Vnrv ^ i -m un $abnu-n of tbe fftuseum OF COMPARATIVE ZOOLOGY, AT HARVARD COLLEGE, CAMBRIDGE, MASS. JounUrï bu pritmte substription, in 1861. Deposited by ALEX. AGASSIZ. Qtrtll ^u/fî/cmenf MBL/WHOI 0301 00M7323 7 r?%p 'YM '<ÏUU4fl~~ J 9 ANNÉLIDES CHÉTOPODES ^ GOLFE DE NAPLES EDOUARD CLAPARÈDE /o LES ANNËL1DES CHÉTOPODES DU GOLFE DE NAPLES PAU EDOUARD GLAPARÈDE SUPPLÉMENT ACCOMPAGNÉ DE XIV PLANCHES GENÈVE et BALE H. GEORG, LIBRAIRE, 10, CORRATERIE 1870 A LA MEMOIRE DE STEFANO BELLE CHIAJE Cette dédicace n'étonnera personne. A chaque page, dans mes tra- vaux relatifs aux Annélides, le nom de Délie Chiaje s'est présenté sous ma plume. Partout, sur les bords du golfe de Naples, j'ai retrouvé les traces de l'illustre zoologiste italien, et mes recherches n'ont été que la continuation des siennes. Cependant, Délie Chiaje vivant n'aurait peut-être point accepté cet hommage. Il n'aurait pas vu sans regrets tomber tant de parties de l'é- difice scientifique construit par lui. Les points nombreux sur lesquels j'ai dû le contredire auraient peut-être refoulé sur l'arrière-plan, pour .0* 3" ses yeux offensés, l'éclatante confirmation reçue par tant de ses décou- vertes. La vanité humaine, à laquelle la tradition le représente comme n'ayant pas été insensible, lui aurait conseillé le refus de cette offrande reconnaissante, à laquelle il a pourtant des droits si évidents : « Porrigis irato puero quum poma, récusai : Sume catelle ! Negat, Si non des. optel * Mais Délie Chiaje n'est plus là et la postérité impartiale acceptera sans hésitation pour lui cet hommage légitime. Il est parfois plus facile de dédier un livre à un mort qu'à un vivant. Un nouveau séjour sur les bords du golfe de Naples, pendant l'hivei 1808-69, m'a permis de revoir à peu près toutes les espèces décrites dans mes « Annélides Chélopodes du golfe de Naples'. » J'ai pu com- pléter mes observations sur divers points et corriger çà et là quelques erreurs. En outre un assez grand nombre d'espèces non étudiées dans mon premier travail, sont tombées entre mes mains! Les unes sont en- tièrement nouvelles pour la science, les autres avaient été déjà rencon- trées par Délie Cbiaje, mais n'avaient pas été revues depuis. Si le cata- logue zoologique des espèces a subi par suite un accroissement notable, l'anatomie n'a point été négligée pour cela et c'est même au point de vue de l'organisation interne des Annélides que ce Mémoire a le plus d'im- portance. Peu de temps après la publication de mes Annélides du golfe de Naples, la seconde partie des Borstenwûrmer- de M. Eblers a vu le jour. Ce beau volume, accompagné de nombreuses planches fort bien dessi- nées, est une riche contribution à l'avancement de la science. J'aurai à en tenir compte à chaque instant dans le cours de ce Mémoire. Je dois même dire qu'une grande partie de mes nouvelles recherches ont pris pour point de départ le livre de M. Ehlers et que, par conséquent, je suis, dans une certaine mesure, redevable à ce savant d'une partie des résul- tats les plus importants auxquels je suis arrivé. L'observateur, dans la science, est toujours juché sur les épaules de son prédécesseur et voit forcément plus loin que lui. Que ferait-il si cette base étrangère venait à lui manquer? Bien peu de chose, à en juger du moins par tant de tra- vailleurs qui ont négligé de se procurer le piédestal obligé, et dont les œuvres encombrent la bibliographie. Le fait que le livre de M. Ehlers a paru presque immédiatement après 1 Les Annélides Chitnpodes de Naples. Genève 1868, 1 vol. in-4" accompagné de 32 pi. (Tiré des Mé- moires de la Soc. de Physique et d'Hist. nat. de Genève, tomes XIX et XX.) 2 Die Borstenwûrmer (Aniielida Clioetopoda) nnch systematischen und unatomisclien Untersuchungen dqfgestellt, von Ernst Ehlers. l.Bd. mit XXIV Taleln. 4. Leipzig, Engelmann, 1864-08. (365) 2 ANNÉLIDES CHËTOPODES la publication de mon premier travail, a eu nécessairement pour consé- quence qu'aucun de ces deux ouvrages ne tient compte de l'autre. Je ne saurais le regretter. L'importance de la communauté d'une grande partie des résultats gagne par là en relief, les recherches ayant été faites d'une manière toute indépendante. Les divergences qui se présentent çà et là indiquent d'emhlée à d'autres observateurs sur quels points ils doivent diriger leurs recherches et c'est un avantage qui a bien son prix. Le seul inconvénient résultant de cette quasi-simultanéité de publication, est l'établissement d'une synonymie pour certaines espèces. M. Ehlers a déjà essayé de rétablir l'accord de nomenclature dans une petite note sur ce sujet'. Ce savant parait penser que j'ai été un peu loin dans la reven- dication des espèces de Délie Chiaje. Pour lui, il accorde la priorité à l'auteur qui, le premier, a décrit une espèce d'une manière suffisamment claire et c'est pour cela que, dans plusieurs cas douteux, il n'a pas hésité à abandonner le nom de Délie Chiaje pour celui d'un auteur postérieur ou même pour un nom nouveau. La suffisance d'une description est malheureusement d'une appréciation souvent difficile et toujours bien subjective. Pour ce qui concerne Délie Chiaje, j'ai tenu compte des des- sins autant que des descriptions et je n'ai pas négligé les données résul- tant de la localité même. C'est ainsi que le Lumbricus filigerus est men- tionné, décritelfiguré à tant de places dans les ouvrages de Délie Chiaje, qu'il est impossible d'y méconnaître un Cirratule ou plutôt une Audoui- nie fort commune. Mais les distinctions spécifiques entre Cirratules ou Audouinies reposent actuellement sur des caractères d'observation si peu facile, que les figures et les descriptions de Délie Chiaje pourraient s'appliquer à plusieurs espèces de différentes mers. Toutefois, lorsque je vois à Naples uneseule espèce d'Audouinie être fort commune; lorsque je sais qu'elle pullule dans le port partout où il y a de la vase; lorsqu'il est évident que ce ver a dû arriver journellement dans les mains de Délie Chiaje, alors je n'hésite pas à reconnaître dans cette Annélide la seule Audouinie tombée entre les mains du savant Napolitain pendant sa lon- ' Gottingische gelehrte Anzeigen, 21 April J869. (366) DU GOLFE DE NAPLES. 3 gue carrière zoologique, et décrite par lui sous le nom de Lumbricus fili- gerus. Un antre exemple sera plus frappant encore. Délie Chiaje a attribué à sa Polynoë astericola, que je place dans le genre Acholoë, et à sa Nereis jlexuosa, classée par moi dans le genre Slepkania (famille des Hesioriiens), des caractères très-insuffisants et faux. Mais il indique que ces deux es- pèces sont parasites des ambulacres de Y Astropeelen auranliacus. Or je trouve en effet dans ce lieu, assez fréquemment, deux Annélides et il rsl impossible de les comparer aux figures de Délie Chiaje sans acquérir la conviction que celles-ci sont des représentations, médiocres il est vrai, de ces espèces. L'évidence est pour moi si grande, grâce à mon étude sur les lieux mêmes, que je n'hésiterais pas à rétablir les noms spécifiques de Délie Chiaje s'ils avaient été remplacés par d'autres. Heureusement qu'il m'a été facile de les conserver, puisqu'aucun naturaliste ne paraît s'être occupé de ces vers après le savant Napolitain. Je crois donc que je n'ai pas eu tort dans le rétablissement de tant de noms de Délie Chiaje. D "ailleurs, pour ce qui concerne mon premier Mémoire, il a décidément la priorité sur celui de M. Ehlers. Cela résout forcément, dans plusieurs cas, la question d'une manière définitive en faveur du nom créé par le zoologiste de ÏNaples. M. Grube paraît être de mon avis, puisqu'il m'écrit que ce ne sera pas un des moindres mérites de mon travail que d'avoir clairement délimité tant d'espèces de Délie Chiaje. Les divergences qui ont pu se manifester entre M. Ehlers et moi, se- ront abordées dans le courant de ce Mémoire à propos des familles, des genres ou des espèces qu'elles concernent. Je dois cependant insister ici sur quelques-unes des plus importantes, relatives à la famille des Glycé- riens, car cette famille n'est étudiée à aucun point de vue dans ce nou- veau Mémoire. Dans mes « Annélides de Naples » j'ai détaché du genre Glycère, sous le terme générique de Rhi/nchobolus, toutes les espèces mu- nies de mâchoires, conservant le nom de Ghjcera pour les espèces à trompe inerme, comme la Glycera unicornis, type du genre de Savigny. (367) 1 4 ANNÊL1DES CHÉTOPODES M. Ehlers rejette le genre Rhynchobolus et conserve le genre Glycère dans son étendue usuelle, attendu qu'à ses yeux il n'existe pas de Gly- cères à trompe inerme. La Gl. unicornis de Savigny et la Gl. miiis de Johnston n'ont pas, suivant lui, été étudiées d'une manière qui « réponde aux exigences actuelles delà science'.» Avec une prudence louable, que j'ai peut-être eu le tort de ne pas toujours imiter, M. Ehlers néglige de nous dire exactement quelles sont les recherches insuffisantes qu'il vise par celte phrase. Je me permettrai donc d'indiquer sur quelles données repose la prétendue absence de mâchoires chez la Gl. unicornis Sav. Savigny, en 1820, disait positivement « Mâchoires nulles'. » En 1834, Audouin et JM. Edwards auraient vérifié ce fait, selon M. de Quatrefages 3 . Cela ne résulte, il est vrai, pas clairement de la phrase de ces savants 4 . Enfin, en 1865, M. de Quatrefages affirme de la manière la plus posi- tive qu'il a examiné de nouveau avec soin l'exemplaire de Savigny et qu'il l'a trouvé dépourvu de mâchoires". A cela, M. Ehlers me répondra sans doute que ces preuves ne sont pas bien fortes, puisqu'il s'agit d'une de ces Annélides conservées depuis quarante ou cinquante ans dans un alcool plus ou moins impur, objets à l'égard desquels je me suis exprimé jadis d'une manière qui a été jugée, il est vrai, un peu trop défavorable. Fort bien. Mais M. de Quatrefages a aussi observé, parfaitement vivantes, aux îles Chausey, des Glycères qu'il considère comme identiques avec l'espèce de Savigny, et il dit expressément que la trompede ces vers « est dépourvue de mâchoires 6 . » Or, M. de Quatrefages a imprimé ces ob- servations à une époque où presque personne ne croyait aux Glycères émaxillées. Ce ne sera donc pas à la légère qu'il aura lancé son affirma- 1 «Thiere, welche keineswpgs in einer unserenjetzigen Anfcrderungen genûgenden Weise untersucht sinri. » elc — Ehlers, Gôtting. Anz. 18G9, p. 630. * Système des Annéliiles, p. 36. 5 « La Irnmpe est parfaitement inerme, comme l'avait vu Savigny et comme l'ont vérifié déjà MM. Au- douin el Edwards » Quatrefages, Hisl. des Aiinelês, II, p. 170. « o La Glycère unienrne, d'après laquelle M. Savigny établit ce genre, se distingue de toutes celles dont nous venons de parler par l'absence rie mâchoires, el c'est à tort que M. de Blainville la regarde comme étant probablement identique avec la Glycère douteuse.» — Recherches pour: servir à l'hist. natur. du lillnral de la France, tome 11, p. 243. 5 Loc. cit. 11, p. 170.— 6 lbid.p. 171. (368) DU GOLFE DE NAPLES. 5 lion dans le monde. M. Ehlers croit pouvoir faire bon marché de ces observations ', niais il me semble, pour ma pari, qu'il esl impossible de n'en pas tenir compte. L'observation des mâchoires chez des animaux de la taille des Gly- cères esl beaucoup trop facile pour qu'il soit possible d'admettre que M. de Qualrefages se soil ilérativement mépris à ce sujet. Sans celares- terail-il une seule observation qu'on put admettre sans l'avoir faite soi- même ? M. Ehlers me fait un second reproche plus grave, c'est d'avoir énu- méré la Glycera capitala OErst. dans ma liste des espèces émaxillées, maigre l'assertion parfaitement contraire de M. OErsted. Ici mon tort est évident. Il suffit d'ouvrir le Mémoire du savant Danois pour y trouver la mention, non-seulement des mâchoires, mais encore des glandes qui l'accompagnent 3 . J'ai pourtant une excuse à présenter. J'ai averti jadis mes lecteurs qu'il sérail imprudent d'accepter sans contrôle toutes les indications de YHist. des Annelés et cela m'a valu les foudres académi- ques'. Or, me voici largement puni pour une des rares occasions où je n'ai pas exercé moi-même ce contrôle. J'avoue n'être point remonté aux sources pour la simple énumération, faite dans une note, des (Jlycères dépourvues de mâchoires. L'Histoire nat. des Annelés ayant précisément pour objet d'évilerde semblables recherches en donnant des diagnoses de toutes les espèces décrites, j'ai eu recours à ces diagnoses et, dans celle de la Gl. capitala, j'ai trouvé le caractère suivant « Proboscis inermis 5 .» 1 Peut-être ces passages de M. de Quatrefages ont-ils échappé à M. Ehlers. Il n'en fait aucune men- tion. Toutefois il esl dans la marche adoptée par l'auteur, à peu près dans toute l'étendue de l'ouvrage, de ne pas mentionner le savant français lorsqu'il est en désaccord avec lui. 1 Dans deux discours prononcés devant l'Académie des sciences de Paris, M. de Qualrefages m'a vive- ment repiis au sujet de l'espèce de croisade qu'il croit entreprise par moi contre son ouvrage Aujour- d'hui je suis blâmé d'un autre côté pour avoir accordé trop de confiance à ce même ouvrage. Je remercie M. Ehlers de ce blâme qui, opposé au premier, fixera ma place au rôle intermédiaire de critique impar- tial, même pour ceux qui n'étudieraient pas toutes les pièces de ce procès. 3 « Krœngemundens hageste Lteel bestaar af en lykkere Hud, indeslulter 4 Kjœbei og bar foroven 4 triangulaire blinde Saekke, maaskee Spyltekjertler.» — Grônlands Annulait! dorsibranchiata beskrevne af Œrsted. Kjôbenhavn, 1843 p. 45. * Voir Complet, rendus de fAcad. des Se., séances du 20 janvier 1 808 et du 25 janvier 1809. 5 Loc. cil. p. 175. La manière dont M. de Qualrefages est arrivé lui-même à celle erreur est assez (309) 6 ANNÉLIDES CHÉTOPODES M. Ehlers s'étonne également que j'aie pu mentionner, il est vrai avec doute, la Gl. selosa QErst. parmi les espèces émaxillées. Mais la cause de mon erreur est ici la même. La diagnose donnée par M. de Quatre- fages' dit textuellement « Proboscis inermis (?) » ce qui est, comme je le reconnais maintenant, une libéralité un peu imprudente du savant français à l'égard de son collègue danois 2 . J'ai donc eu complètement tort dans la question des mâchoires de la Gl. capitata et de la Gl. selosa, et c'est pour m'ëlre fié imprudemment à X'Uist. des Annelés. Mais il n'en devient que plus probable pour moi qu'il y a des Glycères dépourvues de maxilles. En effet, la fausse Gl. capitula du Groenland étudiée par M. de Quatrefages, est encore une espèce dans laquelle ce savant déclare qu'il n'existe pas de mâchoires. Gomment faire abstraction de ces assertions répétées du savant français'? M. Ehlers ose- rait-il donner des mâchoires aux espèces émaxillées de M. de Quatre- fagesavec aussi peu de façon que ce dernier en met à les enlever aux espèces maxillées d'autres auteurs? Il y a encore une divergence entre M. Ehlers et moi relativement aux muscles des dissépiments chez les Glycères, mais ce point devant être étudié en détail dans un travail que je prépare sur l'histologie des An- nélides, je n'entrerai, pour le moment, dans aucun détail à ce sujet. singulière. En relisant maintenant la diagnose de te savant et les détails qui la suivent, je vois que i'au- teur n'a tenu aucun compte delà description d'ŒrsIed, probablement parce qu'elle est en danois. Pour obvier à la difficulté présentée par l'ouvrage Scandinave, M. de Quatrefages a pris une espèce qu'il avait reçue du Groenland, l'a identifiée sans plus de façon avec la Gl. capitula Œrsted, avec laquelle elle n'a aucun rapport, et il l'a mise à la base de sa diagnose et de sa description. C'est ainsi que pour une es- pèce douée de mâchoires, le savant français a pu glisser dans sa diagnose « Proboscis inermis ; » que, malgré la présence de branchies, il est vrai de fort petite taille, signalées par M. Œrsted, il a pu impri- mer : « Branchiœ nullo modo conspicuas » etc. 1 Loc. cit. p. 173. * Dans les réflexions qui suivent la diagnose, M. de Quatrefages, qui croit d'ailleurs avoir étudié lui- même une espèce identique avec celle de M. Œrsted, s'exprime de la manière suivante : « La trompe manquait dans l'exemplaire que j'ai eu sous les yeux. Œrsted a figuré comme inerme celle d'une espèce voisine. En est-il de même de celle-ci?» Or cet échafaudage est bien peu solide. L'espèce voisine à la- quelle fait allusion M. de Quatrefages est la Gl. capitata. La Ggure de .M Œrsted ne laisse, il est vrai, pas reconnaître de mâchoires, mais c'est parce que l'extroversion n'est pas complète, et l'auteur dit expres- sément, comme nous l'avons vu, qu'il y a quatre mâchoires dans l'intérieur de la trompe. (370) DU GOLFE DE XAPJ.ES. Famille des APHRODITIENS Sav. (sens, str.) J'ai beaucoup insisté naguère surl'anangie des Aphrodi tiens. Le lec- teur sera donc surpris de trouver plus loin la description d'une Polynoé munie d'un appareil vasculaire, dont la simplicité est, il est vrai, extrême. L'immense majorité des membres de la famille n'en demeure pas moins dépourvue de vaisseaux, comme je m'en suis convaincu de nouveau par de nombreuses recherches. C'est un fait que j'établirai encore plus com- plètement dans un travail histologique sur YHermione hystrix, travail dont j'ai déjà réuni les éléments. La présence d'organes générateurs en forme de cordons chez les Hermiones et chez d'autres Àphrodiliens, m'a longtemps fait conserver quelques doutes sur la complète anangie de ces vers, tant la ressemblance de ces cordons avec les organes générateurs d'autres Annélides est grande, où l'axe de ces organes est occupé par un vaisseau sanguin. Toutefois l'examen de coupes nombreuses m'a con- vaincu que l'axe des cordons sexuels chez les Hermiones est solide, formé par une variété de tissu connectif. Il n'en reste pas moins vrai que la famille des Aphrodiliens renferme des vers dont les uns sont munis d'un système vasculaire, tandis que les autres en sont dépourvus. A cet égard, elle se comporte comme celle des Térébelliens. Seulement il ne paraît pas possible jusqu'ici déformer de tribu à part pour les espèces vasculaires. La recherche des vaisseaux (371) 8 ANNÉLIDES CHÉTOPODES n'est (Tailleurs point facile et ne saurait guère être utilisée comme ca- ractère principal de classification, pour le moment du moins. TRIBl DES POLYMDES (KINBERG). J'ai revu tous les Polynoïdes étudiés dans mes «Annélides de Naples» et cela me permet de faire ici une rectification assez importante. J'avais cru reconnaître la Polynoë extenuata Grube dans une espèce à laquelle j'ai attribué 14 paires d'él y très. Il s'agit bien en effet de la Po- lynoë extenuala, seulement le nombre des paires d'élytres est normale- ment de 15, comme M. Grube l'avait indiqué. La dernière paire est por- tée par le 32 me segment. J'avais considéré avec quelques doutes la Monocolea lessellata Costa comme synonyme de la Polynoë lunulala Délie Ghiaje. Le caractère d'un élylre impair en avant me semblait si étrange, que je ne pouvais m'em- pècher de supposer quelque erreur dans l'établissement du genre Mo- nocolea. Depuis lors, M. Costa a donné une nouvelle description de ce genre avec figures à l'appui '. L'examen de ces figures prouve évidem- ment qu'il s'agit de la Polynoë lunulala Lidentité est complète, sauf pour 1 elytre antérieur que je trouve toujours double et que M. Costa préten- dait être simple. J'ai donc résolu de vider entièrement celle question en priant M. Costa d'examiner avec moi 1 individu type de la collection du musée de Naples. Ce savant s'esl prêté avec beaucoup d'obligeance à cet examen commun et il a reconnu, après cet examen, la duplicité de l'élytre antérieur. Le genre Monocolea tombe donc, de l'aveu de M. Costa lui-même *. 1 Annuarin del museo zoologico d. r. Univ. di Napoli, per Achille Costa. Anno IV. 1861. Napoli, 1867, p. 53. Tav. IV, fig. 1 - i G. * M. Cosla pense que sa description n'a pas été faite d'après l'individu conservé au Musée, mais bien d'après un individu monstrueux qui aura été égaré. (372) DU GOLFE DE NAPLES. 9 Genre POLYNOE Sav. (sens, str.) 1. POLYNOE GrUBIANA. Polynoe squamata Grube (non Sav.), Acl. Echinod. u. Wûrmer, 1840, p. 87. PI. I, Cg. 2. Corpus longitudine 3""", latitudine 5 mm , lineare. Elytra ovato - ovalia, dorsum médium non omnino tegentia, paria 12, margine haud jimbriato. Antennœ, citrique Itères. Palpi validi papillis brevissimis dense obsiti. Proeminentiœ frontales desiderata. Cette espèce a été identifiée par M. Grube avec la P. squamata Linné. Toutefois, l'espèce linnéenne est collective. Déjà Audouin et M.Edwards en distinguèrent, comme variété, la forme décrite par O.-F. Millier sous le nom d'Aphrodita punctata. Or, M. Grube remarque expressément que la forme napolitaine rentre dans cette variété. Les élytres, en effet, au lieu de se croiser sur la ligne médiane, laissent une bonne partie du dos à découvert. Elles permettent d'apercevoir entre elles une tache trans- verse, d'un brun noirâtre sur la face tergale de chaque segment. C'est là un des carac- tères les plus saillants de l'Aphrodite de Mùller, décrite de nouveau, avec soin, par M. OErsted, sous le nom de Lepidonotus punctatus. L'espèce napolitaine ne peut donc être réunie à la P. squamata, parce que les élytres laissent une partie du dos à découvert; puis, parce que le pourtour des élytres est complètement glabre, tandis qu'il est muni de longues franges sur le bord externe et postérieur chez la vraie P. squamata. Mais elle ne peut pas davantage être réunie au Lepidonotus punctatus dont les cirres sont velus, selon M. OErsted, tandis qu'ils sont parfaitement glabres chez l'espèce de Naples. C'est donc à juste titre que nous recon- naissons en elle une espèce nouvelle, fort voisine, il est vrai, des deux espèces aux- quelles nous l'avons comparée. Mais elle nous fournit un exemple du peu de valeur des caractères génériques employés par M. Kinberg, et surtout par M. Malmgren, dont la classification exige la formation d'un genre à peu près pour chaque espèce nou- velle. Par le fait que ses élytres ne recouvrent qu'imparfaitement le dos, cette Polynoé se trouve exclue du genre Lepidonotus, tel que l'entendent M. Kinberg et M. Malm- gren, et pourtant elle appartiendrait à ce genre par le nombre de ses élytres. (373) 10 ANNÉLIDES CHÉTOPODES D'autre part le dos imparfaitement couvert semblerait lui assigner une place dans le genre Alenlia Malmgren, soit Halosydna Kinberg, mais il lui faudrait pour cela 16 paires d'élytres, tandis qu'elle n'en a que 12. Les antennes et les cirres sont tous cylindriques, glabres, terminés par un renfle- ment en pomme auquel succède une pointe plus ou moins longue. C'est aussi la forme des organes correspondants chez la P. squamala. L'antenne médiane est presque deux fois aussi longue que les antennes latérales, mais elle est plus courte que les palpes. Ceux-ci sont épais et couverts de nombreuses rangées longitudi- nales de papilles courtes et cylindriques. Ces papilles semblent faire défaut à la vraie P. squamata, si j'en juge par le silence des auteurs, et surtout par les figures de M. Kinberg, taxées d'excellentes par M. Malmgren. Les cirres tentaculaires, comme d'ailleurs aussi les antennes, sont remarquables par la longueur de leur filet ter- minal. Les élytres, à peu près ovales, sont en général jaunes au centre (point d'attache de l'élytrophore), avec une tache noirâtre diffuse sur l< j bord interne du jaune. Le reste de l'élytre est brunâtre. La surface en est semée de petits tubercules. 2. POLYNOE RETICULATA '. Polynoë sp. Grube, Act. Echinod. u. W'ùrmer, 1840, p. 87. PI. I, fig. 1. Corpus longitudine 22""°, latitudine 5 mm , retrorsum paullulmn attemiatum. Elytra reni- formia, dorsum médium omnino tir/enfin, reticiditm aiiruiduicnmprabeiitia^parialô, mar- gine externo fimbriato. Antennœ cirriquehirsidi. Palpi papillis brevissimis obsiti. Proemi- nentiee frontales acutœ. Cette petite espèce, assez commune aux environs de Naples, frappe l'œil immédia- tement par deux rangées longitudinales de points noirs (fig. 1). Ces points sont des taches pigmentaires, appartenant à tous les élytres, en général à partir de la troisième paire seulement. Chaque tache est bordée en dedans d'une lunule jaunâtre. 1 M. Grube (Ad. Echinod. u. Wilrmer, p. 88) mentionne une P. reticiilata Sav. Je ne puis cependant trouver nulle part la description de cette prétendue espèce de Savigny. Je crois qu'il s'agit d'un simple lapsus calami et qu'il faut lire P. muriaila Sav. Je suis confirmé dans celte idée par le fait que ni M. Grube lui-même dans ses Familien der Anneliden, ni M. de Quatrefages dans son Hisl. des Annulés ne citent de P. retwuluta Sav. (374) DU GOLFE DE XAPLES. 11 Le caractère le plus saillant de l'espèce est fourni pas les élytres. Ils offrent, en effet, la particularité de présenter dans leur épaisseur un réseau polygonal, formé par des tubes à contenu granuleux. Dans la plus grande partie de l'élytre, ces tubes sont de couleur orangée; cependant ils passent au violet et même au noir, près du bord externe et postérieur de l'organe. Une étroite zone (Cf. fig. 1 B) sur le bord antérieur et interne de l'élytre, est privée du réseau '. Il ne faudrait point supposer dans ce réseau polygonal, l'homologue du réseau nerveux des autres Polynoïdes. En effet, ce réseau nerveux existe aussi dans les élytres de la P. reticulala, seule- ment les Blets qui le constituent sont bien autrement lins que les tubes que nous venons de décrire, et d'ailleurs parfaitement incolores. Dans les mailles du réseau co- loré on trouve, semés à la surface supérieure de l'élytre, des tubercules un peu sail- lants. Tantôt ils sont simples (fig. 1 F, a), c'est-à-dire plus ou moins arrondis et percés au centre d'un pore entouré d'un bourrelet. Tantôt, an contraire, ils sont com- posés (1 F, b). Dans ce cas, leur forme est variable, irrégulière, et le nombre des pores qu'ils portent s'élève à 2, 3, 4 et même davantage. Le bord externe de chaque élytre est frangé de papilles de longueur très-inégale (1 C). Les unes ne sont que de très-petits tubercules, d'autres sont des appendices cylindriques dont la longueur peut être même sept ou huit fois égale à la largeur. Chaque papille (1 E) présente, sous sa cuticule, une couche hypodermique assez épaisse, servant de limite à une cavité centrale pleine de liquide. Dans l'axe court une fibre très-ténue, provenant du réseau nerveux de l'élytre. Celte fibre nerveuse se divise en plusieurs branches dans l'extrémité de la papille, qui est légèrement ren- flée en massue. Cette extrémité ne parait jamais porter les poils nerveux libres si fréquents dans les papilles des cirres. Elle présente pourtant un pore terminal sur lequel est accumulée, dans la règle, une petite masse granuleuse. Les papilles les plus grandes, qui atteignent une longueur de ").j micr , sont sur les bords même de l'élytre. Celles qui suivent en dedans deviennent rapidement de plus en plus courtes, et il n'est bientôt plus possible de les distinguer des tubercules dont nous avons parlé tout à l'heure. Ces tubercules ne sont donc que les papilles devenues ru- dimentaires. Les élytres sont portées par les segments 2, 4, 5, 7, 9 23, 2(>, 29, 32, comme chez toutes les espèces à quinze paires d'élytres. Les antennes et les cirres sont couverts de longues papilles sur toute leur partie cylindrique (1 A); l'extrémité, très-atlenuée, en est dépourvue. Les palpes présentent • Ce réseau rappelle celui qui a éié décrit et figuré par Savigny chez ïlphione muricata (l'olynoë muri- cata Sav.) et par M. Kinberg chez Ylphioiie ovula knhrg. (375) 2 >»■**. • IBRARY,^) 12 ANNÉLIDES CHËTOPODES également des rangées de papilles cylindriques qui sont beaucoup plus courtes, mais en revanche bien plus serrées. Le lobe céphalique, très-échancré en avant, présente les deux proéminences chiti- neuses, si fréquentes chez les Polynoés. Cette espèce a déjà été vue par M. Grube, qui la signale comme voisine de la P. fasciculosa Gr. Il mentionne le réseau des élytres et les verrucosités placées dans les mailles de ce réseau. Toutefois, le seul individu que ce savant ait eu entre les mains était incomplet, et l'auteur n'osa pas lui donner de nom. La P. reticulata rentre dans le sous-genre Antinoe Rnbrg. 1 o- 3. POLVNOE VASCULOSA. PI. I, flg. i. Corpus longitudine 25 mm , lineare, femiginosum. Elytra renifofmia, dorsum médium omnino tegentia, paria 14, margine non fimbriato. Antenrus cirrique kirsitti, palpi Jceves. Proeminentiœ frontales duce obtusœ. Le lobe céphalique est très-échancré en avant, le bord frontal formant deux proé- minences à revêtement chitineux épais. Les yeux sont placés en trapèze sur les deux tiers postérieurs. L'antenne médiane est insérée sur un article basilaire qui naît enta; les proéminences frontales. Elle est deux fois et demie aussi longue que les antennes latérales, et à peu près égale, en longueur, à la plus grande des deux paires de cirres tentaculaires. La surface des antennes et de tous les cirres est couverte de longues papilles cylindriques, peu serrées. Les palpes sont épais, diminuent graduelle- ment de diamètre jusqu'au sommet, et atteignent au moins une fois et demie la lon- gueur de l'antenne médiane. Leur surface est parfaitement lisse. Les soies de la rame supérieure (4 B) sont épaisses, courtes, renflées dans leur mi- lieu, avec des crêtes transverses dans la moitié supérieure, du côté convexe. Celles de la rame inférieure (4 C) sont bien plus minces et atténuées à l'extrémité qui se recourbe en un crochet aigu. Au-dessous du crochet sont plusieurs crêtes transverses, dentelées. Les élytres sont portés par les segments 2, 4, 5, 7, 9, 11 21, 24, 27 et 30. Ils sont réniformes (4 A) et recouverts, sur toute leur surface, de très-petits tu- bercules, percés d'un pore, et larges seulement de 16 à 2U micr . Il existe en outre une rangée de tubercules plus gros, parallèlement au bord postérieur. Deux ou trois tu- bercules analogues sont disséminés sur le milieu de félytre. Leur diamètre est de ggmkr L e b or( ] meme d e l'élytre est partout dépourvu de papilles saillantes. (376) DU GOLFE DE NAPLES. 13 Cette espèce paraît voisine de la Polynoe lœvis And. et Edw., telle que la comprend M. de Quatrefàges"; cependant, chez celte dernière, le loup céphalique est quadrilobé, et les proportions des antennes sont différentes. Celte Polynoé est tout particulièrement intéressante, parce qu'elle pos- sède un système vasculaire des plus évidents. J'ai remarqué ailleurs que YAphrodila aculeala Linn. formait, par son système vasculaire, il est vrai peu développé, une exception singulière dans la famille anangienne des Aphroditiens. Celte exception n'est plus isolée, car la Polynoë vasculoso se trouve précisément dans le même casque l'Aphrodite. Malgré sa couleur ferrugineuse, la P. vasculoso présente des tissus assez délicats pour permettre l'élude des viscères par transparence, pres- que aussi bien qu'un Hermadion ou certains Sigaliens. L'observation se fait surtout facilement dans la région médiane du corps. Là, l'œil est frappé immédiatement parl'inleslin brun, étranglé en palenôtre(4D)dans chaque anneau. Chaque segment intestinal est orné de deux rosettes vibratiles (4 D, c), circulaires, dont les cils s'agitent avec énergie. Celle apparence bizarre est due à l'insertion des poches intestinales latérales (d) qui s'unissent par un étranglement tubiilaire avec l'intestin propre- ment dit. Sur la ligne médiane court le vaisseau dorsal (a), rempli d'un liquide parfaitement incolore et animé de pulsations régulières dont les ondes se propagent d'arrière en avant. Sousl'inleslin est placéle vaisseau ventral. Dans chaque segment, ces deux troncs longitudinaux sont réu- nis par une seule paire d'anses (b). Ces anses ne fournissent aucune branche quelconque. Ce système circulatoire est donc extrêmement simple et trop rudimentaire pour pouvoir jouer aucun rôle dans la res- piration. Les pieds, dont la surface dorsale paraît remplir chez tous les ' Hisl, nat. des Anvelés, I. p. 227. — M. Malmjrren croil retrouver la /'. lœvis dans sa Lœnilla alha (Nordiska Hnfs Annula ter. — Oefversigl afK. Vet. Akad. Foi ti . 1865, n° 1, p. 73). Mais c'est une espèce bien imparfaitement décrite, l'auteur n'ayant eu que la moitié antérieure du corps. (Le nombre ries ély- tres devrait être de 15 et non de 14, si l'animal est bien classé dans le sous-genre L;enilla.) Il suffit d'ail- leurs de comparer le dessin du lobe céphalique publié par .\1. Malmgren, pour voir qu'il s'agit d'une es- pèce bien différente de celle de Naples. (377) 14 ANNÉI.IDES CHÉTOPOBES Aphrodiliens le rôle d'organe respiratoire, sont en effet complètement dépourvus de vaisseaux. D'autres Polynoés présenteront sans doute un système vasculaire analogue. La P. vasculosa rentre dans le sons-genre Ântinoë Kinberg, 4. POLYNOE L^VIGATA PI. I, fig. 3. Corpus longitiuline 45 mm , latitudine 12°"°, postice angustatum. Elytra reniformia, valde imbricata, zona brunnea ornata, margine haud fimbriato. Antennœ citrique omnes parce ciliati, papïllis minutissimis instructi, longissimi. Lolms ccphalicus ovalis, proeminentiis frontalibus destitutus, oculis anteriorïbus inferis. Cette espèce, la plus grande de celles que j'ai rencontrées à Naples, se reconnaît immédiatement à sa forme large, régulièrement atténuée en arrière à partir du milieu de sa longueur. Le lobe céphalique (3 A) est relativement petit, plus large que long, légèrement échancré en avant et dépourvu de proéminences chitineuses. Les yeux antérieurs sont petits, placés auprès du bord frontal, mais en dessous. Les postérieurs sont plus grands, situé-; très en arrière, à la surface dorsale. Les antennes latérales sont extrê- mement petites, renflées en un bulbe à la base; l'antenne médiane est au moins trois fois aussi longue, cylindrique, atténuée à l'extrémité. Elle est un peu dépassée en longueur par le cirre tentàculaire supérieur. Dans les antennes et tous les cirres on reconnaît facilement les cellules de l'hypoderme (3 F), à nucléus distinct, malgré le pigment brun qui les remplit. La surface de tous ces organes est ornée de papilles tactiles, très-clair-semées. Ces papilles (3 E) sont des éminences cylindriques, renflées en massue au sommet qui porte trois ou quatre poils nerwiix librement suspendus dans l'eau ambiante. A la base de ce faisceau de poils, aboutit une fibrille nerveuse très-ténue qui court dans l'axe de la cavité de la papille. Les palpes sont fort grands, près de deux fois aussi longs que l'antenne impaire. A un grossissement insuffisant ils paraissent parfaitement lisses; toutefois l'emploi d'objectifs forts fait reconnaître de petites papilles larges de 8 raicr , cylindriques, à peine aussi hautes que larges, dont chacune porte à l'extrémité un poil court et ténu. Ces papilles sont fort clair-semées. Les pieds (3 H) ont deux rames bien séparées dont chacune présente à l'extrémité un appendice cirriforme très-allongé, surtout à la rame inférieure. Dans la base de ces appendices pénètre la pointe des acicules, jaune de couleur. Les soies de la rame su- périeure (3 B) sont très-épaisses, régulièrement arquées, et présentent leur plus grande (378) DU GOLFE DE NAPLES. 15 épaisseur vers le milieu de la longueur. Leur moitié terminale est ornée de nom- breuses crêtes transversales et dentelées. Les soies de la rame inférieure (3C) sont beaucoup plus ténues et renflées à l'extrémité en une massue qui se prolonge en pointe. Toute cette région terminale est ornée de crêtes transversales dentelées. Le cirre supérieur (3 H) est extrêmement long, cylindrique et grêle. Le cirre inférieur est très-court et renflé à la base. Les élytres se trouvent, conformément à la règle, aux segments 2, 4, 5, 7 23, 26, 29 et 32. Ils sont réniformes (fig. 3 D), sauf celui de la première paire, qui est suborbiculaire comme chez les autres Polynoés. La forme cbange d'ailleurs quelque peu en arrière comme l'indique la fig. 3. Le changement de position de l'élytre est cependant plus frappant encore que le changement de forme. Tandis que le grand axe de l'élytre forme un très-grand angle avec l'axe du corps dans la région anté- rieure, cet angle devient de plus en plus petit dans la région postérieure. Le grand axe du dernier élytre est même presque parallèle à l'axe du corps. La dernière paire d'élylres est en outre remarquable par sa grandeur, malgré le rétrécissement de la région correspondante du corps. Les trois au quatre derniers segments restent à dé- couvert. Les élytres ont le bord lisse, sauf quelques rares et minimes tubercules qui font très-faiblement saillie au bord externe. Les élytres paraissent parfaitement unis, cependant un grossissement un peu fort y fait reconnaître tout un revêtement de très- petits tubercules. Le bord extérieur et postérieur présente dans chaque élytre une bande d'un brun clair. Quelques-uns portent en outre une bande brune plus fon- cée à une petite distance du bord et parallèlement à lui. Ces bandes foncées parais- sent exister dans la règle aux élytres de la 5 ma paire, de la 7 me , de la 9 mo et de la 13 rae ; quelquefois aussi à ceux de la 1 l me . On pourrait songer à rapprocher cette espèce de la P. lenlaculata Qtrfg. ' des envi- rons de Païenne, qui se fait remarquer aussi par les dimensions de ses palpes. Mais la description très-imparfaite de M de Quatrefages a été rédigée d'après un individu fort mutilé de la collection du Muséum de Paris, et parmi les caractères indiqués il en est un qui ne peut en aucune façon s'entendre de notre espèce. Les cirres supérieurs sont en effet épais et courts chez la P. tentaculala; ils sont au contraire très-longs et très-grêles chez la P. lœvigata. La P. lœvigata rentre dans le sous-genre Harmolhoë Knbg. ' Hist. natur. des Annelés, I, p. 231. (379) 16 ANNELIDES CHÉT0P0DES Genre HERMADION Kinberg. (Syn. LEP1D0X0TUS Qlrfg. Hist. uatur. des Aimelés, I, p. 257.) Hekmadion fragile. '.' Lysidice communis Italie l'.liiaje, Descriz. e notomin, III, p. 104. tav. 103, lig. 1. Hermadion fragile Clprd., Annélides de Naples, p. 73 ^Soe. de Phys. XIX, p. 3x3), p| V, lig. 2. PI. Il, fig. 2. J'ai rencontré de nouveau celle Annélide une dizaine de fois el je me sens toujours plus disposé à y reconnaître le singulier verdécritpar Délie Chiaje sous le nom de Lysidice communis. Délie Chiaje aura eu sous les yeux un individu ayant perdu tous ses élylres, sauf ceux de la première paire, et la plupart des cirres dorsaux. Son dessinateur aura faussement reconstitué l'animal en attribuant à chaque pied un long cirre dorsal. Celte hypothèse est sans doute un peu hardie, mais il est au moins évident que la prétendue Lysidice est un Aphroditien. Il est certain que VHermadion fragile rejette la plus grande partie de ses élylres et de ses cirres dès qu'il se sent inquiété. La caducité ex- trême de ces organes importants me força de m'exprimer avec beaucoup de réserve sur leur nombre dans mes Annélides de Naples. Je n'avais jamais réussi en particulier à constater un nombre d'élylres supérieur à 12 paires. Aujourd'hui je puis affirmer que ce nombre peut s'élever à 14, portées par les segments 2, 4, 5,7, 9, 11 21,24, 27 et 30. Les dernières paires sont, il est vrai, fort petites el rudimentaires. Le nombre des segments porteurs de cirres dorsaux à la suite de la dernière paire d'élylres est fort inconstant. Je l'ai vu varier de 10 à 15. Je désire compléter ici la description donnée précédemment par quelques détails nouveaux. A la base des pieds ducôté ventral, non loin du bord postérieur, je trouve une proéminence conique (fig. 2, b) per- cée d'un orifice. Celle ouverture conduit dans un canal cilié qu'on peut poursuivre jusque dans l'intérieur des pieds où il est bientôt voilé par la masse des éléments reproducteurs. C'est là évidemment l'ouverture de (380) DU GOLFE DE NAPLES. 