, et sur la MagUe. (Commissaires, MM. Milne Edwards, Valenciennes.) * M. Burq prsente un Mmoire ayant pour titre : Sur les accidents ner- veux du cholra, et sur leur traite nent par les armatures mtalliques. (Commissaires, MM. Andral, Serres, Despretz.) M. Benoit adresse une N.ote sur la composition d'une pte dont il croit qu'on pourrait tirer parti pour fabriquer, bas prix, soit des vases d'orne- . f 9 3 ) ment, soit d'autres objets en relief qui n'auraient pas supporter d'efforts ou se trouver en contact avec des liquides. M. Seguier est invit prendre connaissance de cette Note , et faire savoir l'Acadmie si elle est de nature devenir l'objet d'un Rapport. CORRESPONDANCE. M. le Ministre de l'Instruction publique accuse rception de la copie qui lui a t adresse, conformment une dcision de l'Acadmie, du Rapport fait, dans la sance du 1 1 juin, sur le travail de M. Weddel,. ayant pour titre: Histoire naturelle des quinquinas. M. le Ministre de l'Agriculture et du Commerce accuse rception d'une copie du Rapport fait l'Acadmie, dans la sance du 1 1 juin, sur un M- moire de M. Lamare-Picquot, relatif aux rsultats scientifiques de son voyage ' dans l'Amrique septentrionale, et l'introduction en France de deux plantes alimentaires, la Psoralea esculenta et VApios tubemsa. M. le Ministre de la Guerre accuse rception d'une copie du mme Rapport. M. Arago prsente, au nom de M. Bulard, une srie fort remarquable de dessins reprsentant quelques parties de la lune observes avec le grand tlescope de lord Ross, anatomie. Ihjectioh microscopique des tubes primitifs des nerfs. (Extra.it d'une Note de MM. Coze et Michels.) ... Jusqu' ce jour on n'est point parvenu injecter les tubes primitifs de la substance nerveuse; des micrographes fort distingus refusent mme aux nerfs une structure tubuleuse; nous avons compltement russi les injecter par le procd suivant : Nous talons sur une laine de verre un bout de nerfs d'homme, de lapin ou de grenouille, long de i millimtre environ, de faon que, vus au grossissement de trois cent cinquante quatre cents fois, les tubes nerveux paraissent nettement spars; on mouille l'objet avec une goutte d'eau pen- ' dant qu'on 1 tale, puis on verse quelques gouttes de chloroforme, d'ther ou d'essence de trbenthine sur la prparation, et le tout est recouvert avec une petite plaque d verre mince, sans pression, et on le soumet l'examen du microscope. Alors on voit, quelquefois instantanment, tantt aprs un temps plu (94) ou moins long, au plus vingt minutes, les tubes primitifs se gonfler; la matire contenue dans leur intrieur devient fluide, et des courants plus ou moins rapides se dveloppent dans toute la longueur des tubes, l'extr- mit desquels on voit s'chapper aussitt, de la manire la plus nette, un liquide charg de gouttelettes graisseuses. Ces courants peuvent durer un temps variable; on les voit cesser pour se' reproduire de nouveau; enfin, si l'on continue l'exprience, les tubes se vident plus ou moins compltement, et deux lignes obscures accusent les contours du tube nerveux. Ces expriences, rptes plus de trente fois, nous ont permis de voir ces courants dans trois cents tubes nerveux au moins, et de faire constater les phnomnes par plusieurs personnes exerces au microscope. Nous croyons avoir mis hors de doule, par ce fait, la disposition tubuleuse des nerfs et l'indpendance de ces tubes les uns l'gard des autres dans les plexus et dans les anostomoses. Nous ajouterons, pour complter le mode opratoire, qu'il nous est arriv plusieurs fois de remettre de l'ther, du chloroforme ou de l'essence de trbenthine , en ayant -soin de soulever la plaque de verre mince avec prcaution; que, dans quelques rares exceptions, nous avons chou, ce que nous attribuons au mode vicieux de prparation de l'objet; que l'injection peut se faire dans les nerfs d'un animal tu rcemment ou vingt-quatre heures et plus aprs sa mort. chimie. Observations sur la valeur d'un procd .de fabrication du pltre artificiel, propos pour les besoins de l'agriculture; par M. J.-L. Lassaigne. (Extrait. ) Les usages du pltre en agriculture sont bien connus des praticiens ; mais son prix lev, dans certaines localits, n'a pas encore permis d'en faire des applications diverses espces de culture. Cependant, une Lettre insre dans le Moniteur industriel du 3 dcembre dernier semblait pro- mettre un moyen de se procurer, en tous lieux, cette substance des prix accessibles aux agriculteurs. L'auteur de la Lettre, M. Lebrun, y indique, en effet, un procd au moyen duquel on pourrait, suivant lui, obtenir artificiellement du pltre, en combinant le soufre en poudre avec la chaux hydrate la temprature ordinaire. Suivant ses indications, 10 kilogrammes de soufre en poudre cotant 4 francs au plus, et reprsentant, suivant lui, 8o kilogrammes d'acide sulfurique, mls intimement ioo kilogrammes de chaux teinte, en poudre fine et lgre, produiraient plus de i33 kilo- (95) grammes de pltre pur. (sulfate de chaux) pour un mlange dont le poids s'lverait 100 kilogrammes; mais les premiers nombres, qui indiquent la proportion d'acide sulfurique forme par i kilogrammes de soufre, sont videmment inexacts, comme il est si facile de s'en convaincre par le calcul.... Thoriquement, il tait permis de douter qu'un mlange de soufre et de chaux hydrate pt se transformer, en plusieurs jours, en sulfate de la mme base; car il est parfaitement dmontr, par les expriences publies en 1817 par Vauquelin, et plus tard par Berzelius et M. Gay-Lussac , que les sulfures alcalins se convertissent en hyposulfites sous l'influence de l'air, au bout d'un temps plus ou moins long. D'ailleurs, dans les conditions rap- portes dans le procd en question, le soufre agit-il directement sur la chaux hydrate, et transforme-t-il d'abord cette dernire, la temprature ordinaire, et par un contact prolong, en sulfate de calcium? C'est ce que l'on ne savait pas encore. Les faits avancs cet gard par l'auteur parais- saient donc assez improbables et hypothtiques , et c'est pour les vrifier et contrler par l'exprience, que nous avons entrepris les essais rapports dans cette Note , essais desquels il rsulte : i. Qu'il n'y a pas production de sulfate de chaux dans l'action de l'air sur un mlange de chaux hydrate et de soufre, ainsi qu'on l'a avanc ; i. Que l'action de l'oxygne de l'air sur un pareil mlange est faible et donne lieu, ainsi que l'exprience a permis de l'tablir aprs seize jours de contact, aune petite quantit 'hyposulfite de chaux; V ( 3. Que ce mlange ne peut, en consquence, servir la fabrication conomique d'un pltre artificiel, comme on l'avait propos pour les besoins de l'agriculture ; 4- Qu'il est permis de prsumer, si l'efficacit de ce mlange a t constate sur certains terrains et pour quelques cultures en particulier, qu'elle est due une cause diffrente de celle admise .par l'auteur. M. Guillon annonce qu'il doit employer prochainement, pour la destruc- tion d'un calcul urinaire chez une femme, son brise-pierre pulvrisateur. M. Guillon exprime le dsir que les membres de la Commission qui a t charge, l'an pass, de se prononcer sur les modifications rcemment appor- tes cet appareil dj favorablement accueilli par l'Acadmie, veuillent bien assister l'opration. (Renvoi la Commission nomme.) (96) M. Demeicx, qui avait prcdemment entretenu l'Acadmie de ses .re- cherches sur les moyens propres combattre la strilit, crit de nouveau relativement au mme sujet. Il sent que, pour attirer l'attention des mde- cins srieux sur sa mthode, il serait ncessaire de ne la prsenter qu'ap- puye des observations qui en constatent le succs. Or la plupart de ces observations ne peuvent, pour des raisons aises comprendre, tre livres aujourd'hui la publicit. La nouvelle communication de M. Demeaux a pour objet de fournir l'Acadmie, si elle juge la question suffisamment importante, le moyen de prendre un jour connaissance des documents dj nombreux qui se rapportent ces recherches. La Lettre de M. Demeaux sera conserve, sous pli cachet, parmi les pices dont l'Acadmie accepte le dpt. . M. Eyrf.l prie de nouveau l'Acadmie de vouloir bien hter le travail de la Commission l'examen de laquelle a t renvoy son Mmoire sur la voix humaine. M. Despretz, charg de faire le Rapport sur ce Mmoire, annonce qu'il sera, dans peu de temps, en mesure de le prsenter l'Acadmie. M. Plasse adresse une semblable demande au nom de son frre, auteur d'un Mmoire sur les causes des pidmies et des pizooties. Ce travail, ayant t imprim postrieurement sa prsentation, ne peut plus, conformment une dcision dj ancienne de l'Acadmie, devenir l'objet d'un Rapport. La sance est leve l\ heures et demie. F. * COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 30 JUILLET 1849. PRSIDENCE DE M. DUPERREY. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. mcanique. Rotation d'un corps; par M. Jacobi. Le problme de la rotation d'un corps solide quelconque, qui n'est sollicit par aucune force acclratrice, est susceptible d'tre rsolu par des formules nouvelles si lgantes et si parfaites, que je ne peux m'empcher de les communiquer votre illustre Acadmie. Ce sont les fonctions et H que j'ai introduites dans l'analyse des fonctions elliptiques, c'est--dire les fonctions 8 = i i q cos ix + iq* cos l\x a (/ 9 cos 6 .r + ..., H = i \Jq sin a: a y^' J sin 3 x + n \Jq 2i sin5.r i yA/* 9 sin y x -+- ..., au moyen desquelles je suis parvenu exprimer, de la manire la plus simple, les neuf cosinus eux-mmes qu'il s'agit, dans ce problme, de dter- miner en fonctions du temps. En effet, x tant une variable proportion- nelle au temps, on trouve les cosinus des "angles qui, chaque instant, dter- minent la position des axes principaux du corps, gaux des fractions qui C. B. , i8i 9 , 3 me Semestre. ( T. XXIX , N .) 1 4 ( 9 ) ont cette fonction 9 pour commun dnominateur, les neuf numrateurs tant, abstraction faite de facteurs constants, la mme fonction 0, o seulement x se trouve augment d'une constante imaginaire. Quel que soit le degr d'exactitude auquel on voudra pousser les calculs, on ne saura gure prendre p!us de quatre termes de ces sries, except les cas extrmes. On doit donc regarder ces cosinus comme exprims par des quantits finies, et mme par des quantits finies trs-simples. Si l'on veut rsoudre le pro- blme du mouvement elliptique d'une plante par de semblables formules dfinitives qui ont le temps sous le signe cos ou sin, on a, comme on sait, des sries beaucoup moins convergentes, et des coefficients beaucoup plus compliqus. La rotation en question se compose de deux rotations priodiques, et dont les priodes, en gnral, sont incommensurables entre elles. Pour avoir une ide nette et claire de ce mouvement, il faut supposer aux axes des x et jr, dans le plan invariable, un certain mouvement rotatoire uniforme, et rapporter la position du corps ces axes mobiles et l'axe fixe des s per- pendiculaire au plan invariable. Or, tant pos x = 7.x' -+- $y\ + y*', y a!x 1 + py' +- / z', z = a" x 1 -+ |S"j' + / z', les axes des x\ y\ z' tant les axes principaux du corps, et les axes des x et y, comme on vient de dire, des axes mobiles tournoyant uniformment, avec une vitesse dtermine, dans le plan invariable, les neuf quantits c/. r /3, etc., seront des fonctions du temps simplement priodiques. Avant de donner leurs valeurs en fonctions du temps, il faut convenir des notations suivantes : Soient , h la force vive, l le moment de rotation dans le plan invariable , A, B et G les trois moments d'inertie relatifs aux axes des x', y', z', et sup- posons, pour fixer les ides, que Bi > l\ o B est le moment moyen, A tant le plus grand, G le plus petit. Le module des transcendantes elliptiques qui entreront dans les formules don- nes ci-dessous, sera , /A B /, 'P Ch A/i l'' d'o'v ou *VP^ifevfCT (99) Posons, comme dans mon ouvrage sur les fonctions elliptiques, _ **' e v/(i -*'sin-6 7 )' A vV soit de plus K a une intgrale elliptique de premire espce, dont le sinus de l'amplitude, par rapport au module complmentaire k', est o tant mis V B(A C)' i) soit J 6 V(i-A"sine')" Soient < le temps , et = n + T, t tant une nouvelle constante arbitraire, et n = t / (B-C)(AA-F) V ABC Aux fonctions Su et H dont j'ai fait usage dans les Fundamenta,\t joins les fonctions 0, () = 0(K - B )j H,(4) = H(K - }; de sorte qu'on a Vsinam = ^, t/^ cosam = ^, -iAa m = ^ Cela pos, et tant *'= J tj n aura le tableau suivant des valeurs des neuf quantits a, fi, etc. , A as e '()[ H ( + '<0 + H(-to)] _ e,(o)[H( + /*)- H ( - m) ] 2H,(fa)e K 2I - H , ( /a )e ' ' a _ (o)[H.("-w) + H,( + *)1 o,_e(o)[H,( fa)-H,(-H)] 2H,(/a)0 I J ~ a/H.Hea ' H (^)[e( B + /) -<>(-,)] ; , h (=)[e( + ,) H -e(-,)] 2, ' H 'H ea V = aH,(i)e ~ 5 " 7. _ e (m) H, u ^ __ e,(/tt)H _ H (/a)e, () H 'H e "' ' "H, [ia)&u ? ""iH l (ifl)e' 4 f ( oo ) Les composantes de la vitesse rotatoire instantane parallles aux x,y,z sont : H (-][,( ia) + 9,{u + ia)] H ( ^ J [,( ia) 6,( -4- ia)] h J- ' 2H,(ia)8 ' i'H|(w)e g' OU / ^[(B-C)(BA-/')3 By'c n Le mouvement rotatoire du plan invariable est ri u = n'(nt -h ?), o la constante ri est ri = -Lifo ^|M + A Ll A CL a J Mettant o b < i , on aura I [0 ( a -t-ia)4-e (a ia)]ts i 7'-*(i + 7'*)cos2* 4- <7'- 4 (i-l-7 ,4 )cos4.z . . . , -Lfe (a + ia) e ( (fl)]=y'- 4 (i g- 2 *)sin2j; ? <-(i 7 <*)sin4x + ..., 21 i-i i [H ( + /) + H ( 1)] = y* a [(i+V) s* )== g"6[a -+- iK - u), k 1 ], H t {u+ia)=ge t [u-i\K'-a)] = g'{a-M, k J ) = -ig"B[a-hi{K-u), A'], e i (u+ia)=gH i [u-i(K'-a)] = g'& l {a-iu, k')=g"l,[a -h i(K-u), k'}, o -iU*'-"-w* . . /k -ilt" 4 '" 1 ' . /k -jp<-*-W > , /k -4iO ( "- , -'' a) 4 /K Par cette transformation, les formules perdent leur' caractre priodique, comme cela est bien propre un mouvement de rotation extrmement lent et dont la priode est d'une dure quasi-infinie. On peut aussi dvelopper les neuf cosinus a, j3,etc, en sries priodiques trs-simples et assez convergentes encore, quoique dpourvues de celte convergence extraordinaire dont jouissent le dnominateur et les numra- teurs de leurs valeurs fractionnaires donnes ci-dessus. On parvient ces dveloppements en partant de ces fractions et en se servant des formules suivantes : (i) > H, (0)9(0)9,(0) h(^ "a 6 5* I" q^-j-q^COSIx q'(l + q<)cos^x ~| 7 -<7 /L (l _ ? w )( ,_ ? ^) + (,_ 9 .-* ) ( I _ 7 + 6 ) + ---j; = *\q 2 +7 ^ I T y(i 9')sin2j y'(i y')sin4ar , 1 (3) ( ) H, (o) 0(o) 0, (o) (" + ' fl ) + H("-fa) -i 2 V9 * + ?'"*) (i f'^J (t - ( + *) . sin2x ?'(' g')sin4-r 7 J+i ) ( + ? , " 4 j(H-7' } ( 9 ) H l (o)e l (o)^ = ^cosam^4y?* , 4Wcos3* &ll i -f-y l + f (io) H,(o)e,(.)5f = i^sigam^ = 4 ^ sinx + 4 vV si " 3 * + , . 0" t .1 y I o 3 (n) 0(o)0,(o)^ =^Aam = 1 + 4 -^i^ + 4? ' COs4 " + Quant aux facteurs constants par lesquels il faut multiplier les for- mules prcdentes pour obtenir les valeurs des neuf cosinus, j'observe qu'on a ( io3.) H - J? ' _ ./^./ A(/'-C /<) H, (fa) y / cosam(fa) " V * V (A C)/ ' e, (m) _ _ t A am (fa) _ _i_ / B(P Ch) H, (fa) y/coam(ia) ^ V (B-C)/> : HW ._ v^'rgaro(fa) _ ,- / C(kh-P *H,(fa)~ r "V* y (A C)f Les formules (i) et (8) sont nouvelles et d'une grande importance dans la thorie des fonctions elliptiques; j'ai remarqu ailleurs que, par leur moyen, on parvient, de la manire la plus aise et la plus directe, aux formules de la transformation inverse , vu qu'en faisant usage d'autres mthodes, on a quelque peine dterminer les facteurs constants qui entrent dans ces formules. On trouvera des sries analogues pour les valeurs des six quantits a '. P P' 7 l' a"' a"' p"' p"' 7 "' y"' ou pour 1ns tangentes des angles que les projections des axes des x\ y', z' sur les plans des x , z et des^-, z forment avec l'axe des z. Mais, pour les recherches analytiques, il conviendra presque toujours de faire usage des formules fractionnaires par lesquelles on a exprim les cosinus des angles des deux systmes de coordonnes. Ces formules remar- quables pourront, dans le problme de la rotation, servir de point de d- part des recherches analogues celles que M. Gauss, a entreprises dans sou Trait sur le mouvement elliptique et hyperbolique. Les mmes formules donnent une nouvelle manire d'exprimer les neuf cosinus des augles de deux systmes d'axes rectangulaires par trois quan- tits. Ces quantits sont ici les deux arguments u et a, et le module -; ou , si l'on veut, les quantits x, b, q. calcul intgral. Suite des recherches sur l'intgration d'un systme d'quations dijfrentielles , et transformation remarquable de l'intgrale gnrale de l'quation caractristique ; par M. Augustin Cauch. Conservons les notations adoptes dans le prcdent article (page 65); supposons toujours les r variables x, y, z,..., lies au temps / par les quations diffrentielles D t x = X, D, 7 = r,..., ( io4 ) X, ftant des fonctions donnes de x, y, z,. . ., t. Soient encore s= f(x, J, z,.. ., t) une fonction donne de ces diverses variables , et x, y, z,. .., ce que deviennent x i Jft z i i s au bout du temps t. Enfin posons, pour abrger, s = f(.r, j; z;...,t), s = ID x s -t- FD r s + ...-, V s = f'^ sdt - Lorsque la srie, dont le terme gnral est V"s, sera convergente, on aura (page 66) (i) =S -f- V S -H- V a s -4- D'ailleurs le terme gnral V"s de la srie peut tre trausform avec avan- tage, et ramen une forme dtgne de remarque, l'aide d'un artifice de calcul que nous allons indiquer. Soient ?() X(") deux fonctions de la variable u = re ip ; et supposons que ces fonctions restent continues pour un module r de u infrieur une certaine limite. On aura , pour toute valeur de r infrieure cette limite, non-seulement (a) ?x()]= - 3lL[l*9()x'()]. Soient maintenant U, V,... ce que deviennent les fonctions x, r,... lorsqu'on y remplace t par une variable Q comprise entre les limites t et t, et que l'on attribue aux variables x, y,.-, des accroissements dsigns par , v,. . ,. Supposons d'ailleurs chacun de ces accroissements dcompos en n lments, en sorte qu'on ait u = h, + 2 + ...+, v = v t + e 2 + . . . +- v n , etc. , et, aprs avoir crit au lieu de 6 dans U, P^,- . ., prenons (5) K = D U U+D 9 r+ ... -- ~ > (6) s = f(ar-f- , 7 + c,..., t). Enfin soit K OT ce que devient K quand on remplace dans les formules (4) et (5) le nombre n par le nombre m, et d par m . Si les lments 4, " 2 ,-- -, u n ; v K , i> 2 ,. . ., \> a \. . . offrent des modules tellement choisis, que pour ces modules, ou pour des modules plus petits , les fonctions ne cessent jamais d'tre continues, on aura, en vertu des formules (i) et (2), ( 7 ) V* = V f 6 '... f 6 "^[K t K 2 ...K n s n ]dd n ...d6 a de le signe 3tL indiquant la moyenne isotropique entre les diverses valeurs du produit K,K 2 . . . . K. C K., 1849, l m Semestre. (T. XMX, IN"S.) '5 ( io6 ) correspondantes aux diverses valeurs des arguments de i , u 2 , . . . , u n ; v { , v 2 j . , f ,,; . . Si, comme il arrive souvent dans les questions de mcanique, on a identiquement (8) 1) X X + D r F+ .. . =o, la valeur de K fournie par l'quation (5) sera rduite Ajoutons que dans tous les cas, lorsque, n tant un trs-grand nombre, les lments de a, f,... seront trs-petits, on pourra ngliger la somme u y D TJ-\- D V-\- . . . vis--vis de la somme 1 h .... et rduire ainsi , sans u n v erreur sensible, la formule (5) la formule (9). Lorsque les fonctions X, JT, ... seront indpendantes de t , la for- mule (7) donnera simplement (10) V S = -^^3n[K ( K a ...K nS ]. Les formules (7) et (10) permettent de calculer aisment des limites suprieures Terreur que l'on commet, dans la valeur de g, quand on arrte, aprs un certain nombre de termes, la srie qui a pour terme gnral Vs. C'est,' au reste, ce que nous expliquerons plus en dtail dans un autre article. tlgraphe lectrique. Note sur la tlgraphie lectrique; par M. Seguier. M. Seguier rend compte verbalement de la mission qu'il a reue de M. le Ministre de l'Intrieur pour aller tudier en Angleterre le dispositif de la tlgraphie lectrique. Il rsulte de l'examen auquel M. Seguier s'est livr, qu'aprs l'essai d'une foule de mcanismes ingnieux , les Anglais en sont revenus l'emploi de simples aiguilles soumises aux influences du courant pour composer tous les signes de leur correspondance; > Que les piles prfres, en ce pays, pour la tlgraphie lectrique, sont composes de nombreux lments de cuivre et zinc amalgams, plongs dans un bain de sable fin lgrement humidifi avec de l'acide sulfurique trs-tendu d'eau ; Qu'enfin, les moyens d'isolement consistent, lorsque le fil est plac ( '7 ) en terre ou sous l'eau, dans un fourreau de gutta-pcrcfaa, ou dans de simples supports de terre cuite vernisse, lorsque les fils sont soutenus en l'air sur des poteaux le long des lignes de fer. M. Seguier a t frapp de la rapidit des correspondances; la promptitude avec laquelle les signes sont forms ou lus a excit son admi- ration. Il est heureux de dire qu' son retour il a pu se convaincre que dj les stationnaires du tlgraphe lectrique franais, exercs depuis bien moins de temps, pouvaient cependant lutter sans dsavantage avec leurs rivaux d'outre-mer; il se plat reconnatre encore que les appareils fran- ais mouvement d'horlogerie, quoique beaucoup plus compliqus que les machines anglaises simples aiguilles, mritent nonobstant des loges M. Breguet qui les a construits. M. Thenard, prsident de la Commission des papiers de sret, et M. Dumas, rapporteur de la mme Commission, dposent sur le bureau de l'Acadmie une copie en double expdition, signe de tous les membres de la Commission, de la Lettre qu'ils ont adresse M. le Gouverneur de la Banque, au sujet de la fabrication des billets de banque. La Commission a dsir que toutes les expriences ncessaires pour former son opinion fussent excutes par le rapporteur, dans le plus pro- fond secret, sans l'intervention d'aucun aide, et que les rsultats en fussent dtruits, aprs avoir t apprcis par la Commission. M. le rapporteur dclare s'tre religieusement conform aux dsirs de la Commission, ce qui explique le retard apport la conclusion du travail dont elle tait charge et dont elle lui avait dlgu l'excution. MMOIRES LUS physique. Recherches sur les lois physiques considies comme consquences des seules proprits essentielles la matire, l'imp- ntrabilit et l'inertie; par M. de Boucheporn. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Arago , Cauchy, lie de Beaumont. ) Premire partie. Mouvements gnraux des corps. Le Mmoire que nous prsentons exposera par quel ordre nouveau de considrations nous avons t conduit tenter le problme d'expliquer l'ensemble des lois physiques par les seules proprits essentielles la ma- tire , et sans supposition d'aucune force. Possdant aujourd'hui tous les i5.. ( io8 ) lments de ce travail , nous avons cru pouvoir en extraire un fragment qui se rapporte aux mouvements gnraux des corps et aux lois astronomiques, parce qu'il nous permet de faire connatre quelques relations nouvelles, qui, . en outre de leur intrt propre, nous paraissent former, pour les principes que nous avons mis en oeuvre, une sorte d'preuve caractristique : car tout, dans ces sortes de questions, doit se rsoudre par des faits et des lois. C'est une ide dj ancienne dans la science que celle d'expliquer par une impulsion extrieure, par l'action d'un fluide universel, les mouve- ments des grands corps de la nature. C'tait l'ide premire de la philoso- phie franaise, celle de Descartes; Newton mme avait pens y rattacher sa grande loi de la gravitation. Aujourd'hui que les plus belles recherches de la physique moderne ont constat l'existence de Xther, et que d'impor- tantes fois atomistiques ont assign un si grand rle dans la constitution in- time des corps, Informe et an volume des particules, ces conceptions an- ciennes ont acquis un bien autre degr de force et d'opportunit. Si nous sommes entr dans cette voie de recherches, devenue depuis lors un cueil, c'est parce que nous avons cru trouver dans un fait autrefois inconnu , et dans une observation jusqu'ici nglige, un moyen de simplifier le problme et la fois d'en tendre les rsultats. Un mot sur ce point de vue parti- culier. En rflchissant la rapidit des vibrations qui produisent la lumire, et en essayant d'en associer l'ide celle de la translation des astres dans l'espace, nous avons t frapp de cette ide que, depuis l'importante d- couverte du dplacement propre du Soleil, nous ne connaissons plus aucun corps attirant ou attir que l'on puisse considrer comme, en repos absolu dans l'espace. Nous fmes ainsi amen nous poser cette question : Le mouvement dans un fluide rsistant ne serait-il point la condition mme et la cause de la gravitation universelle? Ce point de vue, qui semble d'abord trange, prsentait, la rflexion, deux prcieux caractres : l'un tait d'ouvrir un nouveau champ de recherches et de fournir des moyens sa propre vrification, en introduisant dans le grand problme de l'attrac- tion deux lments nouveaux, trangers la loi de Newton, savoir, le vo- lume et la vitesse du corps attirant; le second est d'apporter, dans les con- ditions relatives l'ther, une extrme simplification. En ne considrant ce fluide que comme lment rsistant, il ne devenait plus ncessaire de sup- poser, entre ces particules, ces forces trangres l'essence matrielle, source de hautes complications analytiques, et par lesquelles le problme ( i<>9 ) philosophique n'tait que dplac. Impntrabilit, inerlie, tnuit des par- ticules, mouvement transmis par les lois du choc, telles devenaient nos seules conditions, et quant leur espacement, rien d'obligatoire que de faire concorder l'indpendance des mouvements avec la vitesse de la lumire. Ces prmices poses, nous citerons seulement quelques-uns des principes et des rsultats dvelopps dans le Mmoire : >. I. En se propageant dans l'espace thr, l'intensit d'une impulsion suit la loi inverse du carr des distances au centre d'branlement. II. L'a rsistance de 1 eiher n'altre point la vitesse des corps lorsque celle-ci est suffisamment infrieure la vitesse de propagation du mouve- ment dans le fluide mme; cette rsistance se change en une pression uni- forme sur toute la surface du corps suppos sphrique, et dtermine cette sphricit mme. III. En prenant pour unit de densit celle du fluide, la quantit de mouvement imprime par un corps l'ther est gale son volume N mul- tipli par le carr de sa vitesse V, ou NV 2 . C'est aussi la mesure de la pres- sion totale sur la surface du corps. IV. Propage l'intrieur des grands corps, la pression y produira un effet tel, que toutes les couches d'gale paisseur renfermeront la mme quantit de matire, et que la densit moyenne sera triple de celle de la surface. Cette sorte d'homognit n'est point trouble par l'action de la chnleur. Enfin, de cette forte condensation interne on peut conjecturer que les grands corps de la nature sont presque entirement impermables l'ther, ce qui sera confirm bientt par une loi astronomique. V. De l'attraction. Le dplacement de l'ther par le mouvement d'un corps A produit, dans loutes les parties du fluide, une sorte d'aspiration vers le point que son centre vient de quitter; tout autre corps B recevant ces ondes aspirantes sur son hmisphre le plus voisin, y perdra tout ou partie de sa pression propre, et la demi-pression -nv 2 qui agit sur l'hmi- sphre oppos n'tant plus contre-balance, donnera une impulsion an corps B dans la direction de A. Tel serait le principe de l'attraction. Mais on voit que son intensit est limite par la plus petite des deux forces d'aspi- ration ou -n i et d'impulsion ou -nv 2 (v est ici la vitesse relative si les 2 D 2 ' 2 v deux corps circulent autour d'un autre centre commun). L'quilibre de ces forces fournit l'quation du mouvement, ou dn moins ( "o ) on reconnat que les corps, lorsqu'ils ne tendent pas tomber sur leur astre attirant, parviennent toujours l'une de ces deux relations, que le principe des aires rend persistantes : = nv* cos'-y, ou (i) - n < - fts>> cos 1 y (y tant l'angle du rayon vecteur avec le rayon de courbure). /iine de ces relations appartient aux plantes, l'autre aux comtes, qui sont ainsi dis- tingues dans notre mthode. Dans ces deux cas, l'attraction tant repr- sente par la force aspirante et rciproque D 2 , la loi de Newton devient, applicable; mais alors nous connaissons la vitesse initiale, et sa valeur nous ferait voir ici, qu'il n'y a que des orbites elliptiques, que la parabole et l'hyperbole n'existeraient pas. VI. Premire vrification. Loi sur les masses. Cette analyse nous fournit un premier moyen de vrification de nos principes, en indiquant, par un raisonnement facile, que ce que l'on appelle la masse d'un corps attirant doit tre gale au produit du volume de ce corps par Je carr de sa vitesse. Or si l'on effectue ce produit pour chacune des plantes, on trouve: Produit du volume par Mercure. Vnus. La Terre. Mars. Jupiter. Saturne. le carr de sa vitesse. 0,25 I ,22 1 o,i3 285,l8 88,>j3 Masse astronomique. 0,18 0,88 1 0, i3 33 7> 9 101 ,06 lia srie est vidente, surtout si l'on fait attention l'incertitude sur les masses des petites plantes, et l'influence qu'une petite erreur de diamtre a sur les volumes: c'est la raison qui me fait abstenir de citer ici Uranus et Neptune. Quant aux autres divergences, elles tiennent la rotation; nous donnons dans le Mmoire une formule de correction, mais ce sujet est rserv par nous. VII. Deuxime loi de vrification. Comme seconde consquence, nous sommes conduit la solution d'un problme que la thorie ordinaire de l'attraction, borne ses seuls principes, ne permettrait point d'aborder. Nous dterminons, par la formule (1) du V, la vitesse d'un astre attirant, d'aprs celle de son satellite, connaissant seulement le rapport des rayons et la distance. Elle donne en effet, en appelant K le rapport de la distance ( "1 ) au grand rayon, et prenant le petit pour unit, V K(i e') v/f La vrification en est parfaite sur les vitesses de la Terre et de la Lune, car on a d'o == 3o,6. V Pour les premier et troisime satellites de Jupiter, dont on connat peu prs les diamtres, on aurait: R V Premier satellite, R = 6, -=6o, -=0,77; R V Deuxime satellite, K=i5,35, -=33,75, -=1,04. La rotation de Jupiter rduirait ces valeurs 0,72 et 0,96; or les rapports rels de la vitesse de l'astre celle de ces satellites sont 0,73 et 1,16. VIII. La vrification de la troisime loi de Kepler et le dfaut de la formule (1) tiennent ce que l'on doit exprimer que les deux astres tournent ensemble autour d'un centre commun. Nous trouvons que les comtes ne satisferaient pas la troisime loi de Kepler, et reviendraient plus vite au prihlie. IX. La quantit de matire mouvoir P entre dans le calcul par l'qua- tion trs-simple Pc 2 1 NV 2 = --= cosv p 2 D 2 ' (p tant le rayon de courbure). Dans le cas des plantes et de la formule (1), cela donne = p cos*7 = a (1 e 2 ), a tant le demi-grand axe de l'orbite; d'o il suivrait, que la densit des plantes est gale au quart du paramtre de leur orbite. On peut concevoir ainsi, par une raison toute rationnelle, le grand fait de la constance des orbites et du moven mouvement. (.na) X. Troisime vrification. Mesure de la chute des graves. L'en- semble des principes prcdents nous a amen ce rsultat, de pouvoir calculer la quantit dont les corps tombent dans la premire seconde de leur chute, sans connatre la masse de la Terre, et seulement d'aprs sa vitesse de translation et son rayon. Cette quantit est donne en mtres par la formule i o- E~-- ir n A l'quateur, on trouve E = 3 m ,68cj, rsultat qui diffre peine de j^ du chiffre de l'observation 3 m ,665. XI. Supprimant ici bien des questions qui ont place dans notre M- moire, nous ne pouvons mme nous arrter sur l'analyse relative la rotation. Dans noire mthode, la rotation a deux effets, l'un relatif la figure des corps, l'autre rsulte du mouvement qu'elle imprime l'ther, et qui, d'une pari, s'ajoute la masse gnrale, et, de l'autre, agissant distance sur les divers points de la surface mme du corps, produit, en grande partie, la loi de la variation de pesanteur. Nous trouvons, pour l'accroissement total de pesanteur de l'quateur au ple, l'expression - -g- ou o,oo54, qui est, sous une forme simple, le nombre mme que donne l'observation du pendule. Quant l'aplatissement, il nous est donn par la formule . a b Tt i (z tant le rapport de la gravit la force centrifuge sur l'quateur). Cette expression, qui est trop forte et que je corrigerai, me donne toutefois ds maintenant: pour Jupiter -^, pour Saturne , pour la Terre . astronomie. Mthode pour calculer les lments des orbites des plantes, ou, plus gnralement, des astres dont les orbites sont peu inclines Vcliptique , fonde sur l'emploi des drives relatives au temps , des trois premiers ordres de la longitude gocentrique et du premier ordre de la latitude; par M. Yvon Villarceac. (Extrait.) (Commissaires, MM. Cauchy, Liouville, Binet.) Le grand nombre des petites plantes dcouvertes dans ces derniers temps m'a fourni l'occasion de reconnatre, dans la thorie del dtermi- ( fi3 ) nation des orbites, l'existence d'une lacune qui restait remplir. Pntr de l'importance qui s'attache l'emploi du plus grand nombre possible d'observations, lors mme qu'on se propose seulement d'obtenir un premier rsultat approch, j'ai d particulirement porter mes vues sur les mthodes proposes par Laplace (i), et rcemment par M. Cauchy. Les prcieuses formules d'interpolation dont ce dernier gomtre a enrichi la science , m'ont paru lever les difficuls qui s'opposaient ce qu'on obtnt, de la mthode de Laplace, le degr de prcision exig dans l'tat actuel de l'as- tronomie. Mais les mthodes que je viens de citer sont insuffisantes d'autres gards, dans un cas assez tendu, celui des faibles inclinaisons. Une courte discussion montrera en quoi pchent ces mthodes, et justifiera la marche que j'ai suivie dans la recherche de nouvelles formules. En se reportant aux formules donnes par Laplace, pour la dtermina- tion des lments du mouvement elliptique, on reconnat que tous les rsul- tats dpendent d'une certaine fonction \i! de la latitude gocentrique et de ses drives des deux premiers ordres. Cette fonction se prsente sous la forme d'une fraction dont le numrateur et le dnominateur dcroissent avec ces quantits, et s'annulent en mme temps qu'elles, c'est--dire lorsque l'inclinaison est nulle. La fonction p.' est donc gnralement mal dtermine dans le cas des faibles inclinaisons, et tout fait indtermine si l'orbite concide avec le plan de 1 ecliptique. Or, on sait qu' cette limite, deux des l- ments disparaissent: ceux qui restent tant au nombre de quatre, exigent le concours d'autant de longitudes, ou bien, d'une longitude et de ses drives des trois premiers ordres. Si l'on examine actuellement les expressions auxquelles a t conduit M. Cauchy, on verra que la fonction qu'il dsigne par CR, dans son Mmoire insr aux Comptes rendus (tome XXV, page 4'o)> est identique avec la fonction [i' de Laplace. Il suffit, pour s en assurer, d'effectuer de simples transformations et des liminations de quantits auxiliaires. Les formules de M. Cauchy peuvent tre considres comme donnant lieu deux systmes dis- tincts. Par exemple, en groupant certaines quations, on aura un systme propre fournir les valeurs des distances de la plante la Terre et au Soleil , n'exigeant l'emploi des drives de la longitude et de la latitude gocentriques, que jusqu'au deuxime ordre inclusivement; ce systme n'est autre, au fond, (i) Avec un peu d'attention, on reconnat que les formules de la Mcanique cleste ne diffrent que par la forme, de celles qui se trouvent dans la note (i), section VII, ajoute la dernire dition de la Mcanique analytique. C. R., 1849, l m Semestre. (T. XXIX , N S.) l ( "4 ) que celui donn par Laplace sous une autre forme. Il est sujet, par cons- quent, aux inconvnients qui ont t signals plus haut. Un autre groupe de formules renfermant les drives du troisime ordre, forme un second systme. Celui-ci a l'avantage de conduire une quation finale du troisime degr, rsoluble par la simple extraction d'une racine cubique; mais, outre l'inconvnient d'exiger l'emploi des drives du troisime ordre de la longi- tude et de la latitude la fois, il prsente encore celui de donner un rsultat indtermin dans le cas des inclinaisons nulles. Ce sont les drives du loga- rithme-tangente de la latitude qui amnent l'indtermination; et il est facile de combiner les termes qui les contiennent, de manire mettre en vidence la mme fonction CR ou [if de Laplace, qui ne peut, par sa combinaison avec d'autres termes, faire perdre au rsultat son caractre d'indtermi- nation. Ainsi, la mthode de Laplace et celle de M. Cauchy, sous quelque aspect que l'on envisage cette dernire, ne peuvent fournir de rsultats prcis, lorsqu'on les applique aux orbites des plantes dont les inclinaisons sont faibles, et ne pourraient absolument fournir aucun rsultat dans le cas des inclinaisons nulles. Je suis parvenu viter les inconvnients particuliers aux mthodes en question, en m'attachant uniquement aux deux quations diffrentielles du deuxime ordre qui reprsentent le mouvement projet sur l'cliptique. On peut les combiner de manire isoler, dans l'une la drive seconde de la projection de la distance la Terre, et dans l'autre la drive seconde del longitude gocentrique. Une diffrencit ion opre sur cette dernire quation, introduit la drive du troisime ordre de la longitude, et celle du rayon vecteur. Enjoignant ces trois quations, une nouvelle quation fournie par le triangle dont les centres de la Terre, du Soleil et de la plante occupent les sommets, puis la diffrentielle de cette quation, on fait apparatre la premire drive seulement de la latitude gocentrique; et l'on a alors autant d'quations que d'inconnues. L'quation finale n'est pas trop compli- que lorsqu'on ne cherche pas inutilement faire disparatre les dnomina- teurs et les radicaux. Cette quation se prte aisment la vrification de la solution connue que l'on obtient en substituant le rayon vecteur et la masse de la Terre, au rayon vecteur et la masse de la plante. Si l'poque choisie est celle de la station en longitude, l'quation finale se simplifie au point de pouvoir tre rsolue par l'lgante construction due . M. Binet. Les distances la Terre et au Soleil ne dpendent alors que des ( "5) coordonnes angulaires gocenlriques de la plante, et de la deuxime drive de la longitude. Mais la drive du troisime ordre de la longitude est indispensable pour obtenir les premires drives de ces distances. Si l'on choisit l'poque de l'opposition, l'quation finale est encore beau- coup simplifie, mais moins que dans le cas prcdent. Sauf quelques remarques propos du calcul de la drive du premier ordre de la. distance projete, de l'anomalie vraie et de l'excentricit, le calcul des lments suit la voie trace par Laplace. La mthode dont les bases viennent d'tre indiques peut encore tre avantageusement employe comme mthode de correction des lments ap- prochs. Si l'on a besoin de changer d'poque, ou encore si la premire ap- proximation a t obtenue par une autre mthode, il est ncessaire de cal- culer, au moyen des lments approchs, les valeurs de la longitude, de la latitude et de leurs drives, pour l'poque choisie. Je donne les formules qui remplissent ce but. Je calcule ensuite les corrections que doivent recevoir les quantits prcdentes , pour qu'en formant avec ces corrections et les puissances correspondantes du temps, des sries de mme forme que celles qui expriment la longitude et la latitude dans la premire approximation, ces sries reprsentent les diffrences entre les observations et les positions calcules au moyen de l'orbite approche. Les coordonnes et leurs drives tant ainsi corriges, servent de point de dpart au calcul, par la nouvelle mthode, d'une orbite plus approche. Les corrections peuvent, sans incon- vnient, tre trs-fortes. Dans le but d'aplanir les difficults ceux qui voudraient , pour la pre- mire fois, s'occuper du calcul des orbites, j'ai pris le soin d'extraire du corps du Mmoire, et de disposer comme en tableau, dans l'ordre des calculs, les formules qui doivent tre employes; j'y ai joint aussi l'expos des formules d'interpolation de M. Cauchy, sur lesquelles je fonde actuelle- ment le succs des applications de ma mthode. Le Mmoire se termine par un exemple numrique, dans lequel je pr- sente le dtail du calcul des lments corrigs de l'orbite de la plante Iris. Le rsultat de ce travail a t prsent l'Acadmie, dans sa sance du 28 aot de Tanne dernire. Enfin, j'ai fait suivre mon Mmoire d'une Note concernant plusieurs formules de la Mcanique cleste, qui donnent des rsultats mal dtermins dans certains cas. Je leur en substitue d'autres qui ne prsentent pas cet inconvnient. 16.. ( "6 ) MMOIRES PRSENTS. astronomie. Deuxime Mmoire sur les toiles doubles; par M. Yvon Villakceau. (Extrait.) (Commissaires, MM. Arago, Lion ville, Faye.) Mthode pour calculer les orbites relatives dont le plan concide, ou peu prs, avec le rayon visuel. " L'orbite apparente, dans le cas dont il s'agit, tant trs-allonge, et pouvant mme se rduire une ligne droite, il convient de substituer aux angles de position et distances apparentes de l'toile satellite, des coor- donnes rectangulaires x et y, en prenant pour axe des x une droite qui passe par l'toile centrale et soit peu prs dirige dans le sens de l'allon- gement de l'orbite apparente. En dsignant par a l'angle de position de cet axe , ceiui de l'axe des y sera 90-!- a . La position du satellite dans lespace , se compltera par une troisime ordonne z dirige dans le sens du prolon- gement du rayon visuel. fie rsultat que nous nous proposons d'atteindre, pour convenir au cas o l'orbite apparente se rduirait une droite concidant avec l'axe des x, doit dpendre essentiellement du mouvement observ dans le sens de cet axe, et ne pas devenir indtermin lorsque les y deviennent nuls. A cet effet, je suppose qu'au moyen d'un procd convenable d interpolation, on ait pralablement calcul les coefficients des sries ordonnes suivant les puissances du temps, qui reprsentent les tats successifs des coordonnes or et y : les drives de ces quantits seront ds lors censes connues. Je fais usage des quations diffrentielles du mouvement relatif, tablies pour des coordonnes rectangulaires. Ces quations sont du deuxime ordre. En ne considrant que celles en x et en z, et supposant, pour le raisonnement, la distance relle exprime en fonction des coordonnes, on voit que ces qua- tions renferment trois inconnues qui sont : une constante p. proportionnelle la somme des masses des deux toiles, l'ordonne z et sa drive du deuxime ordre. Je diffrentie deux fois de suite l'quation eu x, et j'ai ainsi deux nouvelles quations qui n'ajoutent qu'une inconnue, la drive du premier ordre de z. En liminant les drives du deuxime ordre de y et de z , au moyen des quations du deuxime ordre en y et en z, j'ai finale- ment trois quations trois inconnues: fx, z et -j. De cette manire la solu- ( "7 ) tion du problme dpend de x et de ses drives des quatre premiers ordres, puis, de y et de sa premire drive. Or, on sait qu'il est trs-facile de cal- culer les lments de l'orbite, lorsqu'on connat, un instant donn, les trois coordonnes rectangulaires et leurs drives du premier ordre. Je ferai seulement observer que ce calcul se simplifie lorsqu'on fait usage de certaines fonctions que l'on est oblig de former pour rsoudre l'quation finale (i). Les formules que j'ai dduites conviennent au cas d'une inclinaison quelconque; mais alors il existe, entre les coefficients des dveloppements de x et de y, des quations de condition auxquelles les donnes doivent satisfaire. Je vais prsenter un expos des formules qui constituent la nouvelle mthode, dans l'ordre de leurs applications: on y trouvera des dterminations multiples qui sont propres la vrification des calculs numriques. Soient, un instant donn t : a l'angle de position corrig de l'effet de la prcession , et p la distance apparente. Supposons qu'on ait fix l'origine du temps une poque o x ne soit pas nul ou mme trs-petit, et soient, cette poque : r la distance relle des deux toiles; X l'angle de cette distance et de sa projection p ; v la longitude dite dans l'orbite; V l'anomalie vraie; u l'anomalie excentrique. Soient encore : N le moyen mouvement; T la dure de ia rvolution; A le demi-grand axe; II le demi-paramtre; [j. = A 3 N 2 la constante des masses; E sinr l'excentricit; (s vs) l'anomalie moyenne une poque donne; t l'poque du passage au prihlie; l la longitude du nud ascen- dant; (w l) la distance du prihlie ce nud; I l'inclinaison de l'orbite sur le plan perpendiculaire au rayon visuel; n le rapport de la circonfrence au diamtre. On aura d'abord , pour chaque observation , (1) x = p cos(a a ), y = p sin(a a ). Ces valeurs serviront pour calculer, au moyen d'une mthode convenable (1) La considration des quations diffrentielles du deuxime ordre fournit le moyen de reconnatre aisment certaine discordance que pourraient prsenter les donnes. Il suffit, pour cela, de construire deux courbes dont les abscisses reprsentent le temps, tandis que les ordonnes figurent, dans l'une, lsa;, et, dans l'autre, les y dduits des observations. La thorie indique que ces courbes doivent prsenter des points d'inflexion l o elles cou- pent l'axe des abscisses. S'il n'en est point ainsi , on sera port taxer d'inexactitude une ou plusieurs observations. ( n8 ) d interpolation, les coefficients des deux sries j x a +bt -+- et 2 + dt % -+- e** +Ji 5 + etc. , ( j a'+b't -hc'l 2 -+- etc. Les quations de condition entre les coefficients de ces sries , sont (a bis) o = i(ac' a'c), o=3{ad'-a'd) + (bc' - b'c), o == l\{a - a'e) -t- i(bd' 'b'd), o = 5{aj' - a'f) -h 3(6C - b'e ) + (crf' - c'rfj, o - 6^ - a' g) + 4(*y- &'/) -+- {<* - ;^i etc. La loi des termes de ces quations est vidente; leur emploi donne lieu aux remarques prsentes dans le premier Mmoire, au sujet d'quations du mme genre. Les donnes sont, en outre, soumises aux conditions ( 3) et (5) ci-aprs; puis la condition (7), si l'orbite doit tre elliptique. On continue comme il suit : C3) ^< ' 1 b d H = -s a e (4) (5) K* > o, (6) Q 2 = H 2 + K 2 , (7) 2 + ^Q 2 >o;- ces conditions tant supposes satisfaites, on poursuivra : ( * = dbtV + fl ") ~ (b 2 + b' 2 )-*HPa 2 \, (8) (9) Il vient ensuite ( '19 ) ou , en posant k' sin p tag o ; () 2 = A/tan 8^- (10) = *?_!_,_ Ha" ; n mais la valeur de pourra se trouver mal dtermine, alors il faudra faire usage de l'quation (, i) Jf. * Ka vA* + (rf = Ka \/^ cos 5 * Le signe choisir rsulte de celui de Pa 2 et du signe qu'on aura admis pour a". D'ailleurs, calculant (12) r a = a 2 + a' 2 -+ a" 2 , on pourra tirer b" de la premire des quations suivantes qui serviront de vrification , ( 1 3) b 2 + b' 2 4- " 2 = QV 2 , fl + a' b' + a" 6" = H/' 2 . Ici commence, proprement parler, le calcul des lments. (4) (5) vrification P = c 2 -> 1* 1 o 'H 2 c Q 2 . G = a' 6" - a"6', \ & = a'fi- ai", [ G" rr= ab' - a' b ; (16) Ga + G' a' + G" a" = o , G_ G' fi (1.7) tan{Q = -^>, ( 120 ) sin Q doit avoir le signe de G; doit tre pris entre o degr et \ 80 degrs. (i 9 ) fy = G> + G + G" - ( s7 ^ 1 ) 2 = ( c ^n) 2 = *< r*. ( EsinV = i Ecos V = !. On en tire V sans ambigut, puis E; et l'on a, pour vrifications, (21) sin n = E, eos**j : h N =\/(i) (3) 'I' = '4 Xlr ri' 27T (*4) tang- V tang^ = 2 t , tang ( 45 4- - w N/ + s zs, ou N(< t) = u E sin u, vrification : 25) -sin u cosj sin.V = o. (26) (ang(a o)= -> (27) tang X = - ? - , (28) tang(^-S2)- vrification : (-9) cos(a &)sinl J cos(V Q) = cos(a Q)cosX, ( sin X = sin [y Q ) sin I , (3o) m- l=v- Q-V. Sin (a a ) doit avoir le signe de '; X doit tre pris entre -+- 90 et 90 ; le signe de cos (v Q) est celui de cos (a Q). Enfin la somme des masses ( '21 ) se dduira de la parallaxe, si celle-ci est connue, par l'quation (27) du premier Mmoire. J'ai tabli aussi les formules qu'il faudrait employer si l'on se trouvait forc de prendre, pour origine du temps, l'poque o x serait nul ou trs- petit, et en supposant d'ailleurs l'inclinaison considrable. Ces formules exigent l'emploi dune drive de plus en x. Les toiles dont le plan de l'orbite relle concide, ou peu prs, avec le rayon visuel , sont peu nombreuses. Les observations qu'on en possde ne paraissent pas permettre d'y appliquer utilement la mthode qui vient d'tre expose; toutefois, il y a lieu d'esprer que d'ici un petit nombre d'annes, on en pourra faire l'application au systme binaire a ou t\i de la Chevelure de Brnice. physique. Mmoire sur la polarisation de la chaleur; par MM. F. de la Provostaye et P. Desains. (Extrait.) (Commissaires, MM. Biot, Poudlet, Begnault.) Le fait de la polarisation de la chaleur, annonc par M. Brard, a t mis hors de doute par les expriences de MM. Forbes et Melloni; mais on a peu tudi jusqu' ce jour les proprits des rayons qui ont subi cette modification. Cette tude exige l'emploi de faisceaux compltement polariss et le plus souvent aussi forms de rayons parallles. Or ces conditions ne sont pas satisfaites quand on prend, comme on le fait ordinairement, pour appareil polarisant une tourmaline ou une pile de mica, et pour source une lampe ou une lame mtallique chauffe. On arrive, il nous semble, des rsultats satisfaisants en oprant avec de la chaleur solaire, et la faisant passer travers un spath achromatis. Les deux faisceaux mergents sont compltement polariss, et composs de rayons parallles. Enfin, cause de leur grande intensit, on peut les prendre fort troits, ce qui donne de la sret dans l'orientation et dans l'apprciation des angles. Bien ne peut alors empcher de rsoudre expri- mentalement un grand nombre de questions qui n'ont pas t abordes jusqu'ici. Dans cette premire communication , aprs avoir vrifi ce que M. Rnoblauch [Annales de Poggendorfj, tome LXXIV) avait annonc, que la chaleur qui traverse un spath se partage en deux faisceaux d'intensits gales, compltement polariss dans le plan de la section principale, ou dans un plan perpendiculaire, nous dmontrons : C. R., 1849 a"" Semestie. (T. XXIX, !N S.) r 7 ( 22 ) i. Que la loi suivant .laquelle, d'aprs Malus, l'intensit d'un rayon compltement polaris se partage entre les images ordinaires et extraordi- naires auxquelles il donne naissance en traversant un spath, est applicable la chaleur comme la lumire; 2. Que les variations qu'prouve l'intensit de la chaleur polarise dans sa rflexion sur le verre sous diffrentes incidences, sont exactement reprsentes par les formules que Fresnel a donnes pour la lumire, en admettant que la chaleur solaire, qui. a travers le prisme, a un indice peu diffrent de i,5; 3. Qu'il y a la plus parfaite ressemblance entre les phnomnes que prsentent, en se rflchissant sur les mtaux polis, la lumire et la chaleur polarises. A l'appui de ces deux dernires propositions, nous citerons ici quelques nombres : Rflexion sur le verre de la chaleur polarise dans le plan de rflexion. (On reprsentera par 100 l'intensit de la chaleur qui tombe sur le miroir.) Intensit calcule Angle de rflexion. Intensit observe. avec l'indice i ,5a. 8o.. 55,t 54,6 7 5 4. 7 4>8 70 3o,6 3o,8 60 '7>99 8,3 5o ii ,66 11,7 4o 8,08 8,1 3o 6,12 6,1 20 5,o3 5,o Chaleur polarise perpendiculairement au, plan de rflexion. 8o" 24,00 23,6 75 .... n, 00 10,6 7 4,34 4>' 28 3,oo 2,91 ( '^3 ) Rflexion sur les mtaux de la chaleur polarise. (On reprsente par i l'intensit de la chaleur incidente.) ACIEK. Chaleur polarise dans le plan d'incidence. 3o. 5o.. 70.. -75.. INTENSITE. o,64 0,694 o,833 o,865 0,90 RACINE CARREE des intensits. 0,80 0,833 0,912 o,g3o >949 ACIER. Lumire polarise. (Expr. de M . Jamin . ) RACINE CARREE DES INTENSITES observe. calcule par la l'orin de M. Cauchy. 0,790 0,828 0,9l5 0, 9 46 0,945 0,795 0,842 0,910 0,g32 0,954 Chaleur polarise perpendiculairement au plan d'incidence 3o 5o. 7 5. 80. o,566 0,468 0,27 0,29 0,752 0,684 0,520 o,538 Lumire polarise perpendiculairement au plan d'incidence. 0,760 0,666 0,566 0,547 0,742 0,681 0,563 o,583 METAL DES MIROIKS. Chaleur polarise dans le plan d'incidence. 3o.. 5o... 72,5 80... 0,669 0,740 o,8g5 0,938 RACINE CARREE des intensits. Lumire polarise dans le plan d'inci denec. (Expriences de M. Jamin.) 0,818 0,860' 0,946 0,968 RACINE CARRE DES INTENSITES observe. calcule. 0,845 0,88 0,926 0,959 0,827 0,866 0,932 0,95l Chaleur polarise perpendiculairement au plan d'incidence. Lumire polarise perpendiculairement au plan d'incidence. 3o. . 50... 72,5. 80.. 0,618 > 5 79 o,4t5 o,445 0,785 0,76 0,644 0,667 0,828 0,819 0,678 o,655 0,781 0,73 o,63 o,65t '7- ( 24 ) Rflexion sur les mtaux de la chaleur polarise. (On reprsente par i l'intensit de la chaleur incidente.) PLATINE. Nous ne connaissons pas d'exprience sur l'intensit de la lumire rflchie par ce mtal. Chaleur polarise dans le plan d'incidence. 3o 70. 80. 47 0,75 0,862 Chaleur polarise perpendiculairement au plan d'incidence. INCIDENCE. 3o 70. 80. 0,373 o,3i o,38 ARGENT. Nous ne connaissons pas d'exprience sur l'intensit de la lumire rflchie par ce mtal. Chaleur polarise dans le plan d'iucidence. 3o. 5o. . 70. 80.. 0,80 0,87 0,936 0,954 Chaleur polarise perpendiculairement au plan d'incidence. 3o' 70 80 o,845 0,81 o,83 Diaprs la thorie des ondes, en faisant la demi-somme des deux frac- tions qui reprsentent l'intensit de la chaleur polarise rflchie sous un certain angle, i dans un plan parallle au plan de polarisation; i dans un plan perpendiculaire, on doit obtenir l'intensit de la chaleur naturelle rflchie sous le mme angle. On peut vrifier que cette consquence s'applique la chaleur rayonnante , seulement il faut apporter un soin par- ticulier ce que les deux rayons polariss et le rayon naturel soient bien exactement de mme nature, c'est--dire qu'ils manent de la mme source et qu'ils aient travers les mmes crans. En remplissant cette condition, nous avons trouv ; ( >*5 ) ACIER. METAL DES MIROIRS. Rflexion sons l'angle de 3o de la chaleur dpolarise Rflexion sous l'angle de 3o de la chaleur polarise dans le plan d'incidence Rflexion sous l'angle de 3o de la chaleur polarise perpendicu- lairement au plan d'incidence.. Proportion de chai, rflchie, 0,59 o,658 j Moy. 0,598 0,539/ Chaleur dpolarise Chaleur polarise dans le plan d'in cidence Chaleur polarise perpendiculaire ment au plan d'incidence Proportion de chai, rflchie. o ,656 0,689! Moy. 0,644 o.599 I M. Reboclleau, qui avait, en 1847, ^ a ' 1 une communication relative un arsniatc de cuivre qu'il obtenait par un procd de fabrication parti- culier, prsente une nouvelle Note sur le mme sujet. Il avait d'abord espr pouvoir employer dans la peinture l'huile ce produit, que sa belle couleur bleue et rendu prcieux dans certains cas : aujourd'hui, il reconnat qu'em- ploy avec l'huile il passe en peu de temps un ton vert, comme les autres bleus base de cuivre. M. Reboulleau pense que pour la peinture l'eau on n'aurait pas craindre un pareil changement. (Renvoi l'examen de M. Chevreul.) M. Carret adresse, de Ghambry, deux Notes concernant la Cosmogonie , et la possibilit de concilier le rcit de la Gense avec les thories fondes sur les observations des gologues modernes. (Commissaires, MM. lie de Beaumont, Dufrnoy.) M. Irvciiet soumet au jugement de l'Acadmie une Noie ayant pour titre : Expriences concernant une proprit remarquable de la lumire. (Commissaires, MM. Babinet, Regnault.) ( ia6) CORRESPONDANCE M. le Ministre des Travaux publics invite l'Acadmie lui transmettre copie du Rapport de la Commission charge d'examiner la question concer- nant la substitution du blanc de zinc au blanc de ce'ruse dans la peinture l'huile, et gnralement la possibilit d'employer les couleurs base de zinc en remplacement des couleurs base de plomb. M. Chevreul dit qu'il prsentera bientt un Mmoire sur les bases de la peinture l'huile, renfermant les rsultats des recherches auxquelles il a d se livrer pour faire le Rapport sur la substitution de l'oxyde de zinc la cruse. Ce Rapport sera fait dans la sance qui suivra la lecture des recherches thoriques. M. Arago prsente, au nom de M. le gnral Zarco del Valle , directeur gnra! de l'Ecole du gnie militaire d'Espagne, une suite d'ouvrages com- poss pour l'usage de cette cole. {Voir au Bulletin bibliographique.) tlgraphie LECTRIQUE. Action perturbatrice de l'lectricit atmo- sphrique; par M. Higuto\, ingnieur tlgraphique du London and north western Railwj. M. Highton adresse l'Acadmie des extraits d'un grand nombre de Rapports faits par les agents des tlgraphes lectriques; Rapports con- cernant l'action perturbatrice exerce sur les tlgraphes, en Angleterre, par l'lectricit atmosphrique, ou par toute autre lectricit trangre. Ce sont des documents qui pourront tre utiles ceux qui voudront tudier ces perturbations; on ne devra point oublier qu'ils manent d'individus diffrents. On verra aussi que l'observateur y a quelquefois ml des r- flexions relatives une thorie personnelle trs-contestable. M. Highton aurait pu carter ces rflexions ; il a prfr transmettre l'Acadmie les documents tels qu'il les avait reus. M. Highton envoie galement un Rapport sur une action lectrique particulire , observe le 20 Juin dernier, sur l'un des tlgraphes qui sont sous sa direction. La -dviation compare des aiguilles lui parat dmontrer que le courant qui l'a immdiatement produite ne rsidait point dans les fils conducteurs. ( ia 7 ) astronomie. Orbite et phmricles de la plante Mtis; par M. Gkahym. phmrides de Mtis au minuit moyen de Greenwich. 1849. ASCENS. droite. DCLINAISON. t'oo. deladist la Terre. 1849. ASCENS. droite. DCLINAISON. L0C. de la dist. la Terre. h m s / // h m s / // Juillet 12 22.44-38,70 -l6.2Q.44,8 33.53,7 0,21768 2i5o5 Sept. 7 22. 4.52,70 -2..48.54, 0, i53j5 i3 44.33,65 8 3.59,93 52. 5,9 l5.'|21 >4 44.36,91 38. 1-1,7 31244 9 3. 8,i3 55. 3,3 15523 .5 ,6 44.18,46 42.38,7 47.14,5 20985 10 2 . 1 7 , 36 5 7 .4g,c i5632 44. 8,3o 20730 20477 20228 11 1.27,68 22. 0.22,1 i5 7 48 43.56,44 43-42,85 51.59,1 12 0.39,18 2.42,6 i58;o 56.52, 1 i3 21.59.51,91 4.5o,4 l5 999 '9 43.27,56 17. i.53,3 '9983 '4 5g. 5,g3 58.21 ,28 6.45,3 i6i35 30 43,10,55 7. 2,6 974o i5 8.27,4 16276 21 42.51,84 12.19,7 '7-44,3 23. 16,2 19602 16 5 7 .38,o3 g. 56, 6 16423 22 42.3i,44 42. 9,34 19267 '7 56.56,24 n .12, i 16576 23 19037 18 56 . 1 5 , 96 12.16,1 16735 24 41.45,57 4i .20, i3 28.55,1 1881 1 '9 55.37,22 i3. 6,6 i68gg 25 34.4o,5 i85go 20 55. 0,07 i3.44,3 17069 26 io.53,o5 4o.32,3 i83 7 3 21 54.24,55 '4- g,o l4-2I,I 17244 27 40.24,33 46 . 3o , 18161 22 53.5o,7o 53.i8,55 17423 2o 3g . 54 , 00 52.33,6 '79^4 23 l4-20,6 17608 29 39.22,09 58.42,3 17752 17555 34 52.48, i3 '4- 7,6 '7797 3o 38.48,6i -18. 4.55,9 25 53.19,47 5i.52,58 13.43, 1 '799 3! 38.i3,5g n . 14,0 17364 26 i3. 4,3 18187 3 51.27,48 I2.l4,5 i838g Aot 1 37.37,06 17.36,2 16998 5i. 4,18 11.12,7 i85g4 2 36.59,04 24. 2,2 39 50.42,71 9- 5 9,i i88o3 3 36.19,56 3o . 3 1 , 5 16824 3o 5o.23,o8 8.3,7 igoi5 35.38,65 37. 3,6 43.38,2 i6656 34.56,34 '<>494 i633g Oct. 1 5o. 5,29 6.56,8 "i :i 1 6 34.12,68 5o.i4,8 2 4g. 4g, 35 5. 8,6 '9449 7 33.27,70 32.41 ,4 2 56.52,9 i6igo 3 4g. 35, 27 3. g, 2 19671 8 19. 3.32,o 16048 5 4g.23,o5 o.58,8 19896 9 31.53,91 10.11,7 16.57,3 i5gi2 49 "2,7 2i.58.3 7 ,3 30123 10 3i. 5,22 15784 i5662 6 4g. /,,23 48.57,60 56. 5,o 20353 1 1 3o.i5,4o 23.3o,5 7 53.22,2 30585 12 29.24,01 3o. 8,7 36.45,3 i5548 15442 8 48.52,85 5o.2g,o 30819 i3 28 . 32 , 5g 9 48-49,96 47.25,4 1 1 o56 >4 27.39,70 43.i9,Q 15342 10 48.48,93 44.",6 21295 2i535 i5 26.45,92 4g.5i,8 i5a5i 11 48-49,77 40.47,8 37.14,1 33.3o,7 16 25.5i,2 9 56.20,6 16167 12 48.52,46 21777 \l 24.55,90 20. 2.45,7 9- 6,4 i5ogi i3 48.57,00 49- 3,38 22021 23.59,83 l5022 " 'i 29-37,6 22266 9 23. 3, .4 l5.22,2 14,962 i5 4g. 11, 5g 49.21,62 25.35,0 225l3 1 20 22. 5,91 21.32,6 '4909 1 4865 14828 16 21.23,2 22761 21 22 21. 8,20 20.10,11 33.'35j5 \l 4g. 33, 46 49-47,9 17. 2,1 12.32,0 23oio il 23260 1 23 19.11,73 39.26,8 14800 9 5o . 2 , 5o 7.53,0 3. 5,2 235n, s4 i8.i3,i3 45.10,7 50-46,8 14780 20 50.1g.67 23762 10 17.14,38 14768 21 5o.38,5g -20.58. 8, g 2/1014 26 19. i5,56 56. 14,6 14764 33 50.59,22 53. 4,1 24266 24518 II 15.16,77 -21. i.33,8 14768 23 5i.2i,56 47.5i,o 14.18,06 6.43,9 14780 14800 34 51.45,57 42-2g, 8 24771 29 i3.i9,53 ...44,5 25 52.11,25 37. o,5 25024 3o 12.21,24 16.35,4 14828 26 52.38,56 3i.23,3 25277 2553o 3i 11.23,28 21 . 16,2 14864 II 53. 7,46 25.38,4 53.37,95 19-45,9 25783 Sept. 1 10.25,71 25.46,5 i4 9 07 .4g5 29 54. 10,00 i3.45,8 26o36 2 9.28,61 3o. 6,2 3o 54.43,58 7.38,4 26289 3 8.32,o5 34.14,8 i5oi6 3i 55.18,67 L.23,I 26541 4 7 . 36 , 1 2 38.12,3 i.ioS'. 5 6.40,86 41. 58, 2 45.32,5 5i56 6 5.46,36 16237 ! ( ia8 ) Au moyen de 8 observations faites Markree , Cambridge et Regent's- Park, du 26 au 3o Avril 1848; de 3 observations faites Cambridge et Berlin, du a au 4 Aot 1848; d'une observation faite Cambridge, le 22 Juin 1849; et en terlaat compte des perturbations causes par la Terre , Mars, Jupiter et Saturne, j'ai obtenu les lments suivants de l'ellipse instantane l'poque 1849, Aot 23, o, T. M. de Greenwich : / g Anomalie moyenne ... . = 27 2. 38. 1 3, o Prihlie = 71. 2.33,9 \ quinoxe moyen Nud = 68.28.58,2 Uu 23 Aot 1849. Inclinaison = 5 . 35 . 35 , 3 Angle d'excentricit .. . = 7. 2.i3,6 Log. du demi-grand axe. = 0,3778018 P = 962", 2852 Cette ellipse a t considre comme invariable dans le calcul de l'phmride; les positions sont corriges de l'aberration, et rapportes l'quinoxe apparent. J'ajoute enfin l'ellipse pour l'poque 1848 , Mai 0,0 : Anomalie moyenne. . .. = i44- 1 8.5o,5 Prihlie = 71. i.58,o| quinoxe moyen Nud = 68.28.18,9 | de 1848, Mai 0,0. Inclinaison = 5.35.38,5 Angle d'excentricit .. . = 7. 3.22,8 Log. du demi-grand axe. = o , 3776843 f* = 9 62 "> 6 7 5 9 M. Preisser adresse les tableaux des observations mtorologiques faites Rouen eu mars, avril et mai 1849, avec un rsum de ces observations. M. Dccros prsente une nouvelle Note sur les expriences au moyen des- quelles il se propose de constater l'action que lui semble exercer, mme distance, la contraction musculaire sur un courant lectrique. M. Pappenheim envoie des remarques critiques sur la dernire communi- cation de MM. Milne Edwards et J. Haime. L'Acadmie accepte le dpt de trois paquets cachets, dont deux sont prsents par M. Benoit et un par M. V. Pothier. A 4 heures et demie, l'Acadmie se forme eu comit secret. La sance est leve 5 heures. A. ( >29 ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L Acadmie a reu, dans la sance du >3 juillet 1849, ' es ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences, n me semestre 1849; n 3;n-4. Notice sur quelques produits naturels des Landes, de la Gironde; par M. Jouannet ; broch. in- 8. Notice sur les sablires de Terre-Ngre; par le mme; broch. in-8. Note gologique sur divers gisements de fossiles de la famille des Rudisles situs dans le dpartement de la Dordogne; pur le mme; broch. in- 12. Excursion de deux Anglais de Royan Nrac; par le mme; broch'. in- 12. Essai de statistique communale. Saint-Lazare, dpartement de la Dordogne, arrondissement de Sarlal, canton de Terrasson; par le mme; broch. in- ta. Examen critique des antiquits de Nrac; par le mme; broch. in-8. Notice historique sur C-V . Brard; par le mme; broch. in-8. Notice sur l'antique topographie de Bordeaux, et, en particulier, sur son tendue dans l'ouest-sud-ouest; parle mme; broch. in-8. Rapport l'Acadmie de Bordeaux; par le mme; broch. in -8. Instruction pour le Peuple, cent Traits sur les connaissances les plus indis- pensables; par une Socit de savants et de gens de lettres; 87 e livraison. Mines, Carrires, Houilles, Saline; Trait 80; 88 e livraison : Choix d'un tat; Trait 99; in-8. Socit nationale et centrale d'Agriculture, sance publique tenue le dimanche 24 juin 1849; in-8. Recherches sur l'quivalent du fluor; par M. P. Louyet. (Extrait des Annales de Chimie et de Physique; 3 e srie, tome XXV.) Annales mdico-physiologiques; par MM. Baillarger et Cerise; avril 1849; in-8. De l'organisation des Socits savantes en France (suite); par M. L. Lamothe; 1849; broch. in-8. Misre, meute, cholra; par M. Boucher DE PERTHES. Abbeville, 1849; broch. in- 16. C. R , 1849. 2 "" Semestre. (T. XXIX, NS.) 8 ( i3o ) Encyclopdie moderne. Dictionnaire abrg des Sciences, des Lettres et des Arts, etc.; nouvelle dition, publie par MM. Didot, sous la direction de M. L. Renier; 249 e et a5o e livraisons; in-8. Revue mdico-chirurgicale de Paris, sous la direction de M. Malgaigne;- 3 e anne, tome VI; juillet 1849; in-8. Journal de Mdecine vtrinaire, publi l'Ecole de Lyon; tome V, juillet .1849; in - 8 - Observations sur l'insalubrit des habitations de la classe ouvrire, et propo- sition de construire des btiments spciaux pour loger des familles d'ouvriers; par M. le colonel du. gnie Rpcaud. Arras," 1849; broch. in-8. Report. . . Rapport de l'astronome royal au Comit des Inspecteurs de l'ob- servatoire de Greenwich, lu l'inspection annuelle, le 2 juin 1849; ' n_ 4- Astionomische... Nouvelles astronomiques de M. Schumacher; n os 680 et 681 ; in-4. Gazette mdicale de Paris; n 29. Gazette des Hpitaux; n os 83 85. L'Acadmie a reu, dans la sance du 3o juillet 1849 ' es ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences, 2 me sem estre 1849; n 4 in-4. Bulletin de l'Acadmie nationale de Mdecine; tome XIV, n" 19; in-8. Annales de la Socit entomologique de France; 2 e srie, tome VII; i er tri- mestre 1849; i n -8. De la valeur des injections iodes dans la thrapeutique chirurgicale ; par M. J.-B.-E Defer. (Extrait des Travaux de la Socit des Sciences mdicales de 1848- 1849.) Metz, '*%; broch. in-8. The Quarterly. . . Journal trimestriel de ta Socit chimique de Londres; n 6; juillet 1849; in - 8 - The Cambridge. . . Journal de Mathmatiques de Cambridge et de Dublin: n 20; mai 1849; in-8. Effects. . . Effets du chloroforme et de l'ther chlorique trs-fort consi- drs comme agents narcotiques; par M. .J.-C. Warren. Boston, 1849; in-ia- ( i3. ) Die KiLstenvermessiuiff . . . Relev godsique du littoral prussien , reli ta base de Berlin; publi par M. J.-.I. Baeyer. Berlin, r 849; in-4. Lrebog. . . Elments de mathmatiques transcendantes ; i re partie; par M. B. Holmbog. Christiana, 1849; in-4. Astronomiscbe. . . Nouvelles astronomiques de M. Schumacher; n 682; in-4. Osservazioni. . . Observations de M. F.-A. Taricco, sur le cholra-morbus qui a rgn pidmiquement en i835, avec quelques indications sur le traite- ment de cette maladie et sur les moyens de s'en prserver. Tratado complte . . Trait complet de mcanique destin l'enseignement dans l'Ecole spciale des Ingnieurs militaires; par le coloue! don Fernand Garcia san Pedro. Madrid, 1849; in -8. Teoria... Elments de calcul diffrentiel et intgral; par le mme. Ma- drid, 1828; in-8- Principios. . Principes de gomtrie analytique lmentaire, pour l'usage de l'Ecole spciale des Ingnieurs ; par le mme. Madrid, 1840; in-8. Teoria mecaoica. . . Thorie mcanique des constructions , pour l'usage de l'cole spciale des Ingnieurs; par M. G. del PiELAGO. Madrid, 1837; in-8. Introduccion. . . Introduction l'tude de l'architecture hydraulique , pour l'usage de l'Ecole spciale des Ingnieurs ; par le mme. Madrid, i84i;in-8. Teoria analitica. . . Thorie analytique de la fortification permanente; par M. J. Herrera Garcia. Madrid, 1846; in-8. Lecciones. . . Leons de trigonomtrie et de gomtrie analytique' pour l'instruction spciale des lves de l'Ecole spciale des Ingnieurs; par M. M.-D. de Prado; in-4 autographi. Tratado elemental... Trait lmentaire de dessin, pour l'usage de l'Ecole spciale des Ingnieurs , traduit en partie de l'ouvrage de Valle; par don Antonio Bandaran. Madrid, 1 838 ; in-8. Memoria. . . Mmoire sur le tir ricochet, traduit et augment de notes et de dveloppements, pour l'usage de l'Ecole spciale des Ingnieurs ; par M. L. Gauthier, professeur cette cole. Guadalajara , 18^2; in-8. Mmorial. . . Mmorial des Ingnieurs ; 3 vol. in-8. Madrid, 1846-1848. Nueva. . . Nouvelle grammaire grecque , rdige par M. J. Roman , lieute- nant-colonel du corps royal d-es ingnieurs. Madrid , i83a; in-8. ( ip ) (ieometria . . . Gomtrie analytique descriptive ; par M. M. de ZobraQUIN. Alcala, i Sig; in-8. Tratado de topographia. . . Trait de topographie et d'arpentage; par M. M. Carrillo de Albornon. Madrid, 1848; in-8. Tratado de fortification. . . Trait de fortification, traduit de l'anglais de Muller et augment de notes et d'additions; par M. M. -S. Taramas. Barce- lone, 1769; 2 vol. in -8. Journal des Connaissances mdicales pratiques et de Pharmacologie , 2 e srie, tome H; n 10; juillet 1849; in-8. Gazette mdicale de Paris; n 3o; in-4- Gazette des Hpitaux ; n" 86 88. ERRJ7A. (Sance du a3 juillet 1849-) Page 66, ligne dernire, au lien de ? = s +Vs = V's+ lisez = s + VS+v ! s+ Page 90, neuvime ligne en remontant, aprs le titre du Mmoire de M. Fizeau sur une exprience relative la propagation de la lumire, ajoutez le nom des membres de la Com- mission l'examen de laquelle ce Mmoire a t renvoy : MM. Biot. Arago, Pouillet , Regnault. COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 6 AOUT 1849. PRSIDENCE DE M. BOUSSINGAULT. m MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. M. Regnault fait hommage l'Acadmie d'un exemplaire de l'ouvrage qu'il vient de publier, en commun avec M. Reiset, sous le titre de Recherches chimiques sur la respiration des animaux des diverses classes. RAPPORTS. oristallogbaphie. Rapport sur un Mmoire de M. Rravais relatij certains systmes ou assemblages de points matriels. (Commissaires, MM. Biot, Beudant, Dufrnoy, Begnault, Lam, Cauchy rapporteur.) Parmi les applications que l'on a faites de la gomtrie, l'une des plus remarquables est la science nouvelle cre, vers la fin du dernier sicle, par l'auteur de ["Essai sur la cristallographie. Aprs avoir observ que les cris- taux sont des assemblages de molcules similaires, notre illustre Hay a recherch les lois suivant lesquelles les diverses molcules d'un corps se trouvent runies et juxtaposes dans un mme cristal. Aux observations que C. B., i8i 9 , 3 m Semestre. (T. XXIX, N' 6. '9 ( i34 ) l'auteur avait faites, sont venues se joindre des observations nouvelles; et, enrichie par les fcondes mditations des minralogistes, la science qu'il avait fonde a pu se perfectionner et s'tendre en participant aux progrs de la physique molculaire. Toutefois, M. Bravais a pens que la cristallo- graphie pouvait subir encore des perfectionnements; et il est effectivement parvenu dcouvrir, dans certains systmes de points matriels, des pro- prits qui sont digues de remarque, et des caractres qui peuvent tre utilement employs la classification des cristaux. L'tude de ces proprits, de ces caractres, est l'objet spcial du Mmoire dont nous avons en ce moment rendre compte. Essayons d'en donner une ide en peu de mots. Considrons trois sries de plans tellement disposs, que les divers plans d'une mme srie soient parallles entre eux et quidistants, sans tre jamais parallles aucun plan d'une autre srie. L'assemblage des points suivant lesquels se couperont tous ces plans formera ce qu'on peut appeler un sjrs- tme rticulaire, et ce systme, suivant la remarque dj faite par divers auteurs, spcialement par M. Delafosse, sera minemment propre repr- senter le systme des points avec lesquels concident, dans un cristal quel- conque, les centres des diverses molcules. D'ailleurs ces trois sries de plans, dont chacun est appel, par M. Bravais, plan rticulaire, partageront l'es- pace en paralllipipdes lmentaires, tous gaux entre eux; et les divers points du systme, compris dans un mme plan rticulaire, formeront un rseau dont les mailles, \esjils et les nuds seront, d'une part, les parall- logrammes lmentaires qui serviront de bases aux paralllipipdes; d'autre part, les droites sur lesquelles se mesureront les cts de ces paralllo- grammes, et les points d'intersection de ces droites ou les sommets des pa- ralllogrammes dont il s'agit. M. Bravais appelle paramtres les longueurs des trois artes d'un paralllipipde lmentaire adjacentes un mme sommet; il nomme ttradre lmentaire un ttradre construit sur ces trois artes, et triangle lmentaire un triangle qui a pour cts deux cts adja- cents d'un paralllogramme lmentaire. Cela pos, M. Bravais commence par tablir, tantt l'aide de la go- mtrie, tantt l'aide d'une analyse tout la fois lgante et simple, les proprits gnrales des rseaux. Il prouve, en particulier, que les nuds d'un rseau donn sont en mme temps les nuds d'un nombre infini d'autres rseaux, dont ies fils se coupent sous des angles divers, mais dont les mailles sont toujours quivalentes en surface aux mailles du premier. 