17 l'organe segmentaire. On trouve facilement ces proéminences en plaçant l'animal clans la supination et en examinant les intervalles des pieds, dans les points où deux pieds consécutifs sont suffisamment écartés l'un de l'autre. Dans l'intérieur des pieds, les éléments reproducteurs forment une masse très-cohérente et il est possible, sans lésion de l'animal, de s'as- surer que cette masse est enveloppée d'une membrane. Celle-ci esl en- core plus facile à étudier lorsqu'on ouvre le pied avec des aiguilles. La fig. 2 B représente une partie delà masse des ovules, sortie du pied d'une femelle et encore entourée de sa membrane d'enveloppe (a), semée de oucléus ovales. Le diamètre des œufs est de0»im,08; celui des vésicules germinatives de 42™". Celle membrane d'enveloppe appartient-elle à l'ovaire ou bien ne représente-l-elle qu'une partie de la paroi distendue de l'organe segmentaire'? c'est une question que je n'ai pu résoudre d'une manière satisfaisante. L'absence de cils vibratils me fait pencher plutôt en faveur de la première alternative. La paroi de l'intestin renferme un grand nombre de cellules dont le diamètre est d'environ 23™^ et dont chacune renferme une gouttelette sphérique d'apparence huileuse. C'est peut-être une eonche hépatique. .Mais la paroi des diverlicules intestinaux qui pénètrent dans les pieds présente une tout autre apparence. Elle renferme des agrégations de corps qu'on prendrait facilement pour des cellules, mais qui ne sont que des masses de protoplasma dépourvues de nucléus. Chacune de ces pe- tites masses, rendues souvent polyédriques par la pression réciproque, renferme une concrétion dure (2 A, 2 A'), de couleur jaune. Ces con- crétions sont formées par des couches concentriques autour d'un, de deux ou de trois centres primitifs. Je n'ai pas examiné ces corps durs au point de vue chimique, mais il esl probable que ce sont des matières excrémentilielles, comparables à celles que j'ai décrites dans l'intestin inique des Syllidiens et de quelques autres Annélides. (381) 18 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Genre ACHOLOE Corpus elongatum, postice vix attenuaium, segtnentis mon/rosis. Elytra permtdta totum dorsum dbtegentia, in scgmentis 2, 4, 5, 7, 9, 11 etc., usque ad postremum corporis ob- ria: segmenta elytris curent ia cirro dorsuali, branchiaque T-formi preedita. Ces vers se rapprochent des Sigalionides par la forme allongée de leur corps et le grand nombre de leurs segments et de leurs élylres, ainsi que par l'existence des branchies lymphatiques bien développées. Mais ce n'en sont pas moins de vrais Polynoïdes par l'alternance régulière d'ély- tres avec des cirres dorsaux. La Polynoë eleçjans Grube*, pour laquelle M. Malmgren a formé le genre Lepidasthenia*, doit avoir un port analo- gue. Mais ses élylres, bien que nombreux, sont rudimentaires, et l'ani- mal ne parait pas posséder de branchies. ACHOLOE ASTERICOLA. Nereis squamosa Délie Chiaje, Mem. su gli Anim. s. Vert. II, p. 368, 400 et 425; tav. XIX, lig. 7. Polynoë astericola Délie Chiaje, Descriz. e nolomia, etc., tome V, p. 106; tav. 129, fig. 7. PI. Il, fig. 1. Corpus longitudine 4ô""°. latitudine -/""". sublineare, depressum. Oculi 4 in rectangido positi. Antennœ latérales una cum mediana <■ parte anteriore lobi cephalici productee. Elytra Icevia, brunneu cet nigreseentia. nmeiilû ulbû siibovatâ insignia, paria circa 45. Ce magnifique Polynoïde est un épizoaire des ambulacres de YAstro- peclen aurantiacus, où il vit en société d'une autre Annélide, la Slepha- nia flexuosa, que nous étudierons plus loin. C'est aussi là qu'il fut ren- contré par Délie Chiaje. Le peu qu'en dit cet auteur est assez inexact, mais ses dessins et le lieu même où il trouva son ver, établissent suffi- samment l'identité de l'espèce. Le lobe céphalique (1 B) est coloré en rose par le cerveau qui le remplit presque complètement. Il porte deux paires d'yeux noirs, ronds, parfaitement équidistants. Le 1 Nom d'une des Harpyes. * Actinien, Echmodermen u. Wiïrmer, p. 85. b Annulata polycliœta Spetsberytœ, etc., p. 15. (382) DU GOLFE DE NAFLES. 19 bord frontal du lobe cépbalique s'étale en un large processus trilobé, représentant les articles basilaires des trois antennes. Celles-ci sont relativement très-courtes; la mé- diane est pourtant un peu plus longue <|ue les latérales. Toutes sont cylindriques à la base, recouvertes de rares papilles très-allongées, et s'atténuent brusquement pour former la pointe terminale. Les palpes sont épais, coniques, lisses, et dépassent de beaucoup en longueur les antennes. Les cirres tentaculaires, sans être fort longs, le sont cependant plus que les antennes. Ils s'atténuent très-graduellement de la base à l'extré- mité. L'article basilaire du cirre tentaculaire supérieur porte une bande de cils vibra- tiles (I B, a) du côté dorsal. Cette bande est évidemment l'homologue de celle que nous allons décrire sur les élytrophores et les branchies proprement dites. Dans les pieds, la rame dorsale est peu saillante et dépassée considérablement par la ventrale. Le cirre dorsal est long et cylindrique ; le ventral court et conique. Dans les pieds élytrigères, l'élytrophore (1 B,&) porte sur sa partie dorsale et antérieure une rangée de vigoureux cils vibratiles. Les élytres sont lisses et leur couleur varie du jaune brunâtre jusqu'au brun noirâtre ou même au noir suivant les individus. Mais leur centre est toujours occupé par une grande tache blanche, nacrée, ovale et lunule e. Cette tache est si grande qu'on pourrait décrire l'élytre comme blanc, bordé de brun. Dans les segments dépourvus d'élytres de la région antérieure, la place de. l'élytrophore est occupée par un bourrelet (l B, c) muni d'une rangée de cils vibratiles. Plus en arrière ce bourrelet s'élève toujours davantage au-dessus du niveau de la surface du pied. Il s'en détache peu à peu et linit par constituer un appendice en l'orme de T à jam- bage vertical très-court (1 A, a). L'intérieur de cet appendice est occupé par un prolongement de la cavité du corps. Le diverticule que l'in- testin envoie dans chaque pied, donne même naissance à une branche aveugle (b) qui pénètre jusque dans le jambage horizontal du T. La pa- roi supérieure de l'appendice est très-mince ; l'inférieure, c'est-à-dire celle qui regarde la surface dorsale du pied, est beaucoup plus épaisse et porte seule les cils vibratiles. Or, c'est là précisément la conformation des branchies lymphatiques chez les Annélides, en particulier chez les Sigalionides. Un courant d'eau de mer est continuellement entretenu autour de cette branchie par les cils de la surface. D'autres cils, placés dans l'intérieur de la cavité branchiale et, sans doute, de toute la cavité (383) 3 20 ANNÉLIDES CHÉTOPODES périviscérale, entretiennent d'autre part un mouvement continuel dans la lymphe. On voit ce liquide circuler constamment entre la paroi de la branchie et celle du cœcum intestinal, entraînant avec lui les éléments reproducteurs, les régimes de zoospermes chez les mâles, les ovules chez les femelles (Cf. PI. II, fig. 2).. Sans vouloir ressusciter toutes les exagé- rations du phlébentérisme, il est bien permis de se demander s'il n'y a pas une raison physiologique à cette tendance des cœcum intestinaux des Aphrodiliens à gagner la région du corps où le liquide périviscéral est le plus directement oxygéné. TRIBl DES SIGALIOMDES (KINBERG). Genre SIGALION Aud. Edw. {Nec Ehlers neque Malmgren.) SlGALlON SQUAMATUM. Sgalion sqitainatum Délie Chiaje, Memorie, tav.LXXX, fig. 5. Descrizione e notomia, t. V, p. 58 et 107 : tav. ^6, fig. 3, 11 et \*2. — Islitut. di Anal comp. 11, p. Ï5. ? ? G. 0. Costa, Faunadel regno di Napoli, Anellidi, tav V (texte non paruj. Sigalion squamalum Clprd. Aonélides du golfe de .Naplrs. |i. ion (Soc de Pliys. XIX, p. 110), pi. III, fig. 3. FI. II, fig. 3. Je ne mentionne ici cette espèce que pour décrire des terminaisons nerveuses que j'ai étudiées avec soin dans ses élylres. Tout le long du bord externe de Pélytre, garni, comme l'on s'en sou- vient, de grandes papilles dendritiques ou plutôt pennées, circule un nerf (fig. 3, a) qui donne régulièrement naissance à une branche au ni- veau de l'intervalle de deux papilles consécutives. Celle branche ne tarde pas à se diviser en deux rameaux secondaires (b et c) dont l'un se rend à l'une des papilles voisines, l'autre à l'autre. Chacune de ces branches côtoie le côté de la papille qui regarde la papille opposée, et (384) DU GOLFE DE NAPLES. 21 donne plus lard naissance aux fibres ténues destinées aux ramifications de la papille. Chaque papille reçoit donc deux rameaux nerveux pro- venant de deux branches nerveuses distinctes. A la base de la papille, chaque rameau émet de nombreux minuscules, très-courts, qui abou- tissent à des cellules dont les nucléus ovales (d) sont fort distincts. Il est tout naturel de voir dans ces cellules, dont le nucléus est large de 5micr, des cellules ganglionnaires terminales. D'autre part, ces cellules l'ont, partie de l'hypoderme; mais elles sont pourtant d'une nature spé- ciale, puisqu'on ne les trouve pas, au moins en pareille abondance, dans le reste de l'élytre. S'agirait-il là d'un nouvel exemple de terminaison de fibres nerveuses dans des cellules épilhéliales, à ajouter à ceux qu'on a décrits en grand nombre chez d'autres animaux depuis quelques années? Des nucléus tout semblables se trouvent d'ailleurs semés çà et là sur le trajet des branches nerveuses principales. Le tronc nerveux primitif donne en outre naissance à des rameaux (f) qui se dirigent vers le centre de l'élytre. Ces rameaux ne tardent pas à se perdre dans un réseau nerveux (e) à mailles extrêmement serrées, qui occupe la plus grande partie de l'élytre et se confond avec le réseau nerveux déjà connu. En présence de ce développement extrême du sys- tème nerveux périphérique dans les élylres, on est forcé d'admettre que ces organes doivent être doués d'une sensibilité exquise. La grande majorité des S. squamosum ont les papilles des élytres char- gées de bâtonnets (3 A, b) le plus souvent rectilignes, longs et étroits. J'ai cru longtemps qu'il s'agissait de reliefs de la cuticule, spéciaux à ce ver. Toutefois cette opinion a été ébranlée lorsque j'ai vu certains de ces bâtonnets (3 A, b) qui, tout en restant appliqués contre le rameau de la papille et parallèles à son axe, en dépassent de beaucoup l'extré- mité. Enfin, j'ai vu un ou deux individus en être totalement dépourvus. Je penche donc aujourd'hui à voir dans ces corps une sorte de parasites, sans doute de nature végétale. Chez les individus mûrs, j'ai remarqué que les mâles seuls sont blancs; les femelles sont d'un beau rose. Celle différence de couleur tient (385) 22 ANNÈLIDES CHftTOPODES uniquement aux éléments reproducteurs vus à travers la paroi du corps. Aussi la partie antérieuredu corps des femelles, qui ne renferme jamais d'œufs, reste-t-elle toujours incolore. Famille des EUNICIENS Savigny. Les Borstenwurmer de M. Ehlers renferment une remarquable étude de cette famille. Ces recherches approfondies devront former dorénavant le point de départ de tous les travaux nouveaux sur la famille des Euni- ciens. M. Ehlers s'est en particulier livré à une dissection minutieuse de la trompe, dont il a dévoilé l'organisation et les rapports avec l'œso- phage d'une manière beaucoup plus exacte que cela n'avait été fait jusqu'ici. M. Ehlers ' a exprimé le regret que je n'aie pas consacré plus d'atten- tion que je ne l'ai fait aux mâchoires des espèces napolitaines. Ce regret est parfaitement justifié. Désireux de profiler autant que possible des con- ditions favorables pour l'élude des parties molles, j'ai relativement né- gligé les pièces chitineuses, susceptibles d'être examinées tout aussi bien loin de la mer. Je n'ai quelquefois pas même figuré les mâchoires, et lorsque je les ai dessinées, je me suis contenté le plus souvent de dessiner la moitié gauche ou droite de l'appareil. Or cette dernière manière de faire est insuffisante. Déjà Audouin et Edwards, et plus tard divers au- teurs, surtout M. Kinberg, ont en effet remarqué que chez certains Euni- ciens la moitié droite de l'appareil maxillaire n'est pas exactement symé- trique de la moitié gauche. M. Ehlers a le mérite d'avoir étudié celte particularité avec une grande exactitude et d'avoir montré que ces petites différences ne sont point accidentelles, mais parfaitement constantes. Pour permettre la description de ces particularités, importantes pour la classification, le savant Allemand a proposé une nomenclature que je ' Gôtting. gel. Am , 21 April 1869, p. 615. (386) DU GOLFE DE NAPLES. 23 m'empresse d'adopter. Nous appellerons donc avec lui support (Trâger) la pièce la plus postérieure (Cf. PI. V, fig. 5, A, de YOnuphis Pancerii Clprd. et fig. 4, A, de la Lumbriconereis impatiens Clprd.) qui présente seule la particularité de n'être pas renversée au dehors pendant l'extro- version de la trompe. C'est la pièce la plus variable, quant à la forme et aux dimensions. Immédiatement en avant du support et reposant pour ainsi dire sur lui, est h pince (Zange) dont le nom indique la forme (fig. 4 et 5, B). Puis vient la dent (der Zahn) ou mieux la pièce dentaire (C), dentelée sur son bord. Ces trois pièces sont les plus grandes et en même temps les plus constantes de l'appareil maxillaire supérieur. Mais il existe d'ordinaire en outre quelques pièces plus petites que M. Ehlers désigne sous le nom de « plaques en scie » (Sàgeplalten) ou de « plaques en râpe » (Reibplalten), selon leur forme. Il est peut-être plus simple de les appeler du nom de paragnathes (D,D',D) comme les pièces chi- tineuses accessoires de la trompe des Lycoridiens. Le labre, ou appareil maxillaire inférieur, ne nécessite pas l'invention de termes nouveaux pour ses différentes parties. Les différences entre la moitié gauche et la moitié droite de l'appareil maxillaire concernent en général, lorsqu'elles existent, le nombre de dents de la pièce dentaire, et celui des paragnathes. Il existe en particu- lier chez un très-grand nombre d'Euniciens un paragnathe surnumé- raire, denté en scie, à côté de la pièce dentaire gauche. On le trouvera re- présenté PI. V, fig. o, a, de YOnuphis Pancerii. Celte figure doit rem- placer celle que j'ai publiée précédemment '. Cette dernière était en effet fautive, comme M. Ehlers l'a fort justement soupçonné 2 , en ce qu'elle indique ce paragnathe surnuméraire non-seulement du côté gauche, mais encore du côté droit. 1 Annèlide.i chélopnles de Nuples, PI. VIII, fig. 21. — Le dessin avait été fait à Genève d'après une préparation de Naples. Je fus frappé de l'absence du paragnathe droit, absence que je n'avais pas re- marquée à Naples Persuadé que le paragnathe avait disparu par un accident de la préparation, je l'ai rétabli à tort dans le dessin du côté droit. Le paragnathe en question est dessiné de profil dans l'an- cienne figure ; il tourne au contraire sa dentelure vers le spectateur dans la figure nouvelle qui a été dessinée très-exactement à l'aide de la chambre claire. ' Gôtling. gel. Ain., 21 April 1869, p. 615. (387) 24 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Si je n'ai pas accordé autrefois une attention suffisante aux mâchoires des Euniciens, M. Ehlers s'est peut-être, en revanche, un peu exagéré l'importance de ces organes pour la classification. Il distribue tous les genres de la famille, d'après des caractères tirés des mâchoires, en deux séries, celle des Labidoi/nathes et celle des Prionognalhes. Ces deux sé- ries passent si graduellement Tune à l'autre, qu'il est parfois bien diffi- cile de placer telle ou telle forme dans l'une plutôt que dans l'autre. Les tribus que j'ai adoptées dans mes Annélides de Naples me paraissent répondre à des groupes plus naturels. J'en vois la preuve dans ce fait que plusieurs d'entre elles ont été élevées au rang de familles distinctes par d'autres auteurs. Du reste, si les mâchoires paraissent pouvoir être utilisées dans une certaine mesure pour la caractéristique des tribus, leur emploi devient en revanche presque impossible ou au moins fort difficile pour la déli- mitation des genres, et j'avoue que ce fait me surprend. D'une part on rencontre des mâchoires assez différentes dans un même genre, d'autre part des mâchoires identiques paraissent fréquentes dans des genres dif- férents'. C'est là un curieux point de systématique qui devra attirer l'at- tention des zoologistes. La constance de la l'orme de chaque pièce maxillaire, quoique bien plus grande que chez les Lycoridiens, est pourtant moins parfaite que M. Ehlers ne parait le croire. Tel est au moins le cas pour la Lumbri- ronereis impatiens Clprd. que j'ai considérée comme identique avec le Lumbricus fragilis D. Ch. (non Mùller). M. Ehlers a décrit sous le nom de Lumbriconereis breviceps* une espèce qu'il considère aussi comme 1 C'est ainsi que, d'après les ligures publiées, les mâchoires sont identiques i sauf de très-minimes dif- férences de forme et du nombre de dénis de la pièce dentaire) dans tous les Euniciens suivants : Hijali- nœcia tubicolii (Nereis tubicola O.-F. Mîiller), Onuphis fragilis Knbg., 0. Pancerii Clprd., Dio/mtrn nea- politana Délie Chiaje, Marphysa sanguinea (Nereis sanguinea Mont), Eiurice rubrocincta Elil., E. vitlatu I). Cit., E. Claparedii Qtrfg., Nicidion cincta Knbg., Lysidiee Ninetta And. Edw., etc. Chez toutes ces es- pèces, en particulier, il existe un paragnathe surnuméraire, denté en scie, du côté gauche Au contraire certaines Eunices, comme \'E. siciliensis Grube, \'E. aphrodittXs (Nereis aphrodiloû l'allas), etc., ont des mâchoires toutes différentes et privées en particulier du paragnathe supplémentaire île gauche. Du moins ce paragnathe est-il tout à fait rudimentaire et à peine reconnaissable. ! Borstenwunncr, 1, p. 383 . (38S) DU GOLFE DE NAPLES. 25 synonyme du Lumbricus fragilis D. Ch., et il se demande si celte espèce est la même que ma L. impatiens'. Il en doule à cause d'une petite dif- férence dans les mâchoires. Pour décider celle question, j'ai étudié les mâchoires d'un grand nombre d'individus de celle dernière espèce et j'ai élé surpris des différences qu'elles m'ont offertes. Les dimensions des paragnalhes sont sujettes à de fort grandes variations et la pince peut èlre réduite parfois à une lame flexible extrêmement mince. La pièce dentaire (pi. V, fig. 4, C;' semble èlre la plus caractéristique et la plus invariable, mais en y regardant de près, on découvre que préci- sément celle-là est sujette à des modifications profondes. Dans la règle, les deux pièces dentaires sont semblables, armées chacune de quatre dents noires, recouvertes d'une couche blanche 3 au sommet. Mais chez certains individus, la dent terminale de gauche est double (fig. 4, a, a') ainsi que la pénultième de droite (c, c'). Dans la mâchoire vue de profil la duplicité de ces dents peut facilement èlre méconnue parce que celle de dessous est recouverte par celle de dessus. Toutefois elles sont souvent d'inégale longueur, ce qui permet de les voir même dans cette position. Pendant la mastication, la dent terminale unique de droite (b) est reçue entre les deux dents terminales de gauche, et la dent pénul- tième unique de gauche (d) entre les deux dents correspondantes (c et c') de droite. Une partie seulement des individus présente celte disposition remarquable. Les autres ont tous les dents simples. Cette différence d'individu à individu est bien plus grande que celle qu'on rencontre dans bien des cas d'espèce à espèce. On se demandera naturellement si je n'ai pas réuni deux espèces distinctes sous le nom de L. impatiens; mais sauf en ce qui concerne les mâchoires, je n'ai pas su reconnaître de différence appréciable entre ces individus. Peut-èlre aussi s'agil-il 1 Gôltini/. gel. Ans., 21 April 1869, p. 616. * Cet appareil maxillaire a été dessiné avec une grande exactitude à la chambre claire, puis réduit de moitié à l'aide d'un pantographe. 5 Je suppose que cette couche blanche est une partie plus dure, jouant un rôle analogue à l'émail. On pourrait aussi penser que c'est la partie la plus nouvellement formée et non encore incrustée de sub- stance colorante. Mais son absence chez les jeunes individus, où la croissance est pourtant rapide, rend cette manière de voir improbable. (389) 26 AiVXÊLIDES CHÉTOPODES d'une différence sexuelle. 11 résulte dans tous les cas de ces observations que la constance du nombre des dents chez les Euniciens n'est pas tou- jours aussi parfaite que M. Ehlers l'admet. M. Ehlers, auquel la caractéristique du genre Halla Costa avait échappé, a décrit la Halla purlhenopeia sous le nom de Cirrobranchia par- thenopeia 1 . Ce nouveau terme générique doit tomber, comme M. Ehlers l'a reconnu lui-même'. L'Eunice cingulala Clprd. a été reconnue par M. Grube ' comme identique avec VE. purpurea Gr. Ce dernier nom ayant la priorité devra remplacer le premier. Le genre Onuphis est pris par M. Ehlers dans le même sens que dans ïHist. des Annelés et coïncide par conséquent avec le genre Hyalinœcia Malmgr. Pour ma part je ne puis que persister à maintenir le genre Onuphis dans le sens adopté par M. Kinberg et M. Malmgren. Ramenons enfin à sa juste valeur une divergence entre les indications de M. Ehlers et les miennes relativement à la Diopatra neapolitana D. Ch. M. Ehlers attribue deux yeux à ce ver, tandis que je l'ai décrit comme aveugle. Nous avons pourtant étudié la même espèce. Je me suis exprimé autrefois sur ce point de la manière suivante: « Les yeux font défaut. On trouve, il est vrai, à leur place deux régions convexes et lisses, derrière les antennes de la paire moyenne, mais ces régions offrent le même éclat métallique que le reste du corps, et ne sauraient être des organes visuels. » Ce sont là les yeux décrits par 31. Ehlers, bien incon- naissables à leur couleur blanche chez les individus conservés dans l'alcool. J'ai étudié de nouveau ces organes et je n'ai pu y trouver ni cristallin ni pigment. 11 n'y a donc provisoirement aucune raison pour leur attribuer des fonctions visuelles. 1 Borstenwiirmer, 1, p. 408. * Golting. gel. Anz., 21 April 1809, p. 018. M. Grube m'écrit en outre qu'il a reconnu la Halla par- tltenopeio au Muséum de Paris dans l'Annélide décrit par M. de Qualrefages sous le nom de Pliuceras eunieiformis. Ce genre Plioceras doit donc tomber aussi. 3 D'après une communication épistolaire. (390) DU GOLFE DE NAPLES. "Il TRIBL DES EIMCIDES (SCHMAKDA). Genre EUNICE Cuv. (Qtrfg. rev.) 1. EUNICE SICILIENSIS. Eunice siciliensis Grube, Act. Echinod. u. Wûrmer, 1840, p. 83. — Die Famil. der Anneliden, p. 44. — Die Jnsel Lussin u. i. Meeresfauna. Breslau, 1864, p. 79. Eunice adriotica Schmrd. Neue wirbellose Thiere I, u, I8(il,p. 124. Tab XXXII, p. 257. Eunice sicilknsis Qtrfg. Hist. nai. des Annelés, 1865, 1, p. 325. Eunice siciliensis Kblers pro parle, exclus, syn. Die Borstenwûrmer, p. 353. Tab. XVI, lig. 1-7. PI. Il, fig. 5. Corpus longitudine ultra W*'". latitudine partis anterioris 4""°,5, posterions 6""° , antice />tilli 195. — Destrizione e notomia, pi. 1G6, fig. 12. Euuice vitlata Délie Chiaje, Descriz. e notomia, V, p, 101. » » Grube, Die Insel Lussin u. ihre Meeresfauna, p. 79. » » CJprd. Annélides Cliéiop. du golfe de Naples, p. 133 (Sot. de Physiq. XIX, p. 443), pi. VI, lig. 3. Euuice limusu Ehleis, Die Liorslcnwurmcr, p. 348, laf. XV, lig. 15-2:2. 1 Dans mes Annélides du ijolj'e de Naples, les branchies de celle espèce sont indiquées une fois comme commençant au 4 1M segment et l'autre comme n'apparaissant qu'au cinquième. Celte divergence appa- rente lient à ce que je me suis exprimé dans le premier cas conformément à la théorie qui fait des deux premiers anneaux apodes un segment buccal bi-annelé, tandis que, dans le second, j'ai considéré ces deux anneaux comme deux segments distincts. (398) DU GOLFE DE NAPLES. 35 Bien que celle espèce ' ait encore l'ail récemment l'objet d'une élude soignée de la part de M. Ehlers, il resle à menlionner à son sujet une particularité fort remarquable, resiée jusqu'ici inaperçue. Dans les 40 ou 50 derniers segments, dépourvus de brancbies, on trouve à la base de chaque pied, sur le bord postérieur de cel organe, un pelit œil formé d'un amas de pigment et d'un cristallin. Cet œil est relativement bien plus pelit que les taches oculiformes des pieds chez YE. Harassii, YE. Claparedii, YE. rubrocincla et la Ilyalinœcia rigida. Ces dernières sont aussi moins superficielles. Vu rapprochement de ces organes ne s'en pré- sente pas moins fort naturellement à l'esprit. TRIBl DES LOMBRINÉRÉIDES ( schmarda). Genre DRILONEREIS. Pedes tmiremes, setis omnibus simplicibus, cirris dor.sualibus ventralibitsque desideratis. Làbruin nitllum. Drilonereis Filum. Lumbriconereis Filum Clprd. Aiinél. chélop. de Naples, p. 144 (Soc. de Phys. p. 454), pi. IX, lig. i. PI. II, fig. 4. M. Ehlers, dans une revue critique de mes Annélides de Naples, a re- marqué 4 que j'ai eu tort de placer celte espèce dans le genre Lumbri- conereis, dont elle s'éloigne par la forme des mâchoires et par la cir- 1 M. Ehlers (Gôltingische gelehrte Ameigen, 21 April 1869, p. 615) se demande si YE. viltata n'est pas identique à son E. ritbrorinrla. Il suffit cependant de comparer ses dessins des pieds et des soies de son E. liimisa avec ceux que j'ai donnés de \'E. villala, pour s'assurer que l'identité ne peut concerner que ces deux dernières. D'ailleurs YE. rubrocincla possède des soies en spaluie peclinée el de grosses lâches oculiformes aux pieds branchies, semblables à celles de YE. Harassii et de Y E. Claparedii, caractères qui font défaut à l'Ë. viltata. Il est vrai que M. Ehlers parle seulement de deux bandes colorées sur le dos de chaque segment, mais la troisième bande étant en général fort mince et très-rapprochée delà seconde, échappe facilement aux regards. Le nombre des paires de branchies n'est pas parfaitement constant, mais la localisation de ces organes dans la partie antérieure du corps est très-caractéristique. * Gotlinyische gelehrte Anzeigen, 21 April 1869, p. 616. (399) •'5 36 ANNÊLIDES CHÊTOPODES constance que les pieds sont armés de soies simples, toutes d'une seule espèce. Celte remarque est d'autant plus juste qu'un caractère d'une va- leur bien plus considérable encore, éloigne celle espèce des Lumbrico- nereis el justifie amplement la formation d'un genre nouveau. Ce carac- tère, c'est l'absence complète du labre, soit pièce maxillaire inférieure. C'est, je crois, le premier exemple d'un Eunicien privé de celle pièce. La fig. 4 représente l'extrémité de la trompe à demi extroversée. La richesse vasculaire de cet organe est fort remarquable. Les deux pinces et les longs supports de l'appareil maxillaire ont une forme assez con- statée. Les paragnalhes paraissent au contraire sujets à certaines varia- tions de forme. La base des supporls est recouverte par une pièce hexago- nale qui ne parait pas non plus très -constante. M. Ehlers pense pouvoir placer celle espèce dans sa tribu des Euniciens prionognathes, que je ne trouve pas dans la pratique toujours bien nettement distincte de celle des Euniciens labidognalhes. La Drilonereis Filum, malgré les anomalies de ses mâchoires, est, par loul son habilus, une vraie Lombrinéréide '. Famille des LYCORIDIENS Grube. ( NÈRÉIDIENS Quairefages.) Genre NEREIS Linn. (sens, str.) Le genre Nereis est certainement un des plus dignes d'attirer l'atten- tion des naturalistes, à cause des singuliers phénomènes de reproduction 1 La classificalion «i.>s Euniciens en tribus d'après le seul caractère des mâchoires donne, comme on pouvait s'y Attendre, des résultats très-arlificiels. C'est ainsi que les Ennicideset les Lombrinéréides iy- piques, dont quelques auteurs font aujourd'hui deux familles distinctes, -ont réunies dans la tribu des La- bidognalhes landis que des genres éminemment voisins des Lumbi ironereis, comme les Notocirrns et les Drilonereis se trouvent placés parmi les Prionognathes. Je pense d'ailleurs que .M. Ehlers formerait une tribu à part pour les Drilonereis, à cause de l'absence de lahre. Pour ma part, je n'hésite pas à donner la préférence à la division des Euniciens en Stauroréphalides, Euni'ides, Lysarélides et Lombrinéréides, groupes M naturels que certains auteurs les oui élevés au rang de familles distinctes. (400) DU GOf.FE DE NAPLES. 37 que nous présentent une partie de ses espèces. A peine soupçonnés lorsque je publiai mes « Cliélopodrs de Naples,» ces phénomènes sont aujourd'hui mis au-dessus de toute espèce de doute. Le présent Mémoire est surtout destiné à en taire saisir toute l'étendue et en révéler des côtés non entrevus jusqu'ici. Mais, je dois le dire d'emblée, si mes re- cherches contribuent a la solution de curieux problèmes, elles en font surgir de nouveaux tout aussi dignes d'intérêt. Dès 18(>4, M. Malmgren fut conduit à soupçonner une liaison géné- siipie entre les Lycoridiens du genre Nereis et ceux du genre Hélérone- reis dans le sens le plus étendu de ce mot, c'est-à-dire en comprenant sous cette dénomination les sous-genres démembrés par M. Malmgren sous les noms d'Iphinereis. d'Eunereis et d'Hedyle. Ce soupçon naquit d'une comparaison, d'une part de la Nereis pelagica Linn. avec VHetero- nereis grandi folia {Nereis grandi folio Ralhke), et, d'autre part, de \a Nereis (Leontis) Dumerilii. Aud. et Edw. (Nenitepas variabilis OErsted) avec l J Heleronereis (Iphinereis) fucicola GErsl. Fait-on en effet abstraction des appendices foliacés et des soies rémigères si particulières de la région postérieure du corps, ainsi que du renflement des cirres dorsaux dans la région antérieure et de la crénulalion des cirres dorsaux dans la ré- gion postérieure, chez les lléléronéreides mâles, il y a entre ces espèces une ressemblance qui va presque jusqu'à l'identité. Or les caractères que nous venons d enumérer, paraissant ne se développer qu'à l'époque de la maturité sexuelle, pouvaient bien n'avoir pas grande importance spécifi- que. Quoi donc de plus séduisant que devoir dans les Néréidiens la souche agame d'individus sexués apparaissant sous la forme d'Héléronéreidiens? Le fait que le savant finlandais trouvait régulièrement les Iphinéréides pleines d'oeufs ou de sperme, tandis qu'il cherchait vainement les orga- nes générateurs de la Leontis Dumerilii, ne devait-il pas ajouter encore à la séduction de celle hypothèse? Cependant, en 18f>7, M. Ljungman fai- sait parvenir à M. Malmgren des exemplaires de la Nereis (Leontis) Du- merilii renfermant des œufs de taille assez considérable. M. Malmgren n'osa plus considérer celle forme comme la souche agame d'une Iphi- (401) 38 ANNÉLIDES CHÉTOPODES nereis. Mais il avait entrevu la vérité et ne pouvait renoncer totalement à son hypothèse première. « Je n'ai point renoncé, dit-il', à ma supposi- tion que toutes les espèces des genres Iphinereis et Hétéronereis ne sont au fond que des formes sexuées dans des séries de générations encore inconnues. Peut-être que dans l'espèce si polymorphe décrite par moi sous le nom de Leonlis Dumerilii, se dissimule une plus petite espèce qui prend, pendant l'époque de la maturité, les caractères d'Iphinereis, pour les déposer plus tard et revenir à la forme agame. » Dans l'esprit de l'auteur, celte dernière remarque devait sans doute rendre compte de ce fait, que beaucoup d'individus de la forme de Leonlis atteignent une taille bien plus considérable que les Iphinereis. Il ne faut donc pas perdre de vue que M. Malmgren a admis d'abord une génération alternante, puis une métamorphose, pour rendre compte des affinités entre les Néréides et les Héléronéréides. Nous montrerons plus loin combien ces deux hypothèses étaient justifiées. C'est dans tous les cas à M. Malmgren que revient l'honneur d'avoir le premier entrevu les vraies relations des Néréidiens et des Hétéronéréidiens et d'avoir pro- voqué les travaux de ceux qui s'occupent aujourd'hui avec succès de ce sujet. En 1867 M. Ehlers arrivait de son côté 2 à constater les mêmes faits et à les interpréter en faveur d'une métamorphose des Néréides en Hélé- ronéréides. La seconde livraison de son bel ouvrage « Die Borsten- wûrmer, » parue à la fin de l'année 18G8, renferme une série de recher- ches qui rend à peu près indubitable l'unité spécifique de la Nereis (Li- pephilej cultrifera Grube et de VHeleronereis lobulata (Lycoris lobulala Ralhke); de la Nereis pelagica Linn. et de VHeleronereis grandi folia [Ne- reis grandi folia Ralhke); de" la Nereis (Leonlis) Dumerilii Aud. et Edw. et 1 Ann'ilala polycliœta Spetsbergiœ, etc., p. 59. 2 Dans mes Annélides cltélopodes du golfe de Naples, p. 172 (Soc. de Phys t XIX, p. 482), j'ai re- présenté M. Ehlers comme ayant simplement développé l'hypothèse de M Malmgren. Ce savant m'a adressé une réclamation à ce sujet, en me déclarant qu'il était arrivé à reconnaîlie la parenté des Né- réides et des Héléronéréides à une époque où les travaux de M. .Malmgren lui étaient inconnus. Je lui donne volontiers acte ici de cette déclaration. (402) DU GOLFE DE NAPLES. 39 de YBeteronereis fucicola GErsted ; de la Nereis vexillosa Grube et de 17/?- leronereis Middendorffii Malmg. : de la Nereis (Nereilepas) fucata (Lycoris fucala Sav.) el de VHeteronereis glaucopis Malmg. Chez quelques autres espèces, telles que la Nereis Agassizii Ehl. et la N. virens Kinb., il a éga- lement fait connaître une forme d'Héléronéréide. Les arguments de M. Ehlers sont comme ceux de M. Malmgren ba- sés sur la comparaison d'individus conservés dans les musées. Ils sont d'ailleurs de même nature. Seulement l'auteur s'est livré à une élude extrêmement minutieuse des rames pédieuses, permettant une compa- raison rigoureuse des formes. Il a dirigé son attention sur les phases intermédiaires et rencontré des individus chez lesquels l'armure pé- dicuse de Néréide était déjà partiellement tombée, pour faire place à des soies nouvelles présentant la forme caractéristique des Hétéronéréides. M. Ehlers pense que les Néréidiens se transforment en Héléronéréidiens au moment de la maturité sexuelle. Il appelle par suite les premiers des phases aloqucs et les seconds des phases épiloques. Ces noms ne peuvent être conservés, quelque convenables qu'ils puissent paraître au premier abord. Nous verrons en effet que certaines espèces passent durant l'his- toire de leur évolution par deux périodes d'épilocie, l'une sous la forme de Néréide, l'autre sous celle d'Héléronéréide. Lorsque je publiai mes « Annélides chélopodes du golfe de Naples, » les travaux de M. IMalmgren m'étaient connus et la première note de M. Ehlers relative aux Hétéronéréides venait de paraître. Je crus cepen- dant devoir conserver le genre Hétéronéreis. La question n'était pas assez mûre. Ma propre expérience me semblait parler peu en faveur des idées nouvelles. J'avais étudié, dans mon premier séjour à Naples, un assez grand nombre d'espèces de Néréides que j'avais vues arriver toutes (à l'exception d'une seule) à maturité sexuelle. En revanche, je n'avais ren- contré qu'une seide espèce d'Héléronéréides, dépourvue d'éléments re- producteurs. M. le prof. Panceri, qui collecte des Annélides pendant toute l'année pour le Musée de Naples, m'assurait encore au début de l'année 1869 n'avoir jamais vu d'autre Héléronéréide que celle décrite (403) 40 ANNÊL1DES CHÉTOPODES par moi sous le nom de H. Malmgreni, tandis qu'il a réuni un nombre considérable de Néréides. Aussi, malgré la force des arguments réunis dans les Borstenwùrmer de M. Eblers, que je reçus à Naples en décembre 1868, j'eus de la peine à me laisser convaincre par eux. Je repris avec ardeur l'élude des Né- réides el des Héléronéréides, accumulant les caractères différentiels entre les deux formes. Toutefois, après de longs labeurs, je dus reconnaître la justesse des vues de M. Malmgren et de M. Ehlers. Je ne regrette point les longues journées consacrées à celte étude couronnée par un résultai tout autre que celui que j'attendais. Il en est résulté une foule de faits et de problèmes nouveaux. L'analomie des Lycoridiens a fait par là des progrès considérables, possibles même après les recherches approfondies de M. Ehlers. Il ne faut, en effet, pas oublier que ce savant a fait la plus grande partie de ses recherches au Musée de Gœltingen, d'après des ani- maux conservés dans l'alcool. J'admire tout le parti qu'il en a su tirer, mais je comprends aussi que bien des détails d'organisation aient dû lui échapper. Les Hétéronéréidiens sont donc rattachés aux Néréidiens par un lien génétique. Mais toutes les espèces de Néréides ont-elles une forme hélé- ronéréidienne? Je n'hésite pas à répondre à celle question par la néga- tive. Non-seulement le nombre dTléléronéréidiens jusqu'ici connu est bien faible comparativement à celui des Néréidiens, mais encore ce sont toujours les mêmes espèces d'Hétéronéreides qu'on rencontre dans toutes les mers. Il est bien remarquable tout au moins que les deux seules es- pèces d'Hétéronéreides que j'aie observées à Naples, soient au nombre de celles étudiées par M. Malmgren et par M. Ehlers'. 1 Au moment où je corrige les épreuves de ces nages, j'apprends que les relations des Néréides et des Héléronéréides viennent de fane l'objet de quelques observations de la part de M. Bobrelzky. Le Mé- moire de cet observateur, intitulé Ripptirl sur les recherches iDolai/iques finies pendant l'été iSô9 sur les boni- île la Mer Noire, vient de paraître à Kiew en langue russe; mais j'en dois une analyse à l'obligeance de M. Mecznikow. L'auteur énumère 42 espèces d'Annélides dans la baie de Sébastopol, entre autres quatre Néréides : N. ptilsatoria Ribk , N cullnfera Gnihe, N. Dumerilii lUbk. el A', cgliwlratn Ebl. A deux de ces Néréides (M. Bobrelzky n'indique malheureusement pas lesquelles) correspondent deux espèces d'Hétéronéreides, et des formes intermédiaires entre la phase de Néréide et celle d'Ilétéronéréidu, ont (404) DU GOf.FE DE NAPLES. 