11 prouve encore que, parmi les triangles lmentaires correspondants ces divers rseaux, il en existe un, mais un seul, qui offre trois angles aigus, et que ce f '35 ) triangle, auquel il donne le nom de triangle principal, a pour cts les trois plus petits paramtres que l'on puisse obtenir en joignant l'un l'autre les nuds du rseau donn. Aprs avoir tabli les proprits des rseaux, M. Bravais a recherch celles des assemblages ou systmes rticulaires. Il a reconnu d'abord que les nuds dont se compose un systme rticulaire peuvent tre fournis, d'une infinit de manires diffrentes , par les intersections de trois sries de plans parallles, auxquels correspondent des paralllipipdes lmentaires de formes diverses, mais gaux en volume. 11 prouve que, parmi les ttradres lmen- taires correspondants un systme rticulaire, c'est--dire un systme donn de nuds, il existe un ttradre principal, dans lequel chaque angle didre est ou un angle aigu, ou un angle droit, lune des bases de ce t- tradre ayant pour cts les deux plus petits paramtres que l'on puisse ob- tenir enjoignant l'un l'autre les nuds donns. Enfin, M. Bravais nomme axe de symtrie d'un systme rticulaire , une droite tellement choisie, qu'il suffise d'imprimer au systme autour de cet axe une rotation mesure par un certain angle pour substituer les divers nuds les uns aux autres; puis il d- montre que l'angle qui sert de mesure la rotation doit tre ncessairement gal soit un ou deux droits, soit au tiers ou aux deux tiers d'un angle droit. Donc le rapport de la circonfrence entire l'arc qui mesure la rota- tion ne peut tre que l'un des nombres a, 3, 4, 6; et la symtrie est nces- sairement, suivant le langage adopt par M. Bravais, binaire, ou ternaire, ou quaternaire, ou snaire. D'autre part, il est clair que, si un systme de nuds tourne autour d'un axe passant par un point quelconque, le mouve- ment de rotation effectif de tout le systme autour de cet axe ne diffrera pas du mouvement apparent de rotation autour d'un axe parallle passant par un nud quelconque, aux yeux d'un observateur dont la position conciderait avec ce mme nud. Il en rsulte immdiatement qu' tout axe de symtrie qui ne passe par aucun nud d'un systme donn, cor- respondent toujours d'autres axes de symtrie parallles au premier, et passant par les divers nuds du systme. Il est d'ailleurs facile de voir que tout axe de symtrie passant par un nud donn, concide ncessairement, ou avec l'une des artes d'un paralllipipde lmentaire qui a ce nud pour sommet, ou avec l'une des diagonales d'un tel paralllipipde, ou avec la diagonale de l'une de ses faces. Ces principes tant admis, on peut, comme l'a fait M. Bravais, classer les divers systmes rticulaires, ou plutt les divers systmes de nuds qu'ils peuvent offrir, d'aprs le nombre et la nature des axes de symtrie qui passent par uq nud donn. L'auteur compte effecti- 19- f* ( i36 ) veinent sept classes d'assemblages ou systmes de nuds, distingues les unes des autres par les caractres que nous allons rappeler. > Les systmes de la premire classe, correspondants au premier systme cristallin des minralogistes, offrent quatre axes ternaires, trois axes qua- ternaires et six axes binaires. Les formes distinctes comprises dans cette classe sont, i le cube; 2 le cube centr ou rhombodre de 120 degrs, ou octadre base carre; 3 le ttradre rgulier, ou octadre rgulier, ou rhombodre de 70 3i' 44"- n lies systmes de la seconde classe, correspondants au second sys- tme cristallin des minralogistes, offrent un seul axe quaternaire et quatre axes binaires. Les formes comprises dans cette classe sont, i le prisme droit base carre ; a le prisme droit centr base carre , ou octadre base carre. Fies systmes de la troisime classe offrent un seul axe snaire et six axes binaires. Cette niasse prsente d'ailleurs une seule forme, savoir : le prisme droit , qui a pour base un triangle quilatral. Les systmes de la quatrime classe offrent un seul axe ternaire et trois axes binaires. Cette classe prsente une seule forme , savoir : un rhom- bodre , dans lequel deux sommets opposs sont les extrmits d'un axe de symtrie ternaire, les six autres sommets tant ceux de deux triangles qui- latraux , dont les plans parallles entre eux divisent en trois parties gales la diagonale dont il s'agit. lies systmes de la troisime et de la quatrime classe correspondent au troisime systme cristallin des minralogistes. Les systmes de la cinquime classe, correspondants au quatrime sys- tme cristallin des minralogistes, offrent trois axes binaires. Cette classe prsente quatre formes distinctes , savoir : le paralllipipde rectangulaire centr ou non centr, et le mme paralllipipde ayant deux ou six faces centres. Les systmes de la sixime classe, correspondants au cinquime systme cristallin des minralogistes , offrent un seul axe binaire. Cette classe pr- sente deux formes, savoir : le prisme droit centr ou non centr , qui a pour base un paralllogramme. " Les systmes de la septime classe, correspondants au sixime systme cristallin des minralogistes, sont ceux qui n'offrent aucun axe de symtrie. Cette classe comprend une seule forme, savoir : le prisme oblique, qui a pour base un paralllogramme. En rsum, si, les divers systmes cristallins tant caractriss par lu ( &j ) nombre et la nature de leurs axes de symtrie, on range ces systmes dans l'ordre indiqu par le nombre de ces axes, on obtiendra le tableau suivant : NOMBRE DES AXES DE SYMTRIE NOMBRE TOTAL des axes de symtrie. binaire. ternaire. quaternaire. snaire. Systme terquatemaire 6 4 3 i3 6 i 7 Systme quaternaire . . . 4 1 5 3 i 4 Systme terbinaire .... 3 8 3 Systme binaire i )) i Systme asymtrique . . o " o En terminant, M. Bravais tablit divers tbormes relatifs aux faces semblables ou plutt similaires qui se trouvent changes entre elles quand on fait tourner un systme rticulaire autour de l'un quelconque des axes de symtrie. > Les Commissaires pensent que dans ce nouveau travail M. Bravais a donn de nouvelles preuves de la sagacit qu'il avait dj montre dans d'autres recherches. En consquence, ils sont d'avis que le Mmoire soumis leur examen est trs-digne d'tre approuv par l'Acadmie et insr dans le Recueil des Savants trangers. lies conclusions de ce Bapport sont adoptes. MEMOIRES LUS. chimie applique. Recherches sur le mode d'action du pltre employ comme amendement en agriculture; par M. Caillt. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Pelouze, Boussingault, Decaisne.) u fie travail que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de l'Acadmie a pour but de rechercher quel est le mode d'action du pltre employ ( i38 ) comme amendement en agriculture. Dans la premire partie, que je pr- sente aujourd'hui, j'ai cherch dmontrer que la mthode d'incinration employe pour obtenir les matires inorganiques des plantes donne des r- sultats inexacts. Le poids des cendres recueillies ne reprsente pas toutes les parties minrales; par le fait de la haute temprature de l'incinration, il y a perte sur la quantit de presque toutes les substances qui composent la partie inorganique du vgtal , et les sulfates particulirement qui peuvent s'y trouver sont, en grande partie, dcomposs et dtruits. J'ai eu la pense de traiter les dbris de plantes, telles que luzernes, trfles, sainfoins, par l'acide nitrique pur tendu d'eau, et je suis parvenu enlever la presque totalit des matires minrales qui s'y trouvent, tellement que sur 10 grammes de substance employe, la pulpe rsidu, lave et des- sche, brlant avec facilit, ne laisse que 18, 20 01122 milligrammes de cendres. Ce faible rsidu est constitu de silice et d'un peu de fer peroxyde, deux substances insolubles dans l'acide employ. Cette mthode de traite- ment des plantes, par l'acide, m'a toujours fourni une plus grande proportion de matires minrales que celles que j'obtenais d'une mme quantit des mmes plantes par l'incinration, et j'ai pu constater surtout qu'il existait dans certains vgtaux, tels que les lgumineuses fourrages, une plus grande quantit d'acide sulfuriquc qu'on n'en avait indiqu jusqu' ce jour. J'ai reconnu, par une exprience, que la perte d'acide sulfurique occasionne par l'incinration vient de la dcomposition d'une partie du sulfate de chaux; ainsi, en mlant intimement de l'amidon de froment converti en empois un poids dtermin de sulfate de chaux pur et calcin, et en incinrant la masse, je n'ai plus trouv, dans les cendres recueillies, la quantit d'acide sulfurique que contenait le sulfate employ. J'ai , en outre, constat, par une autre exprience directe, que le sulfate de chaux, converti en sulfure de calcium par l'influence de la matire organique une haute temprature , passe en partie l'tat de carbonate de chaux par l'action de l'oxygne de l'air; ce gaz oxygne brlant la fois le soufre du sulfure et une portion de charbon interpos, forme de l'acide sulfureux qui se dgage, et de l'acide carbonique dont une partie reste unie la chaux en facilitant par l mme le dplacement du soufre. Dans un prochain Mmoire, je compte examiner les substances min- rales des rcoltes de lgumineuses pltres, et les comparer celles des mmes espces de plantes non pltres provenant d'un mme terrain, et je '.hercherai reconnatre s'il n'est pas rationnel d'admettre que le pltre ( i3g) pntre en nature dans les rcoltes, dont il occasionne le rapide dvelop- pement. En terminant cette indication de la premire partie de mon travail, je dois citer un fait d'organographie qui m'a paru nouveau/ Le traitement des dbris de plantes, par l'acide nitrique, m'a permis d'isoler, aussi complte- ment que possible, la silice qui existe interpose dans le tissu de l'pidmie. Je l'obtiens presque toujours d'une blancheur parfaite. En examinant au microscope les pellicules siliceuses obtenues de la famille des Gramines, qui contiennent, comme on le sait, une forte proportion de cette substance dans leur pidmie, j'ai reconnu que cette silice, en se moulant sur les cel- lules pidermiques, affecte une disposition fort curieuse. Elle se prsente sous forme de lanires qui ont, suivant la plante, de i 2 centimes de mil- limtre de largeur, elles sont accoles par ct; mais les bords de ces lanires ou bandes de silice ne sont point rectilignes, ils sont dentels trs- rgulirement, et ainsi articuls latralement. Cette organisation de la silice, qui, je le crois, n'a pas encore t indique, m'a paru assez remarquable pour devoir tre signale l'Acadmie et l'attention des physiologistes. mdecine. Note sur la curabilit de la phthisie, lue l'Institut; par M. Lecouppey. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Magendie , Andral , Rayer.) >< Les travaux de Bayle , de Laennec et de leurs continuateurs ont cr la doctrine de la phthisie. A lappel de ces savants mdecins, i'anatomie pathologique et la symptomatologie semblent avoir dit leur dernier mot. Mais au milieu de ce mouvement de la science, l'art demeure stationnaire , et la thrapeutique reste muette quand on lui demande comment enrayer la marche de la tuberculisation pulmonaire; j'ai tch de combler cette lacune, et c'est le rsultat de mes tentatives ritres que j'ai l'honneur de soumettre l'Acadmie. Pour plus de prcision, il est ncessaire de rappeler ici que la phthisie est partage anatomiquement en deux phases bien distinctes. Pendant toute la dure de l'une de ces phases, les cavits qui renferment les tubercules sont closes de toutes parts, sans communication avec l'extrieur, et soustraites, par consquent, au contact direct de l'air atmosphrique. Le commence- ment de l'autre phase est marqu par l'introduction de lair atmosphrique en nature dans les excavations tuberculeuses. Tout le monde sait que la premire phase conduit presque invitable- ( i4) ) ment la seconde, et la mort si Ion abandonne la maladie elle-mme, ou, ce qui revient peu prs au mme, si on la soigne par les moyens usits. Et pourtant nous avons sous la main une prparation pharmaceutique qui peut faire rtrograder la tuberculisation, la faire disparatre complte- ment. Cette substance, c'est la pommade mercurielle , inscrite au Codex sous le n 55g. J'administre ce mdicament l'intrieur, ordinairement en pilules, la dose de 5 /jo centigrammes par jour, moiti le matin, moiti le soir. Sous l'influence de, ce traitement, employ durant la premire phase, les ph- nomnes morbides ne tardent pas dcrotre, s'annihiler, et quelques-uns, selon un ordre constant, invariable. Ainsi l'hmoptysie, quand elle existe, disparat tout d'abord; les sueurs se dissipent leur tour; vient ensuite la cessation de la toux, enfin celle des symptmes rvls par la percussion et par l'auscultation : en somme, la gurison a lieu, et dans l'espace de peu de mois. Tel est, du moins, ce que m'ont appris les faits multiplis offerts mon observation. Ces faits se reproduiront, je n'en doute aucunement, dans la pratique de tous ceux qui voudront apprcier la valeur de mes asser- tions... mdecine. De l'emploi de la mthode hmospasique dans le traitement du cholra asiatique; par M. Jlnod. (Commission prcdemment nomme.) Des faits nombreux, dit M. Junod dans l'introduction de son Mmoire, nous ont dmontr toute l'efficacit de notre mthode contre les complica- tions du cholra et les affections conscutives. Est-ce dire pour cela que nous prtendions la substituer tous les autres genres de mdication? Non , sans doute : mais nous croyons que, dans beaucoup de circonstances, elle doit leur tre prfre. C'est ce que les observations consignes dans le travail que nous prsentons aujourd'hui sont destines mettre en lumire; elles dmontrent que par notre mthode on peut, au dbut de la maladie, obtenir la rsolution prompte de la cphalalgie , des coliques, de la dyspne, des crampes; diminuer ainsi la gravit de la priode algide; gurir les com- plications ultrieures, et cela sans dperdition des forces, sans spoliation du iang, saus irritation des voies digestives dj fortement lses , sans faire subir enfin aux malades les douleurs, souvent violentes, produites par les rvulsifs ordinaires. > ( 4r ) MMOIRES PRSENTS conomie rurale. Sur les principaux cpages du midi de la Fiance (premier Mmoire) traitant des Ribarens, des Mourvdes et des Picpouilles; par M. Bouchardat. (Extrait par l'auteur.) (Commission nomme.) lia culture de la vigne n'occupe pas, en France, un espace considrable, elle s'tend- environ sur du sol; mais si on la considre par rapport son importance, cette branche de l'agriculture a, pour notre pays, le plus grand intrt. Prs de six millions de nos concitoyens les plus laborieux trouvent, pour toute l'anne, dans la vigne l'occasion d'un travail sans chmage.... Grce leur labeur, une grande lendue de terrain de peu de valeur en acquiert une trs-leve. La vigne nous donne des articles d'exportation des plus prcieux. C'est la matire imposable la plus productive.... J'ai publi dj plusieurs Mmoires sur les vignobles du centre de la France. Aujourd'hui, j'ai l'honneur de prsenter l'Acadmie des Sciences la premire partie de mes recherches sur les principaux cpages du midi de la France. > Le sud, le sud-ouest et le sud-est comprennent peu prs les trois quarts des vignes de notre pays. Leur production, si l'on en excepte les vignobles qui fournissent les vins distingus de la Gironde, est beaucoup plus leve que ne l'annoncent les statistiques gnralement adoptes, qui ne la portent qu' 17 hectolitres par hectare; elle le deviendra bien plus encore lorsque des communications plus sres et plus rapides, des dbouchs plus certains l'tranger serviront d'aiguillon au producteur. tudier les vignes du Midi est donc une des questions qui a le plus d'importance pour notre pays. Les cpages que je dcris dans ce Mmoire, qui commencent la srie de ceux qui sont le plus gnralement cultivs dans les dpartements pyr- rens et mditerranens, et qui donnent des vins remarquables par leurs bonnes qualits, sont rangs dans les groupes suivants: les Ribarens, les Mourvdes et les Picpouilles. Ribarens. Les principaux cpages compris dans ce groupe sont le Ribaren noir,\e Ribaren gris , le Teoulier et le Brun jourca. Ils dbourrent de bonne heure, ils sont exposs aux geles du printemps. Les feuilles sont dentes, dpourvues de poils et de coton. L'poque de la maturit est htive C. R., 1849, i me Semestre. (T. XXIX, M 6.) 20 ( '42 ) pour le Midi. Leurs grappes sont belles, rgulires, garnies de grains lg- rement oblongs, d'une bonne grosseur, d'une saveur agrable, trs-sucre, lgrement astringente et faiblement acidule. La peau des grains est paisse. Ces raisins ne pourrissent pas; ils fournissent des vins moelleux qui se con- servent bien, et supportent parfaitement le transport par mer. Peu pro- ductifs. Quoi qu'on en ait dit, ils ne sont pas cultivs en Bourgogne et en Champagne. Ils diffrent beaucoup des Pineaux, avec lesquels on les a con- fondus. Ribaren noir. Bois fort; couleur rose l'extrieur, blanche intrieu- rement, entre-nuds carts; feuilles profondment dentes; grappes moyennes, composes de grains d'un beau noir velout, lgrement ovodes, contenant un suc blanc. Il donne 3o hectolitres l'hectare, contenant 4 hecto \8o d'alcool. Ribaren gris. Se distingue du prcdent par ses grains d'une couleur gris-violac qui rappelle celle du Pineau gris. On peut dire exactement que le Ribaren no.ir est au Ribaren gris ce que le Pineau noir est au Pineau gris. Il donne 28 hectolitres de vin l'hectare, contenant 4 bectol >48 d'alcool. Teoulier. Ses raisins sont composs, comme ceux du Ribaren noir, de grains d'un beau noir velout, mais le suc qu'il donne est quelquefois imm- diatement color; il s'en distingue encore par son bois plus faible, rampant, dune couleur rouge plus fonce. Il donne, anne moyenne, i5 hectolitres l'hectare, contenant 2 heclol ,32 d'alcool. Brun fourca. Sarments droits, moins rouges que ceux du Teoulir; feuilles moins dentes , panaches. Grappes pdoncules d'une couleur vio- lette; grains noirs, plus gros que ceux du Teoulier, saveur moins sucre. Il donne 35 hectolitres l'hectare, contenant 3 bec,ol ,92 d'alcool. MourvdeS. Les principaux cpages compris dans ce groupe sont le Mowvcle et le Catalan. Ils dbourrent tard; leurs ceps conservent bien la forme qu'on leur donne. Les sarments ont une couleur rouge , avec des nuds violacs; leurs feuilles sont entires, cotonneuses en dessous, nervures vio- lettes. Les fruits mrissent tard. Les grappes sont belles, composes de grains arrondis, d'une belle couleur bleu-azur, d'une saveur peu agrable, avec une peau pre et paisse. Les vins de Mourvdes sont durs dans leur jeu- nesse, mais, avec le temps, ils deviennent agrables et se conservent bien. On a encore dit que les Mourvdes taient cultivs en Bourgogne, c'est une erreur, ils n'y mriraient pas une anne sur dix. Mowvde. Raisin plus petit, grains moins dvelopps que ceux du ( '43) Catalan, peau plus paisse et plus pre. Moins productif; vin parfait. 80 hectolitres l'hectare, contenant n hectol ,ao d'alcool. Catalan. Raisins plus gros, grains plus toffs; suc plus doux, moins color; pellicules moins paisses; plus productif; vin plus faible; 80 hecto- litres l'hectare, contenant 1 i hecl0, ,20 d'alcool. Picpouilles. lies principaux cpages compris dans ce groupe sont : la Picpouille noire, la Picpouille noire petite, la Picpouille grise, la Pic- pouille blanche. Ils ont le bois nou court, d'une couleur blanchtre ou gris- ros; les feuilles vertes en dessus, cotonneuses en dessous; les raisins m- rissent tardivement. Les grappes sont belles, ailes, composes de grains oblongs, d'une grosseur au-dessous de la moyenne, serrs, d'une bonne saveur. Ils fournissent des vins secs, spiritueux, agrables. Picpouille noire. Belles grappes composes de grains modrment serrs, d'une forme ovode, d'une couleur bleu-noirtre assez fonc, recou- verts d'une pruine abondante; produit 48 hectolitres l'hectare, contenant 7 hectol ,68 d'alcool. Picpouille noire petite. Se distingue de la grosse par sa grappe plus courte, ses grains galement oblongs, mais plus petits, et par sa maturit, galement de huit jours plus htive; elle donne 3o hectolitres l'hectare' contenant 4 hectol ,go d'alcool. Picpouille grise. Les grains ont une couleur gris-rougetre, trs-ana- logue celle du Servoyen rose. La Picpouille grise produit 60 hectolitres l'hectare, contenant n hectol ,20 d'alcool. Picpouille blanche. Grains ovodes, verdtres, se dorant la maturit; elle donne 60 hectolitres l'hectare, contenant 9 hectol ,6o d'alcool. cristallographie. applications de la thorie des assemblages la cristallographie (suite et fin) ; par M. A. Bravais. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Cauchy, Dufrnoy, Regnault, Lam.) Dans ce Mmoire, j'ai appliqu la considration des assemblages rti- culaires, et celle des axes, plans et centre de symtrie, aux polydres que forment, dans les substances cristallises, les atomes constituants de chaque molcule autour de leur centre de gravit. Les phnomnes d'holodrie ou d'hmidrie permettent d'apprcier, dans de certaines limites, {& structure interne de la molcule du corps. Rciproquement , par la thorie des assemblages, on parvient rsoudre le problme inverse : Dterminer dans quel systme cristallin doit s'effec- 20.. ( m ) tuer la cristallisation d'un polydre molculaire de symtrie donne . On arrive, par cette voie, faire priori l'numration complte de tous les cas d'hmidrie qui peuvent se prsenter dans la nature. Ces cas d'hmi- drie sont au nombre de trente-cinq, tandis que le nombre de ceux observs jusqu' ce jour ne dpasse pas onze : il y a donc lieu d'esprer que des recherches ultrieures en feront dcouvrir un assez grand nombre de nou- velles espces. En examinant, d'aprs les mmes principes, les faits d'hmitropie ac- tuellement connus, on est conduit en distinguer de deux sortes, selon que l'hmitropie est purement molculaire ou que les demi-rotations quelle n- cessite affectent l'ensemble de l'un des demi-cristaux juxtaposs. Entre autres rsultats dignes de remarque, on explique ainsi, de la manire la plus com- plte, les diverses macles du quartz signales par les cristallographes. La consquence gnrale de ce travail est que la thorie des molcules discontinues, polyatomiques et de figure symtrique rend un compte satis- faisant de l'immense majorit des phnomnes cristallographiques , ce que l'ancienne thorie des molcules continues et monoatomiques tait loin de pouvoir raliser. conomie rurale. Sur l'industrie des vaches laitires et sur de nouvelles conserves de lait; par M. Martin df Lignac. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Payen, Duperrey, Balard.) Des recherches rcentes ont dmontr que le meilleur usage des fourrages consiste les faire servir l'alimentation des vaches laitires. Mais comme, dans les diverses zones agricoles de la France, le lait a une valeur vnale variable (dans le voisinage des villes trs-populeuses, de Paris par exemple, le lait vaut jusqu' a5 centimes !e litre), il fallait arriver donner au lait abondant et d'excellente qualit des contres moins privilgies, des contres sans dbouchs suffisants, une valeur peu prs gale. C'est le problme que je me suis propos et que je crois avoir rsolu par la transformation du lait en conserves pour les besoins de la marine et les voyages au long cours. On a fait dj une foule d'essais dans l'espoir d'arriver concentrer et conserver le lait ncessaire au service de la marine, sans changer les prin- cipes constituants et altrer sa saveur. Aucun de ces essais n'a compltement russi, et la meilleure preuve de leur insuccs, c'est qu'aucune de ces prpa- rations n'est devenue usuelle, quoiqu'il y et un vide combler, un besoin rel satisfaire. ( i45 ) Pour russir pleinement, il faut de toute ncessit empcher la crme de se sparer du lait , soit par le contact de l'air, soit par le fait de la cuisson ; lui conserver la proprit naturelle qu'elle a de se dissoudre dans l'eau, la dfendre de toute saveur dsagrable de recuit ou autre , et prserver la conserve, par une fermeture parfaite, de toutes les influences dltres. Voici , et) consquence, le procd auquel je me suis arrt. J'vapore le lait, pralablement sucr en raison de 76 grammes par litre, sur une large bassine chauffe au bain-marie, une temprature qui n'excde jamais 100 degrs, et en ayant soin d'agiter incessamment avec une spatule. L'paisseur de la couche de lait ne doit pas dpasser 1 centimtre. Lorsque le lait est arriv la consistance du miel, ou peu prs, qu'il est rduit en raison de 200 grammes en poids pour un litre de lait normal, on l'enferme dans des botes en fer-blanc, que l'on soumet remplies l'bullition dans un bain- marie pendant dix minutes, et que l'on clt enfin la soudure d'tain. Pour obtenir le lait normal revivifi, on ajoute une quantit d'eau gale quatre fois le poids de la conserve, et l'on porte l'bullition. physiologie. Anomalies des dfenses de l'lphant. (Extrait d'une Note de M. Duval.) (Commissaires, MM. Dumril, Flourens, Lallemand.) Ds la plus haute antiquit on a observ l'anomalie des dfenses de l'lphant, et Ovide, en disant que l'Inde contribuait aux jouissances des Romains par son commerce de l'ivoire exploitable , Ebur sectile, laisse clairement entendre qu'on connaissait un ivoire de rebut qui ne pouvait tre employ par les arts, et n'et t propre qu' figurer dans le cabinet de quelque amateur d'Histoire naturelle. D'ailleurs, dans les crits des natu- ralistes anciens , ce point semble avoir t nglig. Dans ceux des modernes mme , il occupe moins de place qu'il ne nous parat mriter. Ainsi nous devons regretter le peu de dveloppement que Daubenton, Camper et G. Cuvier ont donn leurs observations sur l'ivoire qui tenait en squestre quelques projectiles. C'est donc avec satisfaction que nous avons vu nagure, dans une sance de l'Acadmie des Sciences, M. Flourens rappeler # l'atten- tion sur ce sujet, en prsentant une dfense d'lphant, dans l'intrieur de laquelle existait une exostose avec le morceau de fer qui en avait provoqu la formation. Les explications qu'a donnes, cette occasion, le savant secr- taire perptuel , suffisent pour prouver combien il peut tre profitable la science de prendre en considration les anomalies des dfenses de l'lphant. ( i46 ) La partie la plus connue et la plus recherche de ces dfenses, l'ivoire , en occupe le centre, et la surface est l'corce qui constitue une enveloppe d'un tissu trs-blanc et trs-denSe, et moins transparent que l'ivoire. Cette partie, qu'on pourrait nommer priodonte, et qui forme toute la surface des dfenses, se trouve encore sur beaucoup d'autres dents, notamment sur les racines des molaires de l'lphant, du mastodonte, du buf, du cheval et autres animaux. Entre ces deux parties on en voit une troisime que G. Cuvier indique comme une ligne gristre fort fine, qui spare l'mail de la substance interne des molaires de l'lphant ; j'ajoute qu'elle existe galement dans les dfenses de cet animal. On la distingue plus faci- lement encore sur les dents de l'homme et sur les dfenses de l'hippopotame. J'ai dmontr, il y a bien des annes, la Socit de la Facult de Mde- cine, que cette couche tait le sige de la carie des dents : l, en effet, o cette maladie commence, un petit point noir ou brun est visible, avant qu'il* se manifeste aucune altration de l'mail, et souvent la transparence de ce dernier permet d'entrevoir la tache, comme on distingue travers I pidmie la teinte naturelle ou morbide du tissu rticulaire de Malpighi; j'ai dsign cette ligne sous un nom particulier, celui de Dutyodonte. J'ai cru qu'elle mritait une dsignation spciale, surtout aprs avoir obsery, en i8?.5, qu'elle tait, ainsi que l'ostodonte , d'un rouge violtre chez ceux qui, pen- dant longtemps, avaient fait usage l'intrieur du nitrate d'argent, sans que l'mail et chang de couleur. J'ai vu de mme les dents et les os teints en rouge chez les victimes du cholra de i83*2. J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Acadmie quelques fragments de dfenses d'lphant, dans lesquelles les traces d'anomalie m'ont paru dignes de fixer son attention. ha premire est une dfense scie en deux, suivant sa longueur, de i m ,5o. La moiti antrieure prsente un ivoire trs-rgulier; l'autre moiti prsente des oncles et dessillons que je considre comme des traces d'atrophie, telles que celles qu'on observe sur les dents de l'homme et de quelques animaux, par suite de maladie ou par vieillesse. Les parois de l'intrieur de cette dfense sont, en outre, garnies d'une grande quantit de protubrances fonpiformes, et dont la texture prsente, sur un fond gris, des lignes blanches plus ou moins courbes. La deuxime pice est la coupe transversale d'une dfense de 5o centi- mtres de diamtre, de forme ovalaire, rendue irrgulire par une protu- brance arrondie de i5 centimtres sur 3o, dont chaque extrmit se termine par un double reploiement du priodonte fractur, comparable celui ( i47 ) que prsente l'corce des arbres quand elle a t fendue. Dans l'ivoire de ces replis, les stries ne sont point en rapport avec celles de la grande masse d'ivoire qui compose la dfense. La troisime pice est l'extrmit postrieure d'une dfense de 9 cen- timtres de diamtre, sur 27 de longueur; l'altration qu'elle prsente semble reconnatre pour origine une maladie qui aurait frapp le stirpe et son alvole dans les premiers moments de leur dveloppement, de manire que l'accroissement du corps de la dfense ne s'en serait pas moins opr, en formant un angle avec le stirpe. De plus, la cavit de cette dfense offre un tissu anormal, que l'on pourrait confondre avec cet tat celluleux que l'on rencontre parfois dans les exostoses des os maxillaires, si de petits massifs moins blancs que l'ivoire avec lequel ils sont continus , ne servaient de base de trs-faibles ingalits. La quatrime est l'extrmit postrieure d'une dfense de 1 1 centimtres de diamtre, sur 22 de long, laquelle, la suite d'une lsion qui a fractur le priodonte, a continu de prendre son accroissement par la moiti suprieure; la moiti infrieure ne s'tant pas dveloppe, l'ouverture de la dfense a une trs-grande tendue, qui permet de voir dans l'intrieur une masse de protubrances arrondies, fistulaires et stiliformes, s'tendant transversalement, et formant des adhrences sur les cts de la paroi intrieure de la dfense lia cinquime pice est la partie moyenne de la dfense d'un jeune lphant; elle se distingue par une inodontose de la grosseur d'un uf, adhrente la face intrieure, et prsentant une ouverture fistuleuse qui rpond, d'une part, la cavit, et, de l'autre, un petit trou extrieur, qui est la suite d'une lsion de la dfense. Sur cette inodontose se sont aussi leves beaucoup d'asprits, que je dsigne sous le nom d'odontodes. I^a sixime pice est un petit fragment d'une grande dfense , o l'on voit une inodontose de 1 1 centimtres sur 6, qui parat rsulter d'une atro- phie comparable celle dont l'effet s'observe souvent sur le bord tranchant des incisives de l'homme, lorsque, dans la plus tendre enfance, il a prouv quelque maladie aigu. La septime pice est l'extrmit antrieure d'une dfense de 8 centi- mtres de diamtre, sur i5 centimtres de long, dont la pointe a t tran- che obliquement par une fracture qui a mis dcouvert la cavit de la dfense et son noyau pulpeux, de telle sorte que l'tendue de la cavit, qui tait de 8 centimtres de diamtre, a diminu progressivement par l'adjonc- ( 48) tion d'un tissu anormal de ses parois; tissu qui a fini par se confondre avec une espce de diaphragme fermant la cavit. La huitime pice est le fragment d'une dfense de 8 centimtres de diamtre, avec une longue fracture faite en zigzag par une balle de fer; la partie postrieure de la dfense, qui lors de la lsion pouvait tre comprise dans l'alvole, offre seule des traces de consolidation de la fracture du priodonte : l'entre de la balle s'y fait aussi remarquer par une cicatrice in- gale en ivoire anormal, que l'on observe tout le long de la partie fracture, et par une inodontose, laquelle le passage du projectile a donn lieu sans que l'ivoire y ait prouv aucune altration. La neuvime pice est un fragnfent de 3o centimtres de long, d'une grosse dfense fracture par une balle de plomb, et dans la cavit de laquelle s'est dveloppe une inodontose d'ivoire anormal, surmonte d'une autre plus petite, dans laquelle on a retrouv le plomb. La dixime et dernire pice semblerait offrir l'exemple d'une nouvelle espce d'ente semblable celle des arbres; deux stirpes conjoints qui ter- minent l'extrmit postrieure d'une dfense de 16 centimtres de long et de 1 1 centimtres de diamtre , sembleraient favoriser cette opinion , si l'examen seul de leur surface ne permettait de distinguer ce qui est conforme l'or- ganisme; ainsi, comme la rgularit du stirpe antrieur se manifeste par la belle disposition des stries longitudinales du priodonte, de mme l'absence de ces stries, et leur remplacement par des ingalits, dclent l'anomalie dans le stirpe postrieur : c'est aussi ce qu'une coupe longitudinale a mis dcouvert, en dmontrant que, par suite de quelque accident, le prio- donte seul a contribu la terminaison du stirpe antrieur, que l'ivoire seul a continu se dvelopper d'une manire irrgulire, avec un accrois- sement qui, d'abord born par le bord alvolaire, dont quelques dbris adhrents entre les deux stirpes attestent la prsence, s'est ensuite tendu en formant le stirpe postrieur, o l'anomalie se manifeste par des ingalits l'extrieur, et par un grand nombre d'odontodes plus ou moins aigus qui garnissent l'intrieur de la dfense. chirurgie. Observation d'une hydrocle opre par une nouvelle mthode, consistant dans Vinjection gazeuse d'ammoniaque liquide; par M. Bonnafont. (Commissaires, MM. Roux, Velpeau.) Il y a environ trois mois, l'Acadmie de Mdecine entendit la lecture d'une Note que j'avais envoye en i843, et qui tait intitule: Nouvelle ( '49 ) Mthode de traitement des maladies chroniques des cavits closes et des hydropisies enkystes, au moyen des injections aromatiques, balsamiques, ammoniacales, etc. L'ide de ce mode de traitement m'avait t suggre par le succs que j'obtenais, contre les cophoses chroniques, de l'emploi, de pareilles injections, pousses par la trompe d'Eustache dans la cavit du tympan. L'exprience m'avait permis de constater la parfaite innocuit de cette mdication. Mais, loign de tout service de chirurgie, il m'avait t impossible d'en faire aucune application aux cas que je considrais dans le Mmoire cit plus haut. Enfin un cas d'hydrocle s'tant prsent dans le service mdico-chirurgical auquel j'ai t appel Arras, je n'ai pas hsit un instant, et j'ai hte de dire que le rsultat a t beaucoup plus complet et plus satisfaisant que je ne l'esprais. Le nomm p***** 5 soldat au 5 e lger, tait entr l'hpital d'Arras, le 10 dcembre 1848, pour une urtro-orchite et une ophthalmie purulente syphilitique; le testicule gauche tait tumfi et sensible au toucher; com- mencement d'hydrocle du mme ct; tout le corps tait en outre couvert ne d'tre recueillie et attentivement tudie. S'il reste peu d'espoir M. le docteur Petit de rencontrer, dans les autres rgions du Chili, des vgtaux intressants par leur nouveaut, ce qui pourtant ne doit pas l'empcher d'en rcolter, il en sera amplement ddom- mag par les recherches importantes qu'il aura faire (dans une direction diffrente et qui lui conviendra certainement mieux) sur les plantes mdici- nales trs-nombreuses qui couvrent toute la surface de cette terre privi- lgie. Nulle part, en effet, si nous en croyons les Chiliens et les navigateurs qui les ont visits depuis 1700 jusqu' nos jours, nulle part on ne rencontre autant que dans ce pays de plantes mdicinales dont les vertus soient aussi bien constates, aussi efficaces et puissantes (1). > Quoique nous n'ayons pas une foi entire dans les proprits presque miraculeuses qu'on attribue au Canchalagua [Erjthra chilensis), l'Uno perquen [FFahlembergia) , au Pircun (Phjtolacca), etc., des Chiliens, pas plus d'ailleurs qu' celles du Matico \Steffensia {rnatico) elongata] (2), de la Coca (Erythroxylon coca), du Guaco [Mikania guaco), etc., des Pruviens, nous croyons cependant devoir signaler toutes ces plantes l'attention par- ticulire de M. le docteur Petit, qui, clans sa pratique journalire, sera peut-tre souvent oblig de les employer, et, consquemment, d'en tudier les effets. Un herbier bien prpar de toutes ces