41 Un grand nombre des espèces de Néréides jusqu'ici décrites ne l'ont pas été d'une manière assez circonstanciée pour permettre d'être retrou- vées avec certitude. Ce n'est pas l'un des moindres mérites de l'ouvrage de M. Ehlers d'avoir étudié avec une extrême exactitude plusieurs an- ciennes espèces de manière à permettre leur détermination avec une parfaite certitude. J'ai déjà combattu précédemment l'opinion de M. de Qualrefages que les Annélides n'occupent que des aires géographi- ques très-restreinles et que les espèces de la Méditerranée sont dans la règle distinctes de celles de l'Océan. Cependant l'autorité de celle opi- nion m'empêcha naguère de réunir certaines espèces napolitaines à des espèces déjà connues de la mer du Nord. Aujourd'hui les descrip- tions circonstanciées de M. Ehlers ne permettent plus cette hésitation. Je reconnais dans plusieurs espèces décrites par lui d'après des types septentrionaux, des espèces répandues à Naples dont j'établirai plus loin la synonymie. Nous sommes redevables à MM. Kinberg et Malmgren d'une beau- coup plus grande netteté dans les diagnoses d'espèces que celle atteinte par leur devanciers. Cela lient à l'extrême importance qu'ils n'ont cessé d'accorder, non-seulement à la forme des rames pédieuses, mais encore à la disposition des paragnathes. Il est un autre caractère qui n'a pas été à mon avis apprécié à sa juste valeur. C'est celui de la forme et de la distribution des soies. Sans doute, les auteurs figurent d'ordinaire avec beaucoup d'exactitude une soie en arête et une soie falcigère de chaque espèce de Lycoridien. Mais ils ne tiennent, en général, pas compte de ce que le nombre des formes de soies est le plus souvent supérieur à deux, été recueillies par l'auteur. Plus de 50 individus h'téronéréidipns observés par M. Bobretzky étaient remplis d'éléments reproducteurs, et la grande délicatesse des tissus que j'ai signalée chez les Hétéro- néréides s'explique, selon lui, par l'extrême abondance de ces éléments. Je ne comprends pas très-bien ce que l'auteur a voulu dire par là; mais les observations relatées plus loin, sur la métamorphose des libres musculaires, le feront sûrement changer d'avis. Les Hétéronéréides de Al. Bobrelzky n'étaient point pélagiques, mais littorales. Il serait intéressant de savoir si ces Hétéronéréides ne seraient pas pré- cisément celles de la N. Oiimerihi et de la N. cullriferu, les seules que j'ai observées à Naples. .Mon opi- nion, que ces remarquables métamorphoses ne concernent qu'un petit nombre d'espèces, en prendrait d'autant plus de force. (405) 42 ANNELIDES ClIÉTOPODES et leur mode de distribution dans les différents groupes de soies est dans la règle passé sous silence. On observe chez les Néréides deux sortes d'articulation de l'appen- dice terminal avec la hampe. Dans l'une des formes, la hampe se pro- longe en une pointe très-saillante du côté du tranchant de l'appendice (PI. VII, 2 E, c, d; 3 B, b, c, etc.), tandis qu'elle s'élève à peine au-dessus du niveau de l'extrémité inférieure de l'article du côté opposé. Ce mode d'union est ce que j'appellerai une articulation hétérogomphe. Dans l'au- tre sorte, l'extrémité de la hampe forme une gaine partout d'égale hauteur autour de l'extrémité articulaire de l'appendice. C'est là ce que j'appelle une articulation liomogomphe (PI. VIII, 2 E, a, b; 3 B, a, etc.). L'articulation hélérogomphe n'est donc qu'une articulation liomogomphe tronquée très-obliquement. Les soies falcigèrcs pouvant èlre tantôt homogomphes, tantôt hétérogomphes, aussi bien que les soies en arête, il résulte immédiatement de celle distinction quatre formes de soies. Chez les espèces où ces quatre formes existent, la position de chacune d'elles est parfaitement invariable. Il y a en réalité souvent une cin- quième sorte de soies, d'importance moindre, que j'ai signalée déjà chez beaucoup d'espèces. Il arrive souvent, en effet, que dans les pre- miers segments du corps les soies falcigères normales sont remplacées par d'autres, à article beaucoup plus grêle et allongé. M. Ehlers qui les a remarquées aussi chez certaines espèces, en fait une forme particulière de soies en arêle. Mais l'article n'est en réalité qu'une serpe allongée. Aussi, chez certaines espèces, cette soie très-caractéristique dans les deux ou trois premiers segments, passe graduellement à la forme normale dans les segments suivants, par un raccourcissement gradué de l'article. Comme exemple du mode de distribution des soies, je donnerai ici la formule de la Nereis (Ceralonereis) gultala Clprd. : Rame supérieure arêtes homniromphes. Ceralonereis guttata. { / faiscea[) supérieur } arêtes homogomphes. Rame inférieure I r ( serpes helerognmphes larges. faisceau inférieur i aiêles h o m°g<"npnes. j serpes hétérogomphes unes. (406) 1)1' GOLFE DE NAPLES. 43 c'est-à-dire que les soies en arête homogomphes forment tout le faisceau de la rame dorsale, et le groupe supérieur dans les deux faisceaux de la rame ventrale; les soies falcigères hétérogomphes forment le groupe inférieur, soil du faisceau supérieur, soit du faisceau inférieur de la rame ventrale. Celle espèce ne présente nulle part de soies en arête hé- térogomphes, ni de soies falcigères homogomphes. Les mâchoires de toutes les Néréides que j'ai éludiées jusqu'à présent sous ce point de vue, el probablement de toutes les espèces du genre, pré- sentent une organisation très-remarquable qui doit faire admettre chez tous ces vers l'existence d'un appareil à venin non soupçonné jusqu'ici. Ces mâchoires, de consistance cornée et formées vraisemblablement de chitine, sont solides en avant, mais creuses dans la partie postérieure el élargie qui sert à l'attache des muscles. La région antérieure, solide, est parcourue par deux canaux étroits, souvent un peu sinueux, qui met- tent en communication la cavité de la partie postérieure de la mâchoire avec le monde extérieur (PI. IV, lig. 2 B, 3, 5; pi. VII, fig. 2 A, 3 C, etc.). Ces canaux tubulaires s'ouvrent au dehors au niveau des deux premières dents de la mâchoire. Quoi de plus naturel que de voir dans ces tubes les canaux excréteurs de glandes destinées à déverser un liquide veni- meux dans les plaies infligées par les Néréides à leur proie? Il s'agit seulement de trouver ces glandes à venin. Chez la forme hétéronéréi- dienne de la N. Dumerilii, le seul Lycoridien que j'aie étudié à ce point de vue, je trouve la cavité de la mâchoire occupée par un tissu tout par- ticulier (PI. IV, lig. 5, c). C'est un réseau de fils proloplasmiqu.es fort ténus, à mailles assez laxes, avec des noyaux larges de 5 micr semés de dislance en distance (PI. IV, o A). Sans doute ce tissu s'écarte notable- ment de celui des glandes ordinaires, Cependant je crois ne pas com- mettre de péché histiologique irrémissible en supposant que ce tissu réliculaire est susceptible de sécréter un liquide venimeux. i407) 44 AXNELIDES CHÉTOPODES Sous-genre LEONTIS Mlmgr. (Incl. PISENOE Kinberg et PLATYNERE1S Knbg.) NEREIS (LEONTIS) DUMERILl) '. a. Forme néréidicnne. Nereis Dumerilii And. et Edw. Annales des Se. nalur., I. XXIX, 1833, p. 218, pi. xm, lig. 9-12. ? i » H. Rnlhki', Beitr. z. Fauna Norwegens. Verhandl. d. l.eop.Carol. Acad d. Nalurf. XX. Ablli. 1. p. 163. Tab. vu, lïg. 4-5. « .. Johnsion, Miscellanea zoolog. Aimais ol' Nat. Hist. V, 1840, p. 174, et Catalogue of non parasit. Worms, 1865, p. 156. Nereis :osleriroln Œrsted, Annulatorum danicorum Conspecttis, 1843, p. 22, lig. 20, 29, 67, 70, 71, 74. Nereis Dumerilii Qusitrf. Hist. nalur. des Annelés, 1, 1865, p. 502. Leontis Diimerilii Malingr. Annulata polycliaela. Helsingfors, 1^67, p. 52. Nereis periloiualis Clprd. Annélides cliétop. du golfj de Naples, 1868, p. 157 (Soc. de l'bys.. I. XIX, p. 467). Nereis Dumerilii Ehlers, Die Borstenwûrmer, 1868, p. 535, pi. xx, lig 21-37. Nereis Massiliensis Muquin-Taudon, Annales des Sciences naturelles. 1869. i>. Forme licléronéreidiennc. Heleronereis fucirola (Ersled, Annulât, danic. Cnnspecius, 1843, p. l'J, lig. 17,55-58, 61, 62. Nereilepas variabilis (Ersled, Ibid., p. 20, Rg 18, 26, 5'. 52, 51, 59,60. Ipliinereis fucicola Malingr. Nordiska Hais Annulater. Oefversigt al" k . Vet. Akad. Forh. 1865, p. 182 Annulata polychaela, 1867, p. 58, laf. \, lig. 29-.;0. Heterunereis Malmgreni Clprd. Annélides cliétop. du golfe de Naples, 1868. p. 173 (Société de Phvs., XIX, p. 483), pi. xi, lïg. 1. Nereis Dumerilii Ehlers, 1868, connue ci-dessus. PI. III— VI. La N. Dumerilii fournit un des exemples les plus remarquables de la difficulté qu'il y a souvent à reconnaître au bord de la mer les espèces décrites seulement d'après des exemplaires de Musée. Lorsque cette An- nélide tomba entre mes mains lors de mon premier séjour à Naples, je fus immédiatement frappé de l'existence de belles cellules pigmenlaires violettes, semées dans toute l'étendue de son péritoine. Ce caractère est même tellement prédominant que je n'hésitai pas à donnera l'espèce le nom de N. perilonealis. Il n'avait été mentionné jusqu'alors par aucun 1 Par la distrihuiion des paragnathes, la Leontis Dumerilii rentre exactement dans le genre l J liiiyne- reis Knbg. que Jl. Kinberg élève, avec son genre Piseuoe, au rang d'une famille spéciale, celle des l'ise- noulea, distincte des Lycoridiens. Cette prétendue famille est basée uniquement sur l'implantation des paragnathes en rangées pecliuiforuie». (408) DU GOLFE DE NAI'LES. 45 auteur et semblait s'opposer à toute indenli fixation avec les espèces jusqu'alors décrites. L'élude approfondie que M. Ehlers a faite dans l'in- tervalle de la N. Dumerilii, d'après des exemplaires conservés dans l'al- cool, ne me permet pas de douter qu'il ne s'agisse de la même espèce. Seulement la conservation dans l'alcool, en enlevant aux tissus leur trans- parence, efface le caractère si remarquable de la coloration du périloim qui est pourtant le trait prédominant chez l'animal vivant. La variabilité réellement extraordinaire de celle espèce a déjà été re- levée par M. GErsted. M. Malmgren remarque aussi que celle Néréide est très-polymorphe. Pour ma paît, j'ai longtemps cru avoir affaire à une espèce collective, dans laquelle se dissimulaient quatre ou cinq espèces différentes, opinion bien plausible si l'on réfléchit que des individus longs de 13 à limm seulement, sont déjà mûrs, tandis que d'autres, longs de 50 à 60 mra , ne présentent encore aucune trace de maturité sexuelle. Le fait qu'à différentes époques de la vie, les mâles présen lent des zoospermes de forme totalement différente, semblait aussi favo- rable à celte manière de voir. Cependant après avoir étudié bien des centaines d'individus de toute taille, j'ai dû renoncer non-seulement à distinguer les espèces supposées, mais encore à établir des races bien tranchées. C'est surtout par l'étude approfondie de celte espèce que je m'étais proposé de combattre l'hypothèse de la liaison génésique des néréidiens et des hétéronéréidiens. Mais celle élude m'a conduit, comme je l'ai dit, à un résultat précisément inverse. Mes doutes repos lient surtout sur une différence très-remarquable enlrc la forme hétérouéréidienne et la l'orme néréidienne, différence qui a entièrement échappé à MM. Malmgren et Ehlers, parce qu'ils observaient des individus conservés dans l'alcool. Celte différence porte sur la consistance des tissus. Tandis que la forme de Néréide présente dans tous ses organes une grande solidité et une ré- sistance considérable aux actions extérieures, les Ilétéronéréides nageu- ses de celle espèce offrent une délicatesse extrême de tous les lissus, accompagnée d'une transparence relalivemenl considérable. Les fibres (i09) -46 ANNÉLIDES CHÊTOPODES musculaires se distinguent, comme nous le verrons, par une organisa- tion tout autre dans les deux formes. Il n'y a pas une fibre musculaire de l'animal qui ne subisse une métamorphose importante dans le pas- sage de la phase de Néréide à celle d'Hétéronéréide. Je vais examiner successivement les divers organes qui présentent des différences importantes dans la forme néréidienne et dans la forme hétéronéréidienne, puis je considérerai plus spécialement les phéno- mènes de reproduction. Les pieds et leur armure. La forme des pieds dans les différentes régions du corps est trop bien connue par mes travaux antérieurs et par ceux de M. Ehlers, pour (pie je m'y arrête ici. J'ajouterai seulement que j'ai suivi tous les stades intermédiaires de la métamorphose des pieds de Néréide en pieds d'Hétéronéréide. Pendant le mois de mars, j'ai pu re- cueillir en grand nombre dans leurs tubes et conserver dans mes aqua- rium des individus en voie de métamorphose, avec les lobes membra- neux de la forme hétéronéréidienne à tous les degrés de développement. Le nombre des vaisseaux et des cœcum contractiles que je décrirai plus loin, augmente à celte époque graduellement et rapidement. Le nombre des espèces de soies est de cinq dans la forme néréidienne. Je n'en ai décrit que trois naguère, savoir des soies en arête homogom- phes, des soies falcigères hélérogomphes, et les soies hélérogomphes à serpe fort allongée qui dans les quatre premiers segments remplacent les soies falcigères normales. M. Ehlers paraît n'avoir vu également que ces trois formes de soies, mais il existe en outre toujours des soies en arête hélérogomphes, et des soies falcigères homogomphes. Ces der- nières font constamment défaut dans la région antérieure du corps et se montrent, en général, seulement vers le 20 me segment. A partir du seg- ment variable où elles apparaissent, je les trouve dans tous les suivants au nombre d'une seule ', rarement de deux par pied. Plus l'individu con- sidéré est de longue taille, plus le premier segment muni de soies falci- gères homogomphes est situé en arrière. La formule de distribution des ' Celte soie est très-semblable à celle que je figure (PI. Vil, fig. 2 E, b) de la Nereis parallelogramma . (410) DU GOLFE DE NAPLES. 47 soies à partir du premier segment porteur de soies falcigères homo- gomphes est donc la suivante: / n , , i arêles hnmnïomphes. Rame doisa e ! , * '. k / serpe hnmngompne. N. Dumerilii. ) <• ■ ■ ■ i arêles honioaomplies. } i faisceau supérieur ) „ i -,- ' i,„„ / ,,„ ,.„„,„„i„ \ e ' serpes lieierngouinnes. ( BameVemra,C faisceau inférieur | «£ Se=fe ( serpes helerogomphes. Dans la région antérieure du corps, la distribution des soies est la même, avec cette seule différence que le faisceau de la rame dorsale est formé uniquement par des soies en arête homogomphes. Au moment de la transformation en Hétéronéréide, les soies rémigères qui constituent plus tard un vigoureux appareil de natation, font leur première apparition. On rencontre des individus (PI. IV, fig. 1) dont la tête et les rames pédieuses ont déjà complètement les caractères hétéro- néréidiens, mais dont les soies sont entièrement néréidiennes. On serait par suite tenté, n'était la distribution différente des paragnathes,de ranger ces vers dans le genre Hedyle Mlmgr. Mais la présence du pigment péri- tonéal et de la soie homogomphe à la partie inférieure du faisceau de la rame dorsale, à partir du 20 |nt! segment environ, fait vite reconnaître une phase de transformation de la N. Dumerilii. D'ailleurs un examen plus attentif fait toujours découvrir dans l'intérieur des rames pédieuses de ces individus, les faisceaux flabelliformes de soies d'Hétéronéréides en voie de formation. Que la formation de ces faisceaux soit pré- cédée de l'invagination d'un pli des téguments, comme M. Ehlers se croit obligé de l'admettre, c'est là une exigence de la théorie qui n'est point confirmée par les faits. Le faisceau nouveau se forme à l'intérieur même de la rame pédieuse, corne cela a lieu, vers l'époque de la matu- rité sexuelle, pour les faisceaux de soies capillaires chez les Syllidiens. Bientôt les faisceaux font saillie hors du pied et alors commence la chute successive des soies néréidiennes dans toute la région abdominale. On rencontre à ce moment des individus (PI. IV, fig. 2) chez lesquels quel- ques soies de néréides reposent encore sur le faisceau des soies rémigè- res. M. Ehlers a, du reste, déjà décrit des exemplaires présentant celte particularité. (411) 48 ANNELIDES CHÈTOPODES L'acicule de la rame supérieure offre une tout autre apparence dans la région abdominale chez la forme hétéronéréidienne que chez la phase néréidienne. La base est élargie en une sorte de spatule ou plutôt de massue incolore ', la pointe de l'acicule restant noire. Une telle expan- sion ne se rencontre dans les acicules d'aucune Néréide. Il ne faudrait cependant point croire que l'acicule primitif tombe comme les soies au moment de la métamorphose. Il persiste au contraire, mais sa crois- sance, depuis longtemps arrêtée, reprend un nouvel essor, et la massue. se forme. Elle fournil à partir de ce moment une surface d'attache suffi- sante pour les muscles moteurs de soies beaucoup plus puissantes chez les Hétéronéréides que chez les Néréides. Aussi cet élargissement de l'a- cicule n'a-t-il lieu que dans la région abdominale, munie des énergiques soies rémigères qui servent seules à la natation. Cuticule et glandes cutanées. La cuticule présente l'apparence de celle des autres Néréides. C'est dire qu'elle est ornée de deux systèmes de stries se croisant sous un angle de 60 à 70°. Son épaisseur est très-va- riable suivant les individus. Lorsqu'elle est très-mince, les stries sont souvent difficiles ;'i reconnaître. Elle est percée de nombreux petits per- tuis correspondant aux glandes muqueuses. Les glandes cutanées sont de trois espèces. Les premières sont les grosses masses glandulaires des pieds auxquelles M. Ehlers donne le nom de filières (SpinndrusenJ et que, depuis Ralhke, tous les auteurs ont vues chez les différentes espèces de Néréides. J'en trouve dans la règle cinq par pied, dont trois à la rame supérieure (PI VI, fig. 4 D, e, e\ e") et deux (4 E, iit par disparaître eux-mêmes complètement, sauf dans le lobe céphalique ( PI. V, fig. 2) et les premiers segments du corps. Là se trouvent dans la règle, même chez les Hélé- ronéréides complètement formées, de petits amas de pigment violets, très-évidents, surtout au lobe céphalique et dans les articles basilaires des cirres tentaculaires et des palpes, amas qui sont les derniers vestiges des belles cellules pigmentaires éloilées des Néréides. Dans la région abdominale, il ne subsiste dans la règle aucune trace du pigment périlo- néal de naguères. Cependant la ligne médiane d'un rouge brun, repré- sentée PI. VI, fig. i A, a, est une raie de pigment profond, placé sous les couches musculaires; mais elle est formée à nouveau, puisque cette ligne médiane est précisément incolore chez la forme néréidienne. Cette résorption du pigment péritonéal est une des causes principales du changement de couleur qui accompagne la métamorphose. Elle rend les parois du corps plus transparentes, et permet aux œufs jaunes de se laisser voir au travers. Cependant la couleur jaune-soufre de beaucoup d'Héléronéréides ne lient pas uniquement aux œufs, mais bien aussi à des granules pigmentaires diffus qui apparaissent dans l'hypoderme du corps entier. Système vasculaire. L'étude du système vasculaire de la N. Ditmerilii m'a fourni des résultats bien remarquables et inattendus. Chez la forme néréidienne, il est facile d'examiner le vaisseau dorsal sans lésion de l'a- nimal, grâce à l'absence de pigment péritonéal sur la ligne médiane (PI. VI, fig. 1). On voit les ondes se succéder d'arrière en avant sous l'in- fluence des contractions de nombreux anneaux musculaires. Les mou- vements du sang sont d'autant plus faciles à observer que ce liquide renferme des corpuscules cellulaires (fig. I, g), formés d'un nucléus ovale, (417) 54 ANNÉLIDES CHÊTOPODES entouré d'une mince couche de protoplasma' et mesurant en moyenne une longueur de 7 à 8"' icr . Mais ce qui frappe surtout l'observateur, c'est l'existence, dans toute la longueur du vaisseau dorsal, de valvules (e) rappelant celles des Piscicoles et d'autres Bdellides. Ce fait est d'autant plus intéressant qu'on ne connaissait jusqu'ici rien de semblable chez les Annélides polychètes. Ces valvules sont disposées par paires, au nom- bre de deux ou trois par segment. Elles se présentent sous la forme de lames membraneuses, fixées par leur bord postérieur à la paroi du vais- seau contre laquelle la pression du sang les couche au moment de la contraction. Le recul du sang au moment de la dilatation les déploie en arrière, jusqu'à produire le contact des deux valvules opposées, mais ce renversement ne va jamais au delà, grâce à une bride (f) qui limite le mouvement. Chaque valvule renferme un nucléus très-distinct dont le diamètre est de 8 ,nicr . Celle organisation remarquable m'a paru dès le principe trop importante pour que la forme héléronéréidienne pût appartenir à la même espèce que la forme, néréidienne si elle ne présentait pas les valvules. Mais le fait est qu'elle les possède et qu'elle se prête même beaucoup mieux que les Néréides à leur étude. On ne peut guère, il est vrai, étudier celle organisation sans lésion de l'animal, mais la délicatesse des tissus de la paroi du corps entraine ici une conséquence qui esl d'un grand secours. Déchire-l-on une Hélé- ronéréide avec des aiguilles, il arrive le plus souvent, que les parties principales du système vasculaire, telles que vaisseau dorsal, vaisseau ventral et anses latérales sont arrachées in loto de l'une des moitiés du corps. Il esl facile alors de les observer a nu sous le microscope. Les pulsations des parties contractiles du système vasculaire, continuent dans cet état pendant une demi-heure ou même davantage. Par suite des nombreuses déchirures de vaisseaux, le sang devient de plus en plus étendu d'eau, mais les pulsations continuent même lorsque le liquide circulant est de l'eau de mer presque pure. La plus grande partie du 1 M. Ehlers a déjà signalé, en passant, le lait qu'il existe chez les Lycoridiens de vrais corpuscules du sang. V Oie Borstenwiîrmer, p. 446. (418) DU GOLFE DE NAPLES. 55 syslème, en particulier les anses latérales el même beaucoup de vais- seaux secondaires sont en effet animés de pulsations rhythmiques. Les valvules ne sont point limitées au vaisseau dorsal, mais elles existent aussi dans toutes les anses latérales (PI. VI, fig. 4 F, d, d'). Dans les vais- seaux animés de pulsations, bien que plongés à nu dans l'eau de mer, il est facile d'étudier la structure de la paroi. On reconnaît alors que les anneaux musculaires (a) sont munis chacun d'un nucléus (b) el repré- sentent par conséquent selon toute probabilité une cellule modifiée. Ces nucléus sont placés tous sur une même ligne, suivant une génératrice du cylindre vasculaire. Les anneaux musculaires ne sont d'ailleurs point entièrement indépendants les uns des autres. Les espaces interannulaires sont occupés par un réseau très-élégant de filaments très-fins (c) qui s'anastomosent les uns avec les autres en laissant entre eux des mailles où la membrane propre du vaisseau, dépourvue de structure, est entiè- rement à nu. Ces filaments sont formés par un protoplasma très-con- tractile el contribuent aussi bien que les anneaux musculaires à la con- traction du vaisseau. Les parties périphériques du système vasculaire présentent aussi bien des particularités remarquables. J'ai déjà signalé dans mon premier travail sur les Annélides de Naples l'existence de cœcum vasculaires contractiles dans diverses régions du corps, chez la N. Dumerilii (sous le nom de N. peritonealis). Ces cœcum sont surtout faciles à observer dans l'article basilaire des cirres lentaculaires. Ils existent aussi dans les rames pédieuses. J'ai figuré la rame supérieure d'un pied de la forme néréidienne pour montrer quelques-uns de ces cœcum (PI. V, 1 A, c). Mais au moment de la transformation en Héléronéréide, les vaisseaux périphériques en général et les cœcum en particulier se multiplient d'une manière étonnante. Dans la région antérieure du corps, c'est-à- dire dans celle qui est dépourvue de soies rémigères, celte modification est moins saillante que dans la postérieure. J'ai représenté le système vasculaire de celte région PI. VI, fig. 4 D, du côté dorsal, et fig. 4 E, du côté ventral. On voit qu'il existe dans chaque segment deux anses vascu- (419) & 56 ANNÊL1DES CHÈT0P0DES laires, comparables à celles que j'ai désignées chez les Oligochètes sous les noms d'anse intestinale et d'anse périviscérale. La première (g) est de beaucoup la plus grosse et se trouve dans la partie antérieure du seg- ment. Elle serre d'assez près l'intestin (/) sans pourtant lui être accolée. La plupart des Hétéronéréides, ne prenant aucune nourriture, ont l'intes- tin comprimé par les éléments sexuels et réduit à tin étroit ruban, dilaté pourtant aux points d'insertion des dissépiments. Il existe alors un espace très-notable entre l'anse intestinale et l'intestin ainsi comprimé. Celle anse contribue du resle pour sa part à la circulation de la surface du corps, car elle envoie une très-forte branche (o) à la base du pied La seconde anse (h), comparable à l'anse périviscérale des Oligochètes, est d'un diamètre bien moindre que la première. Elle aboutit au vaisseau ventral et au vaisseau dorsal dans la partie postérieure de chaque seg- ment. Son parcours est relativement superficiel, et sa distribution a lieu principalement dans le pied. Les rameaux de celte anse surtout, donnent naissance à des cœcum vasculaires. J'en trouve régulièrement un à la face ventrale du segment, dirigé obliquement en arrière (4 E, /). Dans les rames pédieuses, il en existe un assez grand nombre (n, 11). Mais le développement vasculaire le plus remarquable a lieu dans les lobes foliacées des rames pédieuses de la région abdominale. Ici chaque lobe renferme deux systèmes parfaitement parallèles de vaisseaux à divi- sion dichotomique, dont l'un appartient à la surface ventrale, l'autre à la dorsale. L'un d'eux esl représenté PI. V, fig. 2 A, a. Au bord du lobe les blanches du système supérieur se recourbent pour passer aux branches correspondantes du système inférieur. Dans un plan intermédiaire entre ceux de ces deux systèmes de vaisseaux, sont logés de nombreux cœcum contractiles (6). Le sommet en cul de sac et généralement élargi de ces tubes, est tourné vers la base du lobe foliacé; la partie tubulaire plus étroite vient s'ouvrir dans la concavité de l'anse qui réunit un rameau du système supérieur au rameau correspondant du système inférieur. Le jeu très-actif de ces cœcum est fort curieux à observer et rappelle tout à l'ail celui des cœcum des jeunes Phoronis. Le siège de la contractililé (420) DU GOLFE DE NAPf.ES. o7 est dans une membrane d'enveloppe finement plissée (V, 2 C, a) et se- mée de quelques nucléus (b). L'activité des cœcum est surtout facile à étudier dans un lobe excisé (V, 2 fi). En effet, dans ce cas, les deux systèmes vasculaires à ramification dichotomique se vident entièrement ci ne gênent plus l'observation. Leurs membranes ne subsistent plus que comme des lignes délicates, très-transparentes (6), qui nesontguère reconnaissables qu'à leurs nucléus. Les cœcum (a), dont plus rien ne gêne la vue, restent au contraire remplis de sang. Leur jeu ne s'inter- rompt point, seulement leur contraction (basse le sang dans la partie basilaire (a), c'est-à-dire celle qui est la plus voisine de l'anse sur laquelle s'insère le cœcum, tandis que leur dilatation t'ait régurgiter le sang dans le cul de sac. Ce mouvement de va el vient peut durer un temps fort considérable, bien que les contractions finissent par perdre de leur fré- quence el de leur énergie. A l'époque de la transformation des Néréides en Hétéronéréides, les lobes foliacés se développent peu à peu et l'augmentation de nombre des rameaux vasculaires et des cœcum marche de pair avec ce développe- ment. La formation des nouvelles branches vasculaires n'est d'ailleurs pas facile à poursuivre, d'autant plus que le sang qu'elles contiennent paraît à peu près incolore par suite de la ténuité de la couche. Système musculaire. Les muscles de la N. Dumerilii, dans la phase né- réidienne, ne s'éloignent pas de ceux des autres Néréides et de beaucoup d'autres Annélides. Ils sont composés de longs et minces rubans en ap- parence homogènes, dans lesquels il est possible parfois de reconnaître une fine stria lion longitudinale. Les fibres musculaires de la phase hété- ronéréidienne sont bien différentes et celle diversité esl une des raisons qui m'ont le plus longtemps empêché de croire à l'identité spécifique des deux formes principales de celle espèce. Mais en réalité chaque fibre musculaire prend part à la métamorphose lorsque le temps est venu. Déjà à un grossissement relativement faible, l'observateur est frappé de la nelleté avec laquelle se dessinent les fibres (VI, 4 D ; 4 E, /•, /, C), tandis que le même grossissement ne permet nullement de distinguer les fibres (421) 58 ANNÉLIDES CHÊTOPOUES musculaires des Néréides. Cette différence tient à l'apparition dans l'axe de chacune d'elles, au moment de la métamorphose, dune série de petits granules fortement réfringents (PI. V, lig. 2 D), comme dans les fibres musculaires des Nephlhys, de quelques autres Annélides, et d'une foule d'invertébrés appartenant aux classes les plus diverses. Dans l'état actuel de la science, les observateurs sont portés à considérer les fibres musculaires à axe granuleux comme représentant un type inférieur, une forme embryonnaire en quelque sorte. Il est par conséquent bien remar- quable de voir la formation de cet axe coïncider chez une Néiéide avec l'époque du développement le plus complet. La trompe. La trompe est sujette chez la N. Dumerilii à des variations très-remarquables, dans lesquelles j'ai longtemps cru trouver le critère de différences spécifiques. Toutefois l'examen d'un très-grand nombre d'individus des différentes formes de l'espèce, m'a enseigné qu'il ne s'agit que de particularités individuelles ou produites par l'âge. Ces variations méritent d'autant moins d'être négligées que MM. Kinberg et Malmgren ont cherché précisément dans certains caractères très-variables de la trompe des caractères génériques. M. Ehlers a donc eu raison de rejeter ces genres et je m'applaudis pour ma part de ne leur avoir accordé qu'une valeur de sous-genres. Considérons d'abord les paragnathes. La N. Dumerilii rentre dans le sous-genre Leonlis Mlmgr. auquel M. Malmgren attribue entre autres le caractère suivant: « Proboscis maxillis duabus denliculalis et paragna- this connatis pectines minulos formantibus arma ta. » La N. Dumerilii répond parfaitement à celte définition, seulement je trouve les peignes de dents fort inconstants quant à leurs dimensions et leur nombre. A l'anneau terminal {anneau maxillaire Ehlers) de la trompe, M. Malmgren figure du côté ventral, à droite et à gauche, plusieurs rangées parallèles et pecliniformes de denticules, et au milieu, trois doubles peignes, tandis que le côté dorsal est représenté complètement inerme. Quant à l'anneau basilaire {anneau oral Ehlers), il est indiqué comme portant sept pelits peignes de dénis du côté ventral, et deux du côté dorsal. Cette distri- (422) DU GOLFE DE NAPLES. 59 billion peut, en effet, èlre considérée comme typique, ;ivec cette restric- tion que le nombre de peignes du côté ventral de l'anneau basilaire n'est que de cinq '. (Je n'ai moi-même jamais rencontré le nombre 7.) Mais des variations fréquentes se présentent. Déjà M. Ehlers donne une des- cription de la distribution des paragnalhes qui diffère de celle de M. Malmgren, en ce sens qu'il attribue six groupes de denlicules au côté ventral de l'anneau basilaire. (Sa figure n'en indique, il est vrai, que cinq, ce qui est, je le répète, le véritable nombre typique.) En outre, j'ai vu souvent manquer les peignes de denlicules au milieu du côté ven- tral de l'anneau terminal, surtout chez les individus de petite taille, et, lorsqu'ils existent, ils sont extrêmement variables dans leurs dimensions. Tantôt, en effet, ils sont doubles (PI IV, 1 A), tantôt simples ou repré- sentés par 2 ou 3 denlicules isolés. Enfin, j'ai vu manquer une fois totalement les peignes dorsaux de l'anneau basilaire. Quant aux para- gnalhes eux-mêmes, tantôt ils sont aussi larges ou même plus larges que longs, tantôt, au contraire, quatre et cinq fois aussi longs que larges. En somme, sans méconnaître l'importance des paragnalhes pour la clas- sification, je crois ces organes trop variables pour fournir des caractères génériques proprement dits. Les mâchoires varient d'une manière bien plus frappante encore que les paragnalhes. On peut distinguer dans ces organes deux parties, la région dentaire et la région musculaire. J'entends par celle dernière dénominalion la région postérieure, en forme de cornet aplati, qui ne porte pas de dents, mais sert à l'attache des muscles. Les dimensions relatives de ces deux régions sont exlraordinairement variables. Tantôt la région musculaire est si courte qu'elle semble disparue, tantôt, au contraire, elle est aussi longue que la région dentaire. Il est loul naturel de supposer que les mâchoires se formant d'avant en arrière, les indi- vidus à région musculaire fort courte sont encore jeunes et que la crois- sance ultérieure amènera l'allongement de cette région. Toutefois les 1 Le groupe médian manque d'ailleurs assez souvent, ce qui réduit le nombre des groupes à quatre. U23) 8 60 ANNÉL1DES CHÉTOPODES résultais de l'observation sont en contradiction formelle avec cette hypo- thèse en apparence si légitime. Les processus musculaires les plus longs se trouvent toujours chez des individus de petite taille. Ainsi la mâ- choire représentée PI. IV, lîg. 3, avec un processus musculaire fort long appartient à un individu, mûr il est vrai, mais n'ayant que 2 centi- mètres de long et ne comptant que 35 segments, tandis que les mâ- choires presque dépourvues de région musculaire de la fig. 4 (PI. IV) appartenaient à un individu de 6 centimètres, comptant 85 segments. Les mâchoires des fig. 1 A et 2 B (PI. IV) sont encore plus frappantes, car elles sont empruntées à deux individus de même taille au moment de leur transformation en Hétéronéréide, et pourtant, dans la première, la région musculaire est plus longue que la dentaire, tandis qu'elle est pour ainsi dire nulle dans la seconde. Le nombre des dents de la mâchoire est aussi fort variable, bien qu'il soit en général identique dans les deux mâchoires d'un même individu. J'ai vu ce nombre osciller entre cinq et vingt. Encore ici il faudrait bien se garder de croire que les individus à dents nombreuses soient les plus âgés. Chez les Iléléronéréides de grande taille, on trouve rarement plus de 7 à 8 dents, en maximum 10. Au contraire, la mâchoire à 19 dents, figurée PI. IV, fig. 3, est empruntée à un individu long de 2 centimètres seulement. Et pourtant il ne serait pas possible de conclure du nombre des dents à l'âge de l'animal, car les mâchoires des fig. 2 B et 1 A, em- pruntées â des individus de même taille au moment de leur métamor- phose en Hétéronéréide, comptent l'une six dents, l'autre dix. Lors donc que M. Malmgren attribue 12 ou 13 dents aux mâchoires de la N. Du- merilii, et M. Ehlers 5 ou 6, on ne peut attribuer à ces chiffres qu'une valeur très-relative. M. Ehlers remarque d'ailleurs lui-même autre part que les Néréides paraissent avoir un plus grand nombre de denlicules maxillaires dans le jeune âge qu'à l'état adulte. Faut-il admettre que ces différences impliquent un remplacement des mâchoires à certaines épo- ques de la vie? Je ne le pense pas. Si les dents des individus de petite taille sont plus nombreuses, elles sont aussi plus petites. Dans la suite (421) DU GOLFE DE NAPLES. 61 de la croissance, elles sont sans cloute empalées graduellement par de nouvelles couches de chitine. Les plus postérieures doivent disparaître complètement et les autres se fondre, deux à deux ou trois à trois, dans les denticules définitifs. Je n'ai, il est vrai, pas d'observations positives sur ce point, mais je désire attirer l'attention des observateurs sur la croissance de la lame d'empâtement (PI. IV, (ig. 5) qu'on trouve tou- jours à la base des denticules. Organes segmenlaires. M. Ehlers paraît avoir recherché et vu en partie les organes segmenlaires de diverses espèces de Néréides. Il n'est pour- tant parvenu à s'en l'aire une idée complète que d'après des exemplaires de la JV. diversicolor conservés dans l'acide hyperosmique. La figure qu'il en donne n'offre aucune analogie quelconque avec l'organe segmentaire de la JV. Dumerilii. Aussi, sans vouloir contester positivement l'exacti- tude de la description de M. Ehlers, je crois nécessaire d'entrer ici dans quelques délails à ce sujel. J'avoue avoir fait de vains efforts pour re- connaître dans sa totalité cet appareil chez la forme héléionéréidienne et chez les gros individus de la forme néréidienne. En revanche les petits individus de celte dernière forme, qui arrivent déjà à maturité avec une longueur d'un centimètre et demi à deux centimètres, per- mettent assez facilement l'élude de l'organe segmentaire sans lésion de l'animal. Il faut pour cela placer l'annélide dans la supination et fixer son attention sur les segments qui ne renferment pas un trop grand nombre d'éléments sexuels et de corpuscules lymphatiques. On trouve alors sans grande difficulté l'ouverture interne de l'organe, sous la forme d'un entonnoir vibralile (PI. VI, 5, g) comprimé, engagé dans le dissé- piment (e) qui sépare la cavité du segment de celle du segment placé plus en avant. J'ai déjà indiqué autrefois' très-exactement la position de cet entonnoir. Tout auprès, le dissépiment est percé d'une ouverture (f) par laquelle les zoospermes et les corpuscules lymphatiques s'é- chappent un à un de la cavité de l'un des segments dans celle de l'autre. L'entonnoir passe graduellement, sans étranglement appréciable, au tube * Annélides chétopodes du golfe de Naples, p. 160 (Soc. de Phys., XIX, p. 470). l'I. IX, fig. 5G, a. (425) f>2 ANNÉLIDES CHÊTOPODES de l'organe. Ce tube (h) dont la paroi s'amincit par degrés, mais qui est toujours tapissé de cils vibraliles, se dirige obliquement en arrière et en dehors, décrivant des sinuosités très-légères, et il vient s'ouvrir à l'exté- rieur par un très-petit pertuis (i), un peu en arrière du cirre ventral. Dans le voisinage de l'appareil sont deux gros organes d'apparence glan- dulaire (k, k'), mais dépourvus de canaux excréteurs. Je me demande si ces organes n'ont pas été pris par M. Ehlers pour la grande poche qu'il croit, chez les Néréides, en communication avec l'appareil reproducteur. Appareil générateur et phénomènes liés à la reproduction. Les phéno- mènes de reproduction ne sont pas faciles à débrouiller chez la N. Du* merilii. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur les fig. 1, 2, 3, 4 et 5 de la PI. Ilf, en pensant qu'elles représentent des individus de grandeur natu- relle, tous remplis d'éléments sexuels, à l'exception de celui de la fig. 2 qui n'en renferme aucun, pour entrevoir que ces phénomènes doivent être fort complexes. La N. Dumerilii présente, en effet, deux formes sexuées ', l'une sous la forme de Néréide, l'autre sous celle d'Héléronéréide. Mais, chose singulière, il ne faudrait point s'attendre à rencontrer les Néréides à maturité complète parmi les individus de plus grande taille. Ceux-là sont, au contraire, tous destinés à se transformer en Héléroné- réides. Ils peuvent bien renfermer des éléments sexuels, mais ces élé- ments ne sont point arrivés à leur croissance définitive et n'allei«nenl leur forme ultime que dans la phase hétéronéréidienne. Les Néréides mûres (PI. III, fig. 1, grandeur naturelle; et l A grossie), ne se trouvent que parmi les plus petits individus qui n'ont encore le plus souvent que 12 à 15 mra de long et ne comptent que*30, 35, 40 ou 45 segments. J'ai pourtant vu un mâle de 50 segments long de 35 millimètres, mais les individus mûrs sous la forme de Néréide n'atteignent que rarement une aussi grande taille. Ces variations oscillent cependant entre des chiffres très-distants les uns des autres et l'on peut être conduit a se demander si la N. Dumerilii ne peut pas arriver à maturité à tous les degrés de crois- sance. Cependant le plus grand des individus que je viens de mentionner 1 Sans compter une forme hermaphrodite que nous mentionnerons plus loi». (426) DU GOLFE DE NAPLES. 63 est encore petit pour l'espèce qui atteint fréquemment une longueur de 80 mm sur 5 à 6 m '" de largeur et qui compte jusqu'à 88, parfois 90 et même 95 segments. Une grande partie de ces individus ne renferment point d'éléments reproducteurs; d'autres, surtout les plus grands, ren- ferment des zoospermes ou des ovules en voie de formation, mais des- tinés à n'arrivera complète maturité qu'après la transformation en Hé- lé ronéréi de '. Même chez un individu mûr, de la forme néréidienne, qui atteint par exception une assez grande taille (comme celui de 50 segments, si- gnalé plus haut), il est facile de s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un ver destiné à se transformer en Hétéronéréide. El cela pour deux raisons : d'abord les signes d'une transformation prochaine l'ont totalement dé- faut; puis les éléments sexuels, surtout les zoospermes, sonl différents de ceux des Héléronéréides. On pourrait, il est vrai, penser que les élé- ments sexuels subissent, eux aussi, une métamorphose, et que les zoo- spermes de la forme néréidienne prennent, après la transformation, les caractères propres aux zoospermes delà forme hétéronéréidienne. Toute- fois, cette hypothèse ne serait point fondée. Non-seulement la forme des éléments sexuels est différente, dans les deux cas, mais le mode de formation de ces éléments est tout autre L'existence de deux formes mûres, de deux phases épitoques, comme dirait M. Ehlers, est donc au-dessus de toute espèce de doute chez la N. Dumerilii. Nous allons les considérer successivement, en commençant par la petite Néréide. Les petites Néréides (III, fig. 1 et 1 A), arrivées à maturité, ne présen- • 1 l,a variabilité extraordinaire de cette espère, quant aux dimensions, ressort aussi de la comparaison des données des différents auteurs Les deux savants qui paraissent avoir eu le plus grand nombre d'in- dividus enlre les mains, H. Malmgren el M. Ehlers, indiquent des chiffres totalement différents, sans que celle divergence paraisse les avoir frappés. M. Malmgrcn mentionne, en effet, comme dimensions normales de la Isonlis Dumerilii, une longueur de ")0 à 60""" sur une largeur de 5 à H. M. Ehlers attri- bue aux plus grands individus de la forme « aloque » (néréidienne) une longueur de 35 mra seulement sur une largeur de 4 IDm , avec un nombre de segments ne dépassant pas 74 II est vrai que ces mesures sonl prises sur des individus conservés dans l'alcool. Cependant, môme en tenanl compte du racornis- sement, il est évident que, soil 11. Malmgren, soit surtout M. Ehlers. n'ont pas connu les grands repré- sentants de l'espèce, fort communs à Naples. (427) 64 ANNÉLIDES CHÉTOPODES tent pas de différences sexuelles extérieures. Les maies ne se distinguent des femelles qu'aux éléments reproducteurs qu'ils renferment. Les mâles présentent un mode d'évolution des zoospermes qui ne m est encore connu chez aucune autre Annélide. Le tissu sexuel graisseux, que j'ai décrit comme jouant un rôle si important dans la reproduction des Lycoridiens en général, n'est représenté que par quelques rares cellules sur le trajet des vaisseaux. En revanche, il existe deux testicules (III, I B) placés dans un même segment, à droite et à gauche du canal intestinal. Le numéro d'ordre de ce segment n'est point constant. Je l'ai vu os- ciller entre 19 et 25. Chaque testicule est un corps lenticulaire, inco- lore, large de 99 raicr . Il est composé de cellules mesurant 18 micr en dia- mètre, qui prennent une forme polygonale par la pression réciproque. Chacune renferme un nucléus vésiculeux, sphérique, large de ll ,nicr , devenant surtout très-distinct par l'action de l'acide acétique. Ces cel- lules se détachent du testicule pour flotter dans la cavité périviscérale, au milieu des corpuscules lymphatiques. Là elles subissent une division répétée, dont je n'ai pu suivre le détail, et se transforment en corps flot- tants, multicellulaires (III, 1 C),qui finissent par atteindre un diamètre de 50 micr . Les cellules de ces corps flottants ne sont point encore destinées à se transformer en cellules spermaliques. Elles sont les cellules-mères de ces dernières, et les cellules constitutives des testicules sont donc les grand'mères. Dans chaque corps flottant, les cellules-mères augmentent de diamètre et se subdivisent en une foule de petits granules (b). Cette subdivision terminée, elles se détachent de leurs sœurs et flottent isolé- ment dans le liquide périviscéral, où elles constituent les corps fram- boises, aux dépens desquels se développent les zoospermes, comme chez tant d'autres annélides. Le diamètre moyen des corps framboises est d'environ 16 à 27 micr . Les zoospermes (1 D) ont une tête en forme de navet, longue de 6 micr , avec le filament caudal fixé au collet. Chez les femelles les ovules se forment dans le sein du tissu sexuel, comme chez les autres Néréides. Ce tissu devient de moins en moins abondant à mesure que les ovules croissent en diamètre, et il a à peu (428) DU GOLFE DE NAPLES. 65 près complètement disparu au moment de la maturité totale, où les œufs remplissent en entier la cavité périviscérale, à partir du 4 me seg- ment (III, 1 A). La maturation des œufs n'est accompagnée d'aucune résorption du pigment péritonéal. Les œufs mûrs ont un diamètre de inm ,41 avec membrane vilelline à double contour, assez épaisse. Le vi- tellus est incolore ou faiblement bleuâtre et formé de petites spbérules, larges de 4 à 5""". Dans le centre sont logées des sphères homogènes plus grosses, dont le diamètre atteint 14 à I5"" r - Une grande partie des individus dont le nombre de segments atteint un chiffre compris entre 50 et 75, sont, comme nous l'avons dit, entiè- rement dépourvus de tous caractères sexuels. Ils sont en général pâles, ou colorés en jaune par l'intestin (III, 2, grandeur naturelle, et 2 A, grossi), souvent aussi par des granules pigmentaires diffus, disséminés dans l'hypoderme, en outre du pigment violet. En comparant ces indi- vidus avec ceux que nous avons considérés précédemment (III, 1), on a peine à croire, au premier abord, qu'il s'agisse de la même espèce. Ce- pendant, l'emploi du microscope fait reconnaître une identité complète dans la forme (comparez fig. 1 A et 2 A), et, quant aux différences de couleur, elles perdent toute importance dès qu'on examine de nom- breuses séries d'individus. Lorsqu'on recueille, au mois de mars, une grande cpianlilé de tubes de la N. Dumerilii, on en trouve toujours un certain nombre habités par une Néréide d'apparence très-parliculière (III, fig. 3). Elle est violette en avant, et d'un vert d'eau assez délicat en arrière. Malgré celle coloration si frappante, il est facile de se convaincre qu'il ne s'agit point d'une es- pèce particulière. C'est une N. Dumerilii chez laquelle le pigment péri- tonéal a atteint son maximum de développement dans la région anté- rieure du corps, mais est en voie de résorption plus en arrière. Quant à la couleur vert-pâle de la région postérieure, elle est due au développe- ment de ce tissu particulier que j'ai décrit ailleurs sous le nom de tissu sexuel. Les cellules de ce tissu (III, 3 A, a) renferment, en effet, en outre des nucléus el d'une vacuole pleine d'un liquide aqueux, une (429) 66 ANNÉLIDES CHÊTOPODES goultelelle, parfois plusieurs, d'une substance verle, d'apparence grais- seuse. Lorsque ce lissu est assez développé pour remplir toute la cavité périviscérale, la couleur verte de ces gouttelettes perce à travers la paroi du Corps. Cette phase dans la vie de la N. Dumerilii est très-remarquable. C'est celle pendant laquelle l'animal se prépare à la seconde reproduction, et forme, dans ce but, les éléments sexuels C'est à elle que j'aimerais pou- voir appliquer le terme de forme épilogue employé dans un autre sens par M. Ehlers; car, sans être apte à la génération, elle se prépare pour- tant à la reproduction. Pour éviter les confusions, je la désignerai sous le nom de phase epigame. Le caractère le plus remarquable de cette phase épigame, c'est que les pieds, bien que présentant la forme caractéris- tique des Néréides, renferment dans leur intérieur, dans toute la région médiane et postérieure, les éventails de soies d'Héléronéréides en voie de formation. J'ai en les Néréides épigames en grand nombre dans mes aquariums, et j'ai pu poursuivre chez elles la métamorphose en Hété- ronéréides. Les pieds développent par degrés les lobes foliacés dans la région postérieure, et, dans la région antérieure, ils subissent aussi des modifîcalions qui les font passer au type héléronéréidien. En même temps la tète commence à subir sa métamorphose. Elle devient relati- vement plus large, et les yeux acquièrent une taille beaucoup plus grande par suite d'une accumulation de pigment. La lig. 1, PI. IV, représente un individu arrivé précisément à ce degré de transformation. Cette époque est aussi celle de la résorption du pigment péritonéal. Cette résorption devient d'autant plus complète que le développement des éléments sexuels avance. De là la disparition de la coloration vio- lette, qui était si frappante il y a peu de temps encore. La couleur du ver passe peu à peu au jaune, par suite d'un dépôt de pigment diffus dans l'hypoderme. Celte teinte devient même souvent d'un beau jaune de soufre, surtout chez les femellt s, où les œufs contribuent, pour leur part, à celte coloration. Chez beaucoup d'individus la couleur jaune de l'hy- poderme fait cependant entièrement défaut. En même temps les pieds (430) UU GOLFE DE NAPLES. 67 d'Hétéronéréides prennent leur forme définitive. Les soies nouvelles per- cenl à l'extérieur, tandis que les anciennes tombent graduellement. La lète s'élargit toujours davantage, el l'augmentation du volume des yeux continue. L'animal mérite déjà la qualification d'Hétéronéréide. La fig. 2 de la PI. IV représente un individu dont la forme est déjà celle d'une Hétéronéréide, mais dont les faisceaux de soies étaient encore semés de quelques soies de la forme néréidienne. Enfin, PHétéronéréide arrive à son développement parfait avec la forme de tète si caractéris- tique représentée PI. V, lig.2. Le grand développement des yeux concerne soit le cristallin de la paire antérieure, soit le pigment. Ce derner en- veloppe si bien la rétine, qu'il n'est plus possible de la distinguer, tandis qu'il est toujours facile de la reconnaître tout autour de la couche pigmentaire, dans la forme néréidienne. En avant, les yeux passent in- sensiblement à un réseau pigmentaire qui s'étend jusqu'à la base des antennes el qui est formé par des cellules ramifiées, à nucléus clair, sou- vent inconnaissable, large de 2 mici ' (VI, 3 A). Le développement des éléments sexuels doit être étudié dans la pbase épigame. Chez les individus mâles, dans celle phase, la cavité périviscé- rale est remplie, comme nous l'avons dit, par les cellules du tissu sexuel, larges, au maximum, de 22'»'^, et formées dans le principe à la surface des vaisseaux. Entre ces cellules sont noyés les corps framboises, aux dépens desquels se forment les zoospermes. Plus lard, ces corps framboises se résolvent dans leurs éléments (PI. III, (ig. 3B) qu'on trouve disséminés dans tout le tissu sexuel. Ce sont des cellules (III, 3 C) larges de rJ à 7micr. \ ce u e époque commence la résorption du tissu sexuel qui ne remplit désormais plus aussi complètement la cavité périviscérale. Les petites cellules se métamorphosent chacune en un zoosperme. Leur protoplasma s'allonge graduellement en un fil pour former la queue. Une partie cependant continue de subsister en une masse globuleuse, la tête du zoosperme (111, ô D). Le nucléus prend une forme allongée et occupe toujours le pôle céphalique opposé à la queue. Dans cet état, les zoospermes, dont la tète atteint un diamètre de 4 à 5«ùcr^ nagent par ^431) 9 68 ANNÊLIDES CHÉTOPODES groupes ou isolément, au milieu des corpuscules de la lymphe périvis- cérale (III, 5 D, à). Ces derniers sont des corps elliptiques, fusiformes ou naviculaires (III, 3 E), dont la longueur varie de 10 à 37'nicr, et qui ne renferment, dans la règle, pas de noyau. On pourrait facilement croire les zoospermes mûrs sous celte forme. Mais il n'en est rien. Ils ont encore à subir une transformation importante qui parait n'avoir jamais lieu qu'après la métamorphose complète en Héléronéréide. Le nucléus, refoulé au pôle anlicaudal, développe un petit prolongement en avant. Le zoosperme a, par suite, l'air d'être armé d'un aiguillon ou d'une dent (III, 4 A). Si l'on compare cette forme si caractéristique, avec les zoos- permes mûrs (III, l D) de la phase néréidienne, on sera frappé de la dif- férence. L'évolution est d'ailleurs tout autre, comme nous venons de le voir. Une fois les zoospermes tous transformés, le tissu sexuel est réduit à son maximum de développement. Cependant il en reste toujours çà et là quelques cellules. J'ai décrit ' naguère chez les Hétéronéréides mâle* , deux cirres ter- minaux, gros, coniques, très-courts et hérissés d'un grand nombre de processus qui s'entre-croisent en sens divers. La cavité du corps pénètre dans ces appendices qu'on trouve par suite remplis par la semence. Au moment de sa formation, l'Hétéronéréide est ornée en outre des deux longs cirres terminaux des Néréides, qu'on trouve implantés à l'extrémité de ces appendices hérissés. Toutefois les mouvements du ver ne tardent pas à amener la chute des deux cirres proprement dits, et il ne reste plus que les deux singuliers appendices que j'ai décrits. Ces organes sont le résultat d'un développement particulier de l'article basilaire des cirres terminaux de la phase néréidienne. Cet article est normalement couvert de petites papilles qui s'allongent pendant la métamorphose du ver pour former les processus de l'Hétéronéréide adulte. Le mode de formation de ces appendices montre qu'ils doivent toujours exister en nombre double, puisque toutes les Néréides ont deux cirres terminaux. Il devient donc probable que YHeleronereis OErstedii, à laquelle M. de Quatrefages atlri- 1 Annélides chétopudes du golfe de Naples, u. 176 .Soi' de Phys. MX, p. 486). (432) DU GOLFE DE NAPLES. 69 bue un appendice hérissé terminal impair, a été établie sur un individu mutilé. Chez les individus épigames femelles les œufs se développent au sein du tissu sexuel de la manière que j'ai décrite naguère 1 , et ils présenlenl la tonne que j'ai figurée à la même époque 4 . Toutefois, après la transfor- mation en Hétéronéréide, l'œuf continue de s'accroître.jusqu'au poinl d'atteindre un diamètre de mn, ,20 et son apparence change entièrement. Non-seulement la membrane vilelline augmente d'épaisseur et prend un double contour facilement appréciable, mais encore le vilellus se diffé- rencie en une couche périphérique incolore et une masse centrale d'un beau jaune. La première, finement granuleuse, offre un diamètre de Umicr L a seconde est composée de petites sphères larges de 4 à o'" icr qui en enveloppent d'autres plus grandes à diamètre variant de 15 à 22 micr . (] es œ ,,f s sont, comme on le voit, bien différents de ceux (III, 1 E) de la forme néréidienne mûre. Dans une Hétéronéréide parfaite- ment mûre, les œufs remplissent en entier la cavité périviscérale et le (issu sexuel est complètement résorbé. Nous ne sommes pas encore au bout des particularités surprenantes présentées parla N. Dumerilii. Je vais montrer, en effet, qu'on est obligé d'admettre chez cette espèce deux formes d'Hétéronéréides assez diffé- rentes dans leur genre de vie. Pendant les mois de janvier, février et mars les pêcheurs m'ont ap- porté, presque chaque jour, quelques Héléronéréides pêchées à la surface de la mer. Un vernie natanle ! s'écriait triomphalement chacun en appor- tant sa capture, car ils avaient fort bien remarqué ma prédilection pour ces vers. Toutes ces Héléronéréides, si vives, si alertes, pour lesquelles le plus grand bocal était toujours une prison trop étroite, toutes ces Héléronéréides, dis-je, étaient de petite taille. Pour l'ordinaire elles va- riaient entre 20, 50 et 4.0 mm . Le nombre de leurs segments était pour- tant plus considérable que celui des petites Néréides mûres. 11 s'élevait 1 Annêlides ehétapodes du t/ulfe de Nuples, p. 160 (Soc. de Phys. p. 470). 8 Ibid., pi. îx, lig. 5 H. (433) 70 ANNÊLIDES CHÉTOPODES à 65 ou même 75. Jamais un grand individu de 60, 70 ou 80 m,n n'a été péché nageant à la surface de la mer. En mars on m'apporta en abon- dance des Néréides et de grosses Hétéronéréides dans leurs tubes, mais ces vers ne s'écartaient guère du fond des vases et ne venaient point nager à la suiface. Giovanni, pêcheur intelligent, fut frappé lui-même de la ressemblance des Hétéronéréides de fond avec celles de surface, car il me dit un jour en parlant des premières: « Ce sont des vers nageurs qui ne nagent pas'. » Cependant, au milieu de ces tubes, il s'en trouvait toujours quelques-uns donnant de petites Hétéronéréides, et dès que ces vers sortaient de leur habitation, ils commençaient à se mouvoir avec agilité comme les individus péchés à la surface, en faisant éclater toutes les couleurs de l'arc en ciel sur leurs éventails de soies abdominales. Je crois donc nécessaire de distinguer deux formes d'Hétéronéréides, l'une petite et fort agile, gagnant la surface de la mer pour porter au loin les éléments reproducteurs; l'autre beaucoup plus grande, mais moins agile, ne s'éloignant guère du fond de la mer et servant plutôt à la multiplication de l'espèce dans un lieu donné. Celte opinion est corro- borée par la circonstance que les œufs ne sont point semblables dans ces deux formes d'Hétéronéréides. J'ai représenté un œuf de la grande forme (III, 4 B) et un de la petite (III, 5 A) à un même grossissement, l'un à côté de l'autre. On voit que le second non-seulement ne présente pas la couleur jaune intense du premier*, mais encore qu'il est dépourvu de la zone granuleuse périphérique. En revanche les zoospermes sont iden- tiques dans les deux formes. Ces observations sur la N. Dumerilii ont été déjà publiées presque au complet dans les Archives des Sciences physiques et naturelles de Genève ' L'attention de Giovanni parail s'être aussi portée sur les phases intermédiaires entre les Néréides et les Hétéronéréides. Un jour, en effet, en me montrant un individu épigarne Irès-avancé dans sa trans- formation, il me dit : « C'est un ver d u tube eu train de devenir nageur. » 2 La vésicule gerniinalive n psl pas très-appréciable dans la ligure, mais elle est toujours présente. Je tiens à afliimer re fait, dans la crainte qu'on ne put supposer dans ces œufs une différenciation résul- tant de la fécondation. (434) 1)1 GOLFE DE NAPLES. 71 en novembre 1869, el j'envoyai immédiatement un exemplaire de cet ar- ticle à M. Mecznikow, alors en séjour à San Remo(sur la Corniche). Ce savant s'occupa immédiatement de la vérification des résultats annoncés et ne larda pas à les compléter par la découverte de faits très-singuliers, auxquels il a bien voulu, à ma requête, consacrer une attention soute- nue. Il existe sur divers points de la Côte de la Corniche, en particulier à San Kemo et à Villefranche-sur-mer, une petite Annélide très-poly- morphe qui parait être identique avec la N. Dumerilii. Du moins M. Mecznikow lui a-t-il reconnu tous les caractères particuliers à cette espèce que j'ai décrits plus haut. Son pigment péritonéal est, il est vrai, plutôt rose vineux que violet (PI. V, fig. 5), mais cette différence n'a pas d'importance. Le numéro d'ordre du segment où apparaît la première soie faleigère homogomphe est très-variable, mais c'est aussi le cas pour la .Y. Dumerilii de Naples. La forme du lobe céphalique est peu con- stante, mais entre les deux extrêmes (PI. V, fig. 5 et fig. 3 C) on trouve tous les degrés intermédiaires. Une partie de ces Néréides, comptant les unes 40, d'autres 45 ou même 00 segments, renfermaient des éléments reproducteurs en voie de formation, mais ces éléments étaient à la fois des œufs el des zoospermes. Si donc ce ver rentre, comme il y a tout lieu de le supposer, dans le cycle de développement de la N. Dumerilii, il faut ajouter à la liste déjà si multiple des formes de cette espèce une forme hermaphrodite! L'exac- titude des observations relatives à cet hermaphrodisme ne peut pas être mise en doute. Le nom de M. Mecznikow est une garantie suffisante. Ce savant m'a d'ailleurs fait parvenir une série de dessins propres à lever les doutes des plus sceptiques. On trouvera en particulier PI. III, fig. 6, 6 A jusqu'à 6 E, des figures des différents éléments tenus en r suspension dans la cavité périviscérale d'un seul el même individu, dont l'extrémité antérieure est représentée PI. Y, fig. 3. Parmi ces éléments on reconnaît de suite les jeunes ovules (6 et 6 A) entourés des cellules du tissu sexuel (6, b) avec leurs gouttelettes huileuses ', puis les régimes de cellules (6, 1 Je remarque, à ce propos, que M. Mecznikow a confirmé complètement mes observations sur le (435) 72 ANNÉLIDES CHÉTOPODES , c et 6C) qui donnent naissance aux zoospermes, les groupes île zoos- permes en voie de développement (6 D) et enfin les zoospermes mûrs (6 E) à tête très-allongée. Les œufs arrivés à maturité ont le vitellus co- loré en jaune (6 B). Ils paraissent être fécondés dans la cavité périvis- cérale même par le sperme qui les entoure. On rencontre, en effet, des œufs en train de se segmenter, dans le corps même delà mère (Cf. PI. IV, fig. 7). Gomme les œufs des autres Annélides, ils présentent deux groupes de sphères de segmentation d'apparence différente, dont l'un (couche végétative) se segmente bien moins rapidement que l'autre ( couche animale) '. Cette forme hermaphrodite se Iransforme-t-elle en Hétéionéréide? On aurait pu le croire en voyant le diamètre des yeux passablement plus grand chez les individus mûrs (PI. Y, (ig. 3) que chez les individus en- tièrement privés d'éléments sexuels (PI. V, fig. ô C), et en constatant comme l'a fait M. Mecznikow que chez les premiers l'axe des libres mus- culaires (PI. V, fig. 3 B) est souvent occupé par un dépôt granuleux. Cependant une étude répétée de ces vers pendant les mois de décembre, janvier et février n'a point fait reconnaître de transformation. Il est probable donc que la forme hermaphrodite dépose ses œufs à l'état de Néréide. Il est permis de supposer que la Néréide hermaphrodite observée à Marseille par M. Moquin Tandon et brièvement décrite par lui sous le nom de N. massiliensis dans les Annales des Sciences naturelles'- est la même espèce que celle de San Bemo et de Villefranche-sur-mer. L'au- teur n'en dit pas assez pour rendre cette assimilation parfaitement cer- taine, mais bien pour la rendre fort vraisemblable. C'est dans tous les lissn sexuel des Lycoridiens c.-i ses rapports avec les éléments reproducteurs, .le pense donc inutile île réfuter la description de M. Ehlers, qui fait naître les i léments sexuels chez ces vers dans des sacs fer- més, attachés à la paroi du corps. 1 Voyez Beitrâye :ur Erkenntniss der EiUwicklungsgese-hichte der Chœtupoden, von Ed. Claparède in tient nnd Elias Mecznikow in Odessa. Zeitschr. fur wiss. Zool. XIX, 1iSI>9, p. 163. * Note sur une nouvelle Annélide hermaphrodite, par (i. Moquin-Tandon. {Annales des Sciences natur . 1869.) (436) DU GOLFE DE NAPLES. 73 cas à M. Moquin-Tandon que revient l'honneur de la découverte de l'hermaphrodisme chez certaines Néréides. Je figure (PI. V, Qg. 3 A) d'après M. Mecznikow un pied de la Néréide hermaphrodite. Il diffère linéique peu de ceux de la A. Dumerilii décrits par M. Ehlers el par moi. Toutefois .M. Mecznikow in; m'indique point le numéro d'ordre du segment auquel appartenait ce pied. Or la forme de ces organes variant beaucoup chez la .V. Dumerilii dans les différentes régions du corps, je ne saurais attacher d'importance à cette légère dif- férence, lin revanche les dessins de .M. Meeznikow attribuent au cirre tentaculaire antérieur et supérieur une brièveté (pie je n'ai jamais ren- contrée chez la N. Dumerilii. Peut-être y a-l-il là l'indice d'une diffé- rence spécifique ou au moins d'une race devenue stable. Dans ce cas le nom de N. massiliensis pourrait revenir en honneur. Une question intéressante se présente maintenant. Nous avons ample- ment établi pour la N. Dumerilii: 1" qu'il existe deux phases sexuées; -2° que la forme Néréidienne peut se transformer en Hétéronéréide. .Mais un ver qui est arrivé à maturité sous la forme de Néréide, peut-il perdre pour un temps toute trace de sexualité, croître en dimension et en nombre de segments pour reprendre plus lard les caractères sexuels et se trans- former en Hétéronéréide'? Ou bien, ne faut-il pas plutôt admettre qu'un ver arrivé à maturité sous la forme néréidienne, ne peut jamais arri- ver lui-même à la phase d'Hétéronéréide, el que seules les Néréides qu'il engendre sont appelées plus tard à subir celte transformation? C'est là un problème bien difficile à résoudre, il n'y aurait, je crois, qu'un seul moyen de lui donner une solution complète: Ce serait de suivre quelques individus pendant une grande partie de leur vie dans un aquarium. Mais ces observations devraient être poursuivies au moins pendant une année et peut-être bien davantage. La transformation en Hétéronéréide parait n'avoir lieu chez cette espèce que vers la lin de l'hiver. Or à celte époque on trouve de nombreuses petites Néréides mûres qui ne pourraient se transformer en Hétéronéréides que l'année (437) 74 ANNKUDES CHÉTOPODES suivante au plus tôt, à moins qu'il n'y ait une seconde époque de métamorphose. Pour ma part j'incline à croire que le même individu peut présenter successivement les deux phases de maturité. Je fonde cette opinion sur le fait que l'immense majorité des individus de 50 à 45 segments renferment des éléments sexuels. Or si la seconde alterna- tive était vraie, on devrait trouver de nombreux individus de la même dimension sans caractères sexuels. Le fait d'espèces animales présentant deux formes sexuées n'est point entièrement nouveau. Les belles observations de MM. Leuckart et Mecz- nikow et celles de M. Schneider sur Y Ascaris nigrovenosa, nous ont fait connaître chez les Nématodes des cas analogues où l'une des géné- rations est, il est vrai, hermaphrodite, et l'autre présente des sexes sé- parés. Mais parmi les Acalèphes, certains Géryonides {Car marina), selon M. Haeckel, et parmi les Nématodes la Leplodera appendiculata, selon M. Claus, présentent bien deux formes sexuées pour chacune desquelles le gonochorisme est la règle. L'histoire des Axolotls, telle que M. Duméril nous l'a t'ait connaître, n'est pus sans offrir non plus certains points d'analogie avec celle de la N. Dumeriiii. Toutefois il est certain que les phénomènes de reproduction de ce ver ne sauraient être parallélisés dans tous les détails avec aucun de ces cas si remarquables. Je ne veux pas clore ce chapitre sans mentionner un cas remarquable tle monstruosité que j'ai observé chez une Nereis Dumeriiii à Naples. Il s'agit d'un individu chez lequel les deux palpes sont soudés sur la ligne médiane dans toute leur moitié inférieure et constituent un lobe en forme d'Y (IV, 6). Celle soudure a entraîné forcément un rétrécissement du lobe céphalique en avant et même la suppression de toute sa partie médiane, tomme on le reconnaît à l'absence totale des antennes. La res- semblance de ce lobe avec le tore frontal de beaucoup de Syllidiens n'é- chappera à personne et donnera toujours plus de poids a Ihomologïe que j'ai relevée plusieurs fois entre les appendices frontaux des Sylli- diens et les palpes des Lycoridiens. Je ne veux d'ailleurs point m'appro- prier la découverte de celte homologie déjà fort bien connue de Ralbke. (438) DU GOLFE DE ISTAPLES. 75 Sous-genre LIPEPHILE Mlmgr. 1. NEREFS (LlPEPHILE) CUf/TRIFERÀ. a. Forme néréidienne. Nereis cultrifera Grube, Actini n Echinod u. Wùrmer, 1840, p. 74, fig. 6. » margarilacea M Edwards, Règne animal illustré, pi. xn, fig. I. » Beaucoudrnyi Keferat. (non Edw. Ami ) Unters. iib. niedere Seethiere, p 94, Taf. vm,flg. 1-6, 12 » rœrulea Johnst. Catalogue of non parasit. Worras, p. 154. >' bilineata Qualrf. Ilist. natur. des Annelés, I, p. 535 (excl. syn. Johnston). » incerla Qtrfg. Ibid. Explic. îles planches, p. 12. Ulas, pi. vu, lig. 3-10. i Ventilabrum Qtrfg Ibid. p. 517. » fulva Qtrfg. Ibid. p. 507. Lipepliile margarilacea Malmgr. Annulata polyrhaeta, 1807, p. 50. Nereis (Lipephik) cultrifera Clprd. Annélides chetopodes iln golf" de Naples, p. 162 (Soc. de l'hyv I. MX, p. 172), pi. xi. fig. 1. Nereis cultrifera Ehlers, Die Borslenwûrmer, p. 461, Taf. xix. xx. lig. 1-3; xxi, lig. 31-36. •>. Forme lietéronéréidiennc. Lycoris lobulala Savigny, Syst. des Annélides, p. 30. Lyrorù Inbulala Rathke. Beitr. /.. Fauna d.Krym. Mém. présentes à l'Acad. de St-Pétersbourg pnr di- vers savants, III, 1837, p. 115, pi. vu, lig. 2 et 9-15. Nereis lobulala Ami el Edw. Annélides du littoral delà France. II. p. 191, pi. 4 A, lig. 7 et 8. \ereis lobnia (irube. Familien der Auneliden, 1851, p. 50. Heleronereis lobulala Johnst. Cal. of non parasit, Wonns, p. 161 (pro parte). Nereilepas lobulafits Qtrfg. Hist. nalur. des Annelés, 1, p. 560. Hedyle Inhalât i Malmgr Nordiska Hafs-Annulater. Oefversigl al' k. Vet. Akad. Fôrh. 1865, n° 2, p. 182 — Annulata polychseta, 1867, p. 58. Nereis cultrifera Ehlers Die Uorstenwûrmer, comme ci-dessus. PI. VII. 6g. I. Les recherches très-approfondies de M. Ehlers sur celte espèce en ont grandement éclaiïci la synonymie. Peut-être ce savant a-t-il été un peu loin dans la réunion des formes observées dans diverses loca- lités par les auteurs. Il paraît avoir tenté de réunir en une seule es- pèce, presque toutes les formes décrites comme présentant le mode de distribution des paragnathes dont M. Malmgr en a fait le caractère princi- pal du genre Lipephile. Il est permis de douter que celte réunion lut jus- tifiée dans tous les cas. Mais, le plus souvent, les descriptions des au- teurs sont trop insuffisantes pour décider la question. La coloration n'a certainement pas une importance très-considérable, bien que je l'aie I439i 10 76 AWÊLIDES CHÉTOPODES trouvée très-conslanle à Naples. Cependant celle de la X. fulva Qtrfg. paraît s'écarter singulièrement de la coloration normale. Qu'il y ait d'ailleurs plusieurs espèces du sous-genre Lipephile, c'est ce dont il n'est pas permis de douter; car, soil la N. floridana Ehlers, soil les espèces dont M. Kinberg a t'ait ses genres Paranereis el Perinereis, soit enfin l'espèce décrite plus loin sous le nom de Y. macropus, sont, par l'armure de leur trompe, de vraies Lipephiles. Je ne serais donc pas étonné qu'on vint à reconnaître dans la N. (Lipe- phile) cultrifera de M. Ehlers, une espèce collective, ('elle que j'ai étudiée à Naples, est, dans tous les cas, bien la forme typique, puisque c'est dans la même localité que M. Grube recueillit pour la première fois l'espèce. Je trouve qu'elle diffère, sur quelques points de détail, de la descrip- tion si circonstanciée de M. Ehlers. La distribution des soies dans tous les segments, à partir du troisième, est constamment la suivante, qui est, du reste, la plus fréquente chez les Néréides : . Rame supérieure soies en arête homogomphes V. culirifera . groupe supérieur \ soies en arête homogomphes. ' Rame inférieure ( soies en serpe hétérogomphes ' groupe inférieur ji soies en arête hétérogomphes. ' soies en serpe hétérogomphes. Or, M. .Ehlers dit positivement que le groupe inférieur de la rame ventrale ne renferme que des soies falcigères. Si cette assertion est exacte, il a observé certainement une espèce différente de celle de Na- ples. Mais n'y aurait-il pas erreur de sa part? Il ne ligure, dans tous les cas, que deux espèces de soies : falcigères hétérogomphes, et spinigères homogomphes. Au contraire, .M. de Quatrefages indique el figure bien chez la N. incerla (sive margaritacea, sive bilineata les trois espèces de soies, en remarquant positivement que les soies falcigères n'existent qu'à la raine inférieure. 11 ajoute, il est vrai, que les soies en arête ho- mogomphes et celles en arête hétérogomphes se trouvent indifféremment aux deux rames, ce qui est pour moi fort invraisemblable. Comme chez tant d'autres Néréides, les pieds des deux premiers seg- ments sétigères sont très-ditférents des suivants. Ils sont, en effet, (MO) DU GOLFE DE N'A PI. ES. 77 uniramés. Ils possèdent Ijien un cirre dorsal et une languette dorsale. aussi bien qu'un cirre ventral H une languette ventrale, mais ils n'ont qu'un seul processus séligère bilobé el un seul acicule. Les soies sor- tent en un double faisceau, dont le supérieur comprend des soies en arête liomogomphes et des soies en serpe hétérogomphes 1 , tandis que l'inférieur est tonné par des soirs en arête hétérogomphes et des soies en serpe hétérogomphes. Le processus séligère manquant est donc celui de la rame supérieure. Au quatrième segment (3 rae séligère), le processus séligère dorsal ap- paraît pour la première t'ois tomme un petit boulon, qui échapperai! facilement à l'observation sans quelques soies en arête liomogomphes, implantées dans son tissu. Dans les segments suivants ce processus ac- quiert son développement complet. L'absence de ces caractères remar- quables dans la description d'ailleurs >i détaillée de M. Ehlers, doit s;uis doute être imputée à une omission plutôt qu'à une différence spé- cifique. .M. Ehlers indique le premier segment (apode) comme n'étant pas plus long, ou à peine un peu plus long que chacun des suivants. Je le trouve au contraire, en moyenne, deux fois aussi long qu'eux dans le cas de rétraction de la trompe, el c'est bien ainsi que je le vois figuré dans le « Règne animal illustré. » (liiez les grands individus, dont le nombre de segments s'élève parfois à une centaine environ, j'ai vu, dans la règle, la couleur d'un vert 1 Ces soies falcigères manquent en général aux pieds de la première paire, <-i n'apparaissent cpie dans Ceux de la seconde. * Dans la fusion des espèces de ses prédécesseurs, M. Ehlers parait n'avoir guère tenu compte des données relatives au nombre des segments, il indique lui-même, dans sa diagnose. (pie ce dernier varie chez l'adulte de 70 à 80. Ce nombre lui parall assez constant, car il remarque plus loin, que les varia- lions dans la taille de l'animal tiennent moins à la multiplication des segments qu'à la croissance de cha- rnu d'eux. H en donne pour preuve qu'un individu long de 25 rom comptait déjà 71) segments, tandis qu'un autre de 71""" eu comptait seulement 78. Mais chez la N. incerta (biiineata) Quatrefages que M Ehlers n'hésite pas (peut-être à tort) à réunir à la A', cullrifera Gruhe, le nombre des segments s'é- lève, d'après M. île Quatrefages, à 150 ou 160 (Hist. tirs Annelés, I, p. 535). C'est même la raison ex- presse pour laquelle j'ai rejeté jadi- la fusion de ces deux espèces (Annélides cliélopodes de Naples, p. 161. — Soc. de l'hys. XIX, p. 474). A Naples. la grande majorité des individus ne comptent que 70 à 80 seg- ments, mais chez quelques-uns ce nombre s'élève jusqu'à 100 (441) 78 ANNÈLIUES CHÊTOPODES bronzé avec reflets irisés en dessus, et d'un rose pâle en dessous (PI. VII, fîg. 1, a). Le vert du côté dorsal passe souvent au bleu d'acier. Chez les individus de petite taille (Cf. PI. VII, fîg. 1, b) la couleur verte passe au rose clair, avec reflets verts en arrière. M. Grube indique, au contraire, la coloration rose-clair en avant, passant en arrière au brun grisâtre, avec des taches blanches médianes. Je crains qu'il ne se soit glissé sur ce point quelque erreur dans ses notes, ou bien que la descrip- tion ail été l'aile d'après des individus conservés dans l'alcool. M. Ehlers parail n'avoir eu entre les mains qu'un petit nombre d'in- dividus de la forme hétéronéréidienne, probablement conserves dans l'alcool. De là sans doute la rareté el le vague des remarques relatives à celle forme consignées dans son ouvrage. Cela m'engage à publier deux dessins faits d'après nature, et représentant deux Héléronéréides cultri- fères, l'une mâle (VII, 1 B), l'autre femelle (VII, 1 C). Chez la Lipephile cullrifera, comme chez la Leontis Dutnerilii, la trans- formation en Hétéronéréide est accompagnée d'une résorption du pig- ment, lequel n'est, il est vrai, celte fois point périlonéal, mais hypoder- mique. Celte résorption n'a jamais lieu dans la région antérieure du corps. Chez les mâles, les 16 premiers segments conservent leur colora- tion normale. Dans les segmenls suivants il ne subsiste plus qu'une raie verte transversale sur le milieu de chaque segment, au côté dorsal, raie qui s'inlerrompt même sur la ligne médiane dans la région postérieure. La coloration générale de celte région où la résorption du pigment a eu lieu, est d'un rose tendre, provenant essentiellement des vaisseaux, très- mullipliés pendant la phase hétéronéréidienne. Les soies rémigères ap- paraissent dès le 16 me segment. Dans les 7 premières paires de pieds, le cirre supérieur prend une forme très-particulière. Sa moitié inférieure constilue un large cylindre qui se rétrécit brusquement pour former le mince filet terminal. Les deux lèvres de chaque rame sont relativement grandes, et la languette inférieure les dépasse beaucoup. Dans les 7 segments suivants (du 9 rae au ÎS™ 6 ) les cirres perdent cette forme anormale, el les pieds ne (U2) DU GOLFE DE NAPLES. "9 s'éloignent guère de la forme néréidienne, si ce n'est que je trouve dans la règle quelques papilles à la raine inférieure, autour du groupe supé- rieur de soies. Dès le 16""' segment le cirre dorsal devient crénelé, et les lobes foliacés apparaissent. Chez les femelles (VII, 1 C), la coloration verte subsiste dans les vingt premiers segments. A partir du vingt-unième, la résorption du pigment vert devient totale, et toute cette région abdominale prend une couleur pâle, variée de noir intense Les taches noires sont dues à un nouveau pigment qui se déposée la base des pieds, accumulé surtout entre les pieds consécutifs. Les lobes membraneux des pieds n'atteignent leur développement complet qu'au 23""' segment ', et c'est aussi à partir de ce segment-là seulement que les soies rémigères (VII, 1 E) constituent l'armure exclusive des rames. Dans les 3 segments précédents, on aper- çoit des lobes membraneux rudimentaires et l'armure pédieuse paraît, du moins au vingt-unième et au vingt-deuxième segment, porter dans la règle, à la fois, des soies néréidiennes et des soies hétéronéréidiennes. Les mâles sont, d'ordinaire, plus petits que les femelles. Les pre- miers ne dépassent guère une longueur de o centimètres, tandis que les secondes atteignent jusqu'à un décimètre de long. La forme néréidienne paraît d'ailleurs toujours se raccourcir dans la transformation en Hété- ronéréide. En revanche l'abdomen augmente de diamètre, grâce surtout au développement des pieds qui croissent en hauteur et en largeur. Les modifications que subit le lobe céphalique de la forme néréi- dienne (VII, 1 A), au moment de la transformation en Hétéronéréide (VII, 1 D), sont de même nature que celles constatées plus haut chez la Leonlis Dumerilii. Ce lobe s'élargit notablement, et les yeux devien- nent énormes. Le volume de ces organes devient même si eonsidé- 1 On voit floue que l'abdomen commence chez les femelles vers le 23 me segment, mais chez les mâles dès le 16" 1 ». Ce sont exactement les mêmes numéros que pour la N. Dumerilii. J'insiste d'autant plus sur ce fait que M. Eblers paraît admettre la mutation des pieds chez la N. cultrifera au même segment pour les deux sexes. Toutefois, on lie comprend pas bien, en lisant son ouvrage, s'il a eu lui-même des mâles de cette espèce entre les mains. Si son opinion était exacte, il deviendrait fort probable que nous aurions eu affaire à deux espèces différentes. (448) 80 ANNÈLIDES CHËTOPODES rable qu'il nécessite un développement de l'occiput eu arrière. Le pre- mier segment se trouve par suite comprimé et refoulé. Aussi sa largeur n'est-elle plus guère que le tiers de ce qu'elle était dans le principe '. Les zoospermes (VII, l F. 1 G) ont une tète ovoïde, longue de 4 mici et armée d'une dent en avant, comme ceux de la forme hétéronéréi- dienne de la L. Dumerilii. De même que chez ce Lycoridien, la tète du zoosperme est formée dedeux parties : l'une anléiieureetopaque,qui n'est sans doute que le nueléus transformé, el qui porte la dent; l'autre dia- phane, à laquelle s'attache la queue. A un fort grossissement (Nil, 1 H) on peut s'assurer que la queue traverse toute celte région postérieure diaphane pour aller s'attacher au nueléus même. La moitié postérieure semble aussi montrer, au dessus du pôle caudal, quelque différenciation de structure. Les œufs sont incolores, finement granuleux, larges de ram ,lo et entourés d'une membrane vilelline, à double contour fort distinct. Je n'ai pu étudier la métamorphose de celle espèce avec autant de soin que celle de la Leonlis Dumerilii. parce qu'elle paraît avoir lieu plus tard dans la saison. Vers la lin de mars seulement, j'ai trouvé les pre- miers individus en voie de métamorphose, et encore étaient-ils fort rares. Je n'ai trouvé d'éléments sexuels, dans la forme néréidienne, que chez des individus de grande taille, évidemment voisins de la métamorphose. Ces éléments font constamment défaut aux petits individus. Il n'y a donc, pour le moment, aucune raison de supposer, chez cette espèce, deux phases sexuées comme chez la L. Dumerilii. 