plantes officinales et une collec- tion des parties mdicamenteuses habituellement employes, joints de nom- breuses et svres observations sur leurs doses, leurs divers modes d'admi- nistration et leurs actions thrapeutiques, observations qui nous fixeraient dfinitivement sur les proprits positives ou ngatives de ces mdicaments si chaleureusement prconiss par les indignes, formeraient les lments d'un trs-utile et trs-important trait de matire mdicale. (1) Le pre Feuille, les mdecins et les pharmaciens espagnols ont beaucoup crit sur ce sujet. Leurs ouvrages sont trop ngligs. (2) Voyez Gaudichaud , botanique de la Bonite, PI. 5. ( i64) M. le docteur Petit remarquera, sur les hautes collines de Valparaiso, en suivant la route de Santiago, le Palma (Juba spectabilis). Ce palmier (i), qui acquiert d'assez grandes dimensions en tous sens, se distingue surtout par son stipe gnralement irrgulier et parfois fusiforme , par ses fruits nombreux et par leur brou qui, la maturit, est charnu, presque pulpeux et trs-sucr (2). L'inspection des noix de cet arbre nous a port penser qu'il pourrait bien offrir sinon plusieurs espces, du moins quelques varits remarquables. Il serait utile de vrifier ce fait, et, s'il est tel que nous avons cru le reconnatre, de l'tudier et de savoir si ces varits ont t distin- gues par les indignes, et si, dans leur idiome, elles portent des noms diffrents. Si M. le docteur Petit trouvait le moyen de nous procurer un tronc de ce palmier (le plus irrgulier ou le plus fortement dilat dans la partie moyenne de sa longueur serait le meilleur), il figurerait trs-utilement dans nos collections phytologiques du Musum, et fournirait la science de pr- cieux renseignements aftatomiques qui lui manquent encore. Nous prierions aussi M. le docteur Petit de nous envoyer deux ou trois tiges, les plus fortes qu'il pourra trouver, du Pourretia coarctata (3), plante trs-commune dans la province de Valparaiso, o elle est connue sous le nom de Cardon. Il serait dsirer qu'une de ces tiges au moins ft munie de ses racines. On sait maintenant que les racines de ce curieux vgtal se forment au sommet des rameaux, et qu'elles descendent intrieurement dans un parenchyme particulier, tout le long de ces rameaux, des branches et du tronc, dont elles accroissent incessamment le diamtre, et que, de la base de la tige, o elles arrivent toutes, elles pntrent dans le sol sans prouver la moindre modification dans leur forme , leur consistance et leur organi- sation. a II existe dans le voisinage de la Conception, et probablement dans tout le sud du Chili, une plante de la famille des Amaryllides, et certainement du genre Alstrmeria , qui, assure-t-on, produit des racines fculentes de la grosseur du poing. Ces racines portent dans tout le pays le nom de Chuno et sans nul doute aussi une appellation spcifique que nous ignorons encore. Il serait (1) Voyez Gaudichaud , botanique de la Bonite, Pi, 5i. (2) Les bestiaux sont trs-avides de ce brou succulent qui les engraisse et donne une qualit suprieure leur lait. (3) Voyez Gaudicbhud , botanique de la Bonite, PI. 4i> 4 2 > 4^> 44- ( '65) trs- important de tenter d'introduire cette plante en Europe par des pieds vivants, des graines et des tubercules stratifis. lie nom de Chuio ne lui est pas particulier. Il s'applique galement plusieurs autres substances alimentaires vgtales diversement prpares, et spcialement aux bourgeons tuberculeux (les tubercules rels) de la pomme de terre, des Oxalis crenata, tubeiosa, et peut-tre aussi ceux de quel- ques Capucines (Trapolum) et Hliantbes (Helianthus?). On sait depuis bien longtemps, d'aprs les recherches du savant phar- macien en chef Virey, que la fcule des pommes de terre celes reste peu prs intacte ou n'est que trs-faiblement altre par l'action du froid le plus intense. Ce fait, qui a t confirm par plusieurs habiles observateurs, et notamment par un de uos confrres, tait, ce qu'il parat, trs-ancien- nement connu des Chiliens et des Pruviens qui, de tout temps, ont su tirer un excellent parti non-seulement de leurs pommes de terre geles acciden- tellement, mais encore de celles qu'ils font geler exprs et qu'ils desschent ensuite. Ainsi prpares et prives de toute leur humidit, ces pommes de terre, qui se conservent assez longtemps, reoivent, d'aprs les rcits de tous les voyageurs qui ont visit le Chili et le Prou (MM. d'Acosta, Gay, d'Orbigny, Weddell, etc.), le nom de Chuno. Ce nom de chuno est donc une sorte de dnomination gnrique, non prcisment de plantes spciales, mais de productions vgtales alimentaires dsorganises par l'action de la gele, etc. De l, le chuno de papa ou de pommes de terre (Solarium tube- rosum); le chuno de papita, c'est--dire de petites pommes de terre ou ' Oxalis crenata; le chuno de oca ou ' Oxalis tuberosa? le chuno de yuca, Jatropha manihot, et enfin cet autre chuno que nous n'avons encore pu dterminer spcifiquement, et qui provient de X Alstrmeria prcit, etc. Nous recommandons d'une manire toute spciale ce dernier vgtal aux soins clairs de M. le docteur Petit , qui trouvera sans nul doute le moyen de l'tudier, de le dterminer, et peut-tre aussi de nous l'envoyer vivant. D'ailleurs, M. le docteur Petit sentira fort bien que s'il existe dans les contres qu'il va parcourir des espces de chuno diffrentes de celles que nous venons de lui signaler, elles appartiendront ncessairement d'autres plantes, et seront galement dignes, au double point de vue de l'conomie agricole et de la botanique, de tout son intrt. L'un de vos Commissaires a souvent rencontr dans la province de Valparaiso, sinon des pommes de terre natives et entirement sauvages, du moins de nombreux individus de cette plante ayant des tiges et des C. R., i8i9, a"> Sfmestre. (T. XXtX, N 7.) 2 ^ ( i66) feuilles d'un vert trs-fonc et de grandes fleurs blanches, croissant sponta- nment dans des lieux agrestes, fort loigns des habitations et des cultures. Il nous parat ncessaire, dans la circonstance fcheuse o nous nous trou- vons relativement nos rcoltes de ce vgtal, de prier instamment M. le docteur Petit de se procurer des tubercules et des graines de cette singu- lire varit rustique, comme d'ailleurs de toutes celles qui sont cultives, et de les envoyer en Europe par la voie la plus prompte, c'est--dire par la Cordillre, Mendoza, les Pampas, Bunos-Ayres , Montevideo, et les na- vires qui reviendront directement de ce dernier port en Europe. M. de Cazotte, notre honorable charg d'affaires de France au Chili, le'secondera certainement de tout son pouvoir dans l'accomplissement de te dessein. Nous recommanderons encore M. le docteur Petit de recueillir toutes les graines qu'il pourra se procurer, particulirement celles du Quillay [Quillaja Molin), genre de la famille des Rosaces, dont l'corce savon- neuse sert nettoyer les toffes de laine; celles des Lucuma de Coquimbo [Lucuina (Rivicola) obovata\ et de Valparaiso [Lucuma (Rivicola) splen- dens] dont les fruits sont trs-recberchs , et, avant tout, les noix du Palmier prcdemment signal, etc. Tout nous porte esprer que les arbres de cette partie du monde russiront parfaitement dans les bopnes expositions de l'Algrie et du midi de la France, ct de ['Araucaria imbricata provenant des mmes rgions, qui crot et fleurit trs-bien Hyres, o, ce que l'on assure, les fruits qui ont dj atteint leurs dimensions normales sont sur le point d'arriver leur dernier degr de maturit. Nous signalerons galement M. le docteur Petit, parmi les groupes les plus importants que produit le Chili, celui des Nolanaces (Campanitas azules), dont pendant prs d'un sicle nous n'avons connu qu'une seule espce , le Nolana prostrata. Les explorations faites dans ce pays pendant les vingt dernires annes, y ont fait connatre six ou sept genres de cette famille vgtale, et de trs- nombreuses espces qui ornent aujourd'hui nos herbiers. Mais nous devons constater que, faute de graines, deux ou trois seulement se sont montres jusqu'ici dans nos jardins de botanique. Cette curieuse famille , caractrisant toute la rgion maritime de cette partie de l'Amrique mridionale, depuis Lima jusqu' la Conception, a pour ainsi dire son centre gnrateur Coquimbo, qui, en effet, parat runir dans sou territoire tous les genres et toutes les espces; tandis qu' ( i6 7 ) partir de cette province, vers le nord et vers le sud, le nombre de ces genres et de ces espces va toujours en dcroissant. Nous ne saurions donc trop appeler l'attention de M. le docteur Petit sur ces plantes bizarres qui semblent runir capricieusement en elles la plupart des caractres essentiels de plusieurs autres familles, telles que les Solanes, les Convolvulaces, les Borragines , etc. Des chantillons d'herbier et de graines de toutes ces plantes, joints de jeunes rameaux , des fleurs et des fruits conservs part dans l'esprit- de-vin , seraient de prcieuses acquisitions pour la science. Nous demanderions, de plus, dans l'intrt des sciences, des arts, de la mdecine et mme du commerce, des collections abondantes de tous Jes produits vgtaux employs dans le Chili, tels que bois, racines, corces, sucs concentrs ou concrets , gommes (spcialement celles du Palma), rsines , fibres textiles, matires colorantes, etc., et, particulirement, une certaine quantit du sucre extrait du Palmier indigne [Juba spectabilis (i)]. > Les les de Juan-Fernandez, qui n'ont pour ainsi dire encore t explo- res que par MM. Bertero et Gay, font aussi partie du Chili; elles attireront sans nul doute l'attention et l'intrt de M. le docteur Petit, qui n'oubliera certainement pas que la vgtation mixte de ces terres a de nombreuses analogies avec celle des les quinoxiales et septentrionales du grand Ocan , et qu'elle est galement soumise de nombreuses et puissantes influences gologiques et mtorologiques qui n'ont t, jusqu' ce jour, que trs- imparfaitement tudies (a). Ne pouvant entrer ici dans de trop longs dtails, nous nous bornerons prier M. le docteur Petit de vouloir bien jeter un coup d'il sur ce que nous avons dit, ce sujet, dans la sance de l'Acadmie des Sciences du a3 aot 1847. Nous terminerons, enfin, en disant que nos riches collections de fos- siles vgtaux du Musum rclament encore toutes les espces que peuvent renfermer le Chili et ses dpendances. (1) Voir, pour complter ces Instructions, Comptes rendus, tome XXVII, page 291 (sance du 11 septembre 1848). (2) Un herbier, aussi complet que possible, de ces les, serait du plus haut intrt pour la science. La Commission recommande particulirement M. le docteur Petit les Composes ou Synanthres frutescentes et arborescentes, des genres Rea, Balbisia, Robinsonia, etc. Elle pense qu'il serait ti s-important de savoir, dans l'intrt de la gographie botanique , si ces terres isoles renferment des Nolanaces. al. ( '68 ) Gologie. (M. Elie de Beaumont rapporteur.) Pour les observations gologiques faire au Chili,' nous croyons pou- voir nous borner aux indications gnrales dj consignes dans les Instruc- tions rdiges pour M. Desmadryl, et imprimes prcdemment dans les Comptes rendus de nos sances (i). Relativement aux les de Juan-Fer - nandez , nous appellerons particulirement l'attention de M. Petit sur les bois fossiles qui, comme M. Gaudichaud l'a indiqu dans les Comptes rendus, tome XXV, page 298 , ont t observs et mme exploits dans les montagnes de la partie centrale de l'le Mas--Tierra, et sur les causes probables de leur enfouissement. Remarques de M. de Jussieu l'occasion de la deuxime partie de ces Instructions. i< La vgtation de l'le Juan-Fernandez est remarquable par le dvelop- pement arborescent de plusieurs plantes composes qui y abondent, et pro- duisent des sucs rsineux. Il serait utile de se procurer ces sucs avec des chantillons correspondants chacun d'eux par un numro d'ordre, et des graines bien mres, pour pouvoir lever dans nos jardins ces vgtaux, dont plusieurs y ont t cultivs quelque temps, mais en ont disparu. Ces espces sont au nombre de quatorze , et appartiennent aux genres botaniques Rea, Robinsonia et Balbisia; plusieurs portent vulgairement le nom de Resino ou Resinillo. 11 sera, au reste, facile de les reconnatre, par leur port si remarquable avec leurs fleurs composes. COMMISSION DES PAPIERS DE SRET. A l'occasion du Rapport fait par la Commission des papiers de sret , M. Quinet crit l'Acadmie pour qu'il soit sursis aux conclusions (2). M. Thenard, prsident de la Commission, exprime tout son tonne- inent qu'on puisse revenir sur les faits dplorables consigns dans le Rapport. Ils se sont passs en prsence de la Commission tout entire; ils ont t apprcis par elle de la manire la plus unanime; tous ses membres ont t d'accord pour qu'une tentative de tromperie sans exemple ft dnonce (1) Comptes rendus , tome XXVII, page 289 (sance du 1 1 septembre 1848). (2) La rception de la Lettre de M. Quinet a t mentionne dans le Compte rendu de la prcdente sance. ( i6g) l'Acadmie. Fie Rapport a t longuement discut. Tous les membres de la Commission en rclament la responsabilit. M. Dumas tmoigne son tour toute sa surprise de voir M. Quinet reproduire dans sa Lettre une rclamation dj juge par la Commission. Il s'agit d'un paquet cachet qu'il aurait adress l'Acadmie et qui aurait disparu. La Commission n'a trouv aucune trace d'un pareil dpt, ni au secrtariat, ni dans les procs-verbaux, ni dans les Lettres ou Mmoires adresss par lui l'Acadmie, et qui ont tous t placs sous les yeux de la Commission sur sa demande, par les agents du secrtariat. NOMINATIONS. L'Acadmie dsigne, par la voie du scrutin, les deux membres dont se composera la Commission pour la vrification des comptes de l'anne 1848. MM. Mathieu et Berthier obtiennent la majorit des suffrages. MMOIRES LUS. chimie. Recherches sur les ammoniaques composes; par M. Adolphe Wurtz. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Thenard, Chevreul, Dumas.) Prparation et proprits de la mthylamine. Le procd l'aide duquel j'ai obtenu cette base ne diffre pas de celui que les chimistes em- ploient pour prparer l'ammoniaque. Le chlorhydrate de mthylamine par- faitement dessch est mlang avec deux fois son poids de chaux vive, et le mlange est introduit dans un long tube ferm par un bout, de manire qu'il en occupe la moiti. L'autre moiti tant remplie avec des fragments de potasse caustique, on adapte un tube de dgagement qui va se rendre sous une prouvette remplie de mercure. On chauffe lgrement le tube en com- menant par le bout ferm; le gaz mthylammoniac, dplac par la chaux, se dgage en abondance, et va se rendre dans l'prouvette remplie de mercure.... Ainsi prpare, la mthylamine est un gaz non permanent. Vers zro degr elle se condense en un liquide fort mobile. Son odeur est fortement ammoniacale. Sa densit a t trouve de 1,1 3 ; il est donc un peu plus dense que l'air. Le chiffre trouv par l'exprience est de quelques centimes plus lev que le chiffre thorique, qui est de 1,075. Cela tient sans doute ce que, la temprature de 25 degrs, laquelle l'exprience a t faite, le gaz est encore trop prs de son point de liqufaction. ( 1? ) Le gaz mthylammoniac est le plus soluble de tous les gaz que l'on connat jusqu' prsent. A la temprature de ia degrs, i volume d'eau en dissout i o4o volumes ; une temprature plus leve diminue cette so- lubilit , comme on devait s'y attendre. A 25 degrs, l'eau n'en prend plus que 939 fois son volume. Comme l'ammoniaque, il est absorb instantanment par le charbon. Gomme l'ammoniaque, il bleuit instantanment le papier de tournesol rougi , et rpand des fumes blanches irs-paisses au contact d'une baguette imprgne d'acide chlorhydique. Comme l'ammoniaque, il absorbe un volume gal au sien d'acide chlorhydrique et la moiti de son volume d'acide carbonique.... Il se distingue de l'ammoniaque par la proprit suivante, au contact d'une bougie allume il prend feu , et brle avec une flamme jauntre.... La composition du gaz mthylammoniac se reprsente par la formule C 2 H 5 Az = 4 vol. Cette formule se dduit des analyses eudiomtriques suivantes: 1. 11. Gaz mthylammoniac 23,3 26, 5 Oxygne 67,7 71,0 Rsidu de la combustion 4 2 > 5i ,8 Acide carbonique ... 23, o 26,0 Azote 12,5 i4,5 Oxygne absorb 54,4 ^9,7 Une mthode d'analyse lgante et rapide consiste chauffer ce gaz avec du potassium dans une cloche courbe. Il se forme du cyanure de potas- sium et il se dgage de l'hydrogne : C 2 H 5 Az + K= C a AzK+H 5 . >' La solution de mthylamine possde l'odeur forte du gaz lui-mme. Sa. saveur est caustique et brlante. L'iode, en ragissant sur la solution de mthylamine , se transforme en une poudre d'un rouge grenat, et la liqueur, qui se colore peine, ren- ferme l'iodhydrate de mthylamine IH, C 2 H'Az. Le compos rouge et insoluble qui se forme dans cette circonstance est l'anologue de l'iodure d'azote. Les sels de magnsie, d'alumine, de manganse, de fer, de bismuth, de chrome, d'urane, d'tain, de plomb, de mercure sont prcipits par la mthylamine comme par l'ammoniaque. ( '71 ) Les sels de zinc Sont d'abord prcipits en blanc, mais le prcipit se dissout dans un grand excs de ractif. Los sels de cuivre sont prcipits en blanc bleutre; un excs de ractil redissout facilement le prcipit, de manire former une liqueur d'un bleu fonc analogue l'eau cleste. Les sels de cadmium, de nickel, de cobalt sont prcipits par la dis- solution de mihylamine, mais un excs de ractif ne redissout pas le prcipit. Le nitrate d'argent est compltement prcipit par la mthylamine; l'oxyde d'argent se dissout facilement dans un excs de ractif. Lorsqu'on abandonne cette solution levaporation spontane, il s'en prcipite un corps noir qui est l'analogue de l'argent fulminant. (Jette substance ne fait explosion ni par le choc, ni par l'action de la chaleur. Le chlorure d'argent lui-mme se dissout dans la solution de mthylamine. Le chlorure d'or est prcipit en jaune bruntre; un excs de ractif dissout facilement le prcipit, en formant une liqueur d'un rouge orang. Une solution concentre de chlorure de platine donne, avec la mihylamine, un dpt cristallis en paillettes oranges , et form par du chlorhydrate double de mthylamine et de platine. " Prparation et proprits de l'thjlamine. J'ai obtenu cette base en dcomposant le chlorhydrate d'thylamine par la chaux. L'appareil est dis- pos exactement comme je l'ai indiqu en traitant de la prparation de la mthylamine. Seulement, comme l'thylamine se condense facilement, et est liquide la temprature ordinaire, on fait arriver le tube de dgagement dans un mafras d'essayeur entour de glace, ou mieux encore d'un mlange rfrigrant. L'thylamine mise en libert par une chaleur modre distille et va se condenser dans le rcipient. A l'tat de puret, c'est un liquide lger trs-mobile et parfaitement limpide. Il entre en bullition la temprature de 18 degrs. Vers sur la main , il se volatilise instantanment en produisant la sensation d'un froid trs-vif. Il rpand une odeur ammoniacale extrmement pntrante; sa causticit est comparable celle de la potasse. L'thylamine bleuit avec intensit le papier de tournesol rouge. Elle rpand des vapeurs blanches fort paisses au contact de l'acide chlorhydrique. Chaque goutte d'acide qu'on y verse produit un sifflement au moment o elle se mle avec la base. La baryte et la potasse caustique peuvent y sjourner la temprature ordi- naire, sans altration. . ( l V< ) A l'approche d'un corps en combustion, l'thylamine prend feu et brle avec une flamme bleutre. Elle se mle l'eau en toutes proportions en s'chauffant beaucoup et en donnant naissance une dissolution dont les proprits basiques sont exactement les mmes que celles que j'ai indiques plus haut en dcrivant les caractres de la mthylamine. J'ai remarqu cependant que l'hydrate d'oxyde de cuivre se dissout moins facilement dans l'thylamine que dans la mthylamine. Le chlorure de platine n'est pas prcipit par l'thylamine. Lorsqu'on mlange une solution d'thylamine avec de l'ther oxalique, le mlange se trouble bientt; il se forme de l'alcool, il se spare des cristaux trs-fins, d'une combinaison qui est l'oxamide ce que l'thylamine est l'ammoniaque. C'est 1 ethyloxamide dont la composition se reprsente par la formule C 6 H 6 Az 2 2 . La composition de l'thylamine anhydre se reprsente parla formule C'H'Az, qui se dduit des analyses suivantes : I. o sr ,26 de matire ont fourni o, 52 3 d'acide carbonique et o' c , 374 d'eau; II. o !r ,284 de matire ont fourni 74 cc ) 7 d'azote la temprature de i3 degrs et la pression de 746 mm ,5; III. o 8r ,239 de matire ont fourni 64 M ,6 d'azote la temprature de i3 degrs et a la pression de o m ,755. Ces nombres donnent en centimes : Eipriences. Thorie. Carbone . . 54,4 * 54 > 3 Hydrogne '5,9 i5,5 Azote 3>9 3 1,3 3 [,2 MMOIRES PRSENTS. mcanique. Mmoire sur les quations diffrentielles du mouvement des fluides considrs comme des systmes de points matriels maintenus distance par des forces molculaires; par M. d'Estocquois. (Extrait par l'auteur.) (Commission prcdemment nomme.) Les gomtres et les physiciens s'accordent aujourd'hui considrer les corps comme forms de particules dont les dimensions sont tout fait ( i73) ngligeables par rapport leurs distances, agissant les unes sur les autres suivant les directions des droites qui les joignent, d'aprs une loi inconnue, mais qui parat tre fonction de leurs distances mutuelles. Les principes fondamentaux de la mcanique n'ont pas. t dduits de ces notions: les gomtres y sont arrivs en s'appuyant sur l'exprience, et en considrant les corps solides et fluides comme des masses continues. Cependant M. Co- riolis, dans son Trait de la mcanique des corps solides et du calcul de 1 effet des machines, a admis que les corps sont des systmes de points matriels tenus distance par les forces molculaires , et il a ainsi dmontr les principales proprits du mouvement et de l'quilibre des corps solides; il ne s'est pas occup, ce point de vue, du mouvement ni de l'quilibre des fluides. En lisant un Mmoire de M. Binet, membre de l'Institut, insr au XVII e volume du Journal de V cole Polytechnique, j'ai t frapp de l'ana- logie que prsentent avec les quations du mouvement des fluides certaines proprits de la fonction S, dduite de l'intgrale qui doit tre un minimum, d'aprs le principe de la moindre action. Les proprits sur lesquelles M. Hamilton a le premier appel l'attention des gomtres, ont t ensuite l'objet d'un Mmoire trs-remarquable de M. Jacobi, insr dans le tome XVII e du Journal de M. Grelle, et dont le Journal de M. Liouville a publi la traduction : elles se rapportent au mouvement d'un systme quelconque de points. J'en ai dduit les trois premires quations du mouvement des fluides, telles que les donnent les Traits de mcanique. Les fluides, dans leur mou- vement , prsentent l'apparence d'une masse continue qui change de forme sous l'action des moindres forces, mais sans cesser d'tre continue. Ce fait d'observation conduit l'quation appele quation de continuit, laquelle les vitesses dduites de S ne satisfont gnralement que si les attractions ou les rpulsions molculaires s'exercent en raison inverse du carr de la dis- tance. Ainsi la loi de Newton est probablement celle des attractions ou des rpulsions molculaires, la distance laquelle sont places les molcules des fluides en mouvement, si l'on admet que ceux-ci peuvent tre considrs comme des systmes de points mobiles. Les trois premires quations du mouvement des fluides renferment , comme cas particulier, les quations de leur quilibre. Les principes fonda- mentaux de l'hydrostatique et de l'hydrodynamique peuvent donc tre d- montrs, en considrant les fluides comme des systmes de molcules distance les unes des autres. C. R.,i849, * mt Semeure. (T. XXIX, N" 7.) ^4 f '74 ) conomie rurale. Sur la culture des arbres, et particulirement de ceux qui exigent, dans l'tat actuel de l'agriculture, les soins les plus coteux, tels que le mrier, l'olivier, le noyer, te pommier, le poirier et la vigne; par M. Enfantin, membre de la Commission scientifique de l'Algrie. (Commissaires, MM. de Gasparin, Payen, Decaisne.) Le but que se propose l'auteur est de prouver que, pour toutes ces plantes, la culture au pied, indispensable pendant les premires annes, devient, au bout de quelque temps, superflue, et, plus tard, nuisible; d'o il rsulte- rait qu'il y aurait double avantage s'abstenir de travailler le sol , du moment o cela n'est plus ncessaire pour favoriser le dveloppement du vgtal : conomie sur les frais de culture, et profit par l'augmentation des rcoltes ou la plus grande dure de la. plantation. physique. Dcomposition de Veau dans deux compartiments spars n'ayant entre eux que des communications de courants lectriques par des conducteurs mtalliques et ne donnant, dans l'un que de l'hydrogne, et dans l'autre que de l'oxygne; par M. Paret. (Commissaires, MM. Pouillet, Regnault.) M. Vallot adresse, de Dijon, l'occasion de la publication des derniers volumes de Y Histoire des Poissons, par M. Valenciennes, quelques remar- ques relatives l'ichthyologie. M. Valenciennes est invit prendre connaissance de ces remarques. M. MArtin prsente une Note relative une construction gomtrique dans laquelle la vrification, par la rgle et le compas, lui aurait donn des rsultats autres que ceux qui taient indiqus par la thorie. M. Cauchy est invit prendre connaissance de cette Note, et faire savoir l'Acadmie si elle est de nature devenir l'objet d'un Rapport. M. Eguisier demande qu'un appareil qu'il a prsent sous le nom d'/'m- gateur, et qui est destin faciliter l'introduction des mdicaments dans les veines, soit admis au concours pour les prix de Mdecine et de Chirurgie. (Renvoi la Commission des prix de Mdecine et de Chirurgie de la fondation Montyon. ) M. Ducros adresse une nouvelle Note sur les rsultats de ses expriences lectrophysiologiques. ( i75) Cette Note esUrenvoye, ainsi que l'ont t toutes celles que l'auteur a prsentes depuis la sance du 9 juillet dernier, l'examen de la Commission nomme dans cette sance, et compose de MM. Serres, Becquerel, Des- pretz, Rayer. La Commission charge de se prononcer sur les communica- tions de M. Ducros antrieures cette date, et qui n'ont pas encore t l'objet d'un Rapport, se compose de MM. Magendie, Serres et Rayer. CORRESPONDANCE. M. le Ministre de l'Instruction publique, conformment la dcision du a3 octobre 1840, invite l'Acadmie lui prsenler deux candidats pour la place de professeur de toxicologie et de physique vacante l'Ecole de phar- macie de Strasbourg, par suite del dmission de M. Kopp. M. le Ministre rappelle, qu'aux termes de l'article 5 de l'ordonnance du 27 septembre 1840, nul ne peut tre nomm professeur adjoint dans une cole de pharmacie s'il n'est pharmacien de premire classe, licenci es sciences physiques et g de vingt-cinq ans. La Section de Chimie est invite prsenter, le plus promptement possible l'Acadmie, une liste de candidats. Le mme Ministre invite l'Acadmie lui faire savoir si une Note sur les abeilles, adresse en juillet 1848 par M. Remy, a t l'objet d'un Rapport. (Renvoi la Commission dsigne.) physiologie. Observations dachromatopsie. (Extrait d'une Note de M. d'Hombres-Firmas , correspondant de l'Acadmie.) Les ophthalmologistes ont donn le nom lachrornatopsie une affec- tion qui nous rend incapables de distinguer les couleurs; chez quelques- unes des personnes qui en sont atteintes, l'insensibilit est complte, tandis que chez les autres il y a possibilit de. distinguer certaines couleurs. Je ferai remarquer que plusieurs des individus affects d'achromatopsie peuvent passer pour avoir une excellente vue. Ils aperoivent les objets de trs-loin , et voient parfaitement ceux qui sont leur porte: leurs contours, leurs reliefs, leurs ombres, aucun dtail n'chappe leurs regards, et cependant ils sont privs du secours qu'offre la diversit des couleurs comme du charme qu'elle a pour les yeux. Il ne m'appartient point de rechercher les causes de ces anomalies, je 24- ( 76) voudrais seulement rappeler ici quelques changements drouleurs qui ont lieu dans certaines circonstances pour des yeux bien organiss. La couleur rouge diminue d'intensit la lumire artificielle; au thtre, les acteurs mettent du rouge d'un ton pins intense que celui qui colore naturellement les joues, et du blanc ct pour le faire ressortir ; ceux qui ne se fardent pas, paraissent d'une pleur extrme. On sait que les tableaux offrent un aspect tout particulier la clart des flambeaux; on attribue la lumire trop rouge les tons que prennent certaines teintes, et l'on a propos, afin d'y remdier, ainsi que pour peindre la nuit, d'entourer de chemines de verre bleu la flamme des lampes. Les personnes qui se servent de conserves munies de verres bleus ou verts, interceptent par ce moyen une partie des rayons rouges , oraugs, jaunes, qui les blouissent et les fatiguent. Toute la campagne leur parat terne et comme si le ciel tait demi couvert; tel- lement que cheminant au grand soleil, elles se font illusion, croient tre l'ombre et avoir moins chaud avec ces lunettes.... Un jour de grande illumination Home, indpendamment d'un nombre infini de lampions, on avait allum, l'entre des principaux palazzi, des barils de goudron. Toutes les personnes qui passaient devant ces feux, pa- raissaient d'une pleur hideuse. Un de mes amis avait un gilet rouge qui semblait brun cette clart, de mme que les revers et la doublure de l'uni- forme d'un officier, qui parcourait les rues avec nous. L'achromatopsie est une imperfection inne et hrditaire; elle n'est pas aussi rare qu'on pourrait le penser, les savants en ont publi de nom- breux exemples. Mais ils conviennent que parmi les observations qu'ils ont recueillies, il y en a qui n'ont pas l'exactitude dsirable, leurs auteurs les ayant donnes comme des curiosits pathologiques. Ils accueilleront par consquent les nouveaux faits qu'on pourra leur fournir. Je leur offre mon faible contingent en ce genre. I.FeuM. de ***, d'Anduze,d'un temprament sec, bilieux, mlancolique, menant une vie trs-active, parvint un ge assez avanc sans que la plu- part de ses concitoyens eussent rien remarqu d'extraordinaire dans sa vi- sion. Ceux qui le frquentaient plus habituellement et quelques-uns de ses condisciples savaient cependant, ainsi que sa femme, sa fille et son gendre, qu'il ne connaissait pas les couleurs, qu'elles lui paraissaient toutes des nuances plus ou moins grises entre le noir et le blanc; mais on lui aurait fait de la peine si l'on avait eu l'air de s'apercevoir du dfaut de sa vue, dont nous avons eu les preuves plus tard. Nous tenons d'un marchand tailleur d'Alais, que M. de *** tant venu ( 77 ) lui demander un habit noir, vit sur l'talage une belle pice d'Elbeuf marron et la choisit, sans vouloir convenir qu'il et chang d'ide lorsqu'on lui dplia le drap noir. Il avait des gravures colories et des gravures ordi- naires; nous pouvons assurer que leur principale diffrence ses yeux, tait que les unes taient un peu plus claires que les autres. M. de *** savait par tradition que les feuilles' des vgtaux et les herbes taient vertes, que le ciel tait bleu, que le sang tait rouge; mais il n'au- rait pas appliqu les noms de vert, bleu, rouge, des fleurs, des toffes, des papiers de tenture de ces couleurs. M. de *** peignait passablement. Je me rappelle qu'il avait reprsent, sur un paravent, des mdaillons et des ornements en grisaille, qui jouaient bien le relief. Il avait peint aussi dans sa chambre deux dessus de porte et un panneau entre les deux fentres, et comme quelques-uns de ses visiteurs lui demandaient pourquoi il avait fait le terrain, les arbres, les maisons, les personnages bleus, plutt que d'employer les couleurs propres, il rpon- dait qu'il avait voulu assortir ces camaeux son meuble; nous apprmes bientt que le lit dress dans cette chambre et ses fauteuils taient rouges, et qu'il ignorait avoir fait ses camaeux bleus. Il avait d'ailleurs la prten- tion d'tre connaisseur en peinture : nous l'avons entendu, devant un ta- bleau, disserter sur la composition , le dessin , le clair-obscur, la perspective ; quant au coloris, il vitait adroitement de se compromettre auprs des ama- teurs qui taient avec lui. De mme, lorsqu'il se promenait en compagnie dans un jardin maill de fleurs varies, il affectait de parler de leur beaut, de leur grandeur, de leur rgularit, de l'odeur forte ou suave qu'elles r- pandaient, mais il n'y voyait que du gris comme dans les tableaux. Il est fcheux qu'avec de l'esprit et de l'instruction , M. de ** ait eu la fai- blesse de cacher le dfaut de sa vision, il aurait pu faire des expriences curieuses, confrer avec des mdecins clairs, des physiciens, et nous laisser des observations importantes, comme le docteur Sommer, le chimiste Dalton, qui ont publi ce qu'ils ont prouv eux-mmes et ce qu'ils ont observ dans leurs familles, chez leurs amis et leurs lves. On trouve, du reste, dans les livres, fort peu d'exemples d'achromatopsie complte; celui que j'ai rapport, qui est bien authentique, en sera d'autant plus intres- sant. II. M. G. de ***, d'Alais, g de trente-huit ans, mari, pre de famille , est d'un temprament lymphatique, d'une sant parfaite; personne ne se douterait de l'imperfection de sa vue. Il distingue les objets de trs-loin , vise fort juste la chasse, lit sans lunettes, mme la lampe. Un oculiste ( i78) de profession qui examinerait comment ses yeux s'accommodent selon la distance et la grandeur des objets qu il fixe, selon que ces objets sont placs au soleil ou l'ombre, n'y remarquerait rien de particulier, et serait relle- ment tonn quand M. de *** lui dirait, ce que savent tous ses amis, qu'il ne voit bien que la couleur jaune, et que toutes les autres lui reprsentent des nuances entre le blanc et le noir. Il nous a dit qu'il ne distinguait les fleurs du grenadier que par leur forme, ne faisant aucuoe diffrence du rouge au vert. > Nous avons reconnu qu'il confondait les fleurs de l'hortensia ordinaire avec celles de l'hortensia bleu , ainsi que les fleurs des phlox roses et blancs , et que les feuilles de ces plantes taient peu prs de la mme couleur pour lui. Nous lui avons montr diverses varits de roses; il a reconnu que les blanches taient plus claires que les pourpres; quant aux roses jaunes et capucines, il les voyait comme nous. Les reines-marguerites rouges, violettes, bleues, blanches, lui paraissaient plus ou moins fonces; mais il voyait si bien leurs centres jaunes, qu'il reconnaissait avec nous les disques plus bruns, dors et plus ples. M. le *** s'occupe maintenant de gologie, mais il lui est impossible de juger les couleurs qui caractrisent les terrains sur la carte de M. Dumas; les formations lacustre, nocomienne et du lias, sont les seules qu'il distingue; toutes les autres lui semblent laves en gris : il les confondrait, si son excel- lente vue ne lui permettait de suivre les lignes ponctues et les lettres qui les indiquent. M. de *** dessine avec got au crayon , l'encre de la Chine, la spia , mais il nous a racont qu'il avait essay de colorier un paysage et un bouquet qui avaient paru tout fait bizarres d'autres yeux que les siens. C'est absolument ce que Rosier a rapport de Collardeau , qui dessinait bien et avait fait l'esquisse de son portrait fort ressemblante, mais qui dfigurait tous ses ouvrages quand il y employait des couleurs. III. .le ne peux parler que sur des ou-dire d'un jeune avocat de Montpellier, qui a, comme M. de***, d Anduze, la faiblesse de ne vouloir pas faire connatre .l'imperfection de ses yeux; mais les dtails suivants m'out t communiqus par des personnes digues de foi , et viennent l'appui des observations publies sur les dernires classes de l'achromatopsie, qui peroivent plusieurs couleurs. C'est en mme temps un exemple de l'impres- sion que causent certaines couleurs, selon qu'elles sont claires par le soleil ou par la lumire artificielle. Lorsque le jour est sombre et le soir, M. *** ne distingue que les ceu- ( J 79 ) leurs jaunes, mais en apprcie les diverses nuances depuis l'orang jusqu'au jaune-paille. En plein midi, il voit de plus une sorte de pourpre, un rouge- brun, un bleu ou violet; il distingue le teint et les toilettes des personnes qu'il rencontre, et nomme les couleurs des fleurs de son jardin : on soup- onne, la vrit, qu'il les connat d'avance. Il a avou un mdecin de ses amis, que ie soir, la lumire de sa lampe, et mme dans un salon bien clair et au thtre, le pourpre, le cramoisi, le rose, le bleu, le vert, lui semblaient bruns ou gris plus ou nfoins foncs. > toiles filantes. Extrait d'une Lettre de M. Coulvieh-Grayier M. Le Verrier. 