2. Nereis (Lipephile) mackopis. FM. VIII, lig. I. Lipephile longitudine 80 ml 90""", latitudine 3 mm ,5, segmentis circa 160, lœte viridis. Oadi rotundi in rectangulo positi: cirri (entacidares breves;pedes sensim mutantes, ligtda superiore in parte corporis posteriore valde élongata, setis spinosis omnibus homogomphis. falcatis heterogomphis. 1 Peut-être la grande brièveté attribuée par M. Ehlers au premier segment de la forme néréidienne tieiil-elle à ce que ce savant a mesuré ce segment suc des individus commençant leur métamorphose. (4U) DU GOLFE DE NAPLES. 81 Cette belle Néréide (VIII, 1 ) est un exemple frappant des grandes dif- férences d'organisation que peuvent présenter certaines espèces, malgré une identité de faciès presque complète. Il est certain qu'un observa- teur superficiel, comparant les figures, pourtant forl grossies, de l'extré- mité antérieure du corps chez la N. (Ceratonereis) gullala Clprd.', la N. [Lipephile] cultriferq Grube (VII, I A.) et la V. (Lipephile) macropus Clprd. (VIII, lig. 1 A), pourrait croire à une distinction d'espèces un peu subtile. Tout au plus serait-il frappé de la longueur des cirres tentacu- laires, un peu plus considérable chez la .V. cultrifera que chez les deux autres. Toutefois, l'examen de la trompe enseigne bientôt que la N. gut- lata appartient au sous-genre Ceratonereis Kinb., tandis que les deux autres espèces rentrent dans le sous-genre Lipephile Mlmgr. En outre la V. macropus montre une conformation si singulière des pieds dans la région postérieure, qu'on peut être tenté d'en former un sous-genre à part. Je dois d'ailleurs faire remarquer que, malgré la grande ressem- blance de leur extrémité céphalique, ces deux Lipéphiles ont un port entièrement différent. Le lobe céphalique (VIII, l A) apparaît comme composé de deux parties, l'une postérieure tort large et très-courte, l'autre antérieure, plus étroite, et relativement plus longue Les bords de ces deux parties sont formés par des lignes droites, déter- minant des angles saillants ei rentrants, très-caractéristiques. Le bord frontal du lobe cépbalique est formé par deux lignes droites formant au milieu un angle saillant très- ouvert. Les antennes sonl courtes, n'atteignant guère que la moitié de la longueur des palpes. Ceux-ci sont extrêmement volumineux et leur article basilaire apparaît comme divise en deux parties par un sillon transversal. Les cures tentaculaires intérieurs sont d'une brièveté extrême. Les supérieurs sont un peu plus longs, mais seul le pos- térieur atteint et dépasse l'extrémité du palpe. Le premier segment est, à l'étal de rétraction île la trompe, de moitié plus long que le suivant : son bord antérieur est arqué et empiète un peu sur le milieu du lobe céphalique. L'anneau terminal de la trompe porte en dessus (VIII, 1 Bj trois groupes de para- gnathes coniques dont !>• médian fort petit, et eu dessous trois autres groupes assez. 1 Amièiidta chêlopudes du tjulfede Naples, pi. \. lit; •'• (Soiriété dephif». ■■> d'hisl. natur . lome \l\> (445) 82 ANNÉLIDES CHfiTOPOUES considérables entre lesquels en sont logés deux plus petits (VIII, I C). L'anneau ba- silaire est plus long que le terminal. Il porte en dessous une ceinture de paragnathes semblables aux précédents (I C). el en dessus, dans la région médiane, quelques pa- ragnathes coniques avec un paragnathe cultriforme plus grand de chaque côté. Les pieds changent considérablement de forme dans la longueur du corps. Ceux du deuxième et troisième segment sont encore rudimentaires : la rame supérieure leur fait défaut, aussi n'ont-ils qu'un acicule. Dés le quatrième segment le second acicule apparaît et la rame supérieure se développe. La lig. 1 D représente un des pieds du cinquième segment. On voit que la rame supérieure se prolonge en une sorte de languette moyenne b, moins proéminente que la languette supérieure a, et que la pointe du cirre dorsal dépasse légèrement l'extrémité de la languette. Vers le trentième seg- ment (1 F) la forme des pieds est encore à peu près la même, mais plus en arrière elle change graduellement par suite d'un développement excessif de la rame supé- rieure, au point que dans la région postérieure la forme des pieds (1 F) devient mé- connaissable. Un examen attentif enseigne cependant que In forme si anormale de ces pieds est due à un développement excessif de la languette supérieure (a), portant toujours le cirre dorsal (d) près de son extrémité. La Inn- guelte moyenne (b) esl devenue aussi un peu plus grande, mais le reste du pied n'a point subi de modification sensible. La languette supérieure, ainsi colossalement développée, joue, sans aucun doute, le rôle de branchie. Elle renferme en effet un réseau vasculaire de structure élé- gante et constante. D'un boul à l'autre de la languette, sur le bord in- férieur, courent deux vaisseaux parallèles (un seul (g) est visible dans la figure). Ces vaisseaux donnenl naissance à un grand nombre de bran- ches qui se divisent en rameaux secondaires. Ceux-ci vont se réunir, sur le bord dorsal de la languette, aux rameaux correspondants du côté op- posé. La languette moyenne renferme d'ailleurs aussi un lacis de vais- seaux. Celle branchie n'est point quelque chose de très-nouveau dans l'organisation des Lycoridiens. En effet, sans parler des Dendronéréis, je vois chez toutes les Néréilépas un réseau vasculaire, tout semblable, bien que relativement fort petit, dans la languette supérieure toujours si haute dans ce sous-genre. C'esl donc à bon droit que divers auteurs (446) DO GOLFE DE NAPLES. 83 nomment les languettes « languettes branchiales. » A la hase de la lan- guette, si extraordinairement développée, du côté dorsal, et dans tonte sa longueur du côté ventral, on trouve des follicules tubulaires serrés les uns contre les autres, en nombre considérable (h). Ce sont évidemmenl les homologues des deux amas de follicules qu'on trouve à la base de la languette dorsale, chez la plupart des Lyeoridiens. Le nombre et la taille des follicules se sont seulement accrus dans la proportion de l'augmen- tation de volume de la languette. Des follicules tout semblables, mais isolés, se trouvent dans la languette moyenne et dans l'inférieure. Un développement analogue de la languette supérieure paraît avoir été déjà observé chez d'autres Lyeoridiens, sans qu'on en eût étudié la structure intime. M. Schmarda a été le premier à constater cette con- formation dans deux espèces de son genre Mastigonereis '. Mais ce genre renferme sept espèces, si hétérogènes, qu'il est impossible de le conserver. Je retrouve également, à des degrés divers, une disposition semblable dans les genres Pseudonereis, Paranereis, Perinereis et Masti- gonereis de M. kinberg -. Pour ma part, je ne saurais baser sur ce ca- ractère, quelque saillant qu'il puisse paraître, un genre ni même un sous-genre. En effet, il est possible de trouver tous les degrés imagi- nables dans le développement de la languette supérieure, comme les dessins de M. kinberg en font déjà foi. Je préfère donc m'en tenir au caractère beaucoup plus positif des paragnalhes, pour la distinction des sous-genres. Or, à ce point de vue, la N. macropus est une véri- table Lipéphile. Il en est de même des espèces dont M. kinberg a fait ses genres Perinereis et Paranereis. Quant au genre Mastigonereis kin- berg (non Schmarda), il doit être réuni, à cause de ses paragnalhes % au 1 Neue wirbelluse Thiere, I, II, p. 107. 2 Annulala nova. — Oefversigt af K. Vet.-Akad. Fôrh. 1N65, n" "2, p. 17i. — Fregall. Eugenkns Reso, Zookgi. Taf. \x, fig 3, 8, 9 et , 0. 3 M. Kinberg réunit ces genres et quelques antres en une famille à part, sous le nom de Arttidea. Cette prétendue famille nirre^poud à peu prés exactement aux deux sous-genres Leontis et Lipéphile (genres Malmgren). — L'importance diverse de certains caractères, aux yeux de différents zoologistes, est ici bien frappante. La famille des Aretidea de M. Kinberg ne compte que pour deux genres de la famille des Lyeoridiens aux yeux de M. Malmgren. Je n'y vois pour ma part que deux sous-genres d'importance trés-sec laiiv ilaus le genre Nereis. Enfin M. Ehlers se refuse même à l'admission de ces sous-genres. (417) 11 s 84 ANNÊLIDES CHÉTOPODES sous-genre des Néréides proprement dites, tel que l'a compris M. Kin- berg '. Les soies ne sont que de deux espèces. Les falcigères ont la particularité que la paroi verticale qui divise e'n deux l'axe cloisonné, s'étend dans toute la longueur de la hampe (fig. 1 H). Les soies des premiers segments ne sont pas autrement conformées que les autres. Les soies en arête sont toutes homogomphes. A partir du quatrième segment le mode de distribution des soies est partout le suivant: . Rame supérieure soies en arête homogomphes. N. macropus. \ , groupe supérieur.. ! so ï es en arête homogomphes. / Rame inférieure ... ' s0 ! es en SP ' P e heterogomphe.. < groupe intérieur . . soies en serpe heterogomphes. Sous-genre NEREILEPAS (Bluv.) Johnst. Malmg. (Nec Œrsled, nec Kinberg, neque Qtrfg.) Nereis (Nereilepas) parallelogramma. Nereis pulsatoria Grube, Acl. Eebinod. u. \\ uriner, p. 73. Nereis (Nereilcpus) parallehyrumma Clprd. Annélides chétop. du golfe de Naples, p. 167 (Société de Phys., XIX, p. 477), pi. îx, fig, 7 : pi x, fig. 2. Nereis perivisceralis Clprd. lbid. p. 1 G 1 (Soc. de phys., XIX, p. 471). pi. XII, lig. I (juvenis). PI. Vil. fig. 2 et PI. Il, fig. 7. Lorsque je décrivis la N. perivisceralis, je remarquai qu'il s'agissait évidemment d'une l'orme non adulte. Je ne l'aurais même point admise dans mon ouvrage sans le caractère si remarquable du pigment périlo- néal. J'ai pu reprendre l'étude de ce sujel, et me convaincre, de la ma- nière la plus positive, que la N. perivisceralis n'esl que le jeune âge de la N. (Nereilepas) parallelogramma. Dans la jeunesse, l'bypoderme est à peu près incolore, et le pigment péritonéal brun est la cause unique de la coloration. Plus tard le pigment d'un vert bronzé se dépose dans l'by- poderme, et finit par le rendre entièrement opaque; cependant le pig- ment péritonéal n'en subsiste pas moins. 1 La N. succ.inea Rud. Leuck. qui, d'après la description de M.Ehlers (Borstenwurmer, 570), présente aussi à un léger degré ce développement de la languette supérieure, serait placée par M Kinberg, vu la distribution des paragiiathes. dans le genre Mastigonereis tel qu'il l'a restreint. (448) DU GOLFE DE NAPLES. 85 La trompe de la N. perivisceralis que j'ai reproduite naguère ', offre déjà tous les caractères essentiels du sous-genre Néréilépas. Elle diffère, de celle de l'adulte \ seulement par le nombre beaucoup plus petit des paragnathes. Ceux-ci ne forment, en particulier; au côté inférieur de l'anneau basilaire, qu'une ceinture monostique. Mais chez les individus de taille un peu plus grande, la trompe offre des caractères intermé- diaires. Ainsi, dans celle que j'ai représentée ÎM. VII, lig. 2 et 2 A, les paragnathes sont déjà fort multipliés dans ions les groupes, et forment au côté inférieur de l'anneau basilaire de la trompe, une double ceinture. Les deux groupes de quatre paragnathes au côté supérieur, sont aussi visibles, bien que moins distincts que chez les adultes. Les paragnathes (2 D) sont île forme conique, et relativement de grande taille. Chez un jeune individu, leur hauteur est déjà de 44 m "'. La X. parallelogramma est évidemment proche parente de la N. pela- gica que M. Ehlers a étudiée récemment avec soin. Si je ne tenais compte que de la forme du lobe céphalique,des paragnathes de la trompe et des pieds de la région antérieure, je n'hésiterais même pas à les réu- nir. Le nombre des segments est de 85 en moyenne, ce qui se rap- proche également des chiffres de M. Ehlers. Mais le port des deux es- pèces est tout différent La Y. pelagica est une forme trapue, très-parti- culière parmi les Néréides, grâce à la largeur exceptionnelle de son corps. Le rapport de la largeur à la longueur, n'est en effet chez elle que de 1 à 12. Il est au contraire d'environ 1 à 20 chez la N. parallelo- gramma. J'ai d'ailleurs bien de la peine à croire que M. Ehlers n'ait pas com- pris plusieurs espèces dans sa synonymie de la N. pelagica. Il indique, les plus grands individus recueillis par lui, comme longs de 85 ram . J'ai trouvé des X. parallelogramma en très-grand nombre à Naples, et leur longueur moyenne était de 55 mm , dépassant rarement C0 min . Ce sont là de véritables pygmées comparativement à l'individu décrit par M. de 1 Annélides ehétopodes du golfe de Naples, pi. xn, fig. i A el 1 B. 2 Ibul.. pi ix. lig. 7 el 7 A. (449) 86 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Quatrefages, qui était long de 200 mD \ tout en ne comptant que 70 seg- ments. Les pieds s'écartant un peu de ceux que M. Ehlers a figurés pour la N.pelagica, j'ai dessiné un pied de la région antérieure (VII, 2 B) et un de la région postérieure (VII, 2 G). Le cirre dorsal est un peu moins long que je ne l'avais représenté naguère, beaucoup plus court, dans tous les cas, que celui de la N. pelagica. Mais le caractère le plus saillanl est la forme que prend la languette inférieure dans la région postérieure du corps. Elle s'étrangle à sa base, de manière à paraître comme pédi- cellée. Quant aux soies, je les trouve de quatre espèces. Il existe en effet des soies hétérogom plies, soit falcigères (2 E, c), soit spinigères (d), et des soies homogomphes, également falcigères (b) et spinigères (a). L'existence de soies falcigères homogomphes est surtout remarquable comme phénomène rare chez les Lycoridiens. Je ne connais ces soies, jusqu'ici, que chez cette espèce, chez la Leonfis Dumerilii et la Leontis coccinea. Leur présence chez la N. perivisceralis a été le premier carac- tère qui m'ait fait soupçonner, dans cette forme, le jeune âge de la N. (Nercilepas) parallelogramma. Il sera intéressant d'examiner si la N.pelagica possède ces soies remarquables. Comme chez la N. (Leontis) Dumerilii, les soies falcigères homogomphes n'existent pas dans la ré- gion antérieure du corps. Elles apparaissent, pour la première fois, à un segment qui n'est pas constant (vers le 20me environ). A partir de ce point, elles existent dans tous les segments, au nombre d'une ou quelquefois de deux par pied. La distribution des soies esta partir de ce point la suivante : \ Kame su P elie,ire | serpe homogomphe. N. parallelogramma. ( groupe supérieur ; ^êtes homogomphes. / D • f . ■ \ &' ""i c s t ci / serpes héterogomphes. f Rame inférieure , ^ hétérogotnphes. groupe mféneur } seppes néléro | om p phes . Dans la région antérieure la distribution reste la même, avec cette restriction que la soie en serpe homogomphe manque. Les soies falci- (450) IH GOLFE DE NAPLES. 87 gères des premiers segments ont une serpe beaucoup plus allongée et plus grêle que celle des suivants. Chez la JV. parallelogramma, le système nerveux est si peu intime- ment uni aux parties voisines, qu'il se laisse enlever, avec la plus grande facilité, presque au complet. On voit, en effet, la chaîne ganglionnaire enlevée, entraîner avec elle, non-seulement les nerfs qui en naissent immédiatement, mais encore les ganglions de renforcement de la base des pieds. Ce système nerveux frais est beaucoup plus propre à l'étude de la structure intime, que s'il a subi l'action de l'alcool. La chaîne ner- veuse est formée par des libres (PI. II, fig. 7) presque incommensurables, ou dont les plus grosses ont du moins un diamètre inférieur a l" 1 '". Les cellules nerveuses sont des masses finement granuleuses, arrondies ou piriformes, dont le diamètre est d'environ 27 micr , avec un nucléus vésiculaire, large de 10" ,i,r , et un nucléole toujours distinct. Ces cellules sont dépourvues d'enveloppe propre et peuvent être qualifiées de multi- polaires. En effet, de différents points de leur surface, on voit leur sub- stance granuleuse s'élever en processus, souvent anastomosés, qui ne lardent pas à se changer en fibres parfaitement semblables à celles qui forment la masse de la chaîne. A la base des pieds, le nerf pédieux se divise en deux branches (PI. II, 7 A), dont l'une se rend à la rame supérieure, l'autre à la rame inférieure. Au niveau de la bifurcation, ou un peu au-dessus, est un amas de cellules nerveuses (d) constituant ce qu'on est convenu d'ap- peler les ganglions de renforcement. Ces cellules sont plus petites que celles de la chaîne ventrale. Leur diamètre ne dépasse guère I2 micr . Sous-genre; CERATONEREIS Kinberg. De même que la N. (Ceratonereis) guttata Clprd., les deux espèces ci-dessous décrites, se distinguent par la brièveté de leurs tentacules. L'absence des paragnathes à l'anneau basilaire de la trompe, et leur mode de distribution à l'anneau terminal, ne classent pas moins ces vers dans le genre Cératonéréis. Ce nom avait été formé, dans le principe, à (451) 88 ANNÉLIDES CHÉTOPODES cause de la longueur des tentacules de la Ceratonereis tentaculata Kinb., mais ce caractère n'est évidemment point général dans le sous-genre. 1. Nereis (Ceratonereis) Ehlersiana. PI. VIII, fig. 2. Ceratonereis longitudine 85-90 mm . laùitûdine 5™ carnea, subtus paUidior, segmentis rirra 83. Lohis cephalicus brevis, margine jposteriore parum sinuato, fronte omgusta. Cirri tentaadares médiocres. Pedes eeguales, lingula média prœditi. Segmentimprimwm secundo paru/m longim. J'avais d'abord sans hésitation rapporté cette espèce à la Y. Costœ Grube. Mais la des- cription très-détaillée qu'en a donnée récemment M. Ehlers, m'a fait abandonner cette opinion. L'espèce il'' M. Grube est dans ions les cas. comme la mienne, une Cératoné- réide napolitaine de couleur rose chair : la description originale très-concise s'applique fort bien h la présente espèce, avec cette restriction que. d'après le savant Allemand, les cirres tentaculaires postérieurs et supérieurs, rejetés en arrière, atteignent le cin- quième segment, tandis que chez la .V. Ehlersiana ils atteignent tout au plus le milieu du troisième. La description de M. Ehlers est sur ce point d'accord avec celle de M. Grube. Mais ce qui est d'une importance tout antre, c'est la différence considé- rable des pieds. En employant la nomenclature très-arbitraire de M. Grube. qui dé- signe dans les pieds A>-> Néréides le loho supérieur et le lobe inférieur sous le nom de languettes, et tous les lobes intermédiaires sons celui de lèvres, nous trouvons d'après M. Ehlers. chez la .V. Costœ, à la rame supérieure, deux lèvres pointues pres- que égales entre elles et placées l'une devant l'autre ; à la rame inférieure les deux lèvres sont également pointues, placées l'une devant l'antre, la postérieure dépassant notablement l'antérieure. Chez la .V. Ehlersiana la conformation est tout autre. Des deux lèvres de la rame supérieure, l'une est tout à fait rudimenlaire et ne se présente que comme un petit tubercule (PI. VIII, fig- 2 C, b), l'autre au contraire est fort dévelop- pée et constitue une languette moyenne (c) aussi développée que la languette infé- rieure (/■). A la rame inférieure, la lèvre antérieure (ci est peu proéminente et arron- die: la postérieure est pointue et beaucoup plus saillante. Au premier segment (et peut-être a quelques-uns des suivants), le processus sétigère de la rame supérieure fait complètement défaut (fig. L 2 C), aussi le pied ne renferme-t-il qu'un seul acicule. Les soies falcigères sont toutes hétérogomphes, mais celles des cinq premiers seg- ments (2 E, a) ont la serpe plus grêle que les antres (2 E, b). Toutes les soies en arête sont homogomphes, à article fort long. Le mode de distribution de ces soies est le suivant : (452) DU GOLFE DE NAPLES. 89 Rame supérieure arêtes honiogomphes. ,..-,,.. \ , • • s arôles homogomphes. N. bhlemana.) ( groupe super.eur j es Mkfcjfai I Rame inférieure arêtes honiogomphes. ( groupe mieneur ) serp es hétérogomphes. J'ai figuré la trompe soit en dessous (2 A), soit en dessus (2 B) pour justifier la position de l'espèce dans le genre Ceratonereis. Les paragnathes (2 F) sont coniques, peu larges relativement à leur longueur qui atteint O""",07 à O m, ",08. Cette espèce n'est point fort commune aux environs de Naples, où elle habite con- stamment dans des éponges. Chez des individus mûrs, j'ai compté jusqu'à 83 segments. Le vitellus des œufs renferme de gros globules. On en trouve de tout semblables dans les cellules du tissu sexuel. 2. Nereis (Ceratonereis) Kinbergiana. PI. VIII, fig. 3. Ceratonereis longitudme 45°™, latitudine 2 mm ,5,viridi-cit rina, segmentis circa 60.Lobus cephcdicus brevis, conicus, margine poster iore integro. Cirri tentaculans brèves. Pedes esquales, lingula média oxuta prœditi. Segmentmn primant secundo dupîo longius. Bien que se distinguant à première vue de la Ceratonereis Ehlersiana par sa colo- ration, cette espèce en est cependant fort voisine. Elle présente en effet comme elle et comme d'autres Cératonéréides ' la particularité d'avoir une sorte de languette moyenne naissant de la région inférieure de la rame supérieure (VIII, 3 B, g). On peut même reconnaître que l'interprétation de cette languette moyenne comme une lèvre (Grube) extraordinairement développée, n'est peut-être pas très-exacte. Du moins faut-il ad- mettre alurs l'existence de trois lèvres. On trouve en effet toujours le faisceau supé- rieur de soies, au-dessus de la languette moyenne, compris entre deux lèvres, l'une antérieure, réduite à l'état de simple tubercule (b 1 ), l'antre postérieure (b) beaucoup plus longue et conique. Le second segment (1 er séligère) est seul dépourvu du pro- cessus sétigère de la rame supérieure et de la languette moyenne, et ne porte qu'un seul acicule (2 D). Toutes les soies en arête (3 C, a) sont homogomphes. Les soies falcigères sont toutes hétérogomphes; dans chaque pied on en trouve d'épaisses (6) et 1 C'est au moins le cas pour la Ceratonereis guttata Clprd. (Cf. Anitéltdes cMlopodes du golfe de Naples, pi. ix, lig. 6 B) et pour la C. tentaculata Kubg. (Fregatt. Eu/jeu. Resa, Zoologi, Taf. xx, 5 F . Pour le dire en passant, M. Ehlers (Gottingische gcle.hrte Anzeigeii, April 1868, p. 023) croit pouvoir identifier la A', guttata Clprd. avec la N. Coslœ Grube. Celte opinion, née dans un musée, disparaîtrait vite à la suite d'un séjour au bord de la mer. Rien de plus constant, en particulier, que la coloration de la N. gut- tata qui ressemble à celle de la N. Costa: comme le jour à la nuit. Quant à changer le nom de l'espèce, je pense que cela n'est point nécessaire aussi longtemps que la N. guttata Risso [Histoire natur., tome M, p. 41) n'a pas été trouvée déterminable. (433) 90 ANNÉLIDES CHÉTOPODES de grêles (c). Les premières ont le plus souvent perdu leur serpe. Le mode de distri- bution des soies est le même que chez l'espèce précédente. Le lobe céphalique est relativement un peu plus court que dans l'espèce précé- dente. La couleur générale est d'un vert citrin pâle, varié de brunâtre sur les limites des segments. En outre, dès le sixième segment ou même parfois (fig. 2) dès le se- cond, on trouve de petites stries transversales brunes sur la moitié postérieure de chaque segment. Les paragnathes ne sont pas nombreux, mais gins et coniques. Ils forment trois amas au côté ventral de l'anneau terminal (fig. 3 E) et deux bandes arquées du côté dorsal (3 D). L'anneau basilaire est, comme dans (ont le sons-genre, dépourvu de paragnathes. Sous-genre LEPTONEREIS Kinberg (Char, em.) {Incl. Niant kulig. el Nicomedes Knbg.) Pour les Néréides entièrement dépourvues de paragnathes, M. Kin- berg a établi la famille des Niconidea, dans laquelle il distingue les trois genres Nicon, Leptonereis et Nicomedes. Ces genres sont basés sur la plus ou moins grande évidence du changement de forme des pieds dans les différentes régions-du corps. Ces distinctions ne peuvent avoir, pour moi, qu'une valeur très-secondaire au point de vue de la classification, parce qu'elles ne sont jamais tranchées. Je réunis donc tous les genres de la prétendue famille en un seul sous-genre du genre Néréis. Si je choisis le nom de Leptonéréis, c'est d'abord à cause de sa convenance, puis, ensuite, parce que c'est jusqu'ici le seul des trois genres de M. Kinberg, dont l'auteur ait figuré une espèce. Nereis (Leptonereis) glauca. PI. VU, fig. 3. Leptonereis longitudine 2é""°, latitudine 2 ,3, segmefdis 55, antrorswm glauco-viridis, uvis aurantiatis. Lobus cephalicus brevis, segmerdwm buccale longitudine ceguans, mwrgine posteriore integro. Cirri teniaculares brèves; segmentum primum secundo haud longius. Setœ falcatce homogomphœ desideratce. Cette petite Leptonéréide présente le plus souvent dans sa région antérieure une teinte d'un vert glauque pâle, tirant sur le bleuâtre. J'ai cependant eu entre les (454) DU GOLFE DE \APLES. 91 mains un individu de couleur un peu bronzée. Cette coloration des premiers segments est due à un pigment diffus, formé de très-petits granules disséminés dans l'hypo- derme. Plus en arrière, l'animal prend une teinte jauni' orangée, due à l'intestin biliaire et aussi, chez les femelles, aux œufs vus par transparence à travers la paroi du corps. Le lobe céphalique (fig. 3) est relativement court, arrondi en avant. Les antennes sont fort brèves, ne dépassant guère la moitié de la longueur des palpes, dont l'article basilaire esl très-renflé. Les yeux antérieurs, de forme elliptique, sont fort grands; les postérieurs, arrondis, sont bien plus petits et plus rapprochés. Les cures tentaeulaires sont relativement courts: le [dus long d'entre eux, savoir le dorsal de la paire posté- rieure, ne dépasse pas, rej té en arrière, le troisième segment. Les pieds (il \) sont remarquables par la profonde division des deux rames, dont chacune pinte deux languettes triangulaires, l'une supérieure, l'autre inférieure. Le cirre dorsal, fort long, dépasse de beaucoup la rame supérieure. Le cirre ventral est relativement court, implanté très en arrière, et son extrémité n'atteint guère que la base de la languette inférieure. Les soies sont les unes falcigères (3 B, c), toutes hété- rogomphes, les autres en arête, et celles-là sont les unes (a) homogoinpbes, les autres (b) hétérogomphes. Leur mode de distribution est le suivant : Rame supérieure soies en arête homogomphes. v , S , • - ( soies en arête homogomphes. ' V 'l ,auca - p . ,.. . \ S rou P e s »P e '' eu <' soies en serpe hétérogomphes. ( Rame intérieure soips en ^ hé , éro | omp p hes . groupe inférieur j so i es en serpe hétérogomphes. Les mâchoires (3 C) sont grêles et comptent en moyenne une quinzaine de dents. Les œufs en voie de formation forment une masse arrondie de chaque côté de chaque segment, où ils sont entourés de vaisseaux et des cel- lules du tissu sexuel. Au premier abord on pourrait les croire enfer- més dans un sac, mais l'enveloppe est formée uniquement par le tissu sexuel ordinaire des Néréides. Les œufs murs sont remplis de goutte- lettes de couleur orangée Leur diamètre esl de 0""",19. Il équivaut, par conséquent, à peu près à la moitié de la largeur du corps dans la région postérieure. Le péritoine de celte espèce esl semé de cellules pigmentaires brunes, non ramifiées. (455) 12 92 ANNÊLIDES CHÉTOPODES Famille des PHYLLODOCIENS Or. (Qtrfg. rev.) TRIHL DES PHYLLODOCIDES. Genre PHYLLODOCE Sav. (Ehlers rev.) Phyllodoce Pancerina '. PI. IX, fig. 1. Corpus longitudine 2S° mi , laiitudine 4-5 mm . cœruleum, segmentis circa 280, cirris folia- ceis viridibus, margine lutcolo. Ocidi duo magni. Lob us cephalicus rotundatus, margme pbstico integro. Cirri tentaeulares longissimi crassissimique, talon suîphureo. Setarum stipes apicem verstts crenulatus, ode longa undulata. Cette magnifique Annelide atteint, comme beaucoup d'autres Phyllodociens, sa plus grande largeur vers le milieu de la longueur, et s'atténue graduellement vers les deux extrémités. Sa coloration en fait un des plus beaux ornements des aquariums. Le corps est d'un bleu irisé soit en dessus, soit en dessous; les cirres foliacés sont d'un vert brillant, à bordure jaune; les cirres tentaculaires et les antennes sont d'un jaune soufre très-vif. Cette coloration est à peu près identique avec celle que les au- teurs attribuent à la Phyllodoce Parelli (Nereiphylla Parelli Blnv.) '. Mais il suffit de comparer les belles figures, laites d'après le vivanl. que M. Milne Edwards 5 adonnées de cette espèce, pour reconnaître qu'il s'agit de deux formes spécifiquement bien diffé- rentes. La P. Paretti est en effet remarquable par l'extrême brièveté de ses cirres tentaculaires. dont le plus long est loin d'atteindre L'extrémité des antennes. La P. Pan- cerina est tout aussi remarquable par la longueur de ces organes dont le plus court est quatre fois, et le plus long au moins cinq fois aussi long que les antennes. Ces cirres tentaculaires sont en même temps remarquables par leur épaisseur'. 1 Dédiée à mon ami M. Paolo Panceri, professeur d'anatomie comparée à Naples, qui consacre une attention soutenue aux Annélides du golfe. 5 Dicl. des Sciences naturelles, atlas, pi. 13, lig. 1. "' Hègne animal de Cuvier. Édition illustrée. Annélides, pi. 13, lig. i. 4 Je suis fort disposé à croire que la Phyllodoce Rathkii Gr., décrite dès 1840 par M. Grube (Aclinien, Echinodermen u. Wùrmer, p. 78) comme trouvée aux environs de Païenne, est identique avec la V . Pan- (456) 1)1 GOLFE DE NAPLES. 93 La frappante petitesse du lobe cépbalique est aussi caractéristique de cette espèce, de même que le raccourcissement extrême du segment buccal. Celui-ci n'est munir visible sur le dus que comme une étroite bandelette placée derrière le lobe cépbalique el enchâssée . : i droite el à gauche entre les articles basilaires des cirres tentaculaires du second segment. Aussi les quatre cirres tentaculaires paraissent-ils naître sur une même ligue transversale, comme M. Grube le remarquait déjà en 1840 pour sa P. Rathkii. Cette disposition n'existe aucunement dans la P. Pitrettide M. Milne Edwards, ni dans celle de Délie Chiaje. Elle ne se retrouve pas davantage chez la P. Kinbergi Qtrfg.' i|ui offre cependant une grandi' ressemblance de coloration avec la P. Pance- ruta. mais qui s'en éloigne d'ailleurs par plusieurs caractères saillants. Le corps se termine en arrière par deux cirres anaux jaunes, fort épais, el très-semblables aux cirres tentaculaires. Les pieds (1 B) sont Lrès-semblables à ceux de la P. Parelli, sauf en ce qui con- cerne les soies. Celles-ci il\. I C) ont leur hampe renflée à l'extrémité qui est cou- verte de petites crêtes crénelées. L'article terminal est formé par une lame fort longue, ondulée, finement ciliée sur le bord. L'article terminal, chez la P. Paretti, a en juger par les dessins de M. Edwards et par la description de M. de Quatrefages, est au con- traire fort court et à peine courbé. cerina. L'auteur dil en effet, à propos des cirres tentaculaires, qu'ils sont disposés en une seule rangée transversale, apparence qui existe en effet chez la /'. Pahcerina, mais point chez la /'. Parelli. Il ajoute que ces cirres sont moins développés que chez la /'. laminosa Sav.. expression très-compréhensible s'il s'agit de la P. Pancerinn où ces organes sont en effet un peu moins longs que chez la P. laminosa, tout en étant beaucoup plus épais, mais qui serait bien faible s'il s'agissait de la P. Parelli, où ces cirres sont relativement des lilliputiens. M. Grube a cité plus lard (Familien der Anneliden, 1851, p. 55) la /'. Parelli (Nereiphulln Parelli Iilnv.) comme synonyme de sa Ph. HatMii, et indiqué la figure publiée par M. Milne Edwards dans le lièç/ne animal comme appartenant à cette espèce. Un ne saurait donc blâmer M. de Quatrefages (Flist. natur. des Annelés, II, p. 130) d'avoir rétabli le nom spécifique de Blainville en taisant descendre le nom de M. Grube au rang de synonyme. Je n'en suis pas moins convaincu que M Grube s'est rendu coupable d'une méprise en 1851, et j'aurais rétabli le nom de /'. Rathkii pour l'espèce qu'il décrivit en t S 10, sans la figurer, si M. de Quatrefages n'avait depuis lors attribué le même nom à une autre espèce. Mais pour éviter une complication de synonymie, et ne pas baptiser à nouveau la P. Hatlikei Qtrfg., je préfère considérer la synonymie établie en 1851 par M. Grube dans ses « Familien der Annc- liden » comme bien fondée. De là la description de l'espèce actuelle comme nouvelle. Quant à l'espèce décrite et figurée par Délie Chiaje sous le nom de Phyllodoce Paretti Iilnv. (Memorie sut/li Anim. sen:a vert., IV, 195: lav. lxiv, tig. 3-5, et Uescriziune e Notomia, tome III, p. 98, et V, p. lOi ; lav. 165 [ré- gulièrement 166], fig. 3 à 6), elle est identique avec la /'. Pancerina pour la coloration, mais elle s'en écarte tellement par la conformation des premiers segments el par les cirres tenlaculaires. qu'il n'esi guère possible de les réunir. 1 Hist. naturelle des Annelés, II, p. 128, et atlas, pi. 9, fig. 8-10. (457) 94 ANNÊLIDES CHÈTOPODES Genre ANAITIS Mlmgr. L'examen de trois nouvelles espèces du genre Anaïtis me confirme dans l'opinion précédemment émise par moi, que les quatre paires de cirres tentaculaires sont portés, en réalité, par trois segments. Deux paires appartiennent au segment buccal achète. Les deux autres paires constituent les cirres dorsaux des deux segments suivants. Le troisième segment porte en outre toujours un petit cirre ventral foliacé. Le second en est dépourvu, mais est armé cependant d'un faisceau de soies. 1. AXAITIS L1XEATA. PI. IX, fig. 4. Corpus latitudine l mm ,7,longitudme85 mai , pcMid/um, linea dorsuali longttudinaMter or- nattvm, segmentis circa 270. Lobus cephoMcus magnus. ovatus, postice marginatus, octdis duobus mediorribits. Antnmai r.r appendice, frontaii quadam Iwnulata orientes. Cirri ten- taculares fHvformes longissimi. Festucanmi acies longissima incurvata. Cirri durs/mies foliacei permagni. Cette espèce, Irès-atténuée en avant et en arrière, atteint le maximum de sa lar- geur vers le tiers de sa longueur totale. Sa couleur est d'un brunâtre fort pâle. Le pigment brun s'accumule cependant sur la ligne médiane du dos, de manière à con- stituer une ligne très-apparente. En arrière la ligne s'interrompt sur le bord des seg- ments et ne forme plus qu'une rangée de taches discrètes. Le lobe céphalique est très-grand, un peu plus étroit en avant, plus large en ar- rière, avec le bord occipital échancré de manière à paraître cordiforme. Le bord fron- tal s'étale en une sorte de labre semi-lunaire qui sert à l'attache de quatre antennes fort courtes, deux supérieures et deux inférieures. Les yeux sont circulaires, petits, dépourvus de cristallin. Les cirres tentaculaires sont Tort longs et portés chacun par un article basilaire cy- lindrique. Le quatrième appartient au troisième segment dont il constitue le cirre dor- sal, et <|ui porte en outre un petit cirre ventral foliacé. Dans le reste du corps, les pieds ont une rame pédieuse trilobée, peu saillante (4 A), avec un cirre dorsal foliacé, cordiforme, très-grand, porté par un large article basilaire. Le cirre ventral, égale- ment foliacé, mais atténué au sommet, est adné sur la plus grande partie de sa lon- gueur. Dans toute la région médiane et postérieure, le cirre dorsal joue le rôle de (458) DU GOLFE DE NAPLES. 95 brancbie et porte la rangée de cils vibratiles qu'on retrouve chez tant d'autres Phyllo- dociens. Ces cils sont portés par un bourrelet (4 Ui formé par des cellules juxtapo- sées, à grand nucléus, fort distinct. Tous ces cirres foliacés sont bourrés de follicules et prennent souvent nue teinte légèrement verdâtre. Les soies (4 C) ont la hampe peu renflée à l'extrémité qui est hérissée de petites pointes. L'article est long et recourbé. Dans l'intérieur des cirres, on rencontre très-fréquemment des kystes parasites el cela aussi bien dans les cirres foliacés (4 A. a) que dans les cirres tentaeulaires (4,»;. Ces kystes (fig. \ D) sont sphériques, à contenu granuleux, avec deux vacuoles, l'une giande. l'autre petite. Pensant à la possibilité d'un infûsoire enkysté, j'ai ob- servé longtemps la petite vésicule dans l'espoir d'y découvrir des contractions, mais en vain. Le diamètre de ces kystes est de 66 micr . Le proventricule ne commence qu'au trente-cinquième segment, le ventricule con- tourné au cinquantième, l'intestin au soixante-dixième. 2. Anaitis peremptoria. PI. IX, fig. 6. Corpm longitudine 14""". viride, segmentas 85 (sjpecimme hemd matwro).L6bus cephali- cus brevis, cordatus, oculis permagnis chwbus. Antennee magna, basi tumida. Cirri tenta- etUares médiocres, primo pari dorstiali excepto,longissimo. Cirri dorsuedes foliacei magni. Je n'ai examiné de cette espèce qu'un seul individiule petite taille, chez lequel rien n'annonçait une maturité prochaine. Il est donc fort possible que l'espèce atteigne dc^ dimensions bien plus considérables que celles indiquées ci-dessus. Si je ne l'ai malgré cela point passée sons silence, c'est qu'elle résont d'une manière décisive le mode de distribution des cirres tentaeulaires sur les premiers segments du corps. De là le nom que j'ai donné à l'espèce, (liiez d'autres Anaitis, comme chez une grande partie des Phyllodociens, l'évidence est beaucoup plus contestable. Mais, chez celte espèce, il suf- fit d'examiner un instant le ver par sa surface ventrale (fig. G), pour reconnaître que deux paires de cirres tentaeulaires appartiennent au segment buccal, et une à chacun des deux segments suivants. Le segment buccal est, il est vrai, très-réduit comparati- vement aux autres, et se trouve restreint à nu étroit liseré, mais il n'en est pas moins certain que les deux premières paires de cirres lui appartiennent, d'autant plus que le petit tubercule rétractile cilié (a) qui, chez tous les Phyllodociens est une dépendance du segment buccal, naît en arrière d'elles. La pain' supérieure est deux fois aussi longue que l'inférieure et contient en beaucoup plus grande abondance les granules (459) 96 ANNÉL1DES CHËTOPODES verts auxquels l'animal doit sa couleur. Le second segment porte un cirre dorsal tenta- culaire et un rudiment de rame avec faisceau de soies, mais point de cirre ventral. Le troisième segment est déjà muni d'un cirre ventral foliacé, plus petit, il est vrai, que ceux des segments suivants. Sur le dos sont d'étroits anneaux intersegmentaires. comme chez la plupart des autres Phyllodociens. J'ai vu la trompe pénétrer jusqu'au vingt-huitième segment et le proventricule jus- qu'au trente-deuxième, mais ces chiffres observés chez un individu jeune n'ont qu'une valeur très-relative. Toute la partie papilligère de la trompe a son tissu semé de gra- nulations vertes. Le péritoine renferme des lâches pigmentaires noires, à partir du i me segment. Ces taches sont distribuées de manière à former quatre larges raies longitudinales. La cavité périviscérale était remplie, chez l'individu observé, de gouttelettes d'apparence graisseuse. 