13 Aot 1849. Nos observations sur les toiles filantes se continuent toujours avec la mme exactitude. Depuis le mois de Novembre dernier, elles se font au palais du Luxembourg, o le Gouvernement nous a dress un observatoire. Ainsi que nous l'avons toujours fait remarquer, le nombre des m- tores a t trs-faible dans la premire moiti de l'anne; mais, ds le commencement de Juillet, ce nombre s'est accru progressivement, et le maximum a eu lieu vers le 10 Aot. Voici la loi qu'a suivie cet accroissement pour cette anne, en ramenant les observations au nombre horaire de minuit : Nombre horaire minuit. 1849. Juillet 10 6 toiles filantes. 11 8 i3 10 4 ' 7 i5 10 20 1 3 21 i3 22 12 26 26 27 28 28 33 Aot 6 5o 8 60 9 io 7 10 1 20 11 i 80 n Le trac de la courbe des observations que nous joignons ici, vous ( i8o) donnera une ide plus nette de la marche du phnomne, qui est progressif, et non instantan comme on l'avait cru. Quant la publicaliou de nos recherches sur ce sujet, elle suivra sous peu notre premire livraison qui, comme on sait, traite de la partie historique. M. Thenard et M. Le Verrier expriment, cette occasion, leur satis- faction que le Gouvernement ait commenc encourager les efforts de M. Goulvier-Gravier. Ses recherches, continues avec tant de zle depuis un grand nombre d'annes et avec un dvouement sans limites, fourniront sans doute la science les donnes ncessaires pour tudier l'un des plus curieux phnomnes du monde physique. anatomie pratique. Nouveau mode d'injections des glandes l'aide du mercure. (Note de M. Michel, chef des travaux anatomiques de la Facult de Strasbourg.) ( Extrait.) La plupart des injections tentes, l'aide du mercure, sur les glandes en gnral, et sur celles de l'homme en particulier, n'ont pas t heureuses. Cependant c'est le seul moyen que nous possdions pour dmontrer la structure de ces organes d'une manire nette et vidente. Les exemples de complte russite sont faciles, et ne portent gure, chez l'homme, que sur le testicule. Pour tout le reste, on n'a que des rsultats incertains ou sus- pects. Une des grandes causes d'insuccs consiste dans les ruptures qui, quand on suit les procds habituels, s'oprent sous 1 influence des pressions les plus minimes, ruptures attribues, par la plupart des exprimentateurs, au poids du mercure employ, contre lequel la rsistance des parois des organes glandulaires ne peut lutter avec avantage. Je ne veux pas nier sans doute d'une manire absolue l'action de cette cause, mais je suis loin de lui accorder la valeur qu'on lui donne. On verra, en effet, plus bas, qu'une des conditions de notre procd rside dans l'emploi , mme pour les glandes les plus fragiles, de pressions considrables. A mon avis donc, la cause de ces ruptures ne se trouverait ni dans le poids du mercure, ni dans la fai- blesse relative des parois de l'organe glandulaire. Elle rside, si je ne me trompe, dans les produits mmes de leur scrtion , qui , parleur prsence dans les tubes et les extrmits terminales des glandes, s'opposent la progression du mercure. En effet, on observe rarement une rupture pendant l'injection , sans arrt pralable du liquide mtallique sur un point quelconque; de plus, ( i8i ) une glande s'injecte d'autant plus, facilement qu'on a mieux priv ses canaux de leur contenu. Voyant l la cause relle des insuccs de mes prdcesseurs, j'ai pens que toute la difficult consistait trouver un liquide capable d'ex- traire ce contenu des tubes, en l'injectant pralablement dans le canal vec- teur principal. D'aprs le nombre des rsultats complets que j'ai obtenus, sans avoir noter beaucoup d'essais infructueux, je crois pouvoir dire que si je n'ai pas totalement rsolu le problme de l'injection des glandes , au moins je l'ai rendu plus facile. M. Goze, doyen de la Facult, a vu le plus grand nombre de mes expriences, et je ne saurais trop reconnatre ici la valeur de ses savants conseils. Je mettrai d'abord sous les yeux le tableau des rsultats obtenus; j'indi- querai ensuite le procd mis en usage : i. Injections compltes et sans rupture de lobes de glandes mammaires prises, (a) chez une femme, morte six jours aprs l'accouchement; {b) chez une seconde, morte aprs dix-huit jours d'accouchement; (c) chez une jeune fille de seize ans, morte de maladie aigu; (d) chez une quatrime, ge de cinquante ans, n'ayant pas eu d'enfant depuis six ans. Dans ces quatre exp- riences, les groupes terminaux de cellules se sont injects. Le volume des cellules tait plus gros, le nombre et la grandeur des groupes plus consid- rable chez les femmes mortes pendant la lactation. Les cellules terminales remplies de mercure variaient quant leur grosseur de -j^ yde millimtre. a . Injections compltes et sans rupture de glandes salivaires (paro- tide sous-maxillaire) d'enfants et d'adultes. Ces glandes sont arborescentes. Les extrmits terminales injectes mesurent -j^ ^-de millimtre. 3. Injection incomplte d'un pancras d'adulte (je ne l'ai tente qu'une seule fois, et j'attribue l'insuccs un commencement de putrfaction). J'ai russi toutefois injecter un certain nombre de lobules, dont les extrmits terminales mesurent -^ -^ de millimtre. 4- Injection incomplte d'un foie de nouveau-n. J'ai obtenu des groupes de vsicules terminales remplies de mercure sur une grande partie du lobe droit. Ces vsicules terminales injectes mesuraient $ de millimtre... Aucun anatomiste, que je sache, n'a obtenu jusqu' ce jour un si notable rsultat sur le foie humain. Plusieurs de ces pices injectes sont dessches et dposes au Musum d'anatomie de la Facult. La dessiccation, loin de les dtriorer, leur a donn une nettet peu commune. Procd mis en usage. J'injecte pralablement un liquide dans le canal vecteur de la glande, je rpte cette injection tant qu'il reste quelques por- C H., 1849, 2 m Semre.(T. XXIX, N 7.) a5 m ( '8a ) lions des scrta glandulaires; puis, laide de lgres pressions, j'extrais chaque fois le liquide inject. Lorsque celui-ci sort pur et sans mlange, on peut commencer l'injection mercurielle. Un seul liquide ne peut pas servir pour toutes les glandes; jusqu' ce jour, je n'en ai employ que deux diffrents. L'injection du mercure se fait l'aide d'un appareil lymphatique trs-simple, et depuis longtemps employ dans notre cole : il se compose d'un tube en verre de i 5 millimtres d'ouverture et de 1 1 dcimtres de hauteur. A son bout infrieur, on soude un second tube de plus petit calibre, et effil une de ses extrmits assez pour l'introduire dans un canal dfrent (jue l'on fixe sur elle. A l'ouverture libre de ce canal, nous adaptons un tube capillaire en verre, destin tre introduit dans le conduit excrteur prin- cipal de la glande prpare pour l'injection. Cet appareil, simple et facile se procurer, jouit tout la fois d'une souplesse et d'une lgret indispen- sables pour ces sortes d'oprations. L'appareil ainsi prpar, on le suspend , puis on le remplit d'une coloune de mercure haute de 5 8 dcimtres; lorsque l'coulement du mtal est libre, et se fait par un jet continu l'orifice de sortie du tube capillaire en verre, on fixe ce dernier dans le canal scrteur de la glande pralablement soumise aux moyens indiqus plus haut. L'injection se fait trs-rapidement, et dans moins d'une heure quel- quefois toutes les extrmits terminales sont remplies de mercure. Tant que l'abaissement du niveau du liquide mtallique se fait dans le tube, l'injection n'est pas termine, et je maintiens la hauteur de la colonne dans les condi- tions indiques plus haut. Mes plus belles injections se sont faites sous l'influence d'une pression constante de 6 7 \ dcimtres de hauteur. Toute la difficult consiste , sur la fiu de l'opration , prvoir l'instant prcis o la glande est remplie eh totalit. On peut s'en assurer en mettant nu un des points les plus ex- trmes de cette dernire, ou en valuant proportionnellement la quan- tit du mercure employ. Sans cette prcaution, on s'exposerait avoir une rupture par suite du trop-plein. Je rsume mon procd en ces deux temps : i extraction du contenu des tubes glandulaires l'aide d'un liquide appropri; i pression brusque et forte, opre l'aide d'une colonne de mercure d une hauteur dter- mine. Les causes suivantes peuvent faire manquer l'opration : i un com- mencement de putrfaction de la glande, ou une atrophie morbide; a la violence ou l'insuffisance de l'injection pralable. ( i83 ) chimie. Observations sur remploi du phosphate d'argent sesquibasique dans l'analyse minrale et dans l'analyse organique pour dcomposer les chlorures alcalins et terreux ; par M. J.-L. Lassaigne. < On doit au chimisie anglais Chenevix l'emploi du phosphate d'argeul sesquibasique pour sparer le chlorure de baryum du chlorate de baryte dans la prparation de ce dernier sel. C'est l'aide de ce procd, peu prs aujourd'hui abandonn, qu'il a d'abord t permis d'obtenir dans les laboratoires ce sel l'tat de puret et d'en tudier les principales proprits. L'action dcomposante qu'exerce le phosphate d'argent hydrat et ses- quibasique sur les chlorures alcalins et terreux nous a fait essayer ce sel mtallique : j pour isoler certains nitrates des chlorures alcalins et terreux; i pour la sparation des principes sucrs mls au chlorure de sodium, comme on les rencontre dans certains produits organiques. >< Le premier moyen a t appliqu par nous dans une analyse d'eau de puits. On sait que les sels solubles dans l'alcool concentr consistent prin- cipalement en chlorures de magnsium et de calcium associs souvent des azotates en plus ou moins grande quantit. Dsireux de connatre le rapport de l'azotate de magnsie et du chlorure de magnsium dans un mlange ob- tenu par l'alcool du rsidu dune eau de puits des environs de Paris, nous avons essay l'emploi du phosphate d'argent hydrat sur la solution de ces deux sels. L'exprience nous a bientt dmontr qu' l'aide d'une douce chaleur le chlorur de magnsium tait transform compltement en chlo- rure d'argent et en sous-phosphate de magnsie insolubles dans l'eau, tandis que l'azotate restait en solution, et se retirait parl'vaporation de la solution. Cette mthode simple peut donc tre applique dans une foule de circon- stances; elle russit encore pour un mlange d'azotate de chaux et de chlo- rure de calcium, ainsi que nous l'avons constat directement. Cependant du phosphate d'argent en petite quantit reste dissous dans l'eau la faveur de l'azotate alcalin? mais Ctte quantit est trs-faible, et l'on peut facilement en tenir compte dans une analyse quantitative. La sparation d'un azotate ter- reux d'avec un chlorure ne se produit bien qu'autant qu'on vapore siccit la solution dans laquelle on a dlay un excs de phosphate d'argent hy- drat , et traitant ensuite par l'eau distille froide le rsidu , afin d'isoler par filtration les produits forms insolubles. C'est en oprant ainsi que nous avons pu doser d'une manire directe la petite quantit d'azotate de magnsie qui tait mlang du chlorure de magnsium dans un rsidu d'eau de puits. Nous pensons que ce procd 5.. ( i84 ) pourra tre mis en pratique avec avantage dans les analyses d'eaux min- rales pour oprer des sparations analogues. Nous avons fait une autre application du mme phosphate argentique l'isolement des sucres de canne et de raisin, mlangs une petite quan- tit de chlorure de sodium. Ces deux substances, solubles dans l'alcool, se rencontrent quelquefois mles dans certains produits organiques. Par l'action du phosphate d'argent sur une solution d'un semblable mlange, il se forme, la temprature ordinaire, du chlorure d'argent insoluble et du phosphate de soude soluble qui reste ml au sucre. Or le phosphate de soude tant insoluble dans l'alcool 88 degrs, tandis que le sucre, au con- traire, y est soluble, on conoit la possibilit d'arriver une sparation en agissant avec l'alcool sur le produit vapor siccit. Des expriences directes nous ont convaincu que le sucre de canne et celui de raisin isols par cette raction ne renfermaient plus de traces du chlorure de sodium qu'on y avait mlang avec intention. En agissant froid et promptement sur les principes immdiats solubles, pour les isoler des chlorures qu'ils peuvent contenir, on n'a pas redouter l'action rductive de la matire organique sur une portion de phosphate argentique. chimie. Recherches sur V thylaniline et sur la mthjlaniline ; par M. A. -W. Hofmann. (Lettre M. Dumas.) Dans une Lettre que j'ai eu l'honneur de vous adresser il y a quelque temps, je vous ai communiqu les rsultats que l'on obtient en faisant ragir sur l'aniline diffrents chlorides, et principalement le chlorure de cyano- gne. Depuis, j'ai continu mes recherches sur les bases organiques, et j'ai pu leur donner une direction nouvelle, aprs avoir pris connaissance des rsultats dignes d'intrt que M. Ad. Wurlz a communiqus rcemment l'Acadmie. La dcouverte de la mthylamine et de l'thylamine parat rpandre une vive lumire sur une classe de composs qui prsentent, avec l'aniline, les rapports les plus intimes. Nous connaissons, en effet, deux bases organiques, la toluidine et la cumidine, qui ne diffrent de l'aniline que parce qu'elles renferment en plus les lments de N(C 2 H 2 ). On peut donc se demander s'il existe entre ces bases et l'aniline les mmes rapports qu'entre la mthylamine, l'thylamine et l'ammoniaque. Le tableau suivant retrace le point de dpart des expriences qui font l'objet de cette Lettre : ( 85 ) Ammoniaque. ... NH S , Aniline C ,2 H 7 N. Mthylamine. . . . NH 3 , C 2 H 2 , Toluidine. . . . C ,2 H 7 N, C 2 H 2 , thylamine. . . . . NH 3 , aC 2 H, Base inconnue.. C ,2 H 7 N, aC 2 H 2 , Base inconnue.. . . NH, 3G 2 H 2 , Cumidine. . . . C ,2 H 7 N, 3C 2 H 2 , Petinine NH 3 , 4G 2 H 2 , Gymidine(?).. . C ,2 H 7 N, 4C 2 H 2 , (Butyramine?) Valramine NH 3 , 5C 2 H 2 , Base inconnue.. C ,2 H 7 N, 5C a H 2 . Je me suis propos de rsoudre les questions suivantes : 1. L'aniline, qui doit tre considre elle-mme comme une base orga- nique conjugue, c'est--dire comme la phuyl-ammoniaque , peut-elle se combiner avec les hydrognes carbons de l'alcool mthylique et de l'alcool ordinaire? 9.-. Ces combinaisons, si elles existent, sont-elles identiques ou sim- plement isomriques avec les bases organiques dj connues? En se fondant sur la raction du chlorure et du bromure de cyanogne sur l'aniline, on pouvait esprer que le chlorure et le bromure d'thyle n'agi- raient pas dune manire moins vive sur cette base. L'exprience a compl- tement justifi cette prvision. Lorsque l'on mlange l'aniline avec de l'ther bromhydrique, il se manifeste bientt une raction des plus vives; le mlange s'chauffe, et peut mme entrer en bullition. Par le refroidissement, il se dpose des tables carres, larges de i pouce et d'une beaut extraordinaire : il suffit de les faire cristalliser dans l'alcool pour les avoir tout fait pures. L'analyse a dmontr que ces cristaux taient forms par de Thydrobromate d'thylaniline. L'quation suivante rend compte de cette raction : C ,2 H'N + C 4 H 5 Br = C' 2 H T N (G 4 H*)HBr. aniline ther bromhyd bromhydratc d'thylaniline Par l'action de la potasse sur ce sel, l'thylaniline se spare; elle se distingue de l'aniline par la plus grande solubilit de ses sels, et parce qu'elle ne produit plus, avec le chlorure de chaux , la coloration violette qui caractrise l'aniline. Le sel double de platine et d'thylaniline est trs-soluble, et cristallise en belles aiguilles qui renferment : G ,fl H H N, HG1, PtGI 2 . Le bromure de mthyle se comporte, avec l'aniline, d'une manire tout fait analogue. Un mlange de cet ther avec l'aniline se concrte ( '86 ) bientt en une masse cristalline. La base qui se produit ainsi est liquide, tandis que la toluidine, qui possde la mme composition, est un corps solide et cristallin. > Toutefois, en m occupant de la toluidine, j'ai souvent observ que cette base peut rester trs-longtemps l'tat liquide, de sorte qu'il est pos- sible que les deux corps dont il s'agit soient non-seulement isomriques, mais identiques. C'est ce que des expriences ultrieures devront dcider. Le chlorure et le bromure de cyanogne ne paraissent pas borner leur action des substances basiques; ils ragissent sur diffrents corps appar- tenant la famille du benzole, entre autres sur l'hydrate de phnyle. A cet gard, il serait intressant de vrifier, par l'exprience, l'opinion mise par M. Cahours, que l'anisole ne serait autre chose que l'hydrate de phnyle mthyl. Je vais essayer de trouver une mthode gnrale qui permette de transformer les termes infrieurs d'une srie homologue dans les termes suprieurs. La raction nergique du bromure d'thyle sur l'aniline m'a dtermiu essayer l'action de cette base sur diffrentes autres substances d'une nature analogue aux thers. Un mlange de volumes gaux d'aniline et de liqueur des Hollandais brome C*H*Br 2 , tant chauff, se concrte par le refroidissement en une masse cristalline. Tje produit qui se forme dans cette circonstance possde galement, quoique un faible degr, des proprits basiques. Le bromure d'aldhydne est galement attaqu par l'ammoniaque, mais seulement la temprature de l'bullition. Mes expriences ce sujet ne sont pas encore assez avances pour me permettre d'affirmer que le corps qui se forme dans cette circonstance est l'actylamide NH 2 , C 4 H'. chimie. Note sur la valramine ou l'ammoniaque valrique, par M. Ad. Wurtz. Le cyanate damylne, que j'ai obtenu en distillant du sulfamylate de potasse avec du cyanate de potasse, est facilement dcompos par la potasse liquide. La raction, favorise par l'action de la chaleur, dorme naissance du carbonate de potasse et une base volatile, la valramine, qui passe la distillation lorsqu'on fait bouillir la lessive de potasse. On la trouve, dans le rcipient, en dissolution dans l'eau qui s'est volatilise et condense en mme temps. ( i8 7 ) En saturant par l'acide chlorhydrique cette solution de valramine, ou obtient un chlorhydrate parfaitement neutre, qu'une simple vaporation permet d'obtenir sous la forme d'caills blanches, grasses au toucher, assez solubles dans l'eau et solubles dans l'alcool. Ce sel n'est pas dliquescent l'air. Il a donn l'analyse les rsultats suivants : I. o |r ,26g5 de matire ont donn o,3o85 de chlorure d'argent. II. |r ,37i5 de matire ont donn o,3845 d'eau et o,658 d'acide carbonique. Ces nombres donnent, en centimes, Exprience. Calcul. Carbone. 48> 2 4^,5 Hydrogne 1 1 ,4 n,3 Chlore 28 , 3 28 , 7 Azote n,5 100,0 Cette analyse s'accorde parfaitement avec la formule HCI,C ,0 H 4s Az. > J'ai vrifi' l'exactitude de cette formule en analysant le sel double qui se prcipite lorsque l'on mlange des solutions concentres de chlorure , de platine et de chlorhydrate de valramine. Comme il est assez soluble dans l'eau, il convient d'ajouter un peu d'alcool au mlange. Aprs avoir recueilli et exprim le prcipit, on le redissout dans l'eau bouillante. Par le refroi- dissement, il se prcipite sous la forme de belles paillettes d'un jaune d'or, dont la composition se reprsente par la formule HCl,C ,0 H ,3 Az, PtCl 2 , qui se dduit des analyses suivantes : I. 0^,2005 de matire ont donn o,o65 de platine. II. |r ,34o5 de matire ont donn 0,496 de chlorure d'argent. III. o ,r ,5o75 de matire ont donn o,38i d'acide carbonique et 0,222 d'eau. Ces analyses donnent les rsultats numriques suivants : Exprience. Calcul. Platine 32,6 3a, 9 Chlore 36, o 36,5 Carbone 2 <>i4 20, 5 Hydrogne Azote 4>8 4>8 Lorsqu'on distille le chlorhydrate de valramine avec de la chaux, la ( i88 ) valramine volatile passe dans le rcipient. A l'tat de puret, cette base est liquide ; elle possde une saveur la fois brlante et amre , et une odeur fortement ammoniacale. Elle est soluble dans l'eau. Cette solution prcipite les sels de cuivre; un excs de ractif redissout le prcipit en formant une liqueur d'un bleu d'azur. Cependant cette dissolution de l'hydrate de cuivre dans la valramine se fait plus difficilement qu'on ne le remarque avec l'thy- lamine, la mthylamine et l'ammoniaque ordinaire. La valramine prci- pite galement le nitrate d'argent. Le prcipit est d'un brun fauve et s'at- tache au fond du vase comme une masse rsineuse. Un excs de ractif le blanchit et le dissout compltement. Le chlorure d'argent est dissous par la valramine, mais plus difficile- ment que par l'ammoniaque. M. Breton, de Champ , rappelle que dans une Note prsente l'Acadmie le 8 juin 1846, il avait avanc que plusieurs des propositions contenues dans un ouvrage de Stewart (1) sont fausses, c'est--dire, ne se vrifient que dans des cas particuliers. La grande estime dont jouit le nom de ce gomtre me faisait, dit M. Breton, de Champ , un devoir de rendre publiques les preuves d'une telle assertion. C'est l'objet d'un Mmoire que j'ai rcemment publi dans le Journal de Mathmatiques de M. Liouville, et dont j'ai l'honneur d'offrir un exemplaire l'Acadmie. M. de Caligny adresse une rclamation de priorit relativement l'ide fondamentale d'une machine admise l'Exposition des produits de l'In- dustrie. L'Acadmie, n'ayant point t appele se prononcer sur l'appareil dont il est question dans la Lettre de M. de Caligny, ne peut intervenir dans ce dbat, qui semble devoir tre soumis au jugement du jury charg de faire un Rapport sur les produits prsents l'Exposition de l'Industrie. M. le Secrtaire de la Socit d'Horticulture de Londres adresse, au nom de la Socit, des remercments l'Acadmie pour l'envoi du vo- lume XXVIII des Comptes rendus, et du premier numro du volume sui- vant. M. de Paravey rappelle une Note qu'il a envoye prcdemment, et sur laquelle il n'a pas t fait de Rapport. L'auteur demande l'autorisation de (1) Cet ouvrage a pour titre : Quelques thormes gnraux d'un grand usage dans les hautes mathmatiques . ( i8g) reprendre sa Note dans le cas o l'Acadmie ne serait pas dispose la ren- voyer de nouveaux. Commissaires. Cette autorisation est accorde. Relativement une autre communication concernant une espce de cire ou de laque blanche produite par des insectes et que les Chinois rcoltent principalement dans l'le de Hay-nan, M. de Paravey exprime le regrel de ne pas la trouver mentionne avec plus de dtails dans les Comptes rendus des sances de l'Acadmie, et de manire ce qu'on ne puisse pas la con- fondre avec le produit du Myrica cerijera. Une troisime rclamation enfin porte sur une autre communication rela- tive la hauteur du plateau de Pmer, que l'auteur, en s'appuyaut de l'autorit d'un auteur chinois et d'un auteur latin (Justin), avait signal comme le point culminant de l'Asie, assertion qui, depuis, a t confirme par une mesure directe. M. d'Ambheville demande et obtient l'autorisation de reprendre une Note sur un nouveau systme de locomotion au moyen de l'air comprim, Note prcdemment prsente par lui, et qui n'a pas encore t l'objet d'un Rapport. M. P. (i,\it\iKit annonce que le systme d'horloges lectromagntiques , dont il avait fait l'objet d'une prcdente communication, a t adopt pour le chemin de fer de l'Ouest, et fonctionne dj, depuis un certain temps, aux stations de Versailles, de Rambouillet et de Maintenon. M. Letillois communique le rsultat de ses ides sur la phosphorescence que prsente le copal en fusion, soit pur, soit mlang avec de l'huile ou de l'essence de trbenthine. M. Letillois ne pense pas que ce phnomne ait t encore signal, et demande si l'Acadmie ne jugera pas-convenable d'or- donner la rptition de l'exprience, en renvoyant sa Note lexamen d'une Commission. L'Acadmie accepte le dpt de deux paquets cachets prsents , l'un par M. Foissart, l'autre par M. Rodet. fia sance est leve 5 heures et demie. F. C. R. , 1849, x m * Sernaslre. (T. XXIXI, N 7 .) 26 ( i9 ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Acadmie a reu, dans la sance, du i3 aot 1849, les ouvrages dont voici les titres : Comptes, rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences, i me semestre 1849; n 6; in-4. Annales des Sciences naturelles; par M VI. Milne Edwards, Ad.Brongniart et Decaisne; 3 e srie, 6 e anne; mars 18/19; in-8. Mmoires de la Socit linnenne de Normandie; annes 1 843- 1848, t. VIII; 1849; in -4- Sances et travaux de l'Acadmie de Reims; annes 1848- 1849; Q * '4 17; in-8. Acadmie de Reims. Sance publique du 28 juin 1849, programme des concours ouverts pour l'anne i85o; \ feuille in-4. Annales de la Socit centrale d'Horticulture de France; tome XL; juil- let 1849; in - 8 - Thse pour le doctoral en mdecine. Recherches microscopiques sur la cir- culation du sang et le systme sanguin, dans le canal digestif, le foie et les reins; par M. L.-C. Boulland. Paris, 1849, hroch. in-4. Observations sur la prsence d'eau de combinaison dans les roches feldspa- thiques; par M. Delesse. (Extrait du Rulletin de la Socit gologique de France.) Broch. in-8. Encyclopdie moderne. Dictionnaire abrg des Sciences, des Lettres et des Arts, etc.; nouvelle dition, publie par MM. Didot, sous la direction de M. L. Benier; 25i e 254 e livraisons; in-8. Rpertoire de Pharmacie; 6 e anne; tome VI, n 2, aot 1849; in-8. Journal de Mdecine vtrinaire, publi l'cole de Lyon; tome V, aot 1849; in-8. Education rationnelle des animaux, par la mthode et sous la direction de M. LONARD; | de feuille in-4 . Analyse de l'ouvrage de Stewart, intitul: Quelques thormes gnraux d'un grand usage dans les hautes mathmatiques; par M. Breton, de Champ. (Extrait du Journal de Mathmatiques pures et appliques; tome XIII , 1 848.) In-4. Annuaire magntique et mtorologique du corps des Ingnieurs des mines, ou Recueil d'observations mtorologiques et magntiques , faites dans l'tendue ( "9 ) de l'empire de Russie et publies par ordre de S. M. l'empereur Nicolas I er , sous les auspices de S. E. M. DE Wrontchenk.0 , Ministre des Finances et chef des Ingnieurs des mines; par M. A.-T. Kupffer, directeur des obser- vatoires magntiques des mines; anne 1 845; n os i et 2. Saint-Pters- bourg, 1848; in-4. Rsums des observations mtorologiques faites dans l'tendue de l'empire de Russie, et dposes aux archives mtorologiques de l'Acadmie des Sciences, publis sous les auspices et aux frais de l'Acadmie; par M. A.-T. Kupffer, un de ses membres ; I er cahier. Saint-Pterbourg, i846;in-4. Eighth annual report.. . Huitime et neuvime Rapports annuels sur l'enre- gistrement gnral des naissances; morts et mariages en Angleterre , avec un appendice. Londres, 1848-1849; 3 vol. in-fol. Report on quarantine. . . Rapport sur les quarantaines, par le conseil g- nral de salubrit, prsent aux chambres par ordre de S. M. ( Ces deux ouvrages ont t adresss par M. Pentland.) Astronomische... Nouvelles astronomiques de M. Schumacher; n os 684 et 685; in-4. Nachrichten. . . Nouvelles de l'Universit et de la Socit royale de Got- tingue; n os 6 8 , juin et aot 1 849. Mmorial. . . Mmorial des Ingnieurs; 4 e anne; n os 1 , 3 et 4 I ^9't in-8. Gazette mdicale de Paris; n 3a ; in-4. Gazette des Hpitaux ; n* 92 g4- Tableau des observations mtorologiques faites Nantes pendant les annes 1847 et 1848; par M. Huette. ( J 9 2 ) ; . -a . en a> te tn n . v . 3 a . 3 XI O 3 en . te 0) te tB " : i)Q;eyojcj a a; > ffl fl fl ffl 5 3 3 = = S O O S o '55 ,*J o "L'E, ' x ^ s " te > es s = O > > X X i 3 3 te te 3 3 3 S O O H H S'i 1 g -s - o - H U H o o - - PI PO 3 3 3 rt rt j 3 3 3 -o -a -a !% ^ >i O O O s ta S = M ce 4- c Si ( OX O flOSW O esse o O 00 po p.i>xto es es es en esco en es es CT. 01 O M O M 00 CO se- PI seve-sePO se-se-CD MMOOOMOM M se-co +++++++++++++++++++++++++++++++ +++ + n en O se-00 en Oe-in es o - es o es CD CD CO es - ion es - in 00 CD ts se p) ET. x - wx O M es es - csse-in seco in in in oo - plpipoo.piespipipipiespipipi o o se-co en o - in in o - +++++++++++++++++++++++++++++++ rntO in se- - M M + + + es + US ss o 3 sa -a S a -S 0T3 as o co o - m o oo se-co oo o - in o o o enco yj-onto ffio o o^--(m- en en es co >n enro se- es - - - co - M (S o o s - Oomwco se-co se- 5 sese-io r> cnx m esco m + + + + o co co o pi in ce co in in omio se- enco co es - in m se csin esco m se- o ct-.oo enco es es co se-ro o o o: - in se- m -^oowti ence enco to o^^t- oo enco C5 en cneo en en - ce o pi po o co es cseo po pi en oo en pi es en. o en csin o. oo in se- in m m se-m ^n(O(ttoinwioifl>n>n vtm in m in se-sem wwviioin mwv) t>r>i>[sc-'tsi>rc>r>r^r-tsrsr>r-cscsistsc>t>cstsc , csrNC>r^rr- I r-r>t^ C0 m s <; in en. o oo cmn j ctfl o o n cno o ox o veto o en esco to o o -o o^oin c--a>^o ooofom se- CDCTs- -co o csrs_t.rj ^ c~.-^o mm O se-co se- r-sin es es es en esse m coco o en ooo ts-^j ys ro - o r-x a~< esco ct: csco se- m inmmwintomincoosDinmmmmmin sen in in se-se-se-m m in m in esesesesc^r^r^csesestscsescsesestsrscscscscsesesesesescseseses s^-mco co m co rown m m in es es es X (no o o seco a; -oo ose-ococoeo ro cssrhcrs ts oc oo n co OMn se-m i se- co m co o en oo co - se o co en en en se- 5 se-- - O CO es o M se-m es Oi se- CTs o tifl."Oc(ri:ifififif)M'"rifl--fi +++++++++++++++++++++++++++++++!+++ + o co cr-.se- - ai o o~. csct-ct crise cr.co o o isoastn oas o - o i -w co se-co coco cTcsn - -cococo cs-^o o m m se-m se- cr-.co cr; es yj-co rimnvi- es cr.en c^ o csin rose-- cnoi-ro -oooo esco se-csocomoMcoooocs cr;in en in oo m se- - o coinininincoinincocococoininininininin sem co m -e^tin wmiwui wmifl in esesesesesestsesescsi^r^cscsesesesesesescscsesesesescscsescscs I es e^ es es co o o esin o m co m cs o co CT:co o o oo oc - seco inco esco om - l t^cscj mco OC0CO -en cs o CTjO O -00 -COCO es-j3 CD es - m esoo CDOOrocO es o CT:cs M--cs cscscscs-cscscs - --es---- ts- N - en fi co m sem m cseo cr.sem oo c ce ^ cr-.m es - o o CT: CT-.ro in rs - se a-.\n m o - : - csin o esse-m co m co ctj cr.co 0~5 CT.CO CT: O-.00 rs [s, es CTiCTiO O -se-- O es csro co - OCO -poro pi CT:C7;cs csm Pi CO se O se CTiesO csocOrom cominmmcccomcocococommmmmmm se-m co m se-se-m m co m m m esesesesesesesesesesescsesesesestsesesesseseseses es es s s s es pi esse- cr.mco ooeose- co m m m m es es es es se- co ^T= pi po sem co es en o - pi po se-m co rs en o - pi po se-m co esco en o - ----.-.plp)plpqpiPlPlP)Pl.-OPO COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SEANCE DU LUNDI 20 AOUT 1849. PRSIDENCE DE M. BOUSSINGAULT. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. minralogie. tude comparative des sables aurifres de la Californie, de la Nouvelle- Grenade et de l'Oural; par M. Ddfrnoy. M. le Consul de France Monte-Rey a adress M. le Ministre des Affaires trangres une collection du gisement de l'or en Californie; une partie de cette collection a t remise l'Ecole des Mines, et j'ai pu -en faire l'examen; elle se compose : > i. De deux chantillons de terre aurifre recueillie la surface du sol , sur deux points de la valle du Sacramento; 2. De sable aurifre rsultant d'un lavage assez avanc des terres prcdentes, et dans lequel on observe distinctement des paillettes d'or; 3. De galets de quartz et de fragments de roches recueillis dans l'alluvion qui constitue cette valle; 4- De deux ppites d'or; 5. Enfin, de paillettes d'or provenant de trois points diffrents du Sacramento, savoir : de la rivire Amricaine auprs de son confluent dans le Sacramento, de cette mme rivire 48 kilomtres de son embouchure, enfin de la rivire des Plumes, distante de 6o 72 kilomtres l'est de la C. R., 18^9, 2 me Semestre. (T. XXIX, N 8.) 27 ( 194 ) premire. Ces trois points font connatre peu prs le cinquime de la valle du Sacramento, qui prend naissance dans la Sierra-Nevada (monta- gnes Neigeuses) et va se jeter dans l'Ocan au port de San-Francisco. Son cours, peu prs est-ouest, a de 336 36o kilomtres de long. Les paillettes d'or de la Californie sont beaucoup plus larges que celles qui proviennent des lavages de l'Oural et des lavages du Brsil. Elles en diffrent galement par leur couleur rongetre, qui permet de les distinguer la premire vue; leur composition, d'aprs l'analyse qu'en a faite M. Rivot T est Or 90,70 Argent 8,80 Fer o,38 99788 (*) Les terres de la valle du Sacramento sont lgres : au toucher, elles sont assez douces, toutefois la friction y fait distinguer quelques parties maigres; leur couleur est d'un brun clair; le microscope apprend qu'elles sont presque entirement siliceuses; les petits fragments qui les composent sont anguleux et transparents; ils s'agglomrent assez facilement sous forme de grumeleaux, et simulent, par leur couleur et leur transparence, une masse saline; l'il nu on n'y aperoit que peu de grains distincts. La ppite d'or remise l'cole des Mines pse 47 ?r i94 T 4 sa couleur est un peu rougetre ; sa composition est, du reste, trs-analogue celle de l'or en paillettes. Cette ppite adhre du quartz blanc laiteux, dont la surface est us^e la manire des galets; elle a donc t soumise un long frottement : toutefois elle a conserv sa forme gnrale , qui est celle d une veine paisse, plate et irrgulire. La forme de cette ppite et la prsence du quartz nous rvlent que, dans ses gtes primitifs, l'or forme des veinules gangue quartzeuse. Les fragments schisteux qui existent dans l'alluvion de la valle du Sacramento nous font penser que les montagnes qui renferment les veines aurifres sont plutt de schiste micac que de granit proprement dit ; cette conclusion ressort galement de l'examen des sables aurifres lavs. Nature des sables aurifres de la Californie. La teinte gnrale de ces sables est noire; on s'aperoit, la premire vue, que le fer oxydul y domine, et que c'est ce minral qui leur imprime (*) Annales des Mines, tome XIV, page io5; 1848. ( '95 ) sa couleur. J'ai eu consquence commenc par sparer le fer oxyclul an moyen du barreau aimant; 3 grammes m'ont donn i gr ,79 de fer oxydul, ou 59,82 pour 100. Malgr la sparation de cette forte proportion de fer oxydul, les sables avaient conserv encore leur couleur noire; ils taient fortement enrichis en or, et l'on y remarquait des paillettes plus nom- breuses. Examins au microscope, les sables restant aprs la sparation du fer oxydul contenaient quelques cristaux octadres, les uns faces miroitantes et peu altres, les autres arrondis mais encore brillants; ces cristaux, d'a- prs leur forme et la couleur de leur poussire, paraissent appartenir au fer oxydul titanifre; ils sont mlangs de cristaux aplatis que leur projection hexadre et leur poussire rouge font considrer comme du fer oligiste; enfin, parmi les grains noirs on observe des fragments irrguliers mats, assez tendres, qui ont tous les caractres de manganse. lie fer oxydul titanifre prdomine beaucoup dans cette seconde portion dessables, le manganse y parait au contraire assez rare; cette se- conde espce de fer oxydul se distingue nettement du fer oxydul spar par le barreau aimant: celui-ci, fragmentaire et terne, est rouilleux dans quelques parties. Mlangs au fer oxydul titanifre, on trouve dans la seconde portion des sables de la Californie beaucoup de cristaux de zircon blanc termins leurs deux extrmits dont les formes sont trs-nettes; ce sont : i des prismes carrs, surmonts de l'octadre base carre, plac sur les angles ; 2 ce mme prisme prsentant, outre le pointement octadrique des fa- cettes i rsultant de l'intersection des artes communes cet octadre et au prisme; 3 des prismes huit faces forms par les deux prismes carrs M et h\ Ces cristaux sont gnralement assez courts; leur parfaite diaphanit, jointe leur absence totale de couleur, les fait prendre, au premier abord , pour du quartz; mais quand on compte le nombre de leurs faces, ce qui est trs-facile pour beaucoup d'entre eux , on ne peut douter qu'ils n'appar- tiennent un prisme base carre. Malgr leurs faibles dimensions, la nettet de ces cristaux est telle, qu'on peut mesurer l'incidence de plusieurs des faces. M. Descloizeaux a trouv que l'angle de i sur i est de i473o', qui ne diffre que de quelques minutes de la valeur de l'angle correspondant dans le zircon. J'ai galement pu observer l'angle des faces i sur i et M sur i dans des cristaux de zircon de la Nouvelle-Grenade, dont je parlerai dans quelques lignes; j'ai ob- '27.. ( 196 ) tenu pour leurs valeurs 1 33 et 1 4g degrs , qui sont tres-rapproches des valeurs i33 et i48 7' donnes par Philipps pour les mmes angles. Une remarque qui me parat intressante , au moins au point de vue de la puissance de la cristallisation, c'est que les cristaux de zircon sont souvent pntrs d'autres cristaux qui y sont entirement renferms , ainsi qu'on l'observe pour les aiguilles de titane dans le cristal de roche. Ces cristaux, souvent d'un blanc laiteux ou mme incolores, se dessinent parfai- tement sous le microscope parla manire diffrente dont ils sont clairs; quelques-uns sont d'un rouge hyacinthe. Le zircon blanc, si abondant dans les sables de la Californie, est gn- ralement rare; je rappellerai qu'il existe avec quelque abondance dans le Zillerthal , en Tyrol. Les sables de la Californie contiennent eucore du quartz hyalin inco- lore et du quartz hyalin enfum. Ce quartz , constamment fragmentaire se distingue sa cassure vitreuse et conchode; on y remarque, enfin, quelques fragments d'un bleu clair, qui ne peuvent appartenir qu' du corindon. Les grains de sables lavs ont gnralement o m ,oooo5 de long sur o m ,ooooi de diamtre ; ces dimensions permettent de les isoler, ou du moins de les grouper facilement sous le microscope. J'ai profit de cette circon- stance pour tablir approximativement la proportion des lments que je viens de signaler; il m'a suffi pour cela de les compter. Dans une premire opration, j'ai opr sur 56o grains, dans la seconde, sur 352; la moyenne de ces deux oprations m'a donn les rsultats suivants : Fer oxydul obtenu par le barreau aimant 5g, 82 Fer oxydul titanifre, fer oligiste avec trace de manganse oxyd 16, 32 Zircon 9 2 Quartz hyalin 1 3 , 70 Corindon 0,67 Or O 0,29 100,00 La diffrence qui existe dans la grosseur et la forme des grains, celle que prsente la pesanteur spcifique de chacun des lments dont se com- posent les sables aurifres de la Californie doivent faire considrer ces pro- portions comme ne donnant qu'une approximation grossire de leur compo- sition. Toutefois, elles correspondent assez bien l'apprciation qu'on en (*) La richesse en or a t dtermine par un essai par la voie sche. ( i97 ) fait la simple vue, et offrent de l'intrt par les indications qu'elles four- nissent sur la nature du terrain aurifre. On remarquera, en outre, que la pesanteur spcifique des sables de la Californie est de 4^7, et que le fer o.xydul pse 5,09. Ces nombres concordent assez bien avec la composi- tion que l'on vient d'indiquer. L'tat cristallin du fer oxydul titanifre et des zircons montre que les terrains anciens dont la destruction a produit le diluvium aurifre de la valle du Sacramento ne sont pas loigns, et tout conduit le considrer comme appartenant la chane des montagnes Neigeuses. La parfaite con- servation de ces cristaux, et surtout la circonstance particulire d'tre ter- mins leurs deux extrmits, nous fait, en outre, conjecturer que ces roches sont schisteuses. Dans les granits, en effet, les cristaux adhrent la roche, et ne prsentent qu'un sommet; dans les roches schisteuses, au contraire, les cristaux, trs-frquemment couchs dans le sens de la stratification, sont complets. Tels sont les staurotides et les disthnes du Saint-Gothard, diss- mins dans le schiste talqueux, les macles de Coray, en Bretagne, et surtout les petits cristaux de tourmaline si frquents dans les schistes micacs du Morbihan. Il y a donc tout lieu de croire que les montagnes Neigeuses qui forment la limite ouest de la Californie sont, en grande partie, de schiste micac et de schiste talqueux. L'intrt que m'a prsent l'examen des sables aurifres de la Californie m'a fait natre le dsir de les comparer . du sable aurifre de plusieurs localits, et j'ai fait une tude comparative des sables aurifres de la Nouvelle. Grenade que m'a remis M. Amde Bu rat, et des sables de l'Oural, rapports par M. Le Play. Sables de la Nouvelle-Grenade. Les sables de la Nouvelle-Grenade ont t recueillis dans la valle du Rio-Dolce, situe dans la province d'Antioquia; ils sont presque entirement cristallins comme ceux de la Californie; les formes des cristaux de fer oxy- dul titanifre et de zircon sont mme encore mieux conserves; ces sables sont plutt gris que noirs; aussi le barreau aimant ne m'a-t-il donn suV ( g, ',70 de sable que 2 gr ,3o de fer oxydul, ou 34,35 pour 100; il a rest, aprs cette premire opration, un sable compos de fer oxydul tita- nifre, de fer olifjiste, de zircon et de quartz. Les deux premiers minraux, quoique trs-abondants, ne sont pas, beaucoup prs, dominants comme dans le sable prcdent. Je n'ai pas ici compt les grains, la petitesse de beaucoup d'entre eux rendait cette opration difficile; je les ai simplement ( i9) estims la vue, en sparant, autant que possible , sous le microscope, les grains de nature diffrente. D'aprs cette valuation, ils seraient composs de : Fer oxydul attirable obtenu exactement 34,35 Fer oxydul titanifre et fer oligiste i5,oo Zircon. . . 20,00 Quartz 25 , 00 Corindon 1 , 00 Roche d'un gris jauntre, opaque , probablement quartz ; pyrites de fer et or . . 4 )65 100,00 Parmi les cristaux de fer oxydul titanifre et de fer oligiste, un certain nombre out conserv des formes facilement apprciables. Ils ont, en gnral, beaucoup d'clat; les cristaux de zircon , pour la plupart trs-nets, sont fr- quemment termins leurs deux extrmits : ils possdent la couleur rouge- orange propre ce minral. Ces cristaux sont plus allongs que ceux des sables de la Californie; leurs formes, quoique les mmes, en diffrent ce- pendant essentiellement par la diffrence d'extension des faces. Ce sont des prismes carrs h\ surmonts d'un dioctadre allong et termin par des fa- cettes a' trs-courtes. On les aperoit seulement dans la projection des cristaux, par une pointe obtuse qui les termine. Le quartz, presque toujours fragmentaire, est peu roul; on y observe mme quelques cristaux termins leurs deux extrmits. On peut dire en gnral que le sable aurifre de la Nouvelle-Grenade est moins roul que celui de la Californie , ce qui fait prsumer qu'il pro- vient de moins loin. Effectivement , en comparant la distance des Andes la valle du Rio-Dolce, on ne trouve qu'un loignement de 80 kilomtres, tandis que nous avons vu que la valle du Sacramento avait prs de 400 kilo- mtres de long. Les sables de la Nouvelle-Grenade sont moins riches en fer oxydul que ceux de la Californie, ce qui pourrait tenir ce que leur lavage a t pouss moins loin : ce sont l les seules diffrences que Ton observe; leur composition est, au contraire, identique. On peut en conclure que les montagnes qui les ont produits par leur dnudation sont de mme nature, et que les Andes, sur une longueur de plus de 4800 kilomtres, prsentent une identit complte. La rgularit de cette chane , qui forme partout la barrire du grand Ocan, donnait naturellement cette ide; mais la consta- tation du fait matriel n'en est pas moins intressante, etl'tudedessablesnoiK montre cette identit jusque dans des dtails que le gologue n'est pas toujours mme d'observer, car les minraux qu'ils contiennent sont dissmins d'une manire inapprciable dans la roche, tandis que les phnomnes diluviens ( T 99 ) qui les ont la fois isols de la roche et concentrs dans un terrain meuble , offrent un moyen facile de les tudier. Sables de l'Oural. J'ai examin deux varits de sables de l'Oural ; l'une , qui a t envoye M. Becquerel par le gouvernement russe , et dont ce savant a remis des chantillons au Musum d'Histoire naturelle; l'autre, recueillie par M. Le Play sur les lavages mmes. Le premier est sans doute un produit de lavage moins concentr que le second; il contient seulement 10 pour ioo de fer oxydul : la plupart des fragments qui le composent sont quartzeux. Le second renferme 22, 1 2 de fer oxydul , attirable au barreau aimant. M. Le Play, attach l'expdition scientifique de l'Oural, excute par M. Dmidoff , m'a communiqu sur le lavage de ce sable des renseignements prcieux qui permettront, plus tard, de hasarder quelques conjectures sur la richesse du sable de la Californie. Cet ingnieur a fait de nombreuses exp- riences pour constater la richesse des lavages aurifres des sables de l'Oural ; il a reconnu que les lavages les plus riches donnaient 0,0000008, et que l'on traitait encore des sables dont la teneur en or tait seulement de 0,0000001. Le sable que M. Le Play m'a remis appartenait la premire espce ; il avait t concentr de manire que 100 grammes de sable lav provenaient de 3 200 kilogrammes de sable brut. Sa richesse en or tait donc de o,oo256. Le quartz, si abondant dans la varit de M. Becquerel, tait, compa- rativement, rare dans celui-ci. Il appartenait trois varits, savoir : du quartz hyalin incolore , du quartz amthyste et du quartz enfum. Le minral le plus abondant parat tre le fer oxydul titanifre; il est noir, clat brillant , un peu rsineux ; les grains sont gnralement arrondis et sans forme, de sorte que je n'ai pu y distinguer le fer oligiste. Je crois, du reste, que si cet oxyde de fer existe dans ces sables, il est au moins trs-rare, car je n'ai pu isoler de grains donnant la poussire rouge. J'ai remarqu des grains allongs ayant une forme prismatique grossire , qui m'a rappel la mengite, minral assez abondant dans les montagnes de l'Oural. On aperoit distinctement des grains transparents d'un jaune verdtre, chatoiement laiteux, qui paraissent appartenir de la cymophane ; j'ai vu galement quelques cristaux de zircon blanc, dont les formes taient appr- ciables, quoique les artes en fussent fortement mousses : les faces de l'octadre a' dominent beaucoup , et les cristaux en sont surbaisss. ( 200 ) Les grains de cette varit de sable de l'Oural sont gnralement trs- arrondis, et portent, par consquent, les traces d'un frottement long, et peut-tre d'un transport assez loign. Leurs dimensions sont gnralement assez uniformes, ce qui m'a permis d'en compter un certain nombre. Les proportions relatives que m'a donnes cette valuation grossire sont les suivantes Fer oxydul attirable obtenu par le barreau aimant ... 23 Fer oxydul titanifre ? Mengite? etc 5o Cymophane i o Quartz hyalin de diverses varits i4 Zircon 3 ioo 11 existe, en outre, de la pyrite de fer et de la pyrite de cuivre. J'ai trouv que la pesanteur spcifique des sables de l'Oural est de 4i53, un peu suprieure celle des sables de la Californie , ce qui annoncerait qu'ils sont un peu plus riches en fer oxydul et eu fer oligiste que ceux-ci. La composition des sables de l'Oural prsente des diffrences notables avec ceux de l'Amrique; les derniers contenaient 5j pour ioo de fer oxy- dul, et les seconds a3; ils offrent au contraire 5o pour ioo de fer titane, tandis que les autres n'en contiennent que i5 ou 16 pour ioo; mais la diff- rence la plus remarquable consiste dans la prsence de la cymophane qui y entre pour au moins io pour ioo. " Le zircon y est encore reprsent, mais il n'y existe qu'en fort petite quantit; le quartz, qui est un des lments essentiels de toute roche cris- talline, s'y trouve avec une gale abondance. La proportion qu'on observe dans les sables aurifres concentrs n'est pas beaucoup prs celle qui existe dans l'alluvion brute; mais la pesanteur spcifique du quartz n tant que de a, 7, tandis que celle du fer oxydul est de 5,09, celle du zircon de 45o, de la cymophane 3,68; la plus grande partie du quartz doit tre limine aussi- tt qu'on pousse le lavage un peu loin. Sables du Rhin. J'ai enfin examin un sable aurifre de la valle du Rhin qui a t donn la collection du Musum d'Histoire naturelle, par M. Mnard de laGroye; le lieu exact d'o ce sable provient n'est pas indiqu, on ne connat pas non plus sou degr de concentration; il doit tre assez faible, en juger du moins par la proportion de fer oxydul que le barreau aimant a spar, qui ne s'lve ( 20I ) pas tout fait 2 pour 100. Le sable restant contient encore des grains noirs brillants, analogues au fer titane; la proportion en est faible, je ne l'ai pas calcule; mais je ne crois pas qu'elle dpasse plus fie 3 ou 4 pour 100. Le quartz est non pas la partie dominante, mais l'lment presque absolu, et on peut l'valuer au moins 90 pour 100; il est constamment hyalin, mais de couleur varie, incolore, enfum, jaune de topaze fonc et rose: cette der- nire varit est abondante. On distingue au milieu de cette multitude de grains de quartz quelques cristaux de zircon blanc; leurs artes sont mous- ses, tandis que le quartz est en fragments anguleux. La diffrence remar- quable entre l'usure des cristaux de zircon et des grains de quartz pourrait peut-tre annoncer le mlange d'alluvions de diffrentes poques. ( Je n'ai observ de spinelle dans aucun des sables aurifres que j'ai exa- mins. Cette absence est-elle fortuite, ou serait-elle au contraire le rsultat d'une cause gnrale? je serais port adopter cette dernire opinion. J'ai trouv du spinelle en grande abondance dans les sables stannifres de Pyriac, j'en ai galement vu dans les lavages d'tain, en Gornouailles; peut-tre pourrait-on en conclure que ce minral appartient des roches cristallines plus anciennes que celles qui renferment les gisements d'or. J'ai annonc que la connaissance exacte de la richesse en or des sables de l'Oural nous permettrait d'mettre une conjecture sur la richesse des sables de la Californie; en effet, la densit de ces sables tant trs-rappro- che, 4j37 et4>53, on peut admettre que l'opration du lavage a concentr les sables dans des proportions peu prs gales. Or le sable lav de l'Oural contient o,ooa56 d'or; l'essai du sable lav de la Californie nous a donn 0,0029 pour sa richesse; celle-ci, quoique suprieure, s'en rapproche nota- blement. On possde encore quelques renseignements qui vrifient en quelque, sorte cette hypothse: la Russie a produit en 1847 une quantit d'or value 77 millions de francs; le nombre d'ouvriers employs au lavage de cet empire est de 5o,ooo environ. D aprs les documents publis sur la Califor- nie, soit par les journaux amricains, soit par les journaux anglais, il para- trait que la production en or s'est leve de 4 5 millions de dollars, ou de 20 25 millions de francs; le nombre de travailleurs est de i5 16000; or 2.5 millions sont peu prs le tiers de 77, comme 16000 seraient le tiers de 5o; ainsi le mme nombre d'ouvriers produirait peu prs la mme quan- tit d'or; il y aurait alors d'une part analogie entre la richesse des sables lavs de l'Oural et de la Californie, et une production semblable par ouvrier; il. est donc naturel de penser que le diluvium aurifre de la Californie se C. H., 18*9, 3 me Semr. ( T. XXIX, N"8.) *& ( 202 ) prsente, sous le rapport de la richesse, dans des conditions analogues aux autres lavages d'or. lia dcouverte importante du gisement de la Californie peut, dans les premiers moments, donner de grands bnfices, soit parce que les premiers chercheurs sont tombs sur des placers extrmement riches, ou par toute antre cause fortuite; mais bientt il s'tablira une. moyenne de produits qui don- nera cette industrie sa valeur relle. Les produits des mines de Russie, qui sont officiellement connus, nous permettent d'valuer, approximativement, ce qu'un ouvrier exploite jour- nellement d'or. Il suffit de diviser le nombre '77000000 par 5oooo; on trouve, par ce calcul, que chaque ouvrier produit annuellement une quantit d'or correspondante 1 54o francs. En admettant, cause des circonstances locales, que les ouvriers ne travaillent que deux cents jours par an, le pro- duit journalier, brut, d'un ouvrier est. donc de 7 f 70 c en or. Lorsque l'on compare l'exploitation des mines d'or l'industrie du fer, on remarque que l'avantage est en faveur de cette industrie; ou trouve en effet, dans les Comptes rendus des Ingnieurs des Mines pour 1847, f \ ue la production de la fonte et du fer s'est leve, en France, pour cette anne, une somme de 191 millions environ, et que le nombre d'ouvriers employs aux diffrents travaux des forges est de 33ooo(*). La valeur cre par chaque ouvrier a donc t, dans cette anne', de 5788 francs; les chmages frquents qui existent dans les travaux du fer, soit par la raret du bois ou la suspension momentane des forces motrices, nous conduisent penser que chaque ouvrier travaille au plus deux cent cinquante jours par an. Le produit journalier serait, dans cette supposition, de a3 f 1 5 e , il serait encore de \cfi5 c en admettant trois cents jours de travail par an. Pour ta- blir une comparaison exacte entre les avantages de l'exploitation de l'or et du travail de fer, il serait ncessaire d'y introduire le capital engag dans chacune de ces industries. Nous ne possdons pas de documents assez com- plets pour le faire, mais nous savons que le travail du fer exige des dpenses (*) Nombre d'ouvriers employs la production du fer (Comptes rendus des Ingnieurs des Mines; 1847) : Employs l'extraction des minerais i5ooo Employs au travail des hauts fourneaux. . . . 5 000 Employs aux forges . . 1 3 000 33 000 ( 203 ) en matriel et en combustible beaucoup plus considrables que le lavage de l'or. Toutefois, il nous parat certain que la valeur cre par chaque forgeron est au moins gale celle produite par l'orpailleur. T^es valuations qui prcdent, quelque errones qu'on les suppose, me paraissent cependant devoir faire penser que le gisement de l'or de la Cali- fornie se prsente peu prs dans les mmes conditions que les autres gise- ments connus. Les avantages en seront analogues, et ils dpendront entirement du prix de la main-d'uvre, attendu que, dans l'exploitation des sables auri- fres, les dpenses consistent presque exclusivement dans le transport et le lavage des terres; dans tous les cas, ils ne sauraient tre extrmement consi- drables, le produit brut, par ouvrier, ne pouvant tre valu plus de 9 10 francs par jour. La dcouverte de l'or en Californie ne produira donc pas la rvolution que l'on a suppose dans l'industrie minrale, mais elle sera, pour ce nouvel tat de l'Union amricaine, une source de richesse et de civilisation. RAPPORTS. chimie. Rapport sur un Mmoire de M. Wurtz, relatif des composs nouveaux analogues l'ammoniaque. (Commissaires, MM. Thenard, Chevreul, Dumas rapporteur.) L'Acadmie nous a chargs de lui rendre compte du travail dont elle a entendu la lecture dans sa sance dernire, et dont les principaux rsultats, dj ports sa connaissance depuis quelques mois, avaient vivement frapp tous les chimistes par leur nouveaut, leur importance et leur nettet. C'est assez dire que les Commissaires nomms par l'Acadmie n'avaient pas attendu que la Compagnie leur ft un devoir d'tudier les faits dont M. Wurtz vient d'enrichir la science, pour les constater et pour en mesurer toute la porte. Aussi, se sont-ils trouvs immdiatement d'accord sur le juge- ment qu'ils viennent soumettre avec une entire confiance son approbation. Il existe dans le domaine de la chimie organique une classe de corps composs qui, parla simplicit de leurs formules, la sret de leurs rac- tions, la symtrie de leurs rapports, ont, depuis vingt ans, le privilge d'attirer tous les regards, d'exciter les recherches les plus ardentes et de rcompenser tous les efforts; mine inpuisable, d'o sortent la fois les lois les plus leves de la philosophie naturelle , les applications les plus heureuses de la pratique. 28.. ( 204 ) C'est le groupe des alcools , des thers , des acides gras , des corps gras , dont l'tude a tant contribu rattacher la chimie organique la chimie minrale, prouver que les lois gnrales qui groupent les faits dans ces deux branches de la science, loin de les sparer, tendent , au contraire , les confondre de plus en plus. Nous savons, par l'tude des corps que ce groupe renferme, que l'esprit- de-bois 2 HO 4- G 2 H 2 forme le premier terme d'une srie qui contient les alcools les mieux caractriss, dont la formule gnrale 2 HO, nC 2 H 2 , ou plus gnralement 2 HO, nC m H m_b ,... b pouvant tre gal zro , exprime la composition, et dont les proprits peuvent toujours tre prvues, tant donnes celles de l'esprit-de-bois. Nous savons que l'ther mthylique HO, C 2 H 2 forme le premier terme de la srie des tbers dont l'expression gnrale HO, nC 2 H 2 ou HO, nC m H m "" b , montre les relations et le paralllisme exact avec la srie des alcools , tout en permettant de prdire les proprits des corps qu'elle ren- ferme, tant donnes celles de l'un ou mieux deux d'entre eux. Nous savons encore que 2 O , G 2 H 2 ou bien 2 O , n G 2 H 2 , ou , plus gn- ralement, 2O, nC m H m-b reprsentent un ensemble de produits auxquels se rattachent l'essence d'amandes, l'essence de cannelle, l'aldhyde et beaucoup d'autres substances riches en drivs curieux et importants. Nous savions, enfin, que, sous la formule O*, G 2 H 2 ou bien O*, n C 2 H 2 , ou, plus gnralement, O*, nC m H m_b , viennent se ranger les acides orga- niques les mieux connus, partir de l'acide formique et du vinaigre jusqu'il l'acide margarique et l'acide benzoque. Dans ce cas encore, la parfaite sy- mtrie des formules se justifiait par la symtrie des ractions, et avait con- stamment fourni le moyen de prvoir, de prdire l'existence des drivs de l'un des termes de la srie , par la connaissance des drivs obtenus de l'un quelconque des termes, mme du plus loign de celui qui tait soumis aux preuves de l'exprience. Mais les corps renferms dans ces quatre sries, pour la plupart dj connus des chimistes depuis longtemps, n'ont t assimils entre eux et groups en familles naturelles que par une tude lente et opinitre de leurs proprits. Dcouvrir une srie nouvelle de la mme nature, de toutes la plus importante peut-tre par le nombre et la varit de ses drivs; montrer, par un exemple clatant, que la science peut entrer avec confiance dans ces voies que la synthse lui ouvre, c'est la fois un honneur insigne et un rare bonheur. Or, M. Wurtz vient de rvler aux chimistes l'existence d'une srie ( ao5 ) nouvelle de composs qui, parlant de l'ammoniaque, se rangent sous la for- mule gnrale que nous voyons se reproduire si constamment dans tous les cas prcdents, AzH 3 , C 2 H 2 , ou bien encore AzH 3 , nC 2 H 2 , ou mieux enfin, AzH 3 ,nC n, H m - b . De mme, qu'en ajoutant 2 quivalents d'eau 1 ou plusieurs quiva- lents de carbure d'hydrogne, on fait des alcools; de mme, qu'en ajoutant 1 quivalent d'eau 1 ou plusieurs quivalents de ce mme carbure d'hy- drogne, on fait des thers; de mme, qu'en ajoutant 4 quivalents d'oxy- gne 1 ou plusieurs quivalents de ce mme carbure d'hydrogne, on fait des acides; de mme, enfin, en ajoutant 1 quivalent d'ammoniaque 1 ou plusieurs quivalents de ce mme carbure d'hydrogne, on fait des alcalis organiques. Du mme coup, M. Wurtz enrichit donc la science de beaucoup d'al- calis organiques nouveaux et d'une loi qui nous apprend la fois quels sont les rapports de ces alcalis enlre eux, et comment on peut rattacher la srie qu'ils ouvrent les alcalis dj connus. Il fournit aux recherches un champ vaste et nouveau , en montrant quel est le mode de gnration le plus simple, le plus gnral des alcalis orga- niques, et en mettant ainsi la chimie sur une voie qui lui permettra de produire de toutes pices les alcalis organiques les plus compliqus et les plus utiles, la quinine, la morphine, par exemple. En prenant pour point de dpart l'ammoniaque, M. Wurtz a dj obtenu ou mis leur place systmatique les alcalis suivants : Ammoniaque AzH 3 ; Mthyliaque Az H 3 , C 2 H 2 ; thyliaque AzH 3 , C 4 H 4 ; Butyriaque AzH 3 , G 8 H 8 ; Amyliaque AzH 3 , C ,0 H ,0 ; Nicotine AzH 3 , C 40 H 4 ; Aniline AzH 3 , C ,2 H\ Picoline AzH 3 , C< 2 H* ; Toluidine AzH 3 , G ,4 H 6 ; Gonicine AzH 3 , C'H 12 -, Gumidine AzH 3 , G ,8 H' ; Leucole AzH 3 , C ,8 H 4 . n Parmi ces alcalis, les quatre premiers ont t dcouverts et tudis p;\r M. Wurtz. Leur analogie avec l'ammoniaque est vraiment surprenante. ( 20 ) Celui qui s'en rapproche le plus en reproduit tous les caractres avec une fidlit qui ne peut se retrouver que dans les corps les plus voisins de la chimie minrale, dans la soude et la potasse, par exemple. Chacun d'eux pouvant reproduire tous les drivs auxquels l'ammo- niaque donne naissance, c'est--dire les sels, les amides, les composs dou- bles ou compliqus, si nombreux dans les combinaisons ammoniacales , leur tude enrichira certainement la chimie d'un millier d'espces nouvelles, o les arts trouveront des ressources inconnues, la physiologie des explications imprvues, les thories chimiques des moyens de contrle prcieux. Ce serait abuser des moments de l'Acadmie que de signaler dans ce Rapport des faits qui lui ont t exposs dans la sance prcdente, et dont elle a certainement conserv le souveuir. Ce serait une tche facile que de signaler les drivs nombreux que la thorie indique et qu'il n'a pas encore t possible M. Wurtz de raliser. Vos Commissaires, pour le premier point, n'auraient rien a ajouter, rien modifier, rien retrancher au M- moire de l'auteur. A l'gard du second, ils veulent lui laisser tout entier l'honneur de parcourir un champ qu'il lui appartient de fconder. Us se bor- neront donc dclarer que toutes les observations nonces par M. Wurtz, reproduites sous leurs yeux, leur ont paru de la plus parfaite exactitude et que le Mmoire o l'auteur les a consignes restera , dans la science, comim un modle par la fermet des vues, la justesse et la svrit des conclusions, aussi bien que par l'abondance des faits. > Un grand nombre de produits, prpars sur une large chelle, ont t mis sous nos yeux, et ils nous ont paru dignes , par leur beaut et par leur nouveaut, d'tre placs sous ceux de l'Acadmie l'appui de ce Rapport. Nous le terminerons en dclarant l'Acadmie, qu' notre avis , il y a longtemps que la chimie ne s'tait pas enrichie d'une srie de corps aussi importante, d'une thorie aussi fconde, et qu' ces deux titres la place du Mmoire prsent par M. Wurtz est marque de la manire la plus honorable dans le Recueil des Savants trangers. Les conclusions de ce Rapport sont adoptes. f 207 ) VOYAGES SCIENTIFIQUES. Instructions demandes par M. le Ministre de l'Instruction publique, et destines M. le colonel Ducouret. (Commissaires, MM. Elie de Beaumont, Pelouze, Valenciennes, Ad. Brongniart, Gaudicbaud, Decaisne.) Botanique. (M. Decaisne rapporteur.) L'Acadmie nous a chargs, MM. Elie de Beaumont, Pelouze, Valen- ciennes, Ad. Brongniart, Gaudicbaud et moi, de rdiger quelques instruc- tions demandes par M. le Ministre de l'Instruction publique pour M. le colonel Ducouret (Hadji-abd-el-Hamid-Bey), charg d'une exploration de cinq annes dans l'Afrique centrale. Dans l'itinraire trac par M. Ducouret, accept par M. le Ministre, et sur lequel l'Acadmie n'est point appele se prononcer, on voit que M. le colonel Ducouret, partant d'Alger, se propose d'explorer la plus grande partie de l'Afrique. La premire partie de cet immense trajet continental comprend l'exploration du Tell algrien (Talifet), du pays des Dattes (Agably), de l'Oasis des Touals, du Sahara (Mabroak), du pays des Hagars (Ouanonki), du royaume de Tambouctou (le Niger), du pays des Tajouantes, de celui des Dirimans, du Banan (lac Debo), du pays de Masima, du Bambara, du Mandingou, et enfin des sources du Sngal. Vos Commissaires se sont borns rdiger les instructions pour cette premire partie du voyage seulement. L'histoire naturelle des contres que doit parcourir, en une anne, M. Ducouret est tellement obscure et prsente de telles lacunes, que votre Commission se borne, d'une part, renvoyer aux instructions gnrales rdiges par MM. les professeurs du Musum; de l'autre, appeler l'attention du voyageur sur quelques questions particulires que ses longs voyages en Afrique, sa position exceptionnelle et les connaissances dans les idiomes africains qu'il parat possder, lui permettront sans doute de rsoudre. Vos Commissaires engagent M. Ducouret chercher clairer, durant son sjour sur les frontires du royaume de Tunis, une question qui, depuis longtemps, occupe les savants, celle qui se rattache au Lotos des Lotophages; plusieurs naturalistes, et Desfontaines, dans un Mmoire spcial, ont cru pouvoir rapporter le Lotos une espce particulire de Jujubier. Les fruits du Lotos, produits par un arbrisseau pineux, auraient , suivant des traditions ( ao8 ) plus ou moins fabuleuses, la proprit de faire perdre la mmoire ou d en- ivrer. Les Jujubiers, les Elaeagnus, parmi lesquels on a cru reconnatre la plante des anciens, sont, en effet, des arbrisseaux pineux, mais leurs fruits, mucilagineux et doucetres, se mangent impunment. Tout rcemment, un des officiers les plus distingus de l'arme d'Afrique, M. Pelissier, a rencontr, dans le dsert de Sonssa, prs de Tunis, un arbrisseau pineux dont les fruits enivrent, et que les Arabes appellent Damouck. Nous signalons cet arbuste aux recherches de M. Ducouret. Desfontaines a observ, sur les bords du dsert et dans le pays des Dattes, plusieurs plantes grasses qu'il a cru pouvoir rapporter des espces de l'Afrique australe; nous appelons, sur ces vgtaux, l'attention de M. Du- couret, et nous demandons ce qu'il en envoie des boutures. Vos Commissaires recommandent l'attention de M. Ducouret les sub- stances mdicinales usites parmi les Arabes; ils emploient, par exemple, comme vomitif trs-nergique le liber ou corce interne d'une plante qui nous est inconnue; cette drogue se dbite sous la forme de corde jaune du volume d'une plume ordinaire. Mais nous croyons devoir prvenir M. Du- couret qu'une foule de substances, mme employes dans le Maroc, y arrivent de l'Inde. Les corces tinctoriales et employes dans la tannerie peuvent tre fort intressantes tudier pour notre commerce, et nous engageons M. Ducouret chercher avec soin se les procurer et recueillir des chantillons en fleurs ou en fruits des plantes qui les produisent. Il n'est point indiffrent, sous un autre point de vue, de connatre les diverses plantes alimentaires cultives dans les contres cpje M. Ducouret se propose de visiter. Nous demandons, en particulier, les graines des nom- breuses varits de Courges cultives par les Maures; ces semences, bien mres, renfermes dans des sachets de toile sur lesquels on inscrira le nom vulgaire et l'usage, nous parviendront en bon tat, car elles conservent pendant plusieurs annes leur facult germinativc Quelques plantes semblent tre les compagnes de nos crales, et se rencontrer partout o pntre la culture de ces dernires, et notamment du Riz. Il serait intressant de faire, pour ainsi dire, la flore d'un champ ou d'une rizire. Nous engageons M. Ducouret noter avec soin la limite go- graphique et orographique des diffrentes cultures qu'il observera , celle de la Vigne en particulier, en cherchant comparer les races africaines nos vignes d'Europe. Les cartes indiquent, lest de Tambouctou, une vaste Oasis du pays ( aog ) de Koulouvis, les Touarigues, IOassa,etc, arross par le Niger, et dont il serait du plus grand intrt de bien connatre la vgtation. Les Arabes et les Maures obtiennent une liqueur fermente de plusieurs Palmiers, et, en particulier, du Dattier et de YElis ou Palmier huileux; mais ces deux espces ne paraissent pas tre les seules qui leur fournissent X Arky. Un dessin reprsentant ces arbres (autres que le Dattier), des fleurs et des fruits desschs seraient utiles pour nous les faire suffisamment con- natre. Nous demandons galement M. Ducouret des dessins exacts du Rondier (Borassiis thiopum). Il en sera de mme du Baobab; la forme gnrale des fruits sembla indiquer au moins deux espces dans ce genre remarquable, et votre Com- mission en demande des chantillons complets. Elle dsire obtenir des me- sures du tronc de ces arbres gigantesques, et des Notes sur l'emploi de leur corce qui, dit-on, est usite comme fbrifuge. La nature du sol des contres immenses que doit traverser M. Ducouret peut tre claircie par la vgtation; on sait, par exemple, que les Soudes, certains Statics, et quelques Rsdas, etc., affectionnent les terrains sau- mtres; nous demandons ce que M. Ducouret prenne des Notes trs-exactes sur les localits o croissent ces plantes. Leur prsence indiquera souvent, avec une extrme prcision, la position d'anciens lacs sals que l'on a signals dans quelques points de l'Afrique que doit parcourir M. Ducouret. Caill signale dans le royaume de Tambouctou une espce de fruit crme; ce fruit semble appartenir une plante de la famille des Asclpiades, dont le suc propre passe pour trs-vnneux , mais chez lesquelles les Arabes de l'Ymen et les Hottentots de l'Afrique australe ont su trouver plusieurs plantes alimentaires. Nous recommandons tous ces vgtaux M. Ducouret. Plusieurs voyageurs font mention d'une graine Cola, employe, dit-on, comme monnaie dans un grand nombre de points de l'Afrique intertropi- cale; il serait intressant d'en possder une certaine quantit, afin d'en faire l'analyse chimique. Les ngres les mchent et les emploient, rduites en pte liquide, comme condiment analogue au Soja des Chinois. Le liquide jaune qu'ils en obtiennent leur sert teindre le coton , et prsente, dit-on, une grande solidit. On a signal, dans quelques Oasis du centre de I Afrique, des Ananas, des Bananiers, etc.; il serait intressant de savoir si les fruits de ces plantes alimentaires contiennent des graines, et, dans ce cas, d'en envoyer en Eu- rope. Cest par une rare exception, on le sait, que quelques semences par- ti. B.,1849. * m * Semestre. (T. XXIX, >8.) ^9 ( 2IO ) faites se rencontrent parfois chez ces vgtaux, propags de tout temps par boutures ou par drageons. L'usage de certaines plantes alimentaires peut indiquer, avec autant de certitude que le langage, le costume, les moeurs et les relations des diverses races humaines entre elles. Nous demandons M. Ducouret quelques dtails sur la culture des Arachides qui font aujourd'hui l'objet d'un commerce tendu avec la cte occidentale d'Afrique, et sur la plupart des vgtaux qui fournissent de l'huile. Nous en exceptons l'huile d'Argan. Mais nous demandons de bons chantillons des arbres qui produisent le beurre de Galam et, avec cette substance , des cires vgtales. Quelques voyageurs ont signal une espce de Riz sauvage sur les bords du Sngal. Le Musum en possde quelques chantillons incomplets; et vos Commissaires pensent qu'il serait intressant d'en obtenir de complets, afin de savoir si cette plante ne rentrerait pas dans une des races dj culti- ves et dont on ignore l'origine. Nous demandons ce que M. Ducouret recueille avec soin des pis entiers des crales qu'il aura occasion de ren- contrer en maturit. L'histoire des diffrents Gommiers laisse beaucoup dsirer. On suppose que les Maures se sont rserv la rcolte des diverses varits dgommes; qu'ils se retirent sur les frontires du Maroc pendant l't , et qu'ils se rappro- chent peu peu du Niger en descendant dans les plaines o sont les forts de Gommiers. Suivant Adanson, ces forets commencent 60 kilomtres du Niger et s'tendent vers le nord une distance qu'il estime 400 kilomtres environ; il donne ces forts peu prs 120 kilomtres de largeur de l'est l'ouest, et il les partage en trois rgions: celle du Sahel voisine du Niger; celle du Lbiar qui ctoy, comme la premire, la bande sablonneuse, le cordon littoral de l'Ocan; c'est la plus grande des trois; enfin celle de X Al-fatak qui en occuperait le milieu et dont la largeur est inconnue. On ignore com- pltement en outre si ces Gommiers vivent en socit de manire consti- tuer des essences forestires , ou bien si d'autres arbres , quelques Palmiers , s'ajoutent ces vgtaux et viennent rompre la monotonie et la tristesse que doit donner ces lieux le mince feuillage qui les couvre. Malgr les re- cherches intelligentes de MM. Perrottet et Leprieur, attachs des titres diffrents notre colonie du Sngal , nous ignorons encore l'histoire de ces Acacias, les conditions mtorologiques dans lesquelles ils distillent cette gomme qui, annuellement, fournit nos comptoirs, et, par suite, . tout notre commerce de troc, plus de deux millions de kilogrammes de (an ) produit. Votre Commission recommande donc, d'une manire spciale, cette question M. Ducouret, et sa solution serait un des rsultats les plus importants qu'il pourrait offrir l'Acadmie. Minralogie et Gologie. (M. Elik de Beaumont rapporteur.) a L'intrieur de l'Afrique est si peu connu, qu'il est difficile de poser M. Ducouret des questions prcises rsoudre sur sa constitution golo- gique. Il existe trop peu de rapports entre les production minrales