3. Anaitis pusilla. PI. IX, fig. 5. Vorpuslongitudutt '.""". \ Kiridi-flaccsmis, s<'<)mmtis28. Lobiis cejjhalicus ovatus, ocidis permagnis duobus. Antennœ citrique tentaeulares médiocres, basi vcUde tumida, apirc nttemutfo. Cirri dorsuales foliacei, médiocres. Cette espèce est forl remarquable par sa petitesse et le nombre de ses segments, exceptionnellement faible pour un Phyllodocien. Les mesures sont prises sur un mâle adulte. Le lobe céphalique est assez grand, quoique très-inférieur aux dimensions de celui de ['A. lineala et surtout de l'A cephalotes. Les antennes sont relativement longues, très-renflées a la base. Les yeux sont grands, ovales, avec un petit cristallin au centre. Les deux premières paires de cirres tentaculaires appartiennent évidemment au segment buccal, dont ils représentent les cirres ventraux et dorsaux. La troisième paire naît immédiatement en arrière des deux premières et l'on pourrait être tenté de l'attribuer également au segment buccal. Toutefois on trouve à sa base un petit pro- cessus portant le premier faisceau de soies, ce qui me conduit à attribuer cette paire de cirres au second segment, il est vrai intimement soudé au premier. En effet, chez aucun autre Phyllodocien on ne connaît de segment buccal porteur de pieds sétigères. Je suis confirmé dans cette interprétation par la circonstance que le segment suivant (460) DU GOLFE DE NAPLES. 97 porte la dernière paire de cirres tentaculaires comme cirre dorsal, plus une rame séti- gère et un cirre ventral foliacé. Or ce sont précisément là les caractères du troisième segment chez les autres Anaïtis. -Les cirres dorsaux sont relativement petits, courts et lancéolés. Les cirres ventraux sont presque aussi grands qu'eux. Le segment anal porte quatre cirres terminaux foliacés, entièrement semblables aux cirres dorsaux. Les zoospermes (5 A) ont une tête allongée. Genre EULALIA Sav. (Œrst. rec.) Sous-genre EUMIDA Mlmgr. EULALIA (EUMIDA) GUTTATA. PI. IX, fig. 2. Corpus longitudine 45 mm , iatitmline 2 mm , subteres, antice et postice attcnmtum, viride, punctis niyris notation, sey mentis circa 200. Lobus cephçilicus antice rotundatus, niaryim postico recto, antennis lonyioribus, oculis magnis duobus. Cette espèce n'est point rare aux environs de Naples où j'ai rencontré des individus mûrs des deux sexes. Elle est d'une belle couleur verte, avec de petites taches noires ou brunes, circulaires, semées sur les côtés des segments, dans toute la longueur du corps. Quelquefois un petit noyau blanc se montre au centre de la tache, de manière à lui donner l'apparence d'un œil microscopique avec son cristallin. Des taches ana- logues sont parfois disséminées dans les cirres. Le lobe céphalique est semi-lunaire avec un appendice en forme de croissant au bord frontal. Les antennes paires sont portées l'une en dessus, l'autre en dessous par ce bord frontal, tandis que l'antenne impaire est implantée bien plus en arrière, légè- rement en avant des yeux. Tous ces appendices sont relativement assez longs et dé- croissent régulièrement de diamètre, de la base à l'extrémité. Les trois premiers seg- ments, porteurs de quatre cirres tentaculaires, sont bien distincts. Seul le troisième porte une rame pédieuse proprement dite, avec faisceau de soies; il présente, en outre de son grand cirre dorsal, un petit cirre ventral foliacé. Le second segment, bien que dépourvu de tubercule sétigère, renferme néanmoins des acicules dans la base de ses cirres tentaculaires. Je n'ai en revanche pas trouvé d'acicules aux cirres du segment buccal. A partir du quatrième segment tous les cirres sont foliacés et remplis des fol- licules ordinaires. Les premiers cirres dorsaux lamellaires sont bien plus courts que les cirres tentaculaires, mais les suivants augmentent rapidement de longueur. Le seg- ment anal porte deux longs cirres terminaux foliacés. (461) 98 ANNÉLIDES CHÉTOPODES La trompe proprement dite pénètre jusqu'au trente-septième segment; puis vient le proventricule jusqu'au quarante-deuxième, et l'estomac sinueux et contourné environ jusqu'au cinquante-troisième. Là commence l'intestin proprement dit. Chez un individu j'ai trouvé ce dernier rempli de soies de Spionidiens. Les Phvllodociens, malgré l'ab- sence d'armure de leur trompe, paraissent donc se nourrir de proie. Chez les femelles, les œufs discoïdaux sont d'un vert superbe. Sous-genre PTEROCIRRUS Clprd. EULALIA (PTEROCIRRUS) MICROCEPHALA. PI. IX, fig. 3. Corpus longitudine 80 mm , laiitudine ■!""", subteres, tmtice et postice attenuatim, viride. Lobus cephalicus miniums, svborbicularis, oculisduobus mediocribus. antennis brevissimis. Cette nouvelle espèce du sous-genre Pterocirrus n'offre aucune ressemblance avec celles que j'ai précédemment décrites. L'extrême petitesse de son lobe céphalique et la brièveté de ses antennes lui donnent uni' apparence toute spéciale. Les deux pre- mières paires de cirres tentaculaires et celle qui porte le limbe, quoique trois fois aussi longues que les antennes, sont bien plus courtes que les deux autres. Le limbe du cirre marginé diminue graduellement de largeur jusqu'à l'extrémité : le cirre lui-même n'otfre pas de renflement basilaire marqué. La couleur de l'animal est d'un beau vert, mais des taches noirâtres sont semées irrégulièrement sur les cirres et parfois aussi sur 1rs cotés des segments. THIBl DES LOPADORHYNCHIDES. J'élève ici an rang d'une tribu spéciale des Phyllodoeiens pélagiques, à tissus transparents comme du verre, portant à la base des pieds des corps glandulaires de couleur sombre. Cette tribu forme un lien incon- testable entre les Phyllodocides et la famille de Alciopiens, et montre qu'il aurait été peut-être plus naturel de considérer ces derniers vers comme une simple tribu des Pbyllodociens, plutôt que comme une fa- mille à part. Les Lopadorbynchides ne se distinguent en effet guère des (462) DU GOLFE DE N'A PL ES. 99 Alciopiens que par l'absence de tout développement extraordinaire des yeux. Ils ont, comme eux, les corps glandulaires de la base des pieds, il est vrai moins développés. M. de Qualrefages ' exclut ces vers de la famille des Phyllodociens pour les réunir à celle des Hésioniens, avec laquelle ils n'ont certaine- ment rien à faire. La forme foliacée des cirres, si caractéristique des Pbyllodociens, mais totalement étrangère au type des Hésioniens, à cirres toujours filiformes, suffirait à montrer que les Lopadorhynchides sont plus proches parents des premiers que des seconds. Je crois d'ail- leurs inutile de combattre en détail l'opinion de M. de Qualrefages, ce savant ne connaissant les Annélides en question que par les dessins fort insuffisants et 1rs descriptions de M. Grube. Or ce dernier, aussi bien (pie M. Krohn 2 , les deux seuls naturalistes qui paraissent avoir vu des Lopadorhynchides avant moi, n'ont pas hésité à les reconnaître comme des Phyllodociens. Genre HYDROPHANES. Corpus brève, segmt niis mi mis numerosis. Antennce quatuor. Cirri tentaeulares 4. Pedes parium duorum anteriorum conici, setis simplicïbus incurvatis parum numerosis armait : cœteri pedi s compressi, festucis permidtis cultriferis flabeUi instar expansis. M. Grube établit, dès 1855, le genre Lopadorhynchus, d'après des Annélides de la Méditerranée, envoyés au musée de Saint-Pétersbourg par M. Krohn. C'était le Lopadorhynchus brevis Gr., qui parait n'avoir été revu par personne depuis lors. Peu après, M. Krohn envoya à .M. Grube un autre ver à faciès bien différent, se distinguant du L. brevis par une forme tout à fait exceptionnelle des deux premières paires de pieds, dont les soies sont en outre totalement différentes de celles du reste du corps. M. Grube émit l'hypothèse que ces vers, pour lesquels je forme aujourd'hui le genre Hydrophanes, ne sont que les 1 Uist. naturelle des Annelés, II, |). 102. * D'après une communication orale île ce savaut. (463) l;< 100 ANNÉLIDES CHÊTOPODES mâles des Lopadorhynques. Toutefois celte hypothèse est mal assise, et je la considère comme fort invraisemblable. J'ai été en effet dans le cas, comme nous le verrons plus loin, d'étudier un très-jeune Hydrophane, qui présentait néanmoins déjà tous les caractères du genre. Or les diffé- rences sexuelles externes sont fort rares chez les Annélides polychèles. Nous n'en connaissons guère d'exemple que chez quelques Syllidiens et quelques Lycoridiens, et, dansées cas-là, les différences sexuelles n'exis- tent jamais dès le jeune Age, mais font leur première apparition vers l'é- poque de la maturité. Il n'y a donc aucune vraisemblance à supposer chez deux formes aussi divergentes de simples différences sexuelles. Au con- traire, il n'est point fort rare de voir certains pieds prendre chez une Annélide une forme très-exceptionnelle, tandis que tous les pieds restent semblables chez des formes d'ailleurs très-voisines, témoin les Poly- dores et les Spios. Hydrophanes Krohmi. '! Lopadorhynehus brevis Grube, Archiv fur Naturgescb. 185. r >, XXI, p. I00, /<>•» parle, Taf. in. lig. 15. PI. XI, fig. 2. Corpus depressum. vitmim. /liiuii.s valde prominentibus , tuberciUo setigero alto com- pressa. Lobus cephalicus brevis, ocidis minutis, antennis inferioribus brevissimis. Glan- ilirftr Iinrilli/irirrr lni/inifonues m mit, ■rinrr corporis parte utrinque duce, permagtue. De même que M. Grube, c'esl à l'obligeance de M. Krohn que je dois la connaissance de ce Lopadorhynchide. L'individu qu'il m'apporta, plein de vie, avait élé péché par lui à la surface de la mer, à l'aide du tilel de Mùller. Il était de fort petite taille, sa longueur ne dépassant pas l mm ,8 pour une largeur de mm ,8 (pieds compris), et le nombre de ses segments n'était que de 14. Je suis très-porté à croire qu'il s'agit d'un jeune individu de la même espèce que M. Grube ;i considérée comme le mâle du Lopadorhynehus brevis '. Le dessin publié par ce sa- vant n'offre, il est vrai, aucune ressemblance avec le mien , mais il ne 1 M. Grube n'indique pas la grandeur dos individus observés par lui. Il est donc à présumer qu'elle ne s'écartait pas beaucoup de celle du Lopadorhynehus hrevis typique, indiquée par lui de 5 à 7 lignes. (464) 1)1 GOLFE DE NAPLES. 101 faut pas oublier que M. Grube n'a étudié que des individus conserves dans l'alcool. Or, des rires aussi délicats que les Lopadorhynchides ne peuvent être conservés que d'une manière très-imparfaite. Le lobe céphalique est arrondi en avant, presque deux fois aussi large que long; il porte de chaque côté un petit œil brun, muni d'un cristallin. L'insertion des quatre antennes est tout à fait latérale: la paire supérieure est environ quatre ou cinq fois aussi longue que l'inférieure. Le segment buccal est fort court et porteur de deux paires de cirres tentaculaires, variés de brun, plus longs que les antennes. M. Grube indique trois paires de cirres ten- taculaires, mais je ne pense pas qu'il faille voir dans cette indication différente la preuve d'une différence spécifique. L' Hydrophanes Krohnii présente en effet deux sortes de poches piril'ormes (lig. 2, a) qui s'ouvrent par la pointe entre le lobe cépha- lique et le segment buccal. Ces poches sont susceptibles de s'extroverser par l'ouver- ture. Elles font alors saillie sur les côtés du lobe céphalique. sous la l'orme de coupes ciliées (fig. 2. a). Ces organes sont sans doute comparables aux boutons rétractiles que j'ai décrits plus haut chez \Anaitis peremptoria, et qu'on retrouve chez tant de Phyllodociens. Il n'y a rien d'improbable à ce qu'ils aient été pris pour des cirres ten- taculaires chez des individus conservés dans l'alcool. Les pieds des deux premières paires sont formés par une raine large et conique. Les suivants sont comprimés et de forme arquée ou semi-lunaire lorsqu'on les exa- mine en dessus (fig. 2). Vus de profil (2 B). ils sont très-hauts et se terminent en une pointe portant une aile membraneuse qui recouvre la base des soies. A la base des pieds, sur le bord postérieur de ces organes, est un tubercule brun, évidemment comparable aux tubercules glandulaires des Alciopiens. Les cirres dorsaux sont folia- cés, de forme lancéolée : leur pointe n'atteint pas l'extrémité de la rame. Les cirres ventraux, également foliacés, sont insérés un peu plus près de l'extrémité de la rame que les dorsaux. Chaque pied est soutenu par un fort acicule incolore. Ceux des deux premières paires sont armés exclusivement de soies simples, vigoureuses, courbées en S et crochues à l'extrémité (2 E). Leur nombre ne dépassait pas neuf par pied. Les pieds des segments suivants portent un large «vantail de soies composées, cultrifères, très-remarquables. La figure que j'en donne (2 C), bien que différant quelque peu de celle de M. Grube, est fort exacte. L'appendice terminal a une forme très-excep- tionnelle. C'est un large conltrê à dos épais et arqué, et à tranchant rectiligne. La soie la plus inférieure de chaque évantail a une forme très-différente (2 D). C'est une soie simple, renllée en massue un peu avant la pointe terminale qui est légèrement (465) 102 ANNÉL1DES CHÉTOPODES recourbée. Toutes ces soies sont parfaitement incolores. Comme chez les Alciopiens. elles pénètrent très-peu profondément dans les tissus du ; ied et sortent chacune par une ouverture spéciale. Les soies crochues des deux premières paires de pieds sont cependant entièrement logées dans l'intérieur de la rame, leurs rostres seuls faisant saillie à l'extérieur. La trompe est cylindrique. Je ne l'ai point vue extroversée et ne puis dire par con- séquent si elle présente un évasement en forme de patère. comme chez les Lopado- rhynchus. Dès le quatrième segment commence l'intestin dont la paroi est d'un beau rouge orangé. La partie rectale de l'intestin est en revanche parfaitement incolore. Une des particularités les plus remarquables de ce ver, c'est l'existence de quatre larges boyaux glandulaires qui s'étendent du segment buccal, jusque dans le 4 me segment. Ces boyaux sont renflés en arrière, et s'ou- vrent sans doute à l'extérieur au segment buccal, par des pores que je n'ai su découvrir, à moins que les poches exserliles, décrites plus haut, ne jouent le rôle de pores excréteurs. Ces boyaux (fîg. 2 F) sont revêtus d'une épaisse membrane et renferment, dans leur cul-de-sac, une sub- stance homogène; mais le contenu de la plus grande partie de l'organe est formé par une masse striée, que j'ai prise, au premier abord, pour une agglomération de zoospermes. L'existence de ces quatre boyaux, que je tenais pour des spermatophores, semblait donc favorable à l'hypothèse de M. Grube, qui fait des Hydrophanes les mâles des Lopadorhynchus. Toutefois, l'examen de ces organes à un fort grossissement, me montra bientôt que les zoospermes supposés ne sont que des bâtonnets linéaires (2 G), épais et rigides, très-semblables à ceux des follicules bacillipares d'autres Annélides, seulement de taille relativement colossale. Leur longueur est en effet de 22 à 55""". Les quatre boyaux sont des follicules bacillipares gigantesques. Il ne manque d'ailleurs pas chez les Hydro- phanes de follicules bacillipares microscopiques. On les trouve répandus dans le tissu de la trompe, où, groupés en général deux à deux (2 H), ils viennent s'ouvrir à l'extrémité de papilles coniques, semées sur loul le bord de cet organe. Les bâtonnets n'ont, il est vrai, plus ici qu'une lon- gueur de 5 à 7 micr . Entre ces follicules bacillipares, sont semés d'autres boyaux folliculaires à contenu granuleux. (466) DU GOLFE Dli NAPLES. 103 Famille des ALCIOPIENS Ehlers. Dans mes « Annélides Chétopodes du golfe de Naples, » j'ai déjà ex- primé quelques doutes sur la légitimité du genre Liocapa Acli. Costa. J'a- vais cru reconnaître, en contradiction avec M. Costa, l'existence d'une seconde paire d'antennes chez les espèces de ce genre; mais mes obser- vations ayant été faites sur Av* individus conservés dans l'alcool, je n'avais osé leur accorder trop d'importance. Aujourd'hui, après l'exa- men de nombreux individus vivants, je puis affirmer que les Liocapa ont quatre et même cinq antennes, et rentrent par conséquent dans le genre Alciope tel qu'il a été entendu jusqu'ici. Le fait est que ces antennes sont fort courtes et d'une observation difficile. L'antenne médiane, en particulier, est réduite à un tubercule peu saillant, dont on ne peut re- connaître la présence sans beaucoup d'attention. Voilà comment une même espèce (YÂsterope candidd) a pu être décrite par M. Krolm, comme possédant cinq antennes; par Délie Chiaje, comme en possédant quatre; par M. Costa, comme n'en ayant que deux, et entin par M. de Qua- lrefages(car c'est sans doute aussi le même animal qu'il a décrit sous le nom de Torea), comme en étant totalement dépourvue. La difficulté de l'observation des antennes rudimentaires, chez ces animaux si'délicats, rend la détermination des genres, basés seulement sur le nombre des antennes, fort illusoire. Aussi ne saurais-je admettre les genres Alciopa et Krolmia, dans le sens que leur donne M. de Qualrefages, tant que les espèces qu'on y fait rentrer n'auront pas élé examinées scrupuleuse- ment au point de vue des tubercules antennaires. Je propose ici une classification des Alciopiens sur une base nouvelle. Les caractères que j'invoque sont d'observation facile. Je ne veux pourtant pas prétendre que des recherches, portant sur un plus grand nombre (467) 104 ANNÉL1DES CHÉTOPODES d'espèces, ne puissent conduire à modifier les limites des genres. Je ne fais entrer en ligne de compte, ni les palpes, ni les deux tentacules cirriformes de la trompe, ni les trois segments postcéphaliques à pieds rudimentaires, car ces caractères paraissent appartenir à toute la fa- mille. rABLEAl SYNOPTIQUE DE LA FAMILLE DES VLCIOPIENS. desiderata ; proboscis ) ^ Aud M i mermis l \ lobus cepbalicus ultra oculos baud pro- ' deest, proboscis denti- i a steropf Alcinpidœl duclus; appendix terminalis pedum. . J cutis ouris aroiata. . / ' "' cirriforonis; proboscis U ANADIS n „ inermis > ' r ' lobus cephalicus in processum cordiforraem ullra oculos pro- ) r hynchonkue , , v \ ( ; osta ductus ( Genre ALCIOPA Aud. Edw. (Char, em.) Je restreins le genre Alciope aux espèces dont la trompe est inerme, et dont les pieds portent bien les deux cirres foliacés normaux, mais point d'appendice cirriforme à l'extrémité de la rame. J'aurais aussi vo- lontiers tenu compte île la nature des soies dans la diagnosc du genre. En effet, l'espèce étudiée ci-dessous a des soies simples, capillaires, comme je l'ai l'ail observer ailleurs, ce qui n'est le cas dans aucun des autres genres. Les espèces recueillies par M. Kinberg, dans son voyage autour du monde, et classées par lui dans le genre Alciopa proprement dit, ont aussi des soies simples. Cependant, l'espèce type du genre, YÂ. Reynaudi Aud. Edw., est munie, d'après la déclaration expresse d'AudouinetdeM.Edwards, desoies composées. Peut-être conviendra-t-il plus tard de scinder le genre en deux, si l'élude plus i omplèle de VA. Reynaudi révèle des particularités d'organisation distinclives, en outre des soies. (468) DU GOLFE DE XAPLES. ÀLCIOPA CANTRAINII 105 Najadrs Cantrainii Délie Chiaje, Dcscriz. e notomia, Tav. 155, fig. 14, 18 et 21. Alciopa Heynaudii Krohn (non Aud. et Edw), Archiv f. Naturgesch. 1845. R' f XI, Taf. VI, fig. 1-6, p. 172. Alciopa Edwardsii Krohn. Ibid. 1847, B' 1 xm, p. S9. t » Grube, Die Familien der Anneliden, p. 57. i » Ilering, De Alciop. partit), genilalibus. Lipsiae, 1860, p. 5. Liocapa vitrea A. Costa. Annuario del Museo zoologico di Napoli. Anno II. 1804, p 167. Tav. iv, flg. 9-12. Alciopa Edwanlsii Ehlers, Die Borstenwûrmer, I, p. 176. Alciopa candida Kinberg, Oefversigl afk. Vet.-Akad. Fôrh. 1865, n° 4. p. 243. Krahniu Edwardsii Quatrf. Histoire nalur. des Annelés, 11, p. 158. Liocapa Cantrainii Glprd. Annêlides chétop. du golfe de .Naples, p. 252 (Soc. de Phys. XIX, p. 562). PI. X, fig. 2. Les excellentes figures de faciès que nous devons soit à M. Krohn, soit à M. Costa, soit surtout à Délie Chiaje, me dispensent d'en publier une nouvelle. Cette espèce se distingue en effet, à première vue, des autres Alciopiens du golfe de Naples, par son port tout particulier. Elle est e.xtraordinairement courte et trapue, sa longueur n'étant guère à sa largeur que dans le rapport de 1 à 15. Le nombre des segments est aussi fort restreint, car chez les plus grands individus (9 cenlim.) il ne dépasse guère la cinquantaine. La trompe est cylindrique, et porte sur son bord, comme le décrit M. Kinberg, deux papilles triangulaires saillantes, opposées l'une à l'autre, et douze autres beaucoup moins larges et moins hautes (PI. X, 2 A). Les deux papilles saillantes sont les homologues des tentacules de la trompe, beaucoup plus développés chez d'antres Alciopiens. Les pa- 1 Lorsque M. Krohn donna à cette espèce le nom d' Alciopa Edwardsii, il savait qu'elle avait été déjà ligurée par belle Chiaje sous le nom de Najadcs Cantrainii. M. Costa remarque aussi expressément que sa Liocapa vitrea est identique avec la Najades Cantrainii. Il paraîtrait donc que ces auteurs rejettent le nom spécifique de Délie Chiaje, parce que sa figure n'est accompagnée d'aucun texte. Mais une bonne figure vaut mieux qu'une mauvaise description, et les excellentes figures de faciès, dues à Délie Chiaje, surpassent de beaucoup celles qui ont été publiées depuis lors. La preuve en est que ni H. Krohn, ni M. Costa, ni moi, nous n'avons hésité à y reconnaître la même espèce. La description de M. Krohn est certainement suffisante pour un diagnostic. 11 n'en est pas de même de celle de M. Costa, et je n'ai pu m'assurer de l'identité de sa Liocapa qu'en examinant les individus types déposés par ce savant au Musée d'anatomie comparée de Naples. Il me parait donc nécessaire de revenir au nom spécifique de Délie Chiaje. (469) 106 ANiNÉLIDES CHÊTOPODES pilles basses sont largement cordiformes (2 B), et portent, sur tout leur bord libre, de petits bâtonnets saillants, largement espacés. Dans l'inté- rieur sont logés une foule de follicules de forme virgulaire, dont cha- cun s'ouvre au dehors par un petit pore. Les organes segmenlaires ont une forme très-remarquable. La pre- mière paire est placée au second segment séligèrc, et, jusqu'au 16 me , leur conformation reste identique. Ce sont de longs boyaux ciliés (2 C) dont l'ouverture extrême (2 C, a) est placée à la base des pieds, du côté ventral. Le boyau se dirige d'abord en dedans, perpendiculairement à l'axe, puis il forme un angle droit, se dirige en avant, en décrivant de petites sinuosités, et finit par s'élargir en un pelil entonnoir vibralile (b) qui s'engage dans le dissépimenl séparant la cavité du segment de celle du segment précédent. L'entonnoir s'ouvre par conséquent dans la cavité du segment précédent. Tout cela est' conforme à la structure typique d'un organe segmenlaire, mais à partir du 16 me segment séti- gère, l'appareil se complique, chez les mâles, d'une grosse vésicule piri- forme (fig. 2 d) dont le court pédoncule lubulaire s'insère sur le boyau de l'organe segnien taire, à peu près au tiers supérieur de sa longueur (2 B). Au temps de la maturité, celte vésicule est remplie de zoospermes, et joue par conséquent le rôle de vésicule séminale. Pour bien faire comprendre la position de cet organe, facile à méconnaître, j'ai repré- senté (fig. 2) une partie de la surface ventrale de l'Alciope avec deux pieds. On y remarque deux platines granuleuses, d'apparence glandu- laire* (e, e'), qui existent à tous les segments, à partir du 12 mP séligère. Sur le bord de celte plaque, est placé le pore externe (a, a') de l'organe segmenlaire. On peut, de là, suivre le boyau de l'appareil (c) et remonter jusqu'à la vésicule séminale (d), souvent pressée contre l'entonnoir vi- bratile, au point d'empêcher de le reconnaître. Cette vésicule séminale échappe facilement elle-même aux regards, parce qu'elle est logée im- médiatement sur les corps glandulaires bruns (Y/), si bien décrits par M. Krohn, et si caractéristiques des Alciopes. La découverte de ces organes segmenlaires remarquables est due à (470) DU GOLFE DE NAPLES. 107 M. Hering, qui l'a consignée dans son mémoire si important pour l'a- natomie des Alciopes, mais jusqu'ici fort méconnu '. H a déjà reconnu ([lie les organes segmentaires sont dépourvus de vésicule séminale partout chez les femelles, et dans la région antérieure chez les mâles '. Je puis confirmer a:issi entièrement la découverte de M. Hering, de réceptacles de la semence chez les femelles, dans les segments qui sont munis de pieds rudimenlaires, immédiatement derrière le segment buccal. L'existence de ces réceptacles semblait à priori si improbable, qu'elle m'était entièrement sortie de la mémoire, malgré ma connais- sance du travail de M. llering. Aussi ai-je négligé d'étudier sous ce rap- port des femelles non encore fécondées. Mais, dans les derniers temps de mon séjour à Naples, j'ai eu entre les mains un grand nombre de fe- melles de YAlciopa Cantrainii et de YAslerope candida, qui présentaient leurs réceptacles extraordinairement distendus par la semence. Com- ment les zoospermes arrivent dans ces poches, c'est là encore un mys- tère pour moi, en l'absence d'organes copulateurs et en présence d'un si grand nombre de pores éjaculateurs chez les mâles. La masse de sperme est si considérable, que les segments en deviennent difformes. Cet étal de plénitude m'a empêché de reconnaître la structure des réceptacles, qu'il sera intéressant d'étudier dans une autre saison. Genre ASTEROPE 5 . Je place, dans ce genre, les espèces dont les pieds n'ont point d'ap- 1 De Alcioparum parlibus genitalibus organisque excretoriis, auclore C.-E. Consiantino Hering- Lipsiœ, 1860. M. Hering n'a malheureusement accompagné sou Mémoire d'aucune ligure, ce qui explique qu'il ail été aussi peu compris. Mais lorsque je compare mes dessins avec sa description, je trouve partout celle-ci d'une exactitude minutieuse. M. Ehlers, le seul qui ait tenu compte des travaux de M. Hering, croit pouvoir supposer que la vésicule séminale, décrite par ce savant chez l'espèce présente, n'est qu'une simple dilatation produite au temps de la maturité par l'accumulation des zoospermes dans le boyau de l'organe segmentaire. Un simple coup d'oeil jeté sur mes ligures suffit pour réfuter cette in- terprétation. = Il indique la première « environ « au I 'i"" J segment; je l'ai trouvée, pour ma part, au 10 me . Le chiffre n'est peut-être pas constant. 3 Nom de l'une des Pléiades. (47li 14 108 ANNÉLIDES CHÉTOPODES pendice cirriforme terminal, et. dont la trompe est armée à l'extrémité de denticules durs (vraisemblablement calcaires). ÂSTEROPE CANDIDA. Alciopa candida Délie Chiaje, Descrizione c nolomia, l. III, p. 98 et t V, p. 104. — Délie Chiaje, Osser- vazione still' occhio umano, p. 84, Tav. IX, p. 23 (cité dans la Descriiione). Alciopa Délie Chiaji (Krohn) Délie Chiaje, Descrizione e notomia, t. V, p 104. Aleiopa candida Krohn, Archiv fur Nalurgeschichte, ll ,er Jalirg. 1845. p. 174, pi. vi , fig. 1-9. » Grube, Die Familieu der Anneliden, p. 57. » » Hering, De Alciop. partibus genitalibus, p. 4 et 1 1. Liocapa vertebralis Costa. Annuario del Mineo zoolog. di Napoli. Anno I. 1862, p. 185; anno II, 1801. p. 165, Tav. îv, fig. 1-8; anno IV, 1867, p. 55. » » Ehlers, Die liorstenwiirmer, I, p. I8I. Torea vitrea Qtrfg. Histoire natur. des Annelés, I, p. 91 ; II, p. 159, pi îx, fig. 15-16 ; pi. îv, lig. 6-7. Liocapa vertebralis Clprd. Aqnélides rhélop. du golfe de Naples, p. 252 (Soc. de Phys., XIX, p. 562). PI. X, fig. 1 . Le nombre des antennes de celte espèce a été porté par les différents auteurs, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, tantôt à 5, tantôt à 4, tantôt à 2, tantôt à 0. L'antenne médiane est en effet réduite à l'étal d'un petit tubercule. Il en est de même de la paire d'antennes inférieures, et les antennes de la paire supérieure, bien que facilement reconnaissables, sont cependant fort petites. Les figures de faciès que nous devons à M. Krohn, à M. A. Costa et à M. de Quatrefages, sont toutes fort recon- naissables, et je ne doute pas que tous les auteurs cités n'aient en vue la même espèce '. Même la Torea vitrea ne saurait être exclue de celte synonymie, bien que M. de Quatrefages n'ait pas vu les antennes. En revanche, ce savant est le seul qui ail noté l'existence des denticules de la trompe, qu'il distingue sous le nom de papilles triangulaires. De grands individus, comptant au moins 160 segments, atteignent une longueur de 16 centimètres, sur un diamètre maximum de 2 mni envi- 1 Délie Chiaje a déclaré l'espèce de M. Krohn identique avec la sienne. M. Krohn, de son côté, au- quel je dois plusieurs des nombreux individus observés vivants par moi , les reconnaît comme son Alciopa candida. I/examen des individus déposés au Musée d'anatomie comparée de Naples par M. Costa m'ont amplement prouvé que la Liocapa vertebralis de ce savant est encore la même espèce. Enfin, une réclamation récente de M. Costa relègue la Torea vitrea Qtfg. au rang de synonyme de la Liocapa ver- tebralis (Annuario, an. IV, 1867, p. 56). (472) DU GOLFE DE NAPLES. 109 l'on. C'est donc un rapport de 80 à 1 environ, bien différent de celui de Ion I, ([lie nous signalions pour VAlciopa Cantrainii. La diapha- uéilé des tissus incolores est plus grande peut-être encore que chez celle dernière. Aussi ne reconnaît-on souvent l'animal, dans l'eau de nier, comme le remarque fort bien M. de Quatrefages, qu'aux gros yeux rouges et aux rangées latérales de points d'un brun violacé, tonnées par la succession des organes glandulaires. Le lobe céphalique esi court, mais en revanche très-large, grâce au volume extraordinaire des yeux, plus développés relativement que chez aucun autre Alciopien connu. Ces yeux ont naturellement attiré l'atten- tion de tous les obervatéurs, et M. Krohn, de même que M. Leydig, en ont l'ait en particulier une étude tort soignée. Mais ici, comme ailleurs, il reste toujours quelque chose à glaner. Les yeux sont formés par une en- veloppe ellipsoïdale, soit sclérotique, qui se bombe en avant du cris- tallin, en un segment à courbure de faible rayon , jouant le rôle de cornée. A la surface inférieure de cette sclérotique, court une crête peu saillante, couverte de cils vibraliles, dont la signification m'échappe, mais qui a déjà été vue par M. Costa. Une grande partie du reste de la membrane est clair-semée de petits mouchets de cils vibraliles fort courts. En dedans de la sclérotique se trouve la rétine (PI. 10, fig. 1, i), ('■paisse membrane dans l'épaisseur de laquelle est logée la couche de pigment choroïdien, d'un brun rouge foncé. A celle rétine manque le segment tourné vers la cornée, el dans celle ouverture se trouve placé le cristallin sphérique, maintenu en position par une sorle d'iris plissé, à reflets argentés et bleuâtres. Gomme chez tant d'autres invertébrés, la membrane pigmentaire divise donc la rétine en deux couches: l'une ex- terne, insensible à la lumière, l'autre interne, renfermant les éléments percepteurs. C'est ce que M. krohn el M. Leydig ont fort bien compris. La couche externe de la rétine est formée de cellules dont on ne dis- lingue bien, à l'état frais (surtout après l'action de l'acide acétique), que les nombreux nncléus. La couche interne est formée par une mosaïque de bâtonnets déjà décrite par M. Krohn, et figurée par M. Leydig à 1*73) 110 ANNÉLIDES CHÉTOI'ODES une petite échelle. Je complète maintenant les données de mes prédé- cesseurs par des dessins exacts faits à une échelle qui permette de faire connaître des détails de structure jusqu'ici insuffisamment connus. Une coupe tangent ielle au plan de la rétine ( 1 L) fait voir les bases des bâ- tonnets, de forme circulaire ou elliptique, distribuées en lignes régu- lières. Le diamètre de ces bâtonnets est en moyenne de H"»"»^ cepen- dant on en trouve çà et là quelques-uns de moitié moins larges. Un petit nombre sont comprimés. Déjà dans ces coupes on peut distinguer deux couches : une enveloppe corticale et un cylindre axial. Ces deux sub- stances sont également faciles à reconnaître dans les coupes ( 1 M) per- pendiculaires au plan de la rétine, coupes dans lesquelles les bâtonnets se montrent comme rangés eu palissade régulière. Soit dans ces coupes, soit dans les bâtonnets isolés (i N), on voit que chaque élément est com- posé de trois pièces très-inégales : une longue diaphyse (a) et deux épi- physes très-courtes (belc), placées à ses deux extrémités. L'éplphyse in- terne (b) est incolore et finement granuleuse. L'externe (a) est remplie de granules pigmenlaires. La couche choroïdienne est en effet formée par la juxtaposition des épiphyses externes. De là l'apparence de mosaïque de cette membrane, qui fait en réalité partie de la couche de bâtonnets. M. Costa, qui décrit à tort la choroïde comme appliquée directement contre la sclérotique, sans interposition d'aucune couche nerveuse, et qui ne connaît pas les bâtonnets, représente du moins ces épiphyses ex- ternes comme des amas de pigment en rosette, et les figure à un gros- sissement énorme. M. de Quatrefages p ar ] e f p une choroïde treillissée, expression qui peint assez bien l'apparence de l'ensemble des épiphyses en place '. Si l'on se reporte aux magnifiques travaux dont la rétine a été l'objet, chez divers animaux, dans ces dernières années, il est tout naturel de chercher dans la diaphyse l'homologue de ce que M. Schultze appelle les articles externes dans les bâtonnets des vertébrés, et dans l'épiphyse 1 M. Krohn, qui avait déjà fort bien décrit la mosaïque des bâtonnets, représente à tort le pigment comme formant une gaine à la partie medinne de chacun d'eux. (474) DU GOLFE DE NAPLES. 11 1 interne l'homologue des articles internes. Les proportions sont, il est vrai, très-différentes. En effet, le bâtonnel étant large de 5 ', et long de S2, Pépiphyse interne, soit article interne, ne compte dans cotte longueur que pour 7 à 8 mi ". L'épiphyse pigmentaire n'a également qu'une lon- gueur de 8 rai,r ; mais cela n'empêcherait point la légitimité de ces b<>- mologies. Il était naturel de rechercher si les bâtonnets des Alciopiens ne pré- sentent pas cette structure en pile de plaques que M. Schullze a dé- crite le premier dans les articles externes chez les vertébrés, et sur la- quelle M. Zenker a basé son ingénieuse théorie de la vision. Toutefois, je dois dire qu'à l'état frais, je n'ai pu trouver de structure autre que l'emboîtement du cylindre axial homogène dans la couche corticale également homogène. Dans des bâtonnets conservés pendant quelques jours dans une solution très-étendue d'acide hyperosmique, j'ai cru, au contraire, apercevoir une apparence île stries transverses. Toutefois, l'emploi d'un grossissement suffisant montra bientôt que cette apparence résultait d'une décomposition de la substance nerveuse. Les bâtonnets (1 0) se trouvaient en effet réduits à l'étal de tubes à paroi fort mince, dans l'intérieur desquels étaient accumulées des gouttelettes de myéline aplaties. Je ne veux certes point expliquer de cette manière la forma- lion des piles de plaques dans les bâtonnets d'autres animaux ', mais je crois devoir attirer l'attention sur cette cause possible d'erreur. Les bords de la bouche, et d'une manière générale les bords du seg- ment buccal, ainsi que les bords antérieurs et latéraux des segments sui- vants sont couverts de cils vibraliles. en partie déjà vus par M. Krohn et M. Costa. Les cirres dorsaux foliacés commencent dès le i me segment. Ils ren- ferment une foule de follicules incolores, lagéniformes(lF), dont le fond se prolonge en une fibre dirigée vers la base du cirre. Le cirre ventral 1 Aucun des habiles observateurs qui uni pris pari à la discussion relative à la structure de la rétine, n'aurait hésité à reconnaître dans ces bâtonnets en voie de décomposition des gouttes de myéline. Mais ne pourrait-il pas se faire que tel ou tei autre produit de décomposition ou de coagulation fût moins facile à reconnaître comme tel'? (478) 112 ANNÉLIDES CHÈT0P00ES est relativement plus petil et moins foliacé. La rame pédieuse est sou- tenue par un long acicule incolore, dont l'extrémité recourbée perce les téguments comme chez YAlciopa Canlrainii, pour se prolonger bien au delà du pied. L'éventail de soies composées est en majeure partie exté- rieur et ne pénètre, comme riiez les autres Alciopiens, qu'à une très- faible profondeur dans le pied. Les glandes sombres sur les côtés de chaque segment sont, chez cette espèce, très-foncées, le plus souvent d'un violacé noirâtre. Elles se pro- longent fréquemment à la rencontre l'une de l'autre sur le dos des seg- ments, de manière à former une bande transversale, comme M. Krohn l'a déjà remarqué. Os organes sont formés par des cellules larges de 25 mi " (X, 1 D) renfermant un gros nucléus granuleux et une gouttelette qui, sous le microscope, parait dun brun jaunâtre. Le liquide sécrété par ces glandes, est en effet «lie/, celle espèce, comme (liez d'autres, de couleur brunâtre, et leinl rapidement en jaune les tissus naturelle- ment incolores de l'animal. M. Krohn suppose que ces organes glandu- laires pourraient bien servir à la défense de ranimai, hypothèse (pie je crois très-fondée. A la moinde irritation, les Alciopes laissent en effet écouler, de la région irritée, un liquide jaune, dont l'affinité avec les tissus animaux est fort grande, puisque le corps même de l'Alciope se teint à son contact. .M. de Quatrefages pense plutôt (pie les organes en question sont des corps spongieux, servant à retenir et à fixer les œufs que la femelle porte avec elle. Cependant l'observation qu'il cite à l'ap- pui n'est guère probante, et ce que nous savons jusqu'ici du dévelop- pement des Alciopes, rend peu probable que les oeufs soient fixés au corps de la femelle après la ponte '. La trompe (1, a) est un organe cylindrique, festonné sur le bord et orné de deux longues papilles ou tentacules, vus par tous les auteurs. Le caractère le plus remarquable de celte trompe, entrevu jusqu'ici par i D'après le récit de M. de Quatrefages, il parait probable que ce savant a capturé une Aslerope cun- dida au moment de la ponte, et surpris les neufs encore engagés dans les pores extérieurs des organes segmentaires. (476) s 1)1 GOLFE l>E NAPI.ES. 113 M. de Quatrefages seul, c'est l'existence à son extrémité d'une foule de petits (lenticules (1 À, c; l B, c) à pointe tort acérée. Ces (lenticules reposent sur la cuticule par une base élargie, souvent dentelée sur son pourtour. Ils s'étendent jusque sur la région basilaire des deux tentacules. La sub- stance qui les compose a des caractères physiques tout autres que la cu- ticule proprement dite. Il est probable qu'ils sont formés de sels calcaires, cependant je ne les ai traités par aucun réactif. Dans les deux tentacules, la cuticule atteint une épaisseur considé- rable (1 A, a) tout en restant incolore. Elle est tapissée par un hypo- derme dont les petits nucléus ronds ou ovales >, sont toujours fort distincts. L'axe est occupé par un cordon indistinctement fibrillaire, donnant naissance à de nombreux ramuscules, disposés en verticilles suc- cessifs (/). C'est peut-être le nerf du tentacule. Tout autour de cet axe, sauf pourtant près de l'extrémité du tentacule, se trouvent de nombreux follicules (d) en forme de cornue, dont le col perce la cuticule pour 'ouvrir à l'extérieur par un pore circulaire, (e). Des follicules tout sem- blables (1 B, d) se voient dans le tissu de la trompe proprement dite. De petits mouchets de cils vibratiles (h) fort courts sont semés entre les pores glandulaires. Le reste du tube digestif a déjà été fort bien décrit par M. Krobn. Il est remarquable, comme ce savant le signale déjà, que l'intestin soit, dans la règle, distendu au point de tapisser exactement la paroi du corps. C'est aussi ce que M. Leuckarl a vu chez un jeune Alciopien étudié par lui. La transparence extrême des tissus permet aux gros nucléus (1 E) de l'épithélium intestinal ( nucléus qui atteignent un diamètre de 22 micr ) de frapper d'emblée les regards. Aussi est-il facile, tant qu'on n'a pas reconnu la disposition singulière de l'intestin, de prendre ces nucléus pour ceux d'une coucbe péritonéale. Les organes segmentaires fort remarquables de celte espèce, parais- sent n'avoir été entrevus, jusqu'ici, que par M. Hering, qui n'en a même donné qu'une description fort incomplète. Il se contente de dire que la vésicule séminale communique directement, et non par un canal (477) 114 ANNÉLIDES CHÉTOPODES intermédiaire, avec le boyau de l'appareil. Mais cela ne suffit point pour donner une idée de la structure remarquable de ces organes. L'ouverture interne de l'organe segmentaire se présente, comme d'ordinaire, sous la forme d'un entonnoir (1 C, a) engagé dans le dissé- piment qui sépare le segment auquel appartient l'organe, du segment précédent. L'entonnoir se continue dans le boyau cilié qui forme une anse en boucle (b), de forme très-constante ; puis le boyau se dirige en arrière en décrivant de légères sinuosités, presque jusqu à la limite du segment suivant. Là, il se recourbe sur lui-même, en s'élargissant considérable- ment, ou, pour parler plus exactement, il débouche dans un vaste réser- voir cilié, à paroi fort épaisse, qui se dirige en avant, en s'atténuanl par degrés (e) pour venir s'ouvrir à la base du pied. Ce réservoir est la vésicule séminale de M. Hering. En effet, on le trouve quelquefois rempli de zoospermes à l'époque de la maturité sexuelle, mais, le plus souvent, je l'ai vu complètement vide. La particularité la plus remar- quable de cet appareil, consiste dans l'existence de touffes de longs poils raides insérées sur la surface externe du boyau (Cf. fig. 1 C). Ces touffes se présentent surtout à la surface de l'anse en forme de boucle, mais on peut les poursuivre au delà, jusque vers le milieu de la lon- gueur du boyau. M. Ivrobn, qui se trouvait à Naples en même temps que moi, examina, à ma requête, YAsterope candida au point de vue de ces singulières touffes de poils, et en confirma entièrement l'existence. La signification de ces organes m'échappe entièrement. On pourrait son- ger à des faisceaux de brides fort ténues, destinées à maintenir l'organe en position, mais l'extrémité des poils m'a toujours paru parfaitement libre. Ceux qui ne verront que la planche pourront aussi penser à des régimes fasciculaires des zoospermes; mais pour celui qui a vu les zoos- permes véritables et mobiles à côté de ces poils raides, la confusion n'est pas possible un instant. Peut-être faut-il néanmoins chercher, dans ces touffes de poils, l'explication de l'assertion singulière de M. Keferslein', 1 Einiye Bemerkungm iiber Tomopteris, von D' W. Keferslein. — Arch. [tir Anal. Plujs. a. iviss. Me- diein, 1861, p. 360. (478) DO GOLFE DE NAPLES. 