et les climats pour qu'il soit possible, comme en botanique et en zoologie, de former, d'aprs les latitudes que ce voyageur aura parcourir, des conjec- tures plus ou moins probables sur les objets qu'il pourra rencontrer. Mais plus les rgions de l'intrieur de l'Afrique nous sont inconnues, plus les chantillons de roches et de minraux que M. Ducouret pourra y recueillir prsenteront d'intrt. Comme l'tendue mme de ses voyages rendra proba- blement trs-difficile le transport et l'envoi de poids un peu considrables, il est dsirer que M. Ducouret s'attache surtout prendre des chantillons des substances les plus communes, de celles qui constituent les plus grandes masses, et qu'il se borne de trs-petits chantillons, afin de pouvoir les multiplier davantage. Indpendamment des chantillons, que M. Ducouret ne russira peut- tre pas toujours faire parvenir en totalit en Europe, ce voyageur ne manquera certainement pas de prendre des notes suivies sur la disposition gnrale des grandes masses minrales qu'il renconlrera, sur la physionomie qu'elles donnent aux contres o elles se trouvent et sur leurs rapports avec la vgtation et la fertilit de ces contres. Il devra galement tudier la nature des substances minrales employes par les habitants pour leurs constructions ou pour d'autres usages. Il pourra recueillir aussi les ren- seignements que pourront lui fournir les habitants sur l'existence de car- rires, de mines, de sources minrales et thermales, et peut-tre mme de volcans dont la connaissance ne serait pas parvenue jusqu'au littoral de l'Afrique, et il ne devra pas ddaigner de tenir note de leurs ides, de leurs croyances, de leurs fables, de leurs traditions sur les phnomnes golo- giques dont leur pays aurait t autrefois le thtre. M. Ducouret saisira aussi les occasions d'observer les gisements des roches que les escarpements, les montagnes ou les berges des rivires pourront lui montrer dcouvert. Il distinguera celles qui sont rgulire- ment stratifies de celles qui ne paraissent pas l'tre, et, parmi les pre- 29.. r ( 2I2 ) mires, celles dont les couches sont horizontales et celles dont les couches sont plus ou moins inclines. Il s'attachera dterminer leur ordre de super- position, et noter aussi souvent et avec autant de prcision que possible l'inclinaison et surtout la direction des couches qui ne sont pas horizontales, et les rapports que ces couches peuvent prsenter avec la configuration des collines et dps montagnes. It n'oubliera pas que des vues dessines au daguer- rotype, dans lesquelles ces rapports sont exprims, sont toujours, mme dans des contres dj connues, des documents prcieux, et il s'attachera en recueillir partout o les difficults du voyage et les prjugs des habi- tants lui en laisseront la possibilit. Zoologie. m M. Valenciennes pense qu'il suffit de donner pour instruction gnrale M. Ducouret de rapporter tous les animaux qu'il pourra se procurer, et qu'il doit mme les expdier de tous les lieux o, aprs un sjour plus ou moins long, il trouvera une occasion d'envoi en Europe. > MMOIRES PRSENTS. physiologie. Note sur l'augmentation de la fibrine du sang par la chaleur; par M. Marchal, de Galvi. (Extrait.) (Commissaires, MM. Dumas, Andral.) Il ti'y a pas, en pathologie, de fait plus constant, plus gnral, que l'augmentation de la fibrine du sang dans l'inflammation. Ce fait n'avait pas t expliqu, ou, pour mieux dire, l'explication qu'avait propose Rasori n'tait pas admise, parce qu'elle tait dnue de preuves. Il supposait que I augmentation de la fibrine tait due l'lvation de la temprature et 1 exagration du mouvement, surtout cette dernire cause. J'ai fait une exprience qui parat confirmer l'hypothse de Rasofi, en ce qui concerne l'influence exerce par l'lvation de temprature. Voici cette exprience, que j'ai rpte sept fois. .l'ai reu dans deux capsules de porcelaine, l'une entoure d'eau 55 ou 60 degrs centsimaux, l'autre entoure d'un mlange de glace et de sel; d'un ct, le premier et le quatrime quart; de l'autre, le deuxime et le troisime quart du sang d'une saigne. .J'ai laiss la coagulation s'oprer, puis la fibrine du sang des deux capsules a t extraite sparment et pese. Cette dernire partie de l'exprience a t faite par mon collgue et ami ( 23 ) M. Poggiale, professeur de chimie organique au Val-de-Grce. Nous avons trouv, dans tous les cas, un excs notable de fibrine dans le sang coagul chaud. Dans la premire exprience, la diffrence tait de 24 centigrammes pour 1 000 grammes de sang; dans les suivantes, elle a t successivement de 26, de 25, de 9, de 37, de 27, et enfin de 23 centigramme*. M. Poggiale m'ayant fait observer que l'excs de fibrine dans le sang coagul chaud pouvait dpendre de levaporation d'une certaine quantit de l'eau du sang par suite de l'lvation de temprature, les deux dernires expriences ont t faites en vase clos. Dans la quatrime exprience, la diffrence (g centi- grammes) est comparativement minime; il esta remarquer que la proportion de fibrine, dans ce cas, tait peu considrable, tant dans le sang coagul froid (1,08 pour 1000) que dans le sang coagul chaud (1,17). Dans les autres expriences, except la cinquime, qui se fait remarquer par une diffrence trs-notable, les chiffres croissants (23, 24, 25, 26, 27) corres- pondent des tempratures galement croissantes. Toutefois, je dois dire qu'ayant port le sang la temprature de 70 degrs, c'est--dire au point de coagulation de l'albumine, j'ai trouv la fibrine diminue sensiblement. Dans une autre exprience, faite une temprature de 75 dgrs, la fibrine avait compltement disparu. D'aprs ce que je viens de dire, l'augmentation de la fibrine dans l'in- flammation tiendrait, au moins en partie, l'lvation de la temprature, et, cet gard, l'hypothse de Rasori serait dmontre. Reste savoir si, comme le suppose la mme thorie, l'acclration du mouvement a une part ce phnomne. J'ai entrepris, ce sujet, une srie d'expriences dont j'espre pouvoir prsenter bientt les rsultats l'Acadmie. Maintenant, on peut se demander aux dpens de quel principe se fait l'addition de fibrine dans le sang coagul chaud? Je ne serais pas loign de penser que c'est aux dpens de l'albumine; au reste, il sera facile de reconnatre s'il y a une diminution de ce principe proportionnelle l'aug- mentation de fibrine dans le sang coagul par la chaleur. Je me propose de faire prochainement l'exprience. Je compt aussi tudier, au moyen de l'analyse microscopique, les mo- difications prouves par l'albumine du srum aux diverses tempratures, jusqu'au point de coagulation. M. Dccouret adresse une Note sur la race des Ghilnes, race habitant l'intrieur de l'Afrique (le Soudan mridional), et qui est clbre parmi les ( a*4) peuples voisins comme prsentant une particularit d'organisation trs- trange. M. Ducouret n'a pu pntrer dans le pays habit par les Ghilnes, mais il a vu la Mecque, en 1842, un individu prsentant la conformation dont il s'agit, et les renseignements que cet homme donnait sur la position de son pays natal, dont il avait t enlev fort jeune, correspondaient assez bien celle qu'on assigne au pays des Ghilnes. M. Rayer est invit prendre connaissance de cette Note, et faire sa- voir l'Acadmie si les renseignements recueillis par M. Ducouret ont le degr de prcision ncessaire pour que la question dont il s'est occup puisse devenir l'objet d'un Rapport. M. Ducros , en adressant une nouvelle Note concernant ses expriences electrophjsiologiqu.es , prie l'Acadmie de vouloir bien adjoindre un nou- veau membre ceux qui font dj partie de la Commission charge de faire un Rapport sur ces expriences. Cette demande est motive sur ce qu'un des Commissaires dsigns doit faire une absence prolonge. M. Regnault est adjoint la Commission nomme dans la sance du g juillet dernier. CORRESPONDANCE M. le Ministre de la Justice accuse rception de l'envoi qui lui a t fait d'une ampliation du Rapport sur les papiers de sret. M. le Ministre de l'Instruction publique transmet une Note et un Mmoire qui lui ont t adresss par M. le Prfet des Hautes-Pyrnes. L'auteur, M. Dulout, y dcrit un mcanisme au moyen duquel il croit tre parvenu obtenir le mouvement perptuel. Il sera rpondu M. le Ministre que cette question est une de celles que l'Acadmie, par une dcision dj ancienne, s'est interdit de considrer, sous quelque forme qu'elle lui ft prsente. M. le Secrtaire perptuel de l'Acadmie des Beaux-Arts prie l'Acadmie des Sciences de vouloir bien dsigner un de ses membres pour s'adjoindre la Commission charge de faire un Rapport sur le systme de tlphonie prsent par M. Sudre. M. Duhamel est dsign cet effet. M. Encre, secrtaire de la classe physico-mathmatiques de l'Acadmie royale des sciences de Berlin, adresse, au nom de la Commission des cartes ( 5 ) . clestes, la feuille de l'Heure Vil avec le Catalogue des toiles qui ont t observes dans cette partie du ciel. {Voir au Bulletin bibliographique.) physique. Recherches photographiques ; par M. Blanquart-Evrard , de Lille. J'ai l'honneur de soumettre l'Acadmie des Sciences, des preuves de photographies sur papier, obtenues au moyen de matrice sur albumine. L'ide d'employer l'albumine rendue sensible l'action de la lumire par son mlange avec de l'aeto-nitrate d'argent et tendue en couche lgre sur une plaque de verre, appartient M. Niepce de Saint-Victor; elle est la confirmation la plus complte du principe de l'imprgnation profonde des papiers par la substance photographique , principe que j'avais pos antrieu- rement dans une communication l'Acadmie. L'imprgnation profonde des lments chimiques dans la pte du papier, disais-je alors, de manire que cette pte devienne le milieu o doivent s'accomplir les ractions chi- miques, qui finalement constituent l'image photographique, est la con- dition la plus essentielle au succs de l'opration. [Comptes rendus de l'acadmie, tome XXIV, page 117.) En proposant de substituer la pte du papier un corps compltement transparent et solide qui pt contenir les lments chimiques , M. Niepce de Saint-Victor ouvrait une nouvelle voie la photographie sur papier. Rpon- dant l'appel qu'il a fait aux exprimentateurs pour arriver des rsultats pratiques, je viens soumettre l'Acadmie une mthode qui runit toutes les conditions ncessaires l'application de la photographie l'industrie ; car les matrices obtenues sur verre par les prparations que je vais dcrire sont inaltrables la lumire , ne perdent aucune de leurs qualits aprs un nombre indfini de tirages, sont susceptibles d'tre reconstitues, si par accident on venait les perdre, pourvu que l'on ait une seule preuve de la matrice perdue, et enfin elles peuvent dans tous les temps, sous toutes les tempratures et conditions de lumire, donner des rsultats satisfaisants. Quant aux qualits des preuves , je me propose d'envoyer successive- ment l'Acadmie des rsultats pour asseoir son opinion; je me borne aujourd'hui celles qui me paraissent ncessaires pour tablir que la pho- tographie est arrive la reproduction des modles dans les caractres mmes de ces modles : ainsi je prsente aujourd'hui l'preuve d'un portrait en miniature, rendu mme grandeur que le modle, et dans les conditions lgres et transparentes de cette sorte de peinture; une preuve d'aprs un { ai6) portrait l'huile dans des caractres opposs, ombres vigoureuses et lu- mires brillantes ; une vue d'aprs nature avec figures (des chevaux blancs) en mme temps qu'une statue en bronze d'un modle et d'un fini remar- quable; enfin une reproduction d'aprs une gravure de mme dimension runissant, malgr cette double difficult, la finesse, le modle et la vigueur. Voici les prparations : recueillir dans un vase profond un certain nombre de blancs d'ufs ; en extraire toute partie solide ou non transpa- rente, viter aussi toute poussire qui serait par la suite une cause de taches. Ajouter i5 gouttes d'une dissolution sature diodure de potassium. Battre les ufs en neige et laisser reposer jusqu' ce que cette neige revienne l'tat liquide. Nettoyer la glace dont on veut se servir avec de l'alcool, la dposer sur un support quelle dbordera, et verser dessus une quantit suffisante d'albu- mine. tendre cette albumine sur toute la surface de la glace en se servant pour cela d'un fragment de glace, de manire que sa tranche reste en con- tact avec la surface de la glace. Faire parcourir par ce fragment, poussant devant lui l'albumine, toute l'tendue de la glace et plusieurs reprises. Cette opration, qni parat purile, a pour effet de mettre l'albumine en contact parfait avec la surface de la glace, de manire qu'elle en reste encore bien couverte lorsque, par un de ses angles, on fait couler tout excs. Aprs cette dernire opration, ou dpose la glace bien plat et on laisse scher. L'albumine tant bien sche sur la glace, on devra la soumettre une temprature trs-leve (ou uti trs-grand refroidissement, ce qui revient au mme) jusqu' ce que la couche d'albumine prsente un aspect totale- ment fendill (ne pas pousser jusqu' l'cartement complet). Ainsi prte, la glace peut tre soumise l'acto-nitrate (proportion indique dans ma communication du a5 janvier 1847). U faut que le contact de l'acto-nitrate avec l'albumine se fasse en un seul temps; car l'albumine se contractant lors de sa combinaison l'acto-nitrate, il y aurait autant de sparations dans la couche qu'il y aurait eu de reprises dans l'immersion. Voici le moyen le plus facile: On verse dans une cuvette plus grande que la glace albumine une couche d'un demi-centimtre d'acto-nitrate, on donne ensuite la cu- vette une inclinaison de 45 degrs. Tout le liquide ainsi runi dans la partie infrieure, on place le bord de la glace, le ct albumin, en regard avec le fond de la cuvette; puis, par un seul et mme mouvement, on laisse tomber la glace dans la cuvette, et la cuvette sur la table dans la position horizon- tale. Ceci fait, on retire l'instant la glace de la cuvette et on la plonge dans une autre contenant de l'eau ; on agite fortement pendant quelques ( 217 ) secondes, puis, la retirant, on la fera goutter en la tenant par un de ses angles et ep frappant fortement l'autre sur la table. Les glaces ainsi prpares sont photogniques, elles peuvent tre employes indiffremment l'tat humide ou l'tat sec, si l'on doit oprer au loin ou en voyage. De mme on peut faire venir l'preuve aprs l'expo- sition la chambre noire, soit immdiatement, soit au retour d'un voyage. Cette opration se pratique comme je l'ai indiqu pour le papier dans ma communication du mois de novembre 1847, en plongeant la glace dans un bain d'acide gallique satur; toutefois, pour donner l'preuve toute sa valeur, il convient d'ajouter au bain d'acide gallique quelque peu d'acto- nitrate d'argent. 11 sera prudent de retirer l'preuve du bain d'acide gallique avant que ses diverses parties aient acquis le ton dsirable; car si l'on pous- sait l'action trop loin, on ne pourrait pas attnuer les tons trop foncs qu'elle prsenterait alors; tandis que si ses nuances taient trop faibles, on pour- rait, sans inconvnient, la soumettre de nouveau l'action de l'acide gallique, la matrice et-elle dj servi produire un trs-grand nombre d'preuves. Aprs cette opration on doit laver la glace grande eau, et la passer enfin dans une dissolution de bromure de potassium (3o grammes par 100 grammes d'eau), puis la laver encore grande eau, et enfin la faire scher en la maintenant tendue horizontalement dans la chambre noire, si la couche d'albumine a form quelques cloches et s'est souleve par places, par suite des diverses immersions qu'elle aura subies. Ainsi traite, l'albumine acquiert sur la glace une duret et une solidit extrmes, tel point que lorsqu'une preuve incomplte doit tre dtruite pour faire servir de nouveau la glace, il faut avoir recours un agent chi- mique trs-nergique, comme le cyanure de potassium, par exemple, pour l'enlever compltement de celle-ci. Les preuves positives s'obtiennent de la mme manire qu'avec les clichs sur papier. (Communications de janvier et avril 1847.) " zoologie. Notice sur le Lama; par M. Wisse. Le Lama est un animal de zone tempre. Il habite la partie suprieure de la Cordillre des indes, dans les climats dont la temprature varie de 5 et 18 degrs. Il monte jusqu'aux glaciers, et peut mme vivre dans la neige et la supporter plusieurs jours de suite. Il est robuste dans les pays froids; dans les rgions chaudes, il dprit et meurt; il ne peut rsister que G. R. , 1849, l mt Semestre. (T. XXIX, N 8.) 3o ( *i8) fort peu de temps au climat dont la temprature moyenne est de 26 degrs, et il est sujet y contracter diverses maladies, entre autres l'entromningite. Cet animal est peu abondant dans l'Equateur o les Espagnols , lors de la conqute , lui ont fait une guerre d'extermination. Sa patrie par excellence est le Prou et la Bolivie. Il ne se plat pas galement dans toutes les rgions isoclimatriques des Andes. Il y a cinquante ans, on a tent de l'importer et de le faire multiplier aux environs de Popayan , sans qu'o ait pu obtenir un rsultat satisfaisant. Ou fait aujourd'bui de nouveaux essais pour en propager l'espce dans la Nouvelle-Grenade, et il parat que les efforts des leveurs seront couronns de succs. Le Lama et le chien (Runa-Allcu, Rouna-Aschcou) sont peu prs les seuls animaux domestiques que les conqurants trouvrent chez les Indiens de l'Equateur; car il faut compter pour peu de chose les Pacos, les Guanacos , les F"igognes- et les Alpacas qui ont aujourd'hui presque totalement disparu. Le Lama se trouve l'tat sauvage dans les lieux inhabits, sur les hautes sommits des Andes; il y en a mme sur le Ghimborazo , o on va le chasser de la mme manire que le cerf. La couleur habituelle de sa robe est la couleur caf; il y a aussi des Lamas noirs, de couleurs mles et d'entirement blancs. La laine est presque lisse, elle n'a pas plus de 1 dcimtre de longueur: la plus longue se trouve sur les flancs et sous le ventre. On dit ici que la laine est de bonne qualit : compare celle du mouton , elle est mauvaise; elle est moins fine, moins souple que celle du mouton; elle a beaucoup de lustre lorsqu'on soigne bien l'animal et qu'on lui donne les aliments qui lui conviennent. Il s'y trouve parseme une espce de soie ou criu qu'il en faut plucher, et alors elle peut tre employe aux mmes usages que la laine ordinaire. Elle a mme plus de consistance que cette dernire : on en fait des ponchos qui sont peu prs impermables la pluie. Afin de pouvoir la filer avec plus de facilit, les Indiens de Lican (prs de Riobamba), qui lvent beaucoup de Lamas , ont l'habitude de la mler avec la laine du mouton, qui est plus grasse. Les In- diens, encore l'enfance de l'art, en fout divers tissus grossiers ; le principal usage qu'on lui donne ici est de rembourrer les panneaux de selle, cause de son lasticit. On en fait quelquefois des bas d'un fil trs-fin et brillant, dont se chaussent les femmes lgantes de la campagne. La laine du Lama jeune est crpue et trs-brillante. On s'en sert avec la peau pour faire des 'coif- fures, des casquettes, des revers, des collets de manteaux. Ou fait la tonte tous les ans une fois. Les plus beaux Lamas fournissent' i kll ,6 de laine; les (*'9) jeunes, que l'on commence tondre, o kil ,8; en moyenne, le Lama ordinaire, qui n'est point employ la charge, donne i ki, ,3 de laine. fia peau se tanne avec beaucoup de facilit, parce qu'elle renferme une grande quantit de glatine. On s'en sert pour les siges de selle; on en fait une sorte de pantalon (zamarros) pour monter cheval en temps de pluie. Le cou allong et rond de l'animal fournit une peau trs-souple dont on fait des tiges de bottes sans couture. Hors ce cas, la peau du Lama est peu em- ploye pour la chaussure. La viande est bonne; elle est de couleur rose ple, riche en albumine, fibres assez fines, muscles peu prononcs. Celle des jeunes Lamas (un an) est trs-abondante en albumine. La qualit, la. saveur de la viande, son degr de nutrition sont peu prs les mmes que ceux de la viande de mouton. Elle est trs-succulente lorsque le Lama a t bien soign, bien nourri. Il n'y a que les Indiens qui la mangent; ceux de la province du Chimboiazo l'estiment beaucoup, et la rservent pour leurs jours de fle. Les parties prfres sont le foie et le cur qui sont, le dernier surtout, des morceaux dlicats. On accuse les conqurants espagnols de les avoir affrian- ds beaucoup : ils faisaient tuer les Lamas rien que pour en retirer le foie et le cur, raison pour laquelle cet animal, dont la reproduction est d'ail- leurs si difficile, a presque disparu de ces contres, et non pas prcisment parce qu'on aurait trouv de l'avantage le remplacer par le mouton. Le. poids des plus grands Lamas vivants est de 94 kilogrammes; en moyenne, ils psent 86 kilogrammes. Un Lama ordinaire mange, par jour, 6 kl1 , 5 de luzerne verte, aliment qu'il ne consomme qu' dfaut d'autre. Il se nourrit de toutes les gramines, et parmi celles-ci il prfre d*beaucoup les feuilles de mas. On le fait patre dans les prairies hautes (potreros, paramos), aux mmes lieux que les chevaux, les bufs, les moutons. On ne connat pas l'usage du foin dans ces pays o les animaux herbivores sont perptuellement au vert. On peut valuer de 6 7 kilogrammes la ration alimentaire en gramines vertes des espces que l'animal aime le plus. La plus grande charge qu'on puisse lui mettre sur le dos est de 35 kilo- grammes; ordinairement on ne lui fait porter que 29 kilogrammes. La charge est place sur un petit bt, dont l'objet est d'viter les blessures, et surtout de prserver la laine qui, autrement, se roule, s'assemble en nuds et se gte. Il se couche lorsqu'on se dispose le charger. Si le poids lui semble trop considrable, il rejette les oreilles en arrire et crache sur ses conduc- teurs, ce qu'il fait toutes les fois qu'il est irrit. Les Indiens prtendent que 3o.. ( 220 ) . . cette salive engendre des maladies cutanes , des dartres , ce qui est loin detre prouv. Lorsqu'il se fatigue de sa charge il se jette terre , et il n'y a ni coups de fouet, ni cris, ni rien au monde qui le fasse remettre sur pied: il inonde de salive ses excitateurs, pousse des blements pouvantables, et les Indiens sont obligs de placer la charge sur leurs propres paules. Quelque- fois ils le tuent pour profiter de la chair et de la laine. Avec la charge ordi- naire, le Lama peut faire a5 kilomtres par jour. Il ne peut marcher plus de six jours- de suite sans prendre de repos. On le conduit quelquefois de Riobamba Babahoyo (prs de Guayaquil), voyage de i4o kilomtres qu'il fait en six et sept jours. Sans charge, il peut faire d'assez longs voyages. Le Lama n'a que deux espces d'allure, le pas et le galop : il ne trotte pas. Ces animaux se familiarisent avec l'homme plus que ne fait le mouton. Un enfant peut en faire patre un troupeau considrable sans courir le moindre danger; ils lui obissent avec docilit, ce que ne font pas toujours les autres lanifres. Ils ne se battent pas; ils recherchent entre eux la socit, et ils sont trs-curieux de savoir ce qui se passe. S'il prend l'un d'eux l'envie de se porter quelque part, tous les autres aussitt dfilent sa suite. Le Lama est trs-peureux; le plus petit roquet lui fait dresser les oreilles et le met en fuite. Mais lorsque l'attaque devient srieuse, il fait tte son ennemi et se dfend. Il se dresse alors sur ses pieds de derrire, se cabre et se laisse tomber de tout son poids sur son adversaire, qu'il couvre de ses crachats. Pour la copulation, la femelle se couche terre. Elle a beaucoup souffrir de la part des mles qui la foulent aux pieds , se battent et font un tapage pouvantable pour s'assurer la possessiqp. Il faut que l'homme les s- pare , et, de plus, il est oblig de venir en aide au mle qu'on a laiss matre du champ de bataille, sujtion laquelle on attribue le dfaut de propagation de l'espce dans l'Equateur. A l'ge de deux ans la femelle devient propre la gnration. Elle porte pendant dix mois; elle n'a qu'un petit la fois: c'est une exception bien rare lorsqu'elle en a deux. Les petits qui viennent de natre sont soigns par leur mre de la mme manire que la brebis soigne les siens. Au bout de quinze jours, ils commencent brouter de l'herbe. Peu de jours aprs avoir mis bas, quelquefois cinq jours, la femelle est de nouveau en chaleur. Elle a, en gnral, un petit tous les ans. A neuf ou dix ans le Lama se trouve hors de service : il dprit alors rapidement. On ne le laisse pas vivre au del de ce terme. Le prix d'un Lama ordinaire l'Equateur est de 10 12 francs. ( 2 *I ) A l'Equateur, le mouton s'est substitu au Lama. Il y a beaucoup de fermes o l'on en compte des troupeaux de 40000 ttes. Depuis cinq-ans, on s'oc- cupe mme de l'ducation des mrinos. Je n'ai gure de donnes sur le mouton d'Europe; en recueillant mes souvenirs, il me semble cependant qu<; la race ovine a dgnr sur le sol de l'Equateur. Le mouton me parat ici plus petit; sa laine, aprs bien des essais, se trouve loin de valoir celle du mouton europen. H y a, au reste, ici de grandes diffrences entre les pro* duits de divers troupeaux, selon les localits o on les fait pat-re : les ptu- rages les plus ordinaires se trouvent de 3ooo 4ooo mtres de hauteur. A cette dernire limite, l'agneau meurt de froid pendant la nuit, et la mme chose arrive souvent aussi aux brebis. A Tigua, prs de Latacunga, j'ai vu, pendant des nuits froides, qu'il prissait journellement cinq individus dans un troupeau de ioooo ttes. Malgr tous ces inconvnients, on s'occupe exclusivement du mouton. Il n'est pas question de multiplier le Lama, per- sonne n'y pense; et si l'on cherche aujourd'hui l'tablir dans la Nouvelle- Grenade, c'est plutt comme objet de curiosit, d'agrment, que pour l'avantage qu'on peut en retirer sous le point de vue d'conomie agricole. Voici quelques donnes sur les produits en laine fournis par divers troupeaux : A Ghangala, prs de Cayambe, hauteur moyenne 34oo mtres, pturage de premire qualit, o,3o moutons ont donn 687 kil ,7 de laine; par an et par tte, o kll ,74 laine. Galpon et Gumbijin, prs de Latacunga, hauteur moyenne 3 600 mtres, pturage mdiocre, la tonte de i35y5 mou- tons a fourni 4469^,8 de laine; par an et par tte, o kil ,33. On admet, en gnral, que le produit est de 75 livres espagnoles pour 100 moutons; ce qui fait, par an et par tte, o kil ,36. D'autres, au contraire, portent le pro- duit moyen jusqu' 100 livres pour 100 moutons, ce qui ferait, par tte, o kil ,46. .. chimie pathologique. Sur la sueur visqueuse des cholriques; par M. Doyre. M. Doyre a reconnu que sur quatre malades atteints du cholra la sueur visqueuse, recueillie avec soin sur le front, les joues, les bras, les - avant-bras, renfermait une substance capable de rduire les composs de cuivre du ractif de M. Bareswill la manire du sucre de fruits. Cette matire est-elle du sucre? C'est ce que l'on ne pourra savoir qu'aprs des preuves plus dcisives, sur lesquelles M. Doyre appelle l'at- tention des observateurs. A Paris, les cas devenus plus rares rendront peut-- tre les recherches plus difficiles. ( 222 ) La sueur non visqueuse, le srum du sang n'ont pas produit de rduc- tion; l'urine et les selles non plus. Le liquide vomi par une malade, qui n'avait pris que de l'eau de Seltz , a fourni un prcipit assez abondant. La sueur visqueuse a t recueillie avec des pelotes de coton en cardes , humectes d'eau distille, avec lesquelles on lavait doucement les places humectes de sueur visqueuse. palontologie. Rplique M. Gervais relativement la jaune palontologique ; par M. V. Ralliim. Je vais rpondre aussi brivement que possible chacun des articles de M. Gervais. Il rsulte clairement du second Mmoirede M. Gervais {Comptes rendus, t. XXVIII , p. 644) qu'il c' 1 I e calcaire grossier de Blaye plus moderne que le terrain ocne; comme il dit, page 646, qu'il serait possible que les sables d'trchy appartinssent au mme ge que ceux de Montpellier qui sont pliocnes, et qu'il ajoute que l' ffippopotamus dubius de Blaye est rap- port comme synonyme X Halitheriwn Guettardi d'trchy, j'ai pu croin qu'il considrait ces trois dpts comme contemporains. En lisant la fin de ma Note, page 768, on pourra facilement conclure que je ne me refuse nulle- ment admettre des Lophiodon dans n'importe quel tage tertiaire. Quant aux sables d'Etrchy, la rponse de M. Gervais ne m'oblige pas ajouter un seul mot ce qui est imprim, page 768. Gomme, d'un ct, le premier point de dpart de la classification chronologique des terrains est leur super- position et non les corps organiss qu'ils renferment, et que, de l'autre, tous les gologues sont d'accord pour considrer les dpts de Buchsweiler et d'Argenton comme miocnes, il serait bien difficile de ne pas adopter la rectification que j'ai propose, et qui consiste considrer la faune carac- trise par Y abondance des Lophiodon comme immdiatement postrieure la quatrime de M. Gervais, si elle n'en est contemporaine. Comme je croyais qu'il n'avait t trouv qu'un seul Lophiodon dans le calcaire grossier parisien, et que M. Gervais parle dans sa Note, page 547, de XHjracothe- rium de Passy, il n'est pas tonnant que j'aie cru que c'tait l'animal de Passy qui avait servi l'tablissement de ce genre. Quant au gisement des Lophiodon d'Issel, village situ 6 kilomtres au nord-nord-est de Castel- naudary, des descriptions de Guvier (Ossements fossiles, 1825, t. II, p. 187) et des observations rcentes de M. Gervais, il rsulte bien qu'ils se trouvent dans des poudingues pte de molasse ou des conglomrats de graviers; ( 223 niais 2 kilomtres l'est d'Issel , sur la grande route de Revel Castel- naudary, des roches semblables alternent avec des molasses minralogiques qui, elles, renferment aussi des ossements, au dire des ouvriers qui les exploi- tent ; sur la route deCastelnaudary Carcassonne, on voit souvent aussi des al- ternances de ces deux sortes de roches. Il ne viendra certainement pas l'esprit d'un gologue de rapporter les conglomrats un autre groupe gologique que celui de la molasse de Castelnaudary, que tous s'accordent considrer comme miocne, et que j'ai rapporte la division suprieure de ce terrain en prcisant davantage. Dans ma correspondance avec M. Gervais , je lui avais dj fait, comme il le dit, plusieurs des objections consignes dans ma Note; si je me suis dcid en entretenir l'Acadmie, c'tait pour ne pas paratre sanctionner par mon silence quelques opinions que je crois erro- nes, et qui sont relatives au bassin de Paris, dont j'ai publi une carte go- gnostique, et celui de l'Aquitaine, ou du sud-ouest, qui est l'objet inces- sant de mes tudes depuis quatre annes. MM. Lefebvre etPoELMAN, fabricants de cruse Lille, prient l'Acadmie de vouloir bien faire constater les amliorations qu'ils ont inlroduites dans la prparation de ce produit, amliorations qui, disent-ils, ont principa- lement pour but et ont eu, en effet, pour rsultat de faire disparatre en grande partie les suites fcheuses qu'avait, pour la sant des ouvriers, la fabrication de ce produit. Il serait fcheux, disent les auteurs, qu'au moment o l'Acadmie va avoir se prononcer sur les avantages respectifs du blanc de plomb et du blanc de zinc, elle pt supposer que les procds au moyen desquels on obtient le premier produit sont rests stntionnaires; la Commission charge de faire le Rapport, a , nous n'en doutons pas, le dsir de s'clairer sur ce point, et elle ne voudrait pas autoriser, ne ft-ce que par son silence, des craintes qui, toujours peut-tre un peu exagres, sont aujourd'hui, en grande partie , dnues de fondement. (Commissaires', MM. Pelouze, Combes, Rayer.) M. Desloges annonce avoir fait usage, avec succs, du sulfate d'alumine pour se gurir d'une maladie dans laquelle les mdecins qu'il avait consults avaient cru voir un commencement de phthisie. M. Pappenheim adresse des remarques critiques sur la Note de M. Michel, de Strasbourg, relative l'injection des nerfs, et sur la communication de M. d 'Hoinbres-Firmas , concernant une certaine anomalie de la vision. ( "4 ) M. Verronnais, qui avait adress en 1848 divers ouvrages qu'il destinait au concours pour le prix de Statistique, demande quelle a t la dcision de la Commission l'gard de ces pices. On fera savoir M. Verronnais que le concours auquel ses ouvrages ont t admis n'est pas encore jug. La Socit de Correspondance scientifique de Rome adresse ses premires publications, et prie l'Acadmie de vouloir bien lui accorder en retour les Comptes rendus hebdomadaires de ses sances. (Renvoi la Commission administrative.) L'Acadmie accepte le dpt de deux paquets cachets prsents , l'un par M. Benoit, l'autre par M. Wisener. I^a sance est leve 5 heures. F. bulletin bibliographique. L'Acadmie a reu, dans la sance du 10 aot 1849, ' es ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences, a me semestre 1849; n 7; in-4- Mmoire sur les polydres de forme symtrique; par M. A. Bravais. (Extrait du Journal de Mathmatiques pures et appliques.) Broch. in~4- Note sur les polydres symtriques de la gomtrie; par le mme. (Extrait du Journal de Mathmatiques pures et appliques.) Broch. in-4. Verzeichniss . . . Catalogue des toiles observes par Bradley , Piazzi , Lalande et Bessel, dans la partie du ciel comprise entre 6 h 56' et 8 h 4', pu- bli sous tes auspices de l'Acadmie royale de Berlin. Berlin, 1848; avec la carte correspondante. Monatsbericht. . . Comptes rendus mensuels de l'Acadmie royale de Prusse; mars mai 1 849 ; in-8. COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 27 AOUT 1849. PRSIDENCE DE M. BOUSSINGAULT. MMOIRES* ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. physique. Note sur la dviation de l'aiguille aimante par l'action des corps chauds ou froids; par M. Despretz. L'Acadmie pourrait croire , d'aprs les articles de la correspondance , que je me suis refus examiner le fait communiqu par M. Ducros. La Note que je vais avoir l'honneur de lire montrera que j'ai fait une srie d'es- sais sur ce sujet. La main tenue quelques centimtres de la cloche d'un galvanomtre sensible, dtermine au bout de quelques minutes, comme l'a dit M. Ducros, une dviation de 5, de 10, et mme quelquefois de 20 degrs dans la posi- tion de l'aiguille. Si Ton fait l'exprience avec les deux aiguilles, sans le fil du multiplica- teur, la dviation est plus marque. Il est bon de prendre une cloche mince et peu volumineuse. Si je n'ai pas russi produire un effet distance par la main con- tracte ou non contracte, dans les expriences qui ont fait l'objet de la C h., 1849, l m < Semestre. (T. XXIX, N9.) 3l ( aa6 ) Note que j'ai eu l'honneur de lire devant l'Acadmie {Comptes rendus, tome XXVIII, page 653), sur les expriences de M. Du Bois Reymoiid , de Berlin , c'est que j'ai attendu seulement le temps qui suffit la manifestation des actions magntiques ou galvaniques. Le fait du dplacement de l'aiguille aimante par la prsence de la main tant bien constat, il reste rechercher si ce dplacement est produit parle rayonnement calorifique de la main, ou par toute autre cause. Les expriences suivantes, que nous avons rptes plusieurs fois et dans des jours diffrents, nous semblent propres dcider la question. Une bougie fixe sur une lame de verre, un charbon rouge sur une planche ou sur une brique exercent une action plus nergique que celle de la main. Un carreau de terre chauff au point de produire sur le thermo- multiplicateur un effet gal celui de la main, dvie peu prs l'aiguille comme la dvie celle-ci. Il la dvierait dune quantit gale, si, comme la main, il conservait une temprature constante. Ce carreau tait d'ailleurs sans action froid. La glace zro exerce aussi une action trs-facile apprcier. Si Ion met entre la main et la cloche, sous laquelle sont suspendues les aiguilles magntiques, deux feuilles de papier blanc ou une lame de verre, la puissance de la main est singulirement rduite. Si l'on applique une feuille d'tain flexible sur la partie de la cloche devant laquelle est tenue la main, l'effet est compltement nul. Cependant une pointe de Paris, substitue la main , dplace l'aiguille dans un instant trs-court. Dans cette exprience , la feuille d'tain polie renvoie la presque totalit de la chaleur rayonnante et ne s'chauffe pas sensiblement; tandis que le papier, le verre, absorbent une partie de la chaleur et s'chauffent d'une manire sensible. Enfin des petites bandes de papier, des fils de verre, des brins de paille suspendus lgrement comme les aiguilles astatiques, sont agits ou dplacs par l'action de la main; ils le sont bien davantage par des corps plus chauds. L'exprience est surtout remarquable avec les petites aiguilles en verre, places dans les chapes des aiguilles aimantes, elles tournent comme celles-ci; elles prouvent des dplacements plus considrables. Un simple rayon solaire les fait parcourir plus d'un quart de cercle. De Ce petit nombre d'expriences, il suit, si je ne me trompe, que la cause principale , j'oserais dire la cause unique du fait communiqu par M. Ducros, doit se trouver dans le rayonnement calorifique de la main. C'est un phnomne de chaleur et non de magntisme. ( 227 ) 11 suit encore de ces essais et, d'essais plus anciens, qu'on ne saurait trop viter la prsence des corps froids ou chauds quand on emploie des galvano- mtres sensibles. MMOIRES LUS. miinralogie. Recherches sur la production artificielle de quelques espces minrales, cristallines , particulirement de V oxyde d'tain, de l'oxyde de titane et du quartz; observations sur l'origine des Jilom titanifres des Alpes ; par M. A. Daubre. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. lie de Beaumont, Dufrnoy. ) La premire partie de ce Mmoire contient les rsultats de mes exp- riences; puis dans une seconde partie, en m'appuyant sur ces expriences, je cherche expliquer la formation des filons titanifres des Alpes. I. Production des oxydes d'tain, de titane et de l'acide silicique sous forme cristalline. Dimorphisme de l'oxyde d'tain. Dans un Mmoire soumis au jugement de l'Acadmie en 1 84 1 5 j'ai montr que les fluorures paraissent avoir jou un rle gnrateur dans la formation des amas stanni- fres. Cette ide, qui alors tait seulement appuye par des observations sur la structure, et la composition des gtes d'tain, se trouve maintenant confirme par l'exprience; car, en imitant le procd de la nature que j ai signal, j'obtiens l'oxyde d'tain cristallis. Seulement, au lieu d'oprer sur le fluorure dont la prparation exige des appareils qui ne sont pas ma disposition, je me suis servi du chlorure. La grande analogie des fluorures t des chlorures permet d'ailleurs d'tendre les rsultats obtenus sur ces der- niers aux fluorures correspondants. Le procd consiste simplement faire arriver dans un tube de porce- laine chauff au rouge deux courants, l'un de perchlorure d'tain, l'autre de vapeur d'eau. L'acide stannique , qui rsulte de la dcomposition mu- tuelle des deux vapeurs, se dpose en petits cristaux qui tapissent l'entre du tube de porcelaine. En amenant le perchlorure d'tain dissous dans un courant d'acide carbonique sec , au lieu de vaporiser ce premier corps par la seule action de la chaleur, on obtient des cristaux plus volumineux. Les cristaux d'xyde d'tain ainsi obtenus sont, pour la plupart, in- colores, dous de l'clat diamant propre aux cristaux naturels et assez durs pour rayer le verre avec facilit. Quoique trs-petits, ils ont des faces 3i.. ( aa8 ) et des artes parfaitement nettes. Ce sont des prismes rhombodaux droits, toujours trs-aplatis suivant l'une des dimensions horizontales par deux faces de troncature verticales. Les bases du prisme primitif n'existent plus ; chacune de ces bases est remplace par une paire de biseaux symtriquement placs. Les angles du pointement extrme de ces cristaux, les seuls que la petitesse des faces permette de mesurer au goniomtre de rflexion , sont respective- ment de i33 et 89 degrs. Drivant du prisme rhombodal droit, ces cris- taux n'appartiennent pas au mme systme cristallin que l'oxyde d'tain naturel, qui se rapporte l'octadre base carre. L'oxyde d'tain constitue par consquent un nouvel exemple de dimorphisme. Par leur systme cris- tallis, par leurs modifications et par leur physionomie, les cristaux rhom- bodaux d'oxyde d'tain prsentent la plus grande ressemblance avec ceux de la broohite, qui est l'une des trois espces naturelles d'acide litanique. De mme que les cristaux de broohite, les cristaux d'oxyde d'tain prsentent des stries longitudinales parallles aux artes verticales du prisme primitif. Ce qui complte la similitude, c'est que l'angle des deux faces du biseau , qui est de i33 degrs dans l'oxyde d'tain rhombodal, correspond l'angle (e s sur e 3 ) de la broohite qui, d'aprs Leyy, est de 1 34 degrs. Ainsi l'tain oxyd rhombodal obtenu artificiellement est isomorphe avec la broohite. Depuis longtemps on a reconnu que l'oxyde d'tain de la nature est isomorphe avec le rutile. Les rsultats qui viennent d'tre consigns appren- nent, en outre, que les deux formes primitives de l'acide stannique corres- pondent exactement deux des formes de l'acide titanique. Cet isodimor- phisme fournit un nouvel exemple remarquable de la relation gomtrique qui unit les deux formes primitives d'un corps dimorphe. La densit de l'oxyde d'tain rhombique, qui est de 6,72, est infrieure celle de l'tain oxyd ttragonal. II en est de mme de la densit de la broohite compare celle du rutile. Dans les deux substances isodimorphes dont il s'agit, la forme du prisme carr correspond donc une agrgation molculaire plus dense que la forme du prisme rhombodal droit. De ce que l'oxyde d'tain obtenu par l'action de la vapeur d'eau sur la vapeur de perchlorure d'tain n'a pas la mme forme cristalline que l'oxyde d'tain naturel, on ne doit pas conclure que ces deux systmes cristallins correspondent des modes de gnrations trs-distincts l'un de l'autre; car dans l'Oisans et en Suisse, les mmes veines et quelquefois les mmes chantillons renferment au moins deux des espces d'acide titanique, l'anatase et la broohite. Des circonstances ( 9 ) trs-voisines l'une de l'autre peuvent donc amener le changement d'quilibre molculaire que dclent les deux formes de 1 acide titanique. La vapeur de perchlorure de titane, traite par les deux procds aux- quels ou a soumis le perchlorure d'tain, fournit aussi de l'acide titanique en petits mamelons hrisss de pointements cristallins parfaitement nets, mais de dimensions microscopiques; ces petits cristaux paraissent avoir la mme forme que l'acide stannique cristallis artificiellement et, par con- squent, que la broohite. Le chlorure silicique et le fluorure silicique ont t traits d'aprs les mmes procds; l'emploi du tube de porcelaine ne donnant pas de rsultats tout fait satisfaisants, j'ai successivement ritr la dcomposition des deux vapeurs dans une cornue en terre et dans un creuset qui taient l'un et l'autre chauffs au rouge blanc. Dans deux de ces expriences, je suis par- venu obtenir, avec le chlorure silicique, un dpt de silice, cassure vitreuse, dont la surface mamelonne prsente et l des faces cristallines trs-petites, parmi lesquelles on remarque des faces triangulaires comme celles du quartz. La cristallisation du quartz est beaucoup plus difficile que celle de l'acide titanique, et surtout que celle de l'oxyde d'tain. Dans les expriences qui viennent d'tre cites , le tube de porcelaine tait chauff au rouge blanc; mais c'est vers l'extrmit du tube o arri- vaient les deux vapeurs , et dans la partie extrieure au fourneau, que l'acide stannique, l'acide titanique et l'acide silicique se sont dposs en cristaux. La temprature de cette partie du tube n'tait pas suprieure 3oo degrs. IL De l'origine des filons titanifres des Alpes. Plusieurs rgions des Alpes, particulirement le massif du Saint-Gothard et de l'Oisans , sont connus par les beaux cristaux de rutile, d'anatase et de broohite qu'ils ren- ferment. Les minraux qui composent ces filons sont venus tapisser des fissures prexistantes, de mme qu'il est arriv pour les filons mtallifres proprement dits. Les allures des filons titanifres du Saint-Gothard et de l'Oisans rappellent, plusieurs gards, certains petits filons stannifres qui, ainsi que je l'ai montr ailleurs, sont postrieurs aussi la roche qui les renferme. Cependant ces filons se fondent souvent intimement.dans la roche encaissante. La pntration des cristaux de rutile jusque dans l'intrieur des cristaux de fer oligiste et des cristaux de quartz , montre que dans les petits filons du Saint-Gothard, ces trois minraux ont t prcipits, si ce n'est si- multanment, au moins dans les mmes conditions. Or, par son clat et par sa forme cristalline, le fer oligiste de ces filons rappelle le fer spculai re des ( 3.30 ) volcans, ce dernier tant d la dcomposition du chlorure de fer par la vapeur d'eau, ainsi que l'ont montr M. Gay-Lussac et M. Mitscherlich. On est port attribuer une origine semblable au fer oligiste des filons titani- fres. Cette premire prsomption se confirme, si l'on remarque, en outre, que l'acide titanique, qui ne s'obtient qu' l'tat amorphe par les autres procds jusqu' prsent connus, se dpose en cristaux quand on dcompose sou chlore par la vapeur d'eau, une temprature leve ; il en est de mme de I acide silicique. On est ainsi triplement amen conclure que les min- raux des filons titanifres dont il s'agit rsultent de la dcomposition de leurs chlorures en fluorures respectifs par la vapeur d'eau. Plus heureux que pour les dpts de fer oligiste des volcans prs desquels le chlore a compltement disparu, nous trouvons encore dans les filons titanifres des Alpes, divers vestiges du radical gnrateur. Il s'est, en effet, dpos, en mme temps que les trois espces d'acide titanique, des fluorures (le spath fluor qui est frquent), des silicates fluors (mica riche en fluor), des fluo- phosphates (apatite), enfin des borosilicates (axinite et tourmaline); ces der- niers sont comme un produit complmentaire des silicates fluors. L'apatitc du Saiut-Gothard renferme 0,002 d'acide chlorhydrique, ce qui montre que le chlore n'tait pas compltement absent lors de la formation de ces filons. D'ailleurs la prsence des silicates hydrats cristalliss, comme le ehlorite et diverses espces de zolite, sert constater que l'eau est aussi intervenue dans le remplissage des filons titanifres. En rsum, nous arrivons, par des preuves de nature diffrente, tant d'aprs l'tude des gisements que par l'exprience directe, conclure que le rutile, l'anatase, la broohite, le fer oligiste, et, au moins en partie, le quartz que renferment les petits filons du Saint-Gothard et de l'Oisans ont t forms par la dcomposition des fluorures de titane, de siljcium, de fer aux- quels se trouvaient associs des fluorures de bore et de phosphore, et pro- bablement aussi des chlorures des mmes corps. De ces diverses combi- naisons qui sont volatiles et indcomposables par la chaleur seule, mais qui sont instantanment dcomposes par la vapeur d'eau, et de la raction qui a t opre sur les roches encaissantes, il est rsult des substances fixes qui tapissent aujourd'hui les filons titanifres. " Quelques autres gisements des oxydes de titane se rapprochent de celui des Alpes, entre autres celui des amas stannifres de Schlackenwalde et de Schcenfeld en Bohme, qui contiennent le mica, la topaze, le spath fluor et lapante, et celui du Brsil o le rutile est accompagn de quartz, de fer ( a3i ) oligiste et de topaze. Du reste, le fluorure de titane, dont nous trouvons des rsidus peu prs certains dans quelques gisements, a t, dans quelques cas rares, soustraite la dcomposition, ainsi que le montre l'existence de la vvarwickite (fluorure de titane et de fer) dans le calcaire grenu. ' Les conclusions toutes semblables sur l'intervention originelle des fluorures et chlorures, d'une part, dans le remplissage des amas stannifres, de l'autre, dans la formation des filons titanifres, conclusions auxquelles nous sommes amens par l'tude de contres et de gtes tout fait diff- rents, se corroborent mutuellement. En rsum, des amas de titane et de- tain , qui par la fixit de leurs principaux minraux semblent loigner toute ide de sublimation , sont cependant tout fait comparables aux dpts de chlorures volatils qui se dgagent aujourd'hui des bouches volcaniques. Ainsi se Irouve vrifie, pour un nouveau cas, l'assimilation tablie par M. lie de Beaumont entre les gtes mtallifres et les manations volcani- ques la manire du sel ammoniac. Observons que l'un des principaux centres de ces anciennes fumaroles fluorifres, celui de l'Oisans, si connu parles minraux qu'il renferme, est prcisment au milieu d'un cratre de soulvement parfaitement caractris. Du chlorure ou du fluorure de titane paraissent donc avoir fait partie des vapeurs qui sont sorties du cirque de la Brarde lors de sa formation. Les petits dpts de fer oligiste qui accompa- gnent les oxydes de titane presque partout, ceux qui sont souvent associs aux gtes d'tain, comme Altenberg en Saxe et Saint-Just en Cor- nouailles, tablissent une analogie entre le gte de titane et d'tain, et cer- tains amas plus volumineux de fer oligiste qui paraissent dus aussi la dcomposition du chlorure et du fluorure de fer. En dcomposant le per- chlorure de fer par la vapeur d'eau dans un tube de porcelaine, j'ai obtenu du fer oligiste en morceaux confusment cristallins qui ressemblent, s'y mprendre , certaines varits de minerai de Framont. Fia formation des filons d'oxyde de titane et des amas stannifres telle que je l'ai expose, jette du jour sur plusieurs faits relatifs au mtamorphisme des roches. On voit, eu effet, comment les minraux les plus fixes, tels que l'oxyde d'tain, les oxydes de titane, le quartz, doivent souvent leur existence des composs trs-volatils. Ces lments volatils ont d non-seulement pntrer dans les fissures qui leur taient ouvertes , mais aussi ont pu imprgner des massifs entiers de roches qui n'taient pas impermables au gaz. Le fluor est telle- ment rpandu dans les roches granitiques et dans un grand nombre de ro- ches schisteuses cristallines, que, selon toute probabilit, son rle n'a pas t ( 3a ) rduit aux troites limites des gtes d'tain et de titane. Au Saint-Gothard , dans l'Oisans et au Brsil , o les gtes de titane sont renferms dans des roches mtamorphiques, on doit croire que la formation de ces gtes est en connexion avec les phnomnes qui ont opr le mtamorphisme des roches encaissantes. godsie. Nouvelle Note sur le niveau bulle d'air double ou deux fentres ; par M. P. Breton, de Champ. (Commissaires, MM. Arago, Mauvais, Laugier.) Dans un Mmoire prsent il y a quelques mois l'Acadmie {voir les Comptes rendus, tome XXVIII , page 356), je me suis attach dmontrer la possibilit de modifier le niveau ordinaire bulle d'air d'une fnanire avantageuse pour la pratique du nivellement. Un procd aussi simple pour disposer horizontalement l'axe de rota- tion de la lunette d'un niveau , avait d ncessairement se prsenter l'es- prit de beaucoup de personnes. En effet, Jean-Tobie Mayer, fils du clbre astronome de ce nom, et auteur d'un trait de gomtrie pratique imprim en allemand la fin du sicle dernier, dcrit , dans le chapitre XII de cet ouvrage, un niveau se prtant un mode d'oprer tout fait analogue celui que j'ai indiqu. Supposant, comme c'tait l'opinion gnrale, que l'in- trieur du tube doit tre une surface de rvolution, il appelle ce niveau cylindrique. Une condition aussi difficile raliser, si elle n'a pas empch absolument de construire de ces niveaux, ne pouvait que rebuter les con- structeurs; aussi ont-ils abandonn ce systme. En faisant voir, dans mon Mmoire du 12 mars, que les conditions raliser sont beaucoup plus simples qu'on ne l'imaginait, j'ai fourni aux constructeurs les moyens de reprendre cette question avec de meilleures chances de la rsoudre pratiquement. M. Brunner, dont on connat la consciencieuse habilet, s'en est occup, en effet, et avec un plein succs. Un niveau deux fentres figure mainte- nant l'exposition des produits de l'industrie. Les tubes prpars par M. Brunner sont rods sur le tour, ce qui les rend presque cylindriques. Ce travail marche rapidement et sans aucune difficult. Tout porte donc croire que le niveau double ou deux fentres deviendra bientt usuel. .. Je terminerai cette Note par une remarque relative la manire de vrifier l'exactitude de ce niveau. Il importe beaucoup que l'observateur ( *33) puisse reconnatre lui-mme si Je paralllisme des surfaces de verre, aux points o la bulle doit s'arrter, n'a pas t dtruit. Mettant profit une indi- cation de M. Faye, j'avais suppos que le constructeur rendrait susceptibles d'tre substitus l'un l'autre , an moyen d'embotements convenables , l'objectif de la lunette et le systme de l'oculaire et du porte-fils; mais j'ai trouv, dans une observation faite par M. Brunner, un autre moyen de rec- tifier l'instrument. M. Brunner vrifie le paralllisme dont il s'agit en trans- posant, sur le corps de la lunette, les poupes qui servent de points d'attache au niveau. Si le paralllisme subsiste, la bulle, ramene au repre de l'une des fentres , en inclinant au besoin le tube , devra s'arrter au repre de la seconde fentre lorsque la lunette aura tourn de 180 degrs sur son axe. Or cette mthode de vrification, lorsque le paralllisme n'existe pas, peut devenir un moyen de rectification. En effet, il est facile de s'assurer qu'alors l'axe de la lunette se trouve inclin d'une quantit angulaire gale la moiti de l'angle form par les deux surfaces non parallles, et mesur dans le plan vertical de cet axe. Si donc on retourne, comme le fait M. Brunner, le niveau sur la lunette, et que l'on rgle l'instrument de manire faire paratre suc- cessivement la bulle aux deux repres primitifs, l'axe de rotation sera in- clin comme la premire fois, mais dans un sens oppos. La moyenne entre les hauteurs obtenues sur une mire loigne fera donc connatre un point de l'horizontale vraie, et c'est l ce qu'il faut trouver pour une rectification complte. M. Leboeuf lit une Note concernant une question qui a dj t l'objet de plusieurs Mmoires lus ou prsents par lui , la possibilit d'annoncer d'avance une saison pluvieuse. L'auteur produit un certain nombre de documents destins prouver que ses prvisions, cet gard , pour la prsente anne, se sont vrifies. De plus, il rclame contre l'opinion mise par les Commissaires l'examen des- quels avaient t renvoyes ses communications prcdentes, savoir, qu'elles n'taient pas de nature devenir l'objet d'un Rapport; enfin il demande que l'ensemble des pices prsentes par lui soit admis au concours pour le prix d'Astronomie fond par de Lalande. Il n'est pas donn suite cette demande. Quant la rclamation, M. Laugier, qui avait t l'organe de la Com- mission, rpte, ce qui dj avait t dit, que M. Leboeuf ne fonde ses pr- C. R. , 1849, 1"" Semestre. (T. XXIX, N 9 ) 3u (8) visions sur aucune thorie , et que l'Acadmie n'a pas coutume de se faire faire de Rapports sur des prdictions. MMOIRES PRSENTS conomie rukale. tudes sur la canne sucre; par M. Casaseca. (Commissaires, MM. Boussingault , de Gasparin, Payen.) L'auteur, en terminant son Mmoire, prsente dans les termes suivants les conclusions auxquelles il a t conduit par suite de ses recherches. Ces conclusions sont : i. Que la canne blanche ou d'Otahiti dgnre sur les terrains rouges et multres, spcialement s'ils sont en partie striliss (cansarfos). Cette canne sucre devient alors plus ligneuse et moins sucre; aussi convien- drait-il ne semer dans des terrains de ce genre que des cannes cristallines et rubanes; >' 2. Que dans les diverses analyses de la canne sucre faites jusqu' ce jour, on avait commis une grave erreur, parce que les travaux taient excuts sur des quantits variables de canne, sans distinction aucune de la partie de la plante qu'on analysait, ce qui ne donnait jamais la vri- table richesse saccharine moyenne de la canne sucre examine, et pou- vait causer des mprises nuisibles aux intrts des planteurs; 3. Que pour se former une ide exacte de la composition chimique de la canne sucre, il faut l'examiner dans ses trois tiers; 4- Q ae cel examen donne lieu aux observations suivantes : I. Dans les cannes d'Otahiti, qui ont t analyses dans leurs trois tiers, l'eau se trouve rpartie en proportion arithmtique croissante du pied la tte; et dans les autres espces de canne sucre, si la proportion n'est pas rigoureusement exacte, elle s'en approche tant, que l'on doit supposer qu'une telle distribution mathmatique de l'eau est une loi de l'organisation du vgtal. H. Le sucre existe en plus grande quantit dans le pied que dans le reste de la canne. Aussi va-t-il en diminuant dans tout le premier tiers de sa longueur; mais si l'on prend le terme moyen du tiers central et le terme moyen du suprieur, il rsulte des quantits presque gales de sucre. D'o il s'ensuit que ds la naissance du tiers central jusqu' la tte du vgtal, la distribution du sucre est presque uniforme. ( a35 ) III. Dans les deux tiers de la longueur de la -canne sucre, partant du pied, la quantit de ligneux, terme moyen, est presque constante; car la mme existe ' trs-peu de chose prs dans le tiers infrieur que dans le cen- tral; mais dans le dernier tiers ou suprieur, elle diminue rapidement jus- qu' la tte, et c'est pour cela que le terme moyen du tiers suprieur nous offre une quantit de ligneux bien moindre que celle des deux autres tiers. IV. La quantit de sucre du tiers central est, trs-peu de chose prs, le terme moyen de la totalit contenue dans la canne. V. Si les noeuds ne s'y opposaient, la canne sucre offrirait, dans certains cas , un rapport constant entre le sucre et le ligneux , dans toute la longueur de sa tige. VI. Les nuds ne contiennent pas la mme quantit d'eau que le reste de la canne sucre, comme l'a prtendu l'habile chimiste, M. Peligot. Il y a mme prs de 4 pour 100 de diffrence; mais si l'eau se trouve distribue en proportion arithmtique croissante dans la tige de la caune, elle l'est aussi dans le mme rapport dans les nuds; car il y a la mme diffrence en eau entre un nud infrieur et un autre suprieur qu'entre les cylindres respectifs de la tige. VII. Que pour fixer dornavant la valeur d'une canne sucre, il faudra analyser le tiers central de sa longueur, puisque la quantit de sucre de ce tiers est l'expression presque compltement exacte de la richesse saccharine moyenne de la canne entire. VIII. Que si l'on pratique avec un peu de soin les rgles qui ont t prescrites, sachant peser, scher et faire bouillir la canne sucre avec de l'eau distille, ou condense dans la machine vapeur du moulin; le plan- teur, par des calculs extrmement simples, puisqu'ils se bornent des mul- tiplications et des divisions de nombres dcimaux, pourra toujours con- natre, avec une exactitude suffisante, la richesse saccharine moyenne d'une canne sucre de son habitation. chimie. Sur la constitution chimique des graines de pavot. (Mmoire de M. Sacc. (Extrait par fauteur.) (Commissaires, MM. Boussingault , Payen, Balard.) Dans ce travail, j'ai cherch prouver que pour avoir des analyses exactes des matires organiques, il faut joindre la dtermination de leurs 3a.. ( a36 ) principes ultimes celle de leurs matires constituantes immdiates. .1 in- dique ensuite quelle est la composition del graine et de l'huile, ainsi que du tourteau de pavot. Je signale la parfaite innocuit des graines de pavot, leur utilit comme matire alimentaire, et la prsence d'un corps gras volatil dans ces graines. La composition des cendres des graines de pavot est remarquable en ce qu'elle ne prsente que fort peu d'alcalis et, en change, beaucoup de chaux et d'acide phosphorique; rapproche de celle des cendres du bois de sapin, que j'ai publie au mois d'avril, clans les Annales de Chimie, cette composition semble indiquer que sur les terrains calcaires la chaux remplace presque totalement les alcalis dans la cendre des vgtaux. Le calcul des analyses prouve, enfin, que tout le nitrogm- existant dans les graines de pavot, ne s'y rencontre pas sous forme de ma- tire organise. Si ce fait se gnralise, on ne pourra donc plus apprcier la valeur nutritive des matires organises en dterminant la quantit de nitrogne qu'elles contiennent. " M. Dccros adresse une nouvelle Note concernant ses expriences lectro- physiologiques. (Commission nomme.) M. Deyeux, qui avait prcdemment soumis au jugement de l'Acadmie des creusets fabriqus par un procd qui lui est propre, et annoncs comme pouvant servir pour obtenir hjusion mme du fer doux, demande que la Commission qui a t charge d'examiner ces appareils veuille faire con- natre, le plus promplement possible, le rsultat des essais auxquels elle les aura soumis. (Renvoi la Commission nomme.) CORRESPONDANCE M. le Ministre des Finances demande un nouvel exemplaire du Rapport, qui a t fait l'Acadmie sur les papiers de sret, e't prie qu'on lui adresse en mme temps quelques chantillons du papier que la Commission a jug le plus propre prvenir les falsifications. M. le Ministre de l'Intrieur renvoie un document manuscrit prcdem- ment confi par l'Acadmie son Administration qui avait besoin de le consulter pour un travail relatif la conscription. (".37.0 Ce document, qui est un relev des oprations des conseils de rvision dans le dpartement de Maine-et-Loire, dress en 1841 par M. le docteur Licheze, et prsent au concours pour le prix de Statistique de la fondation Montyon , reprendra sa place dans les archives de l'Acadmie avec les autres pices du concours auquel il appartient. M. le Maire de la ville de Beaune annonce que l'inauguration de la statue de Monge aura lieu dans cette ville, qui est la patrie du grand gomtre, le 1 1 septembre prochain , et invite l'Acadmie se faire reprsenter par un ou plusieurs de ses membres, dans cette solennit. M. Cb. Dupin est dsign pour cette mission. astronomie. Dcouverte d'une nouvelle comte. (Extrait d'une Lettre de M. Struwe. ) * ondage excut pour faire un puits artsien la Villette, raffinerie de M. Edmond Guillon. Ce lignite, dit iM..Barruel, est probablement le mme que celui qu'on a dj trouv dans divers endroits du bassin de la Seine, de la Bivre et de l'Yonne. Sur une paisseur de i m ,5o, on le trouve dans l'tat de puret de l'chantillon; au-dessus et au-dessous sont deux couches de lignite trs- argileux, ayant i mtres de puissance: on Ta rencontr 7^ mtres de profondeur. Voici son analyse : Matires volatiles 5i ,33 ; Charbon 33, 81; Cendres 14,86. Les cendres sont gristres; elles renferment de la chaux , de la silice , de l'albumine, de l'oxyde de fer. Ce lignite est un peu pyriteux. Il constitue ainsi un combustible sinon excellent , au moins trs-bon pour une foule d'usines qui n'ont pas besoin d'un trs-haute temprature. Il serait inutile d'insister sur L'utilit d'une telle masse de combustible, presque dans les murs de Paris. chirurgie. Opration de la hernie, cure radicale obtenue par la mthodt sous-cutane. (Note de M. Cardan.) Au mois d'octobre 1 845 , on me prsenta un enfant de huit ans; il avait une hernie congniale norme. Lorsqu'il avait couru, qu'il tait fatigu, par le fait du mouvement, plus du tiers du paquet intestinal descendait dans le sac; dans ces moments-l, elle dpassait le milieu del cuisse et gnait la marche. L'ouverture dn sac herniaire tait grande ; elle allait de la symphyse pubienne jusque vers l'pine iliaque infrieure, un travers de doigt prs. En faisant coucher le malade, les intestins taient facilement refouls dans la cavit abdominale; il suffisait de le faire coucher sur le dos, les jambes un peu flchies, et de relever le sac; en pressant, les intestins glissaient de suite, et reprenaient leur emplacement normal. C tait l'poque o Ion parlait beaucoup des sections sous-cutanes; je m'avisai de traiter cette hernie par la mthode en question, c'est--dire sans entaille la peau. La veille, je fis prendre l'enfant deux onces d'huile de ricin pour vicier les intestins; aprs ce purgatif, il prit du bouillon, mais plus d'aliments so- lides. Le lendemain matin, l'enfant tant couch sur le dos, les jambes re- ( 3 9 ) leves, les genoux flchis et carts, je fis rentrer les intestins et tirai le sac de haut en bas, de manire conserver ses parois toute leur grandeur, malgr la coutraction des tissus qui se rtractaient Le pre de l'entant appuya l'index de la main gauche au-dessus de l'arcade pubienne, de manire comprimer les deux parois du sac l'une contre l'autre, sur le rebord sup- rieur de l'arcade (le rebord suprieur, et non pas tout fait la face ant- rieure). 1-e doigt tait dans une position presque parallle l'os pubis, plac au-dessus et dbordant un peu en avant, .le m'assurai qu'aucune anse d'in- testin grle n'tait comprime et ne se trouvait encore dans le sac. Les choses ainsi disposes, et l'enfant solidement tenu en place, je s- parai les deux parois du sac, j'introduisis un trocart; aussitt que l'instrument eut pntr dans le sac, je retirai le dard de quelques lignes, afin de porter directement le bout de la canule l'ouverture du sac, entre l'os pubis et le doigt qui comprimait. Une fois le bout de la canule arriv en ce point sans s'tre accroch en route, je repoussai le dard sa place, et fis plusieurs raillures sur les deux lvres de la sreuse : ces raillures furent assez nom- breuses et profondes; il s'coula un peu de sang qui sortit par la canule la fin de l'opration. Je m'tais muni d'un bandage solide ; je le posai avant que le pre tt son doigt et cesst la compression. J'avais ainsi attach l'une l'antre deux surfaces sreuses qui allaient violemment s'enflammer et se souder par le fait de l'inflammation. Le danger craindre tait, ou une pritonite ou la gangrne. Le soir, dix heures aprs l'opration, je fis appliquer douze sang- sues, sans dranger la pelote du bandage : l'enfant fut maintenu sur le dos, et la dite lacte. Il y eut peu d'inflammation du sac; il s'y pancha un peu de liquide qui ne tarda pas tre rsorb. Le petit malade vcut de lait et de tisane d'orge pendant cinq jours; du sixime au quinzime jour il prit du bouillon d'abord, puis quelques potages. Aprs quinze jours , je commenai peu peu lui rendre des aliments solides : il ne se leva qu'au bout de six semaines. Il y eut de la douleur dans la rgion de l'arcade pubienne; la peau devint rouge sous la pelote qui comprimait et au-dessus; les parois du sac furent tumfies et chauiies, comme aprs l'opration du varicocle par les fils, mme un peu infiltres pendant les quinze premiers jours; mais il ne se produisit rien de semblable une pritonite : tous ces accidents eurent peu de gravit _, et cessrent peu peu dans les premiers quinze jours. ( *4o ) La fivre, assez intense du deuxime au cinquime jour, s'abattit vite; il ne resta plus qu un mouvement fbrile de ioo io5 pulsations, qui dura quatre cinq semaines , avec des moments de calme et des moments d'exacerbation. L'enfant revenant son tat normal , ce mouvement f- brile cessa de lui-mme. Durant les six semaines qu'il passa au lit, l'enfant ne se mettait jamais assis ; on veillait ce qu'il gardt la position horizontale : on veillait surtout ce que le bandage ne se dranget pas; seulement, dans les pre- miers jours, je glissais avec prcaution, entre la peau et la pelote, des linges fins, mouills tantt d'eau laudanise, tantt d'eau saturne. Peu peu le sac a perdu de son volume, ses parois se sont rtractes, ratatines sur elles-mmes; de ce ct des bourses, les tissus sont plus pais. en plus grande quantit, mais il est probable que, par la rsorption, ils seront bientt ramens l'tat normal. L'enfant a supprim son bandage dix-huit mois aprs l'opration : la hernie n'a pas reparu , la gurison a t radicale et s'est maintenue. Est-ce l une opration que la prudence permet de renouveler et de gnraliser pour les hernies congniales? Je ne le pense pas. Serait-elle praticable sur les adultes? Je craindrais de la risquer. t M. Lepage adresse la description d'une horloge dont le jeu figure le mouvement des corps clestes et sur laquelle il dsirerait obtenir le jugement de l'Acadmie. La description de l'appareil tant imprime, ne peut, d'aprs les usages de 1 Acadmie, devenir l'objet d'un Rapport. M. BmcHEr envoie une Note ayant pour titre: Application de la cata- dioptrique an diorama portatif. M. Quixet adresse une nouvelle rclamation concernant le Rapport sur les papiers de sret'. L'absence de MM. Dumas et Thenard, contre lesquels est dirige la Lettre de M. Quinet, ne permet pas, d'aprs les usages constants de l'Acadmie, d'en faire dans la prsente sance autre chose que l'objet d'une simple mention. M- Dcrand demande de nouveau que l'Acadmie se prononce sur les ( *4' ) ides qu'il a mises dans plusieurs communications successives o il traitait des questions de physique gnrale. M. Mercier demande qu'un paquet cachet dpos par lui, eu juin i836, soit ouvert et qu'il soit donn une copie certifie de la Note qui y est contenue. L'auteur de la Lettre ne disant pas expressment que sou intention soit de rendre publique la Note en question", l'ouverture du paquet ne peut avoir lieu jusqu' nouvelle explication. M. Evrard adresse un paquet cachet. L' Acadmie en accepte le dpt. lia sance est leve 4 heures et demie. F. -il8Wrr-i' C.R.,849, i me Semestre. (T. XXJX, N9. 33 ( *4* ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Acadmie a reu, dans la sance du 20 aot 1849, ' es ouvrage* dont voici les titres : Recherches chimiques sur Vcorce du cail-cedra; par M. Eue. Caventou. Paris, 1849; broch. in-4- Encyclopdie moderne. Dictionnaire abrg des Sciences, des Lettres et des Arts, etc.; nouvelle dition, publie par MM. DlDOT, sous la direction de M. L. Renier; 255 e 257 e livraisons; in-8. Socit de prvoyance et de secours mutuels de Metz. Metz, 1849; in-8. Statuts et rglement de la Socit 'le prvoyance et de secours mutuels de Metz. Metz, 1849; in -8. Journal de Pharmacie du Midi; 2 e srie, t. I er ; juillet 1849; in-8. Le Moniteur agricole; tome H, n 16; in-8. Bulletin de i Acadmie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux- Arts de Belgique; tome XVI, n 7; in-8. Astronomische... Nouvelles astronomiques de M. SCHUMACHER; n* 686; in-4. Report. . . Rapport sur la dix-huitime runion.de l'Association britannique pour l'avancement des sciences, tenue Swansea, en aot 1848. Londres, 1849; in-8. Dlie malattie. . . Des maladies de la glande thyrode et des oprations auxquelles elles donnent lieu; par M. L. Porta, professeur de clinique chirurgicale Pavie. Milan, 1849; in-4- Raccolla. . . Recueil de lettres et autres crits concernant la Physique et tes Mathmatiques ; publi par MM. Tortouni, Palomba et Cugnoni ; avril juin 1849; in-8. Applicazioui . . Application des fonctions elliptiques et des problmes de gomtrie et de mcanique rationnelle; par M. TORTOLINI; Rome, 1849; broch. in- 8. ( a43 ) Dell' azione. . . Essai sur l'action de quelques remdes; par M. R. Bellini, de Pise. Pise, 1847; in-8. Di alcuni . . . Expriences concernant quelques changements que subit le sang sous l'action 'des substances mdicamenteuses; par le mme. Florence, 1847; broch. in-8. Dlie. . . Recherches microscopiques sur les altrations que prsentent les globules rouges du sang , par suite de l'action des substances mdicamenteuses; par le mme; broch. in-8. (Extrait de la Gazette toscane des Sciences mdi- cales; 5 e anne. ) Gorrispondenza. . . Correspondance scientifique de Rome; n os 1 10, 7 mars 1849; i er at 1849. Gazette mdicale de Paris; n 33; in-4. Gazette des Hpitaux; n* $5 et 96. L Abeille mdicale ; n 16; in-8 L'Acadmie a reu, dans la sance du 27 aot 1 849 , les ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences 2 me semestre 1849; n 8; in-4. Annales hydrographiques, Recueil d'avis, instructions, documents et m- moires relatifs l'hydrographie et la navigation; publies par le Dpt gnral de la Marine; janvier, fvrier et mars 1849; in-8. Dpt gnral de la Marine. Description nautique de la cte occidentale d'Afrique depuis le cap Roxo jusqu'aux les de Lon , comprenant l'archipel des Bissagor;par M. DE Kerhallet, capitaine de frgate. (Extrait des Annales hydrographiques de 1848-49.) In-8. Sur la rpartition des Mammifres fossiles enfre les diffrents tages tertiaires qui concourent former le sol de la France; par M. Paul Gervais; a feuilles \; in-8. Annales forestires; t. VIII: aot i84g; in-8. ( 244) Recueil de la Socit Polytechnique ; sous la direction de M. OE MolON ; juin 1849; i n_ 8. Revue mdico-chirurgicale de Paris, sous la direction de M. Malgaigne; 3 e anne; aot 1849; in -8. Additional. . . Observations additionnelles sur une nouvelle espce vivante d'Hippopotame de l'Afrique occidentale (Hi