115 que les Alciopiens seraient hermaphrodites. Ce savant les a peut-être aperçus chez une femelle en même temps que les œufs, et tenus pour des zoospermes. II n'est d'ailleurs pas impossible que sa méprise soit basée uniquement sur l'existence des réceptacles séminaux dans les segments antérieurs, chez les femelles '. Les éléments sexuels ont été déjà décrits par M. krolin. Je complé- terai sa description par quelques détails sur la conformation des zoo- spermes, qui nous serviront, plus loin, de point de comparaison avec les étranges éléments sexuels de la Vanadis formosa. Les zoospermes mûrs ont une tète en forme de cône (fig. 1 K), dont la pointe donne naissance à une longue queue, très-fine et animée de mou- vements ondulatoires. Presque tous sont semblables au point de vue de la taille; quelques-uns (1 K, />)onl toutefois une tête rudimentaire; mais le caractère le plus remarquable de ces éléments spermatiques, c'est l'existence d'un petit aileron membraneux latéral (a), près de l'extrémité postérieure de la tète. Si l'on examine des régimes de zoospermes en voie de formation (1 Ci), on voit que chaque cellule spermatique est formée d'une masse spbérique de protoplasma, avec une petite proémi- nence. La queue naissante est toujours insérée à côté de cette proémi- nence. Lorsque, plus lard, une grande partie du protoplasma primitif a été utilisée pour la formation complète de la queue, la proéminence persiste et forme l'aileron. Parmi les éléments spermatiques en voie de formation, j'en ai rencontré, dans la règle, quelques-uns d'une appa- rence particulière (1 II) que je suis disposé à considérer plutôt comme une forme morbide que comme une phase normale de développement. 1 Je dois dire cependant nue M. Keferstein publie un dessin dans lequel on aperçoit un régime de zoospermes à rôle d'oeufs véritables, [/espèce qu'il observait, et qu'il a déterminée comme Alciopa liry- ntutdii Aud. Edw. était d'ailleurs évidemment différente de I" Aslerope enndida, car l'acicule était renfermé en totalité dans le pied. L'organe segmentaire, que M. Keferstein a aperçu en partie, pourrait bien avoir une certaine ressemblance avec celui de notre Asterope. L'auteur figure du iris une rangée de longs poils, qu'il indique, il est vrai, comme garnissant l'ouverture interne de l'appareil. La longueur de celle rangée est pourtant insolite, et l'ouverture n'est en réalité pas figurée. (.179) 1." 116 ANNÊLIDES CHÉTOPODES Genre VANADIS «. Le genre Vanadis est caractérisé par l'existence d'un appendice cirri- forme (3 A,c) à l'extrémité des pieds, et par l'absence de dentieules durs à la trompe. Vanadis formosa. PI. X, fig. 3. Corpuslongum vitreimi, longitudine circa 30°° M , latitudine 5 mm , segmentis 220. Lobas , • phalicus brevis, oculis mediocribus, antennis brevissimis. Paîpi ante orificium oris obvii, cirriformes. Pharynx 33 ma longa, papiUis cirriformibus duabus longissimis , lœvibus. l'rdrs hinceolnti, cirris fdliaceis, dorsuali cordiformi : aciculis singulis, vitreis, apices pe- dam non penetrantibus. Celte espèce est, sans coniredit, l'un des Alciopiens les plus beaux du golfe de Naples. Les yeux sont, il est vrai, relativement moins grands que ceux de YAsterope candida, mais la grande taille de ce ver, parfai- tement incolore, à l'exception des yeux et des organes glandulaires, en fait l'un des plus splendides ornements des aquariums. Il s'agit d'ail- leurs d'une espèce rare, car je ne l'ai obtenue qu'une seule fois, grâce à l'obligeance de M. Aug. Krohn. Les antennes paires, malgré leur petitesse, se reconnaissent facilement comme quatre petits tubercules à la surface inférieure du lobe céphalique (fig. 3). L'antenne impaire est en revanche si rudimentaire, qu'on a de la peine à la trouver du côté dor- sal. Les yeux font saillie sur les côtés, mais bien moins fortement que chez \'Asterope candida. Leur forme est un peu différente, le diamètre anléro-postérieur (parallèle à l'axe de l'animal) étant beaucoup moins long proportionnellement, mais la structure est d'ailleurs la même. Les palpes cirriformes sont assez longs, sans pourtant dépasseï le niveau de la cornée en dehors. Les trois premières paires de pieds sont rudimentaires et dépourvues de soies. Mais à partir de la quatrième paire, les pieds (3 A) prennent la forme caractéristique du genre. La rame pédieuse, de forme lancéolée, porte à l'extrémité un appendice cirriforme (e) assez long. Le cirre dorsal est foliacé, cordiforme (a), bien plus grand 1 L'un des noms de Freia, la Vénus Scandinave. (480) 1)1 GOLFE DE NAPLES. I 17 que le ventral (6). L'acicule est entièrement enfermé dans l'intérieur du pied. Le Faisceau Qabelliforme de soies composées ne pénètre qua une très-faible profondeur dans la rame pédieuse. Il esl facile de reconnaître chez cette grande espèce que les soies sont distribuées en plusieurs rangées concentriques, très-régulières, et parallèles au bord du pied (3 B). Chaque suie suri par une ouverture spéciale. Je ne doute pas que chacune d'elles ne se fraie elle-même sa voie h travers les (issus, comme cela a lieu pour tant d'autres Annélides. La trompe est munie de deux tubercules cirriformes, longs de trois millimètres au moins. Rétractée, elle est logée dans l'axe de l'intestin largement distendu, comme M. Krohn l'a déjà décrit chez l'Mciopa Cantrainii. L'intestin avant normalement ses parois appliquées contre les dissépiments et contre les parois des segments, et étant d'ordinaire rempli d'eau, la trompe paraît comme suspendue dans le liquide incolore, où elle glisse à travers les ouvertures circulaires ménagées dans le centre des dissé- piments. En réalité, ces ouvertures ont leur bord recouvert par la membrane intes- tinale qui tapisse successivement les deux laces de chaque dissépiment et la trompe esl suspendue dans l'intestin même. Le tissu de la trompe renferme quelques rares folli- cules en forme de cornue. Le seul individu observé était un mâle adulte. Sa cavité périviscérale était remplie de semence. Les éléments spermaliques, mis en liberté sur le porte-objet, me présentèrent une forme bien inattendue. Leur têle esl en forme d'un cône allongé, long de 10 micr , dont la base donne nais- sance ta une queue ténue, semblable à celle des zoospermes ordinaires. .Mais en oulre de cette queue filiforme, il en existe toujours une seconde fort épaisse et très-courte (3 C), naissant à côté de la première. Celle seconde queue, dont la longueur excède rarement celle de la tète, est d'une flexibilité et d'une mobilité remarquable. Elle se recourbe en sens divers, comme pour làler à la manière d'un doigt. Souvent le zoo- sperme se fixe au porle-objel par l'extrémité, sans doute visqueuse, de cet appendice, et s'agite bizarrement autour de ce point fixe. Après m'ètre convaincu que tous les zoospermes, sans exception, présentaient cette disposition si étrange, je désirai examiner ceux d'autres Alciopiens, à ce point de vue. Mais l'époque de mon départ approchait, et je ne pus me procurer que YÀsterope candida, dont les zoospermes n'offrent aucun (481) 118 ANNÉLIDES CHÉTOPODES appendice mobile, ninsi que cela ressort de la description donnée pins haut. Je me demande cependant si l'appendice en forme d'aileron, que présentent ces zoospermes, ne peut pas être considéré comme un rudi- ment de celle queue digïtiforme supplémentaire des zoospermes de notre Vanadis. Il m'est impossible, à ce propos, de ne pas rappeler une observation faite il y a une dizaine d'années, sur les côtes d'Ecosse, chez une Tomop- leris que j'étudiai de concert avec mon digne ami, M. William Carpcnler. Les zoospermes de ce ver ne présentaient pas une seule queue, mais bien deux. Cette observation est tombée dans l'oubli, et, les années s'élant écoulées, sans l'observation d'aucun l'ait analogue, je commençais à me demander si nous n'avions pas été victime d'une erreur. Toutefois, la découverte de zoospermes à deux queues, il est vrai dissemblables, chez un Alciopien, c'est-à-dire dans une famille très-proche parente des To- moptéridiens, me porte à croire que nos anciennes observations étaient parfaitement fondées. Famille des HÉSIONIENS Gr. (Sars, Schmarda). Genre STEPHANIA. And mnee très : palpi duo bimriihiti. cirri tentactdares 12. pedes dorsuales et ventrales discreti, setis fascicidi dorsualis linearibus, ventralis eomposUis, articidis modo brevibus modo longioribus, apieïbus curvatis. Maxilice desunt. Stephania flexuosa '. Nereis flexuosa Délie Chiaje, Mein. sugli anim. senza Vert. Il, p, 368, 100 et 424; Tav. xix, fig. S.— Descrizione e notomia, III, p. 97; V, p. 103, Tav. 129, lig. 8. PI. XII, fig. I. Corpus longitudine 38 mm ,latituMne {sine pedibus) 3 mm , subteres, antice etpostice atte nuatwn, segmentis 55 ; color Intrus rittis transversis albis quatuor, interdum albidus. Lo bus cephalicus parvus suborbicularis ; antennis, lateralibus brevibus, média brevissima. 1 Consacré à la mémoire de Slefano Délie Chiaje. (482) DU GOLFE DK NAPLES. 1 10 Ce curieux Hésionien vil en compagnie de l'Âckùloë astericola en épi- zoaire des ambulacres de ['Aslropeclen aurantiacus. C'est aussi là qu'il lui rencontré par Délie Chiaje. Il n'y a, eu effet, aucun doute que la Nereis flexuosa ne soil identique avec notre ver, malgré les nombreuses erreurs de la courte diagnose que ce savant a plusieurs l'ois répétée. Ses dessins sont d'ailleurs assez reconnaiss;ibles. Cette Annélide circule avec beaucoup de vivacité entre les pieds de l'Astérie, sous la protection des piquants de PEchinoderme. Il n'est pas Irès-facile de l'obtenir intacte, car, dans la vivacité de ses mouvements . dès qu'elle se sent poursuivie, elle se rompt spontanément en plusieurs fragments. L'immersion dans l'alcool, provoque aussi immédiatement sa rupture. La couleur de l'animal (lig. 1) est variable. Dans la règle elle est d'un fauve verdàtre, lavé quelquefois de brun violàtrc sur les côtés, avec quatre bandes blanches transversales. Ces bandes ne sont peut-être pas très- constantes dans leur position, mais paraissent formées cependant, le plus souvent, par le sixième segment sétigère, le neuvième, le quator- zième et le vingt-troisième. Telle est la coloration pour l'œil nu, mais l'emploi de la loupe la l'ait apparaître bien plus complexe. En elfet, le dos de chaque segment porte un système de lignes blanches, qui s'étend jusque sur la base des pieds. L'examen de la figure (1 A) en fera mieux saisir la disposition qu'une description détaillée. Fréquemment on ren- contre des individus entièrement blancs, ou au moins d'un jaune très- pale, qu'on pourrait être lente de prendre pour une autre espèce. Ce- pendant, en y regardant de près, on s'aperçoit que les dessins blancs caractéristiques de l'espèce existent encore comme des lignes incolores, sur le fond d'un blanc jaunâtre pâle. Ces individus ont donc tous les ca- ractères de vrais Albinos. Tous les individus albiniques, examinés par moi, étaient des mâles; tous les individus colorés, des femelles. Est-ce là une circonstance fortuite, ou s'agil-il d'une différence sexuelle constante'? c'est ce que je n'ose décider. Le lobe céphalique est arrondi ou plutôt en ovale transverse avec deux paires d'yeux noirs sur sa moitié postérieure. Le bord frontal porte deux petites antennes (483) 120 ANNÉLIDES CHÉTOPODES coniques. L'antenne impaire est implantée beaucoup plus en arrière sur un article ba- silaire. Elle est très-courte, cylindrique, brusquement atténuée à l'extrémité. Les pal- pes sont formés d'un article basilaire conique, fort épais, et d'un article terminal, grêle et conique. Le lobe céphalique, comme chez beaucoup d'autres Hésioniens, repose entièrement sur la partie dorsale du segment buccal. Celui-ci porte deux paires de cirres tentacu- laires, ainsi que chacun des deux segments suivants. Dans chaque segment la paire dorsale est plus longue que la ventrale, et le cirre dorsal du second segment est beaucoup plus long que celui du premier et que celui du second. Tous ces cirres tentaculaires sont filiformes et reposent sur un article basilaire cylindrique. La première paire de pieds sétigères apparaît au quatrième segment. Chaque pied (T B) est couvert de cils vibratiles sur toute sa surface, et divisé en deux rames dis- tinctes, à peu près égales. Chacune d'elles est soutenue par un acicule, à pointe héris- sée de courtes épines (1 C). La rame dorsale est conique emporte à l'extrémité, en dessus, un long cirre filiforme: en dessous, une languette épaisse et conique. La rame inférieure, plus large, se termine aussi par une languette triangulaire, en arrière de laquelle est le cirre ventral, relativement court. Les soies de la rame supérieure sont extrêmement nombreuses, simples et capillaires. Celles de la rame inférieure ont un arrangement spiral et sont toutes composées. Leur article terminal, cilié, diminue par une série très-régulièrement graduée, de la forme d'une serpe très-allongée (1 E) à celle d'une serpe fort courte (4 D). La présence de cils sur les pieds peut faire supposer à leur surface des phénomènes respiratoires [dus intenses que dans le reste du corps. Cependant le réseau vascu- laire (1 B) n'y est pas très-riche, et l'oxygénation ne pourrait guère concerner que la lymphe périviscérale. Le segment anal est terminé par deux longs cirres terminaux. Le nombre total des segments est d'environ 55. Cette forme établit donc une sorte d'intermédiaire pour la longueur entre la plupart des Hésioniens, qui sont oligomérés par excellence, et la Psamalhe cirrata lvef., à corps polymère. La trompe pénètre jusqu'au onzième segment. La paroi de la cavité périviscérale est couverte de cils vibratiles. C'est donc un nouvel exemple d'Annélide vasculaire présentant ce phénomène. Les œufs, d'un brun verdâtre, atteignent un diamètre de mm ,l l. (484) 1)1 GOLFE DE NAPLES. 121 Famille des SPIONIDIENS Sars. Genre SPIO O. Fabr. (Œrst. rev.) Spio Bombyx. Pi. XII, fig. 2. Corpus longitudine 38""*, latitudine 1 ', depressum. Lobus cephalicus elongatus, angulis frontalibus in lingulam utrinque productis, octdis quatuor in rectangulo sitis, minimis. Sègmentum primum setigerum uneinis validissimis utrinque armatum binis. Gîcmduîœ peculiares setiparœ in segmentis 5 ad II. Branchies in segmentis anterioribus permuîtis desiderata. Bien que mes observations sur celle espèce aient été faites d'une manière très-cursive, et présentent de grandes lacunes, je ne pense pas devoir les passer sous silence. En effet, les filières que je décrirai tout à l'heure, sont des organes trop exceptionnels pour ne pas mériter d'attirer l'at- tention des naturalistes. L'espèce sera d'ailleurs toujours facile à recon- naître tant elle présente de caractères particuliers. Elle ne paraît point rare à Naples. Du moins vit-elle en sociétés nombreuses. J'en ai reçu un jour des centaines ensemble, logées côte à côte dans des tubes de vase noire, comme le Spio fuliginosus. Le lobe céphalique est relativement assez allongé, avec ses angles frontaux dévelop- pés en deux cornes ou languettes latérales: il est légèrement étranglé en arrière de ces deux processus. Les yeux, au nombre de quatre, sont très-petits, situés en arrière et disposés en carré. Les cirres tentaculaires, renfermant un vaisseau aveugle, et con- formés comme chez tous les autres membres de la famille, sont d'une longueur assez variable, mais toujours médiocres pour des Spionidiens. Les rames pédieuses sont distiques, comme chez les autres Spio. Dans la région antérieure du corps, elles sont armées de longues soies, lus unes simplement capillaires (2 D, a), les autres élargies près de l'extrémité par un double limbe (2 D, b). En outre, le premier segment sétigère est armé à la rame ventrale, de chaque côté, de deux (485) 122 ANNÉMDES CHETOPOUES grosses soies (2 C) recourbées à l'extrémité en un croc vigoureux. Au quinzième seg- ment sétigère les soies changent. A la rame inférieure apparaissent des crochets (2 D, c) étranglés dans le milieu de leur tige et armés d'une dent sur le vertex. A ces crochets sont associées des soies subulées, légèrement arquées, à surface couverte de petites aspérités (2 D, d). Enfin la rame supérieure est armée de soies simples en baïonnette (2 I), é) avec limbe également couvert d'aspérités. Du 5 me au li me segment sétigère, on trouve, à la base de chaque pied, une vaste poche, comparable à celles des Polydores, mais à contenu bien différent. En effet, en outre d'une masse celluleuse, je vois dans chaque poche un écheveau de soies chilineuses, ténues et élastiques. Leur dia- mètre n'est que de 2 mir| . Lorsque ces soies sont peu longues (2 B), l'écheveau trouve à se loger dans l'intérieur de la poche, en décrivant seulement quelques sinuosités. Atteignent-elles une plus grande lon- gueur (2 A), l'écheveau se recourbe de manière à former une ou plu- sieurs boucles. Je ne saurais formuler aucune hypothèse sur les fonctions de ces singuliers organes qui doivent évidemment être rapprochés des écheveaux soyeux que j'ai décrits ailleurs chez le Polyodontes maxillosus. Les branchies commencent très en arrière, à un segment que je n'ai pas noté. Ce caractère rapproche celte espèce des Polydores plus que les autres Spio. Celte espèce offre un nouvel exemple d'œufs à auréole de vésicules, qu'il faut ajouter à ceux que j'ai déjà l'ail connaître chez différents Spio- nidiens. Ces œufs ont la forme de sphéroïdes aplatis (2 E), dont le plus grand diamètre est ,u,n ,13. L'enveloppe de l'œuf est épaisse, inco- lore, papillaire à la surface. Le vitellus est granuleux, avec une grande vésicule germinative sphérique et un nucléole également sphérique. Les vésicules incolores sont disposées au nombre de 18 ou 20 suivant un grand cercle. Le diamètre de chacune d'elles est d'environ H mi «. Sous l'action de l'eau douce (2 F), la membrane se dilate, et une couche de liquide s'accumule entre elle et le vitellus qui se différencie en même temps en deux masses: l'une centrale plus obscure, enfermant la vésicule germinative, l'autre périphérique et très-transparente. Les vésicules (480) DU GOLFE DE NAPLES. 123 restent pour un temps au moins engagées dans celle dernière, mais il est facile de s'assurer qu'elles adhèrent en outre au chorion, qui mérite d'ail- lem> plutôt le nom de membrane vitelline. Cette membrane subit en effet, en ce point (2 F, a), une traction qui l'infléchit en dedans. L'adhérence de la vésicule à la membrane, est due à un petit tube (2 H) qui met en communication la vésicule avec le monde extérieur. Ce tube est ici d'ob- servation aussi facile que chez VAonides auricularis Clprd. de Port- Vendres, où je l'ai décrit naguère, et par conséquent bien plus évident que chez la Nerinc Cirratulus (Lumbricus Cirralulus Délie Chiaje) et la Nerine aurisela Clprd. '. Genre POLYDORA Bosc. (LEICODURE Jolmsl. LEUCODURUM Œrst.) POLYDORA FLAVA. Corpus longitudine circa 2 cei ", dépression. Lobus cephalieus in procession fronkdem productifs, margine antico emarginato, angidis non productis. Oculi nidli. Cirri tentacu- lares médiocres. Mutatio sctarum ventraliwn in segmento septimo. Sefœ dorsuales in scg- mentis anterioribus 20 simiïes, in cœteris dissimiles. Cette Polydore vit dans le sable en compagnie de la Hyalinœcia rigida. Ses tubes sont formés par du sable agglutiné. La région antérieure est à peu près incolore, mais tout le reste de l'animal paraît d'un jaune assez vif. Cette couleur provient uniquement de l'intestin. Dans aucune partie du corps on ne trouve la moindre trace de pigment noir, si fréquent chez d'autres Polydores. Même les taches oculaires font défaut. La forme du lobe céphalique et du segment buccal ne ressemble que peu à celle des autres Polydores de Naples, mais rappelle en revanche beaucoup celle du Spio Mecznikowianus. Le processus frontal du lobe céphalique est seulement un peu moins allongé. Les crochets apparaissent à la rame ventrale dès le septième segment séti- gère. Les soies de la raine dorsale sont subulées, toutes semblables les unes aux autres dans les dix-neuf premiers segments. Mais à partir du vingtième segment, on 1 Les Spio paraissent abondants dans le golfe de Naples. Je possède des esquisses relatives à deux au- tres espèces, non encore décrites. Toutefois, comme je ne les ai étudiées qu'en passant, et qu'elles ne présentent aucune particularité anatomique importante, je préfère les passer sous silence. (487) 16 124 ANNE M DES CHÈTOPODES voit dans chaque pied s'associer aux soies normales un faisceau de soies capillaires plus courtes, extrêmement ténues et en nombre très-considérable. Les poches glandulaires caractéristiques des Polydores existent comme chez les autres espèces. Elles ressemblent à celles de la P. Agassizu. Elles apparaissent dès le sixième segment sétigère et se répètent à peu près dans toute la longueur du corps. Les œufs n'ont pas d'auréole de vésicules. L'axe de l'ovaire est occupé par un vaisseau. La particularité la plus intéressante de celle espèce concerne les soies du cinquième segment. J'ai remarqué ailleurs que chez la P. Agassizii, il existe au cinquième segment, en outre des grosses soies caractéristiques du genre, un petit faisceau de soies ventrales normales. Les grosses soies me paraissaient par conséquent devoir être considérées comme repré- sentant le faisceau dorsal modifié. Chez la P. antennata, j'ai fait une re- marque précisément inverse. Il existe, en effet, au cinquième segment, chez cette espèce, un petit faisceau de soies sétacées normales du côté dor- sal, et les grosses soies semblent donc résulter d'une modification du fais- ceau ventral. La P. /Java présente un troisième mode de distribution des soies. Il existe en effet chez elle, en outre des grosses soies caractéris- tiques du genre, un faisceau rudimenlaire de soies sétacées normales aussi hien du côté dorsal du cinquième segment que du côté ventral. Cette disposition prouve que les grosses soies sont en réalité une pro- duction à part, qui ne peut être identifiée ni avec le faisceau dorsal, ni avec le ventral. Famille des CHETOPTERIENS Aud. Edw. J'ai pu faire une élude assez complète de l'organisation de la fa- mille des Chéloplériens, grâce surtout à une récolte abondante de Chœ- lopterus variopedalus provenant de Pouzzoles el de Baja. Je réserve cependant les détails de cette étude pour un travail hislologique circon- (,488) IH GOLFE DE NAPLES. 125 stancié que j'espère bientôt publier. Je me contente pour le moment de remarquer que les données de Renier relatives au système circulatoire de ce singulier ver sont entièrement erronées, ainsi que je l'avais d'ail- leurs déjà présumé '. Tous les Chétoplériens du Golfe de Naples sont doués de propriétés phosphorescentes à un très-haut degré, particularité déjà bien connue pour le genre Chéloplère par les observations de Will et d'autres. L'in- tensité de la lumière produite, est vraiment surprenante. Un Chœtoplerus variopedatus, sorti de son lube de sable agglutiné, et légèrement irrité dans l'obscurité, devient lumineux dans tontes les parties de son corps, au point que tous les détails de sa surface deviennent apparents. Le mucus sécrété par les glandes cutanées, accumulées surtout sur le dos de la région moyenne, présente le pouvoir éclairant le plus considérable. En agitant l'eau autour du ver, on entraîne ce mucus dans tontes les par- ties du bassin, au point de rendre lumineuse la masse d'eau tout entière. Un bassin de verre ainsi illuminé par les traînées de mucus phospho- rescent, présente un spectacle vraiment magique. Je me borne pour le moment à la description d'un nouveau genre de la famille. Genre RANZANIA -. Lobus ceplialicus m lui m us: segmentum buccale in labwm permagnwm bUobwm expan- siidi. cirris teniactdaribus obsoletis. Corpus e regionibus duabus constans : anteriore de- 1 Je relèverai pourtant en passant une singulière monstruosité que j'ai rencontrée deux fois riiez des l'.lm optent» variopedatus, et que je n'ai pas observée jusqu'ici chez d'autres Annélides, à savoir l'atro- phie de l'une des moitiés d'un segment. Dans la région Ihoracique, les segments sont si bien fondus en une seule masse charnue que leurs limites ne sont plus apparentes et que le nombre des segments con- vtilulifs ne peut plus être reconnu que par relui des paires de pieds. Or il m'est arrivé de rencontrer deux individus dont le premier comptait, d'un rùté, neuf pieds, et de l'autre huit; le serond, d'un côté, dis pieds, et de l'autre huit. Je n'oserais dire s'il s'agissait de pieds surnuméraires ou, au contraire, de pieds atrophiés, car le nombre des paires de pieds thoraciques est inconstant chez cette espèce. Le nombre des segments de celte région ne peut donc être utilisé pour distinguer l'espèce de Naples de celle de Venise, pas plus que la présence de taches oculaires à la base des tentacules chez la première, ces taches étant si petites qu'elles ont facilement pu échapper à Renier et à M. Meneghini. 2 Dédié à la mémoire de Ranzani, dont les travaux ne sont pas sans importance pour l'étude des Annélides de la Méditerranée. (489) 126 ANNÉLIDES CHÉTOPODES pressa, pedibus simpUcibus, compressis, flabello setarum unico ; posteriore pedibus composi- tes instructa, ramo dorsuali in nonnullis foliaceo. in cœtcris cylindrico, aut conico, setis simpUcibus ; ramo ventrali duplice, uncinis permultis armai o. Ce genre esl voisin, soit des Telepsavus, soit des Spiochétoptères; mais il se distingue immédiatement des uns et des autres par l'absence des grands cirres lentaculaires que ceux-ci partagent avec les Spioni- diens. Du moins ces cirres n'existent-ils qu'à l'étal rudimenlaire sous la forme de deux tubercules très-peu saillants. Quant à la seconde paire de tentacules qu'on trouve chez les Phyllochétoptères, il n'en n'existe pas ici le moindre vestige. Ranzania sagittaria' . PI. Xl.fig. 1. Corpus longitudine circa J2° m ' subteres. Lobus cephalicus conicus, oculis duobus. Seg- menta thoracica uncinis destituta, pharetris vero instructa 12. Rami dorsuales segmenti 13' cylindrici, lé' foliacei, setas includentes ; cœteri conici setis destituti. Cette petite Annélide est fort commune dans le golfe de Naples, où elle vil en sociétés nombreuses dans des tubes formés de grains de sable agglutinés, très-semblables à ceux des Clymènes. Ces tubes ont tout à fait les dimensions de ceux du Phyllochétoplère social. Ce Chétoplérien serait digne d'une élude plus approfondie que celle que j'ai pu lui con- sacrer. Je puis cependant affirmer que les grands tentacules semblables à ceux des Spionidiens font défaut à ce ver, et que leur absence n'est point due à un simple accident. Le nombre des individus que j'ai examinés sous ce rapport, esl trop considérable pour qu'une erreur ait pu se glisser dans mes observations sur ce point *. * Ce nom spécifique fait allusion aux pieils de la région antérieure, dont la forme rappelle celle d'un carquois plein de flèchps. ' J'ai accordé à cette absence des tentacules une attention toute spéciale. J'avais, en effet, présente à l'esprit la mutilation si fréquente des Phyllochétoptères, qui avait fait dénier les grands tentacules à ce genre par M. Grube, quoiqu'à tort. Je savais que M. Leuckart a décrit une Polydore, accidentellement privée de ses tentacules, sous le nom de Leucodore mulica. Je savais, en outre, par ma propre expé- rience, combien les tentacules sont caduques chez les Polydores, les Nérines, les Spio, les Phylloché- toptères et les Telepsavus. Mais, malgré tout, j'ai dû me convaincre que les Ranzania n'ont que des tentacules rudimentaires, à peine appréciables. (490) s DU GOLFE DE NAPLES. 127 Le lobe céphalique est extrêmement petit et repose on entier sur le segment buc- cal qui le dépasse même beaucoup en avant. Il a la forme d'un cône surbaissé et offre de chaque côté une tache oculaire noire. Le segment buccal apode porte sur le dos deux tubercules arrondis (fig. I, b), présentant chacun une cavité intérieure. Ce sont les vestiges des tentacules si développés chez d'autres Chétoptériens. Le bord inférieur et antérieur du segment buccal s'étale en une large lèvre bilobée (à) qui dépasse, ainsi que je viens de le dire, les limites du segment buccal en avant. Cette lèvre inférieure forme avec le lobe céphalique une sorte d'entonnoir au fond duquel est située la bouche. Le thorax est formé par douze segments dont chacun porte une paire de pieds (I Bt en forme de pharètre pleine de soies simples. La partie terminale plus ou moins lan- céolée de ces soies varie de forme, suivant une série parfaitement graduée dans chaque pharètre. La fig. 1 B représente cette série au complet. La fig. 1 H reproduit à un plus fort grossissement celle des soies où la partie élargie offre le maximum d'expan- sion. Comme chez les autres Chétoptériens, les pieds du quatrième segment sétigère sont conformés autrement que les autres. Ils sont beaucoup plus larges et moins sail- lants. Chacun de ces pieds (1 A) renferme deux groupes de soies. L'un est formé par de fortes soies cylindriques rectilignes, dont les unes sont simplement subulées (a), les antres élargies à l'extrémité en une massue obliquement tronquée (b). L'autre com- prend des soies très-aplaties (c), cultriformes, à extrémité amincie et légèrement re- courbée. Toutes ces soies sont plongées dans un tissu aréolaire (d) qu'on prendrait au premier abord pour du cartilage. Cependant ce tissu, dont les mailles ont un diamètre d'environ lO mi ' r , est éminemment contractile. Les palettes uncinigères ventrales (rames ventrales) commencent au treizième seg- ment sétigère. Elles portent des plaques onciales pectinées (1 F), auxquelles viennent s'attacher de forts tendons chitineux. Ces plaques onciales, aux dents vigoureuses, res- semblent beaucoup plus à celles des Chétoptères qu'à celles des Telepsavus ou des Phyllochétoptères. Tous les segments thoraciques sont à peu près égaux entre eux, sauf le quatrième. En revanche le treizième segment (1 er abdominal) est une fois et demie aussi long que chacun des précédents. Le quatorzième et le quinzième sont chacun six ou sept fois aussi longs que chaque segment thoracique. Les segments suivants redeviennent beau- coup plus courts. La rame dorsale du treizième segment a la forme d'un long cylin- dre (1 D, à); l'axe en est occupé par deux ou trois soies dont l'extrémité en forme de fer de lance fait légèrement saillie au sommet de la rame. Celle du quatorzième seg- menta la forme d'une large palette triangulaire, placée verticalement (1 C). Le bord de 128 ANNÉLIDES CHÉTOPODES la palette est renflé en un bourrelet chargé de cils un peu plus vigoureux que ceux qui recouvrent le reste de la surface du corps. Ils sont en revanche plus faibles que les franges vibratiles des organes correspondants chez les Telepsavus et les Phvllo- chétoptères. Dans l'épaisseur de la palette est logé un faisceau de soies capillaires fort ténues. Les rames dorsales du reste de l'abdomen sont bien moins développées. Ce sont des processus coniques (1 E) dans l'intérieur desquels on trouve tout un ré- seau de brides contractiles, mais point de soies. A leur base est un corps glandulaire (1 E, b) brunâtre, qui fait sans doute partie de l'organe segmentaire. Le tube digestif est conformé comme dans les autres Chétoptériens. Après un long œsophage rectiligne, vient une partie très-sinueuse du tube, qui occupe le quatorzième segment et une partie du quinzième. An milieu de ce dernier commence l'intestin hé- patique, de couleur verte. Le dos du treizième et du quatorzième segment est recouvert par ces mêmes glan- des mamelonnées qui produisent chez la plupart des Chétoptériens un mucus phos- phorescent. Les tissus de la Ranzania sagùtaria renferment un grand nombre de follicules bacillipares (1 G, a) et présentent comme ceux de tant d'autres Chétoptériens la par- ticularité de décharger une foule de filaments contournés 1 1 (i, b) dès que l'animal est irrité. Famille des TÉRÉBELLIENS Grube (Qtrfg. rev.) Certaines erreurs analomiques semblent reparaître périodiquement dans la science. A propos de la Terebella Meckelii, j'ai remarqué, dans une Note de mes « Annélides chétopodes de Naples » qu'il était à peine nécessaire d'insister sur l'anangie de ses tentacules. Aucun Térébellien ne renferme, en effet, de vaisseau sanguin dans ces organes. Les don- nées de M. Williams, à cel égard, sont aussi erronées que celles de Rathke au sujel des tentacules des Amphicléniens. Mais voici la vascu- larité des tentacules remise en avant par M. Achille Costa ', à propos de ' Anmmri» del Muse» zuulogico d. r. Univ. di Xapoli, da Achille Costa, Anno IV, 1864. Napoli, 1867. P. 63. (492) 1)1 GOLFE DE NAPLES. Î29 sa Pallonta rapax, qui n'est autre chose que la Terebella Meckelii (Am- philrite Meckelii Délie Chiaje) elle-même, Ce savant insiste sur l'excel- lence de son genre Pallonta, basé précisément suc l'existence de ce vais- seau sanguin dans chaque tentacule. .Mes recherches précédentes, sur celte Annélide, ne me laissaient aucun doute sur l'erreur contenue dans celle assertion. Cependant je n'ai pas négligé de renouveler mes obser- vations sur ce point, et je suis obligé, n'en déplaise à M. Costa, de nier formellement toute vascularilé des organes en question. Je ne puis m'ex- pliquerla méprise du savant napolitain, que par la couleur d'un fauve rougeâtre, spéciale aux tentacules de la Terebella Meckelii. Toutefois celle couleur ne provient point du sang, mais bien de granules pigmenlaires . Seule, la lymphe périviscérale pénétre dans les tentacules, chez tous les Térébelliens. Genre AMPHITRITE O.-F. Mûller (Malmgr. rev.) Le nom d'Amphitrite est un de ceux dont il a été l'ait l'abus le plus grand dans la science. Il a été appliqué aux vers des familles les plus diverses, et il a fini par tomber dans le discrédit et l'abandon. Toutefois, après une nouvelle étude de l'espèce typique, VA. cirrata O.-F. Mùll., des mers arctiques, M. Malmgren a cru pouvoir ressusciter le genre. Il se distingue des Térébelles par la circonstance qu'au moins une partie des soies capillaires des pharètres, présentent, à la suite de la région hi- limbée normale, une sorte de baïonnette terminale à bord finement dénié en scie. En outre, les écussons ventraux, souvent peu distincts chez les Térébelles proprement dites, sont ici larges et nettement délimités. Peut-être aurait-il mieux valu ne donner à celle coupe que la valeur d'un sous-genre. AMPHITRITE INCANA. PI. XIII, fig. G. Corpus pàttide roseum, longitudine circa ai)""", latitudine circa *""". inter thoracem et abdomen constrictum, loris uncinigeris latissimis, sentis ventredibus J:i-15. Lobus cepha- (493) 130 ANNÉUDES CHÉTOPODES licus utrinque potie teutamla in lobuhim verticalem subrotundaium ptodactus. Tentacula candida, numerosissima, maxime extensilia. Pharetree in 24 segmentis. Branchiœ raber- rimce très œquales, a stipite crassiore fascicidatim ramosce. Tubas crassus ex argilla vel lima tenui eonfeetus. Celte espèce se reconnaît, à première vue, au milieu de tous les Té- rébelliens du golfe de Naples, à son tube d'argile, à sa couleur d'un rose tendre un peu laiteux, aux dimensions extraordinaires de ses tores un- cinigères, et surtout au nombre et à la largeur de ses tentacules blancs, susceptibles d'une extension extraordinaire. J'ai dû, dans la plancbe, res- treindre de moitié la longueur de ces organes. C'est dire qu'ils peuvent devenir au moins trois fois aussi longs que le corps lui-même, et da- vantage. Ce magnifique animal se reconnaît au premier coup d'oeil. La famille des Térébelliens est certainement une de celles où la colora- lion a le plus d'importance. Considérez-la dans les musées, elle semble offrir une monotonie extrême, et la détermination des genres et des espèces exige un travail minutieux. Au bord de la mer, en revanche, chaque espèce se reconnaît à première vue, tant les différences de faciès sont considérables. Le lobe céphalique forme en dessous des tentacules une lèvre supérieure très-sail- lante et arrondie. En outre il s'élève de chaque côté en un lobe membraneux arrondi, un peu plus petit que la lèvre proprement dite, mais placé en arrière des tentacules. La base de ces organes ou du moins de ceux qui occupent les côtés est donc com- prise entre deux lobes membraneux : la lèvre supérieure en avant et le lobe latéral en arrière. Cette disposition remarquable n'existe pas chez cette espèce seulement, car elle est signalée par M. Malmgren chez plusieurs Amphitrites. Le segment buccal est achète et forme en dessous la lèvre inférieure arrondie. Les deux suivants sont larges, également achètes, et présentent sur le dos les deux premières paires de branchies. Le quatrième segment porte la troisième paire de branchies et de chaque côté la première pharètre, mais pas de tore uncinigère. Ce segment est fort étroit et à peine perceptible du côté ventral. Le troisième segment offre en des- sous de la tige de la branchie, et le quatrième en dessous de la pharètre, une papille cylindrique très-saillante que je n'ai pas aperçue dans les autres segments. Ce sont sans doute les ouvertures d'organes segmentaires. Les vingt-trois segments suivants (494) DU GOLFE DE NAPLES. 131 sont tous porteurs de pliarétres. La région Ihoraeique compte donc en tout vingt-sept segments dont vingt-quatre à pliarétres. Les soies (G B) ont l'appendice terminal à fine serrature, caractéristique du genre. Cependant je trouve en outre, dans chaque pharètre, un certain nombre de soies auxquelles celte serrature fait défaut et qui se terminent par un simple filet volnble. Les tores uncinigères commencent au cinquième segment. Leur largeur est extra- ordinaire, au moins dans la région thoracique, et ils repoussent les pliarétres fort haut sur le dos. Les dimensions exceptionnelles de la région latérale du corps frappent donc à première vue, les tores se distinguant soit à leur relief et à leur rigidité, soit à leur couleur un peu jaunâtre. Les crochets aviculaires (6 A) ont le rostre long et pointu, avec le vertex strié par trois ou quatre crêtes '. Les six premières paires de tores ne portent qu*une seule rangée de crochets, tous rétrogrades. Dans tous les tores suivants (c'est-à-dire à partir du onzième segment), soit au thorax, soit à l'abdo- men, les crochets sont disposés en deux rangées engrenantes, l'antérieure progres- sive, la postérieure rétrogressive. Au thorax, j'ai compté jusqu'à soixante crochets dans une seule de ces rangées, ce qui fait deux cent quarante pour un seul segment. A l'abdomen, ils sont beaucoup moins nombreux. Chez tous les individus, une constric- tion profonde, remarquable surtout sur le dos, sépare le thorax de l'abdomen. Le premier écusson ventral est au troisième segment. J'en compte treize à quinze. Il n'est guère possible d'en fixer avec exactitude le nombre. En effet, très- larges dans les premiers segments, ils se rétrécissent rapidement en arrière, et les derniers, encastrés entre les tores uncinigères, forment un relief à peine sensible, sur le fond du simple sillon qui sépare plus en arrière les deux rangées de tores l'une de l'autre. Les branchies sont grandes, rameuses, d'un rouge très-vif, par suite du sang qu'elles renferment, et à peu près toutes d'égale grandeur. J'ai beaucoup hésité à réunir cette espèce à YAmphilrite Johnsloni Malmgr. * Sauf sa taille beaucoup plus grande (parfois jusqu'à 150 mm ), celle espèce septentrionale paraît se rapprocher beaucoup de Y À. incana de Naples. Presque tout ce qu'en dit M. Malmgren s'applique à noire es- pèce. Malheureusement ce savant n'a étudié que des individus conservés 1 Chez Ions les Térébelliens, ces crêtes apparentes dans la vue de profil, paraissent ducs à des rostres secondaires, placés à droite et à gauche du rostre principal • Njrdisku Hafs Antidater. — Ojfversigt ai k. V:t. \UA. Forh. 1835, n° 5, p. 377. Tab. XXI, fig. 51. (405) 17 132 AXXÉLIDES CHÉTOPODES dans l'alcool. Rien par conséquent dans sa description de la couleur ro- sée du corps, si caractéristique; rien de la blanche perruque de larges tentacules. Cependant, l'examen de la figure publiée par M. Malmgren ne m'a pas autorisé à réunir les deux espèces. Les tores uncinigères de VA. Johnstoni, bien que larges, sont loin de présenter la largeur de ceux de l'espèce napolitaine. Puis les segments paraissent être d'une longueur exceptionnelle dans la première, tandis qu'ils sont d'une brièveté tout aussi remarquable dans la seconde, ce qui entraîne un port entièrement différent. Enfin, l'étranglement profond entre le thorax cl l'abdomen, caractère qui se conserve fort bien dans l'alcool, parait faire défaut à l'espèce septentrionale. M. Malmgren ne nous dit pas si VA. Johnsloni ha- bite un tube d'argile '. Famille des AMPHARÉTIEKS Malingr. Genre AMPHICTEIS Grube. (CROSSOSTUMA Gosse.) A.MP11ICTEIS CURVIPALEA. pi. xiii, fig. 5. Corpus longitudine 30 mm . îafdudine S'"~°,~>, postice valde attenuatum. Lobus ceplialkus antice truncatus, sulco midio longitudinali. Tcntivtla circiter viginti, filiformia, subtus ciliata. Sctœ /lu 1 ' Morum segm nti secundi In'/,-. In; vior î, apice < tirvo. Branchies utrinque quatuor filiforiu s. segm nto secundo tertioque insidentes. Segmsnta pharetris dorsualibus fasciculum setarum capïllarium includ ntibus munita 16, quorum anteriora duo pinnulis uncinigeris curent. Pharctrœ cirro brevissimo cl a rat o instructee. Segmenta abdominalia pharetris destituta pinnulis vero instructa lé. Segmentant postremum cirros 2 anales gerens. Toutes les espèces d'Amphictcis jusqu'ici décrites, sont ou de la mer 1 II vaut peul-étrela peine île remarquer que l'espèce typique du gcmre, l'A. cirrata 0.-F. Mûll., ha- bite un lube d'argile, comme VA. iucana de la Méditerranée. (.iOG) DU GOLFE DE NAPLES. 133 du Nord et de la mer Glaciale, on de la Caspienne. Il était à présumer, toutefois, que ce genre ne fait pas défaut à la Méditerranée '. On ren- contre, en effet, ça et là dans le golfe de Naples, vivant dans un tube d'argile fine, une espèce fort voisine de l'Âmphùrile Gunncri (Âmplticteis Gunneri Sais) des mers du Nord. La description très-circonstanciée que M.Sars nous a donnée de celle dcrnière,-s'applique, pour la grande ma- jorité des détails, à l'espèce napolitaine. Elle s'en éloigne sur quelques points d'appréciation peut-être difficile, comme le nombre de scgmenls porteurs de branchies. Toutefois, la forme entièrement différente du se- cond segment, montre jusqu'à l'évidence qu'il s'agit d'une espèce bien distincte. Le lobe céphalique (fig. 5) est tronqué en avant par une éehancrure concave, et échancré également sur les cotés. Sur la ligne médiane il est creusé d'un sillon large et profond. En arrière il porte deux agglomérations de petits points noirs (oculaires?). Ce lobe céphaliqne recouvre la base des tentacules buccaux qui sont au nombre d'une vingtaine environ et susceptibles d'être rétractés dans la bouche. Ces tentacules, bien que relativement courts, sont très-si mblables à ceux des Térébelliens. Leur surface dorsale convexe est à peu près glabre, semée seulement de quelques rares soies tactiles ; leur surface ventrale, creusée d'un sillon dans toute sa longueur, est au con- traire couverte de cils vibratiles s destines à conduire à la bouche les particules nu- tritives. 1 II s'y trouve d'ailleurs une Annélide fort voisine, le Sabellidei adspersnsGr . découvert par M. Grulie à Lussin piccolo Les ailleurs récents restreignant, avec raison, |e genre Sahellidcs aux espèces i!ont les tentacules sonl pennes, !eS. adspersus ne saurait plus en faire partie. M. de Qualrefages n'a pas aperçu, dans son Histoire (h*s Annelès, relie contradiction entre 1rs caractères rie l'efpèce el cens du genre. Il s'est glissé d'ailleurs dans l'ouvrage de ce savant une confusion de termes qui pourrai! tromper le lec- teur. Dans la d agnose du genre, l'auteur indique 1rs tentacules oraux sous le nom rie brantliirs pennées, elles véritables branchies sous celui rie cirres filiformes (d'après Sars). Dans les diagnoses d'espèces, les premiers portent, au contraire, le nom de eirres lenlaciihircs, el les seconds celui de branc/ties. — Le Sibelliiles adspersus Grube me paraît devoir rentrer dans le genre Samytlia Malmgr. 8 Je dois faire à ce propos une remarque importante. M. Malingrcn, qui a enrichi la l'amille des Am- pharéliens d'un grand nombre rie genres, attribue à une partie de la l'amille ries tentacules ciliés, ainsi aux genres Ampharele cl Subellidés. Au reste rie la famille (genres Âmpliirleis, Lysippe, Sosane, Aiioy/c, Samgllia, Melinna) il attribue des tentacules lisses. I.e terme rie cilié, employé par M Malmgrcn, n'est pas dans ce cas fort heureux. H ne doit point s'entendre rie cils vibratiles, comme icu\ que je décris ici, mais bien de ramifications latérales distiques, tout à l'ait comparables aux barbnles îles branchies liiez les Serpuliens. Il esl probable que tous les Ampliaiélicus oui la surface *cnlrale des tentacules ciliée, c'est-à-dire couverte de cils vibratiles. (497) 134 ANXÊLIDES CHÉTOPODES Le segment buccal est achète comme dans le reste fie la famille. Il est profon- dément échancré en avant, du côté dorsal. Le second segment porte de chaque coté un éventail de palées. Ces palées, peu nombreuses, sont de grosses soies (5 B, a), finement striées en long et en travers, et recourbées à l'extrémité en une pointe obtuse. Lorsque la palée est jeune, la pointe est étirée en un long bec très-acéré (b) qui parait être fort fragile et caduque. Du moins n'en retrouve-t-on pas trace dans les palées adultes. Les 16 segments suivants présentent des pharètres sétigères, ce qui porte à 18 le nombre total des segments thoraciques. Ces pharètres sont bilobées à l'extrémité et ornées en dessous d'un petit cirre terminal (5 A, a), renflé en massue au sommet. Peut-être cet organe, qui existe aussi chez l'A. Gunneri, ne mérile-t-il pas le nom de cirre. Du moins la cavité périviscérale se prolonge-l-elle dans l intérieur. Le prétendu cirre pourrait bien servir à l'évacuation des éléments reproducteurs. Le faisceau est formé par des soies capillaires, bimarginées près de l'extrémité (5 C), de manière à paraître comme lancéolées. Les tores uncinigères (5 A,B) qui commen- cent au quatrième segment, sont développés en véritables pinnules, dans l'intérieur desquelles les œufs pénètrent aussi bien que dans les pharètres. Les plaques onciales sont distribuées en une seule rangée, en nombre considérable (jusqu'à 135 et au delà) sur chaque tore. Elles sont hautes de 35 n,icr , munies de cinq derts crochues très- vigoureuses et d'une sixième fort petite (5 D). Celle forme parait d'ailleurs très- générale dans le genre Ampliicleis. L'abdomen est formé de 14 segments privés de pharètres, mais à pinnules ven- trales fort saillantes. Les plaques onciales ont la même forme qu'au thorax. Le dernier segment (5 E) se termine par deux longs cirres filiformes comme dans les autres espèces du genre. Les branebies sont au nombre de quatre paires et me paraissent portées par le se- cond et le troisième segment. (Chez l'A. Gunneri elles apparliennent, d'après M. Sars, au troisième et au quatrième '.) Elles sont filiformes, assez larges à la base. Elles paraissent verdàlres, grâce au sang d'un beau vert qui remplit les vaisseaux. En outre elles sont annelées d'un grand nombre de taches transversales brunes. Des taches ana- logues, mais plus diffuses, sont d'ailleurs semées sur tout le dos de l'animal. L'ce>ophage s'étend en ligne droite dans les six premiers segments. L'estomac de couleur brune dans lequel il débouche, s'étend jusque dans l'abdomen. 1 M. Malmgren les indique comme portés par les segmenls 3, i el 5 ; mais il ne faut pas oublier que son 3" w segment correspond au second de M. Sars, et son 5 mc par conséquent au 4 me . 11 compte, en effrt, deux segmenls achètes et pas un seul, opinion que je ne saurais partager pour l'espèce méditer- ranéenne. (498) DU GOLFE DE NAPLES. 135 Famille des SERPULIENS Burin. Dans mes « Annélidcs de Naples,» je n'ai admis que deux tribus dans celle famille : celle des Sabellides et celle des Serpulides. La Iribu des Eriographides, dans le sens de M. Malmgren, ne me semblait pas suffi- samment séparée des Sabellides. Aujourd'hui, après une élude appro- fondie des genres Myxicola cl Leplochone, je serais moins éloigné de l'opinion de M. Mahngrcn, que précédemment. Il est certain, tout au moins, que les Ériographides avec leur tube muqueux, la conlracli- lilé extraordinaire de leur corps, la forme particulière de leurs soies, forment un petit groupe très-particulier. Toutefois, je ne saurais les sé- parer des Amphiglèncs, qui n'ont pourtant pas de membrane inlerbran- cbiale. Les Leptochoncs en ont du moins le port, le genre de vie, la pro- gression à reculons. Tous ces vers ont d'ailleurs une particularité qui fait défaut aux vrais Sabellides. C'est que leurs deux glandes mucipares, logées dans le thorax, se réunissent pour former un tube excréteur com- mun, qui vient s'ouvrir à la base des branchies, sur le dos de l'animal, par un pore unique. Chez les Sabellides, ces deux glandes restent au contraire entièrement séparées, et s'ouvrent à l'extérieur, chacune pour son compte, à la base des pieds du premier segment sétigère. C'est donc le caractère tiré de ces glandes que je choisirais de préférence à celui de la membrane inlcrbranchiale, pour distinguer les Ériographides. Il me permet en effet de comprendre dans ce groupe les Amphiglènes, chez lesquelles j'ai déjà décrit dans mes « Glanures » la réunion des glandes lubi pares en un tube excréteur commun, à une époque où je ne connais- sais, il est vrai, pas encore les homologies de ces glandes. Par la réunion des deux glandes lubipares, pour former un tube ex- (499) 13G ANNE Ll DES CllÉTOPODES créteur dorsal, les Ériographides se rapprochent de la tribu des Serpu- lides, chez laquelle j'ai constaté la même disposition. La position nor- male des Eriographides est par conséquent entre les Sabellides et les Serpulides. Au point de vue de l'ouverture de ces glandes à la base des pieds, les Sabellides donnent la main aux Térébellides,et ils représentent, dans tous les cas, la forme phylogénétiquement la plus ancienne de la famille, puisque le type de l'organe segmentairc est conserve chez eux pour les glandes tubipares. Du reste, même chez les Ériographides et les Serpulides, chacune de ces glandes conserve la forme typique d'un boyau recourbé dont les deux branches, il est vrai souvent très-plissées, sont accolées l'une à l'autre. J'ai exposé naguère les variations fort nombreuses du Spirographis Spallanzanii, variations qui m'ont conduit à réunir plusieurs espèces distinguées par les auteurs. Ces variations vont encore plus loin que je ne le pensais alors. J'avais vu le nombre des segments thoraciques tou- jours de huit, mais aujourd'hui je possède des exemplaires à 7 et même G segments thoraciques seulement. C'est d'ailleurs ce que savait déjà M. Grube. II me semble donc difficile maintenant de séparer la Sabella Josephinœ Grube et le Spirographis longispira Qlrfg. du Spi- rographis Spallanzanii Viviani. J'ai indiqué le sillon copragogue du Spirographis Spallanzanii comme ventral dans toute sa longueur, mais se perdant insensiblement en avant. En examinant un grand nombre d'individus, je me suis pourtant assuré que ce sillon passe bien au thorax sur le côté dorsal, comme chez tant d'autres Sabellides, seulement, il est si peu marqué, qu'il est souvent presque impossible de le reconnaître. Chez les individus contractés par l'action de. l'alcool, celle partie du sillon devient, en revanche, beaucoup plus facile à reconnaître. (500) DU GOLFE DE NAPLES. 137 TRIBU DES SABELLIDES. Genre BRANCHÏOMMA Kœll. (Clprd. em.) Branchiomma vigilans. PI. XIV, fig. 3. Corpus <>°°°' longnm {sine branckiis), latitudine 6""", roseum, albo punctidatinn, segmen- tas circa 140. Collare 4-lobum. Branchiœ magnce, oculis sphœricis ornatœ, apicibus lon- gissimis. Segmenta thoracica octo. Antennce brcrcs, basi crassiuscula. Tubus argillaceus. Je n'ai rencontré que trois fois ce magnifique Branchiomma, mais toujours dans les mêmes conditions, à savoir comme épizoaire de l'.4- phrodita aculeala. Son tube, formé d'argile recouverte en dedans d'une substance organique, est logé sous la voûte de poils feutrés de l'Aphro- dite. Dans les trois cas observés, l'extrémité postérieure du tube était fixée près delà tète de l'hôte. L'extrémité opposée sortait, dans deux des cas, au-dessus de l'anus de l'Aphrodite, et dans le troisième, sur le côté, entre deux pieds, non loin de l'extrémité postérieure. Le thorax compte 8 segments sétigères. Les tores uncinigères portent des rangées de crochets aviculaires (3 A) et de soies en javelot (soies en pioche Qtrfg.) qui ne s'écartent guère de celles des espèces voisines. Les soies en javelot sont régulièrement lancéolées. Le sillon copragogue parcourt le milieu du thorax sur le dos. Il le quitte immédiatement après le huitième segment pour se diriger vers le côté droit et passer obliquement à la lace ventrale dont il atteint la ligne médiane au dixième segment. A partir de là il parcourt la ligue médiane ventrale jusqu'à l'extrémité postérieure du ver. La collerette est divisée en quatre lobes, sans parler des deux lobes dorsaux qui en sont complètement distincts. Elle est très-pointue en avant, du côté ventral. Les deux antennes, soit tentacules ciliés, sont courts et triangulaires. Les branchies s'élèvent en un superbe panache rose formé d'une quarantaine de branches. Lorsque l'animal est à l'état de repos, tous les filets branchiaux décrivent une !501) 138 ANNÉL1DES CHÉTOPODES courbe semblable en retombant élégamment en dehors. Leur ensemble forme une sorte de vase comparable a la corolle d'un convolvulus. Seuls, les deux filets bran- chiaux placés à droite et à gauche de la ligne médiane dorsale, restent constamment dressés (Cf. fig. 3), comm:3 cela a lieu aussi chez les autres espèces du genre. Ils portent des yeux trois fois aussi gros que les autres. La fig. 3 B représente l'extrémité d'un filet branchial ordinaire, chez le B. vigilans, au grossissement de 125 diamètres. On voit que l'œil est sphérique ou à peine légèrement piri forme. Il n'est point terminal comme dans le B. Kôllikeri, ni subterminal comme dans le Br. vesiculo- sum, mais il est dépassé par un long prolongement de la lige de la bran- chic, qui ne porte, il est vrai, plus de rameaux. La surface de ce dernier est hérissée de poils tactiles clair-semés. L'axe cartilagineux se continue sans interruption jusqu'à l'extrémité de ce prolongement, de même que le vaisseau branchial. L'œil composé est formé d'un très-grand nombre d'ocelles juxtaposés, à cristallin piriforme, entouré d'une gaine de pig- ment violet. Sur le côté de l'œil, qu'on peut appeler interne par rapport à l'entonnoir formé par l'ensemble des branchies, les ocelles sont serrés les uns contre les autres, sans laisser subsister d'espace vide. Sur le côté opposé, au contraire (i\<^. 3 B), on voit tout une zone longitudinale dépourvue d'ocelles. Cette zone est la région par laquelle l'œil composé est soudé à la branchie. L'œil n'est en effet point traversé par la lige branchiale suivant son axe, mais il est appliqué contre la surface interne de celle lige. Il ne résulte de cette disposition aucun désavantage relatif pour la vision. En effet, lorsque les branchies sont entièrement étalées (fig. 5), leurs extrémités se recourbant en arc de cercle, le côté interne porteur de l'œil, se trouve tourné en dehors. Les gros yeux des deux branchies dorsales sont conformés comme les autres, seulement le nombre des ocelles est plus considérable. Comme chez les autres Bran- chiomma l'acuité de vision est fort grande. Le moindre mouvement de la main ou de la lèlc fait rentrer précipitamment l'animal dans son lube. L'axe cartilagineux (3 C) de chaque lige branchiale a un diamètre (502) DU GOLFE DE NAPLES. 139 d'environ 0,12 m,n . Il est composé de plusieurs rangées de grosses cel- lules à épaisse paroi, dans lesquelles le protoplasma, accumulé autour du nucléus, envoie de nombreux prolongements ramifiés jusqu'à la paroi. Les axes des rameaux branchiaux secondaires sont formés par des cel- lules cartilagineuses, dont les trois ou quatre premières décroissent très- régulièrement de diamètre (6), à partir de la première qui est au moins aussi grosse que les cellules de l'axe principal. Genre SABELLA Linn. (Sars rev.) Sabella brachychona. PI. XIV, fig. 5. Corpus teretiusculum, longitudine 6"", gracile (latitudine 18 im longitudinis partent cequante), segmentis 130-140. Collare humillimum, dimidiatum. Branchiarum paria vidgo vigiuti, punctis ocidaribus hullis, fasciis transversis circiter 15, fuscis, latitudine sextant, longitudinis corporis partent cequante. Tentacula duo. Uolor flavo-carneus. Tubus carti- lagineus. Cette espèce frappe immédiatement par la brièveté de ses branchies qui atteignent à peine l cent de long, pour une longueur de six centimètres du corps, branchies non comprises. Le nombre des filets branchiaux est d'une vingtaine de chaque côté. Ils sont entièrement dépourvus de taches oculaires, mais sont ornés d'une quinzaine de bandes brunes. L'axe de chaque filet branchial est formé par des cellules cartilagi- neuses beaucoup plus petites que celles de la plupart des autres Sabellides. Aussi, tandis qu'on ne compte que d'une à trois rangées de cellules dans la largeur de l'axe chez la plupart des espèces, j'en trouve jusqu'à cinq ou six chez cette Sabelle (5 A, a). Ces cellules sont très-déprimées et superposées comme des briques dans une muraille. Les cellules cartilagineuses de l'axe, dans les rameaux secondaires de la branchie, sont beaucoup plus grandes (b) et plus globuleuses, du moins les quatre premières dans chaque rameau. La première de toutes est presque sphérique; les suivantes ont la l'orme de sphéroïdes aplatis. La seconde et la troisième sont les plus larges de toutes. Les antennes sont au nombre de deux et renferment chacune un vaisseau aveugle. Un autre caractère fort sadlant est la brièveté du thorax qui ne compte que six segments, chiffre relativement rare chez les Sabelles. Le sillon copragngue court sur la ligne médiane ventrale, de l'extrémité postérieure jusqu'au huitième segment. (503) 18 140 A.WÉLIDES CHÉTOPODES De là il passe obliquement sur lé côté droit, remonte sur le dos et atteint la ligne médiane au milieu du sixième, pour se continuer en avant sur le milieu du thorax. Les crochets aviculaires (fig. 5, a) ont le rostre très-aigu, avec une crête striée sur le rostre. Au thorax ils sont accompagnés de soies en pioche (b), marginées près de l'extrémité, au point d'en devenir sécuriformes. Chacune d'elles sort par une ouverture ou fente spéciale. La collerette est peu saillante et divisée seulement en deux moitiés. La couleur générale est d'un rose clair, tirant sur le jaune, surtout aux boucliers ventraux. Le tube est résistant, mais formé par une matière semi-transparente, à peu près incolore, ressemblant à du cartilage. THIBL DES ÉKIOGUAPHIDES. Genre MYXICOLA Koch. (Char, emend.) (Non Sars, née Mlmgr.) Corpus crassum muciparum, cottare million : tori uncmigeri prommentes nulli; uncini in anteriore corporis parte desiderati, in posteriore numerosissimi, brevissimi, seriem a dorso usque ad ventrem (i. e. tam supra quam infra fascieulnm setarum capUlarium) ex- tensam componentes. Branchies semiorbem iftrinque formantes, partim mit fere totœ ente connexes, pinnulis dorsualibus nuîlis, punctis ocularibus mdlis. Tentacula duo minuta. Celte diagnosc est empruntée, en majeure partie, à celle que M. Sars publia dès 1801. Toutefois, j'ai dû lui faire subir certaines modifica- tion*. Le type du genre Mijxkola Koch est en effet une espèce de la Mé- diterranée, que M. Grube surtout a décrile d'une manière très-recon- naissable, et que les auteurs identifient à tort ou à raison avec VAmphilrite Tnfundibulum Mont. Soit M. Sars, soit M. Malmgren, ont senti le besoin de définir le genre un peu plus complètement que ne l'avaient fait MM. Koch et Grube. Malheureusement les savants Scandinaves ne con- naissaient pas l'espèce-lype par eux-mêmes, et ils ont introduit dans leur diagnose des restrictions qui auraient pour effet d'exclure du genre Myxicole l'espèce-type. En effet, ils attribuent aux Myxicoles, dans la ré- (504) DD GOI.FE DE NAPLES. 141 gion antérieure (thorax), des crochets différents de ceux de la région postérieure el munis d'un long manubrium. Sous ce rapport, ces vers se comporteraient donc comme les genres Chone Krôy. (Sars rev.) et Eu- chone Mlmgr. Toutefois, l'espèce méditerranéenne ne présente nulle- menl ce caractère. 11 esi évident que le nom de Myxicola doit être conservé pour l'espèce de MM. Kocli cl Grube. D'autre part, la coupe générique établie sons le même nom par M. Sars, mérite d'être acceptée, mais avec un nom nouveau. Elle parait coïncider avec le genre Leplochone que je décris un peu plus bas. Myxicola Infundibulum. Terebella Infundibulum Renier, Tav. ail', il. Conch. Adriat., p. xni, n" 579, 1804 (fide Meneghini). Sabclla gelalinosa Renier, lliid. (fide Meneghini). Terebella Bucriiw Renier. Prospetto ilella Classe dei Vermi, 1804, p xix (fide Meneghini) Tuba divisa Renier, Tavole di Classifirazione, 1807, Tav. vi (fuie Meneghini). Amphitrile Infundibulum Montage, Linn. Transacl., IX, p. 209, pi. vu. Sabella Infundibulum Délie Chiaje, Memorie sugli anim. senza Vert. IV, p, 204; Tav. lxii, fig. 5. Sabella viliosa Cuvier, Régne animal, 2™ édit., 1829-30; 3 m ' édit, 1836, II, p. 192. Sabella Infundibulum Cnvier, Règne animal, 2""" édit., III. p. 192;3 ra <- édit., II. p. 118. Amphilritc Infundibulum Edw. Animaux sans vertèbres de Lamnrrk, V, 611. Sabella Infundibjilum Délie Chiaje, Descrizionce notomia, III, p. 72; V, p. 95; Tav. 106, fig. 5. Sp. innnminala Forbes ', Aimais and Mag. of nat. llislory, VIII, p. 2iri. Tuba Infundibulum Meneghini, Osservaz. posltnne di zool. Adrialica del Renier, 1847, p. 52. Eriograpliis borealis Grube, Uie l'amilien der Anneliden, p. 89. Sabella Infundibulum Johnst. Ann. and Mag. of nal. Hist., XVI, 1841. p. 449. Myxicola Infundibulum Grube, Beschr. n. o. w. bek. Annel.— .Archiv fiir Nalurgesrhichte, 1855, XXI, 122. Myxicola Grubii Krôyer, Ovcrsigt over del k. danske Vid. Selsk. Forhandl. i Aaret 1856, p. 9. Arripasa Infundibulum Johnst. Catalog. of non parasit. Worms, p. 252. Myxicola Infundibulum Quatrf. Histoire natur. des Annelés, II, p. 481. PI. XIV, 11g. 2. Corpus crassiusculum, depresswn, longitudine 9-10"™, latititdine 6""", carnenm, postice ' Bidrag lil Kundtkaben om Norges Annelider (fjerde, Afliandling) af Prof. M. Sars. — Videnskabs- .telskabits Forliandlingeri Christiania fur 1861 (Sœrskilt Aftryck, p. 28). ' Il est au moins évident que l'Annélide découverte par Forbes dans l'Archipel grec en 1840, est une Myxicole Le savant anglais indique l'appareil branchial infundibuliforme, formé de 28 cirres réunis par une membrane, chacun de ces cirres portant à l'intérieur de l'entonnoir une rangée de cils longs el lins; il mentionne et figure le tube muqueux transparent. Vers la même époque, M. Loven observa aussi des Myxicoles au Cap Nord el près des côtes de Bohuslan (Arsberàllelse om zoolorjiens Framsleg nnder âren 1810-42, p. 83) ; mais nous ne savons pas s'il s'agit de notre espèce, puisqu'il existe plusieurs Myxicoles dans les mers du Nord. (505) 142 ANNÊLIDES CHÉTOPODES acuminatum, segmentis distincte biannulis quorum numerus ferme 115-125. Thorax octo compositus segmentis. Sulcus adominaïis conspicuus, in dorso fhoracis confinuatus. Tiîbcr- cida setigera minima, vix conspicua, setis capiUaribus lanceolatis . gracillimis, annota. Uncini brevissimi, numerosissimi, sericm transversam corpus cingentem continuant, in dorso tantum interruptam formantes. Paria branchiarum circa 20, semiorbem utrinque formantia, 2'"" longa. apicc libero, breviore, violaceo. Celte espèce est-elle bien celle de Montagu? M. Kocli n'hésite pas à l'admettre. C'est aussi l'avis de M. Grube, qui ne trouve pas, il est vrai, la description du savant anglais très-satisfaisante, mais qui estime, en revanche, sa figure excellente. M. de Quatrefages pense, au contraire, que MM. Koch ei Grube se sont trompés dans cette identification, et que la Myxicole delà Méditerranée « n'a certainement aucun rapport avec la Sabella Infundibulum de Montagu '. » Toutefois, M. de Quatrefages n'a évi- demment pas compris le texte de Montagu \ L'espèce des côtes d'Angle- terre, si elle n'est pas identique avec celle de la Méditerranée, en est au moins fort voisine, et les descriptions qui en ont été données jusqu'ici, ne suffisent pas pour l'en différencier nettement. Montagu paraît avoir eu entre les mains des individus de très-ajrande taille, car il leur attri- bue une longueur de 8 à 10 pouces ( peut-être les branchies comprises), un nombre de segments variant de 150 à 160, et des rayons branchiaux au nombre de 37 dans chaque moitié de l'appareil. Tous ces chiffres sont supérieurs à ceux que j'ai observés à Naples sur un grand nombre d'individus, et que j'ai indiqués dans la diagnose. Mais ils peuvent ne résulter que d'une différence d'âge. Johnslon, qui a observé des indi- vidus de quatre localités différentes sur les côtes d'Angleterre, fixed'ail- ' Histoire naturelle des Annelés, tome II, p. 481. * En effet. Al. de Quatrefages {Hist. mil. des Annelés, II, p. 55") déclare que la Sabella Infundibulum de Montagu n'est point une Myxicole, mais une vraie Sabelle. Mais en admettant qu'on puisse se mé- prendre sur les caractères du genre par la seule inspection de la planche, pourtant fort claire, le doute n'est plus possible un instant lorsqu'on prend connaissance du texte. Montagu dit, en effet, que les rayons de l'appareil branchial (appelés par lui du nom de tentacules) sont réunis par une membrane transparente gui ne laisse libres que leurs extrémités. Ce caractère suffirait à lui seul po\ir prouver qu'il ne s'agit point d'une Sabelle, mais bien d'une Myxicole ou d'une Chnne. Montagu a si bien compris l'importance de ce caractère qu'il ajoute en manière de résume, à la fin de sa description : « The essenlial chaiacler ofthis species is the connected fibres of the lentacula, in which il differs front ail the others bitberto described.» Il est donc difficile de comprendre sur quoi M. de Quatrefages a basé son assertion. (506) DU f.OI.FE PE NAPLES. 1 43 leurs le nombre de segments à 120 seulement, ce qui est précisément le chiffre moyen pour les individus adultes à Naples '. Tout le reste de la description, il est vrai fort brève de Montagu, s'applique parfaitement à la Myxicole de Naples. Certaines particularités sont même pins exactement rapportées dans cette description que dans celles qui ont été faites depuis lors. « L'habitation (ou tube) formée par cette espèce d'Amphilri le,» dit Mon- tagu, «est entièrement gélatineuse, d'une nature très-ferme et (Mastique, verdâtre à la surface externe, mais d'ordinaire maculée de noir par le sol dans lequel le ver séjourne. Ces habitations sont formées de plu- sieurs couches ou strates, et lorsque la première couche est enlevée, les suivantes sont parfaitement hyalines, de sorte que l'animal est vu au travers aussi bien que si le tube était de verre. L'animal est suscep- tible de contractions extrêmement soudaines qui ramènent sa longueur de 8 ou 10 pouces à 3 ou 4 Lorsque le tube gélatineux est placé sur la main, l'animal en extension, la soudaine contraction du ver dans sa demeure, produit une secousse vibrante dans les parties en contact avec le tube, secousse qui surprend vivement l'observateur non prévenu. » Tout cela est littéralement vrai de la Myxicole de Naples, si ce n'est que le degré de raccourcissement subit résultant de la contraction, me semble un peu exagéré par les chiffres de Montagu. Si Ton ajoute à la descrip- tion de Montagu celle de Johnston, la conformité de l'espèce de la Grande-Bretagne avec celle de Naples devient toujours plus évidente. Johnston signale en effet l'état rudimentaire des rames portant les soies capillaires; la ténuité de ces soies, impossibles à découvrir avec le seul secours de la loupe; la petitesse des crochets aviculaires qui forment une série linéaire continue du dos au ventre, en dessus comme en dessous des rames sétigères; la netteté des segments, bien que les sutures inter- segmentaires ne soient point enfoncées; la grande ressemblance de la surface dorsale et de la ventrale; la forme sélacée de la pointe libre des 1 Forbes en indique 1 40 chez un individu de la mer Egée. La taille des individus figurés par Renier est supérieure ;'i celle des exemplaires observés par moi. (1,07) 144 ANNÉLIDES CHfcTOPODES rayons branchiaux; l'absence de collerette au premier segment thora- cique qui est apode; la prolongation de ce segment en avant, sur la li- gne ventrale ' médiane, pour former une pointe triangulaire encastrée entre les deux moitiés de l'appareil branchial; le profond sillon sur la ligne médiane dorsale * du thorax, sillon qui ne se continue point en arrière sur le dos de l'abdomen, mais forme un angle pour se diriger de côté. Tout cela est aussi littéralement vrai de la Myxicolc de Naples. M. Krôyer a cherché à distinguer quatre espèces : M. Infunâibulum Monl.; M. Grubii Kr., de la Méditerranée; M. Sarsii Kr., de la mer du Nord ; et M. Steenslrupii Kr., des Ferôe et du Groenland r> . Mais il me paraît évident que les deux premières n'en font qu'une. Je passe à la description circonstanciée de l'espèce. Le corps, en forme de cylindre aplati, est d'un rose-chair fort tendre qui passe au blanc jaunâtre dans l'alcool. Chaque segment est biannelë, l'anneau postérieur plus étroit que l'antérieur ef en même temps un peu plus large sur les cotés que vers la ligne médiane. La distinction entre la face dorsale et la ventrale n'est pas parfaitement facile au premier abord, en l'absence de raines pédieuses visibles à l'œil. En effet, les deux faces sont colorées de même et aplaties au même degré. Il n'existe aucune trace de ces boucliers ventraux de nature glanduleuse qui, chez la plupart des autres Sabellides, établissent au premier coup d'œil une grande différence entre le dos et le ventre. Le segment buccal, entièrement acheté et porteur des branchies, se prolonge en avant, du côté ventral, en une pointe triangulaire très-saillante. A sa suite le thorax compte huit segments sétigères. Le sillon copragogue parcourt le thorax d'avant en arrière, pour quitter la ligne médiane dorsale au huitième segment et se diriger obli- quement (fig. 2) du côté droit, où Johnston a cru qu'il se terminait abruptement. Toutefois, en y regardant île près, on voit que le sillon contourne le corps de l'animal pour atteindre la ligne médiane ventrale vers la fin du neuvième segment. Là il dévie , à peu près h angle droit et se continue directement sur la ligne ventrale jusqu'à l'ex- trémité postérieure. Sur les côlés des segments sont des tubercules sétigères minimes, 1 Johnston dit ligne dorsale, parce que. avec Montagu, il prend chez tous les Sabellides le ventre pour le dos, et rire versa. * Johnslon dit ligne médiane ventrale pour la même raison q«e ci-dessus. 5 Toutes ces espèces ont été omises dans YHist. val. des Annelès. (508) DU GOLFE DE NAPLES. 145 perceptibles seulement a l'aide du microscope. Chaque tubercule porte un petit fais- ceau de soies linéaires (2 A), lancéolées à l'extrémité, dont le diamètre n'excède pas 3 micr . Les huit segments thoraciques ne portent que cette seule espèce de soirs. Mais à partir du neuvième segment, c'est-à-dire du premier segment abdominal, chaque segment porte, en outre, des crochets aviculaires birostres (2 B) à large base. Ces crochets, microscopiques au plus haut degré (leur hauteur n'est que de 20 micr ), sont disposés en une seule rangée transversale, continue, soit au-dessus soit au-dessous des faisceaux de soies linéaires. Au milieu du dos seulement, celte rangée est interrompue sur une petite étendue, comme on le voit sur la coupe schématique fig. 2 C. L'inter- ruption sur la ligne médiane ventrale est le plus souvent nulle. Derrière la plupart des faisceaux de soies sétaeées sont placées des lâches oculaires brunes dont le nombre varie de 1 à 4 ou 5. Ces taches sont si petites quelles ne sont pas même visibles à la loupe. Leur dia- mètre n'excède, en effet, pas 20 micr . Chacune d'elles pourtant est formée d'un cristallin entouré de pigment. Les branchies sont portées par deux demi-cercles cartilagineux entre lesquels sont placées les deux antennes. Celles-ci ont la forme de lobes membraneux semi-lunaires. Les branchies sont en général au nombre d'une vingtaine dans chaque moitié de l'appareil. La membrane délicate qui relie entre elles toutes les branchies d'une même moitié ', est ciliée sur toute sa surface externe et le mouvement de ses cils parait être, comme nous le verrons, d'une grande importance pour la confection du tube. L'animal offre dans la règle les deux moitiés de l'appareil branchial dressées et rapprochées l'une de l'autre, de manière à constituer un en- tonnoir très-régulier. Chaque rayon branchial porte comme chez les autres Serpuliens deux rangées de branches secondaires, faisant saillie dans l'intérieur de l'entonnoir. La superposition des branches appar- tenant à un même rayon produit, à l'œil nu, l'illusion de cloisons ver- ticales, comparables à celles d'un Polype zoanthaire. Les branches secon- daires cessent à la même hauteur que la palmure. Seules, les extrémités 1 Renier figure el décrit les branchies comme formant un entonnoir complet, sans diïision en deux moitiés Mais sur ce point, comme sur plusieurs autres , il se trompe décidément. (509) 146 ANNËLIDES CUÉTOPODES des branchies font saillie au-dessus de ce niveau, sous la forme de lan- guelles triangulaires d'un violet assez intense, tandis que le reste de l'ap- pareil branchial est rosé (sang vert). Le cartilage branchial de celte espèce est fort caractéristique. L'axe de chaque rayon est formé de deux rangées de cellules seulement, dis- posées de manière qu'on n'en voie qu'une seule dans le rayon placé de profil (2 D), mais qu'elles apparaissent toutes deux, dès qu'on examine ce rayon par la surface interne (2 E) ou externe de l'entonnoir. Ces cel- lules ont la forme de disques très-aplatis, à peu près sept ou huit fois aussi larges que haut. Le nucléus est au centre, entouré d'une masse de protoplasma envoyant des prolongements en sens divers. Les rayons se- condaires ont leur axe formé par de longues cellules cartilagineuses, cylin- driques (2 D, c), disposées en une seule série. Ces rayons secondaires se greffent sur le rayon principal par l'intermédiaire d'une énorme cellule sphérique (2 \),b; 2 E), dont le diamètre équivaut à quatre fois la hauteur d'une des cellules de l'axe principal. Ces grandes cellules sont extrême- ment propices à l'étude de la structure du cartilage des Sabellides. Exa- mine-t-on en coupe optique (2 F) l'une de ces cellules, large de 65 micr , on est frappé de l'épaisseur de la membrane d'enveloppe, véritable cap- sule, épaisse de i à o mi r . La cavité sphérique de la capsule est remplie par une sérosité incolore. Au centre est placé un nucléus ovale, entouré d'une masse irrégulière de proloplasma granuleux. Des filaments de protoplasma, naissant de celle masse centrale, se dirigent à travers le liquide jusqu'à la paroi de la capsule, non sans se ramifier souvent et s'anastomoser ça et là les uns avec les autres. Arrivés à la paroi, tous ces filaments s'unissent par un réseau proloplasmalique appliqué contre elle, réseau qu'on aperçoit fort bien, lorsque, cessant d'examiner la cel- lule en coupe optique, on fait arriver au foyer la surface interne de la paroi (tig. 2 G). Je m'attendais à trouver des phénomènes de conlracli- lité dans ce beau réseau de protoplasma. Je les ai épiés pendant long- temps, mais sans réussir à en constater avec certitude l'existence. Le système vasculaire de la Myxicole est très-semblable à celui des (510) DU GOLFE DE NAPLES. 147 Sabelles. M. Grube a déjà cru pouvoir signaler l'existence d'un vaisseau dorsal, d'un vaisseau ventral et d'un troisième vaisseau longitudinal adhérent à l'intestin en dessous. Toutefois les données de ce savant re- latives au vaisseau ventral sont seules exactes. Le prétendu vaisseau dorsal et le sous-inleslinal n'existent pas. Ils sont remplacés, comme chez les autres Serpuliens, par un large sinus à paroi contractile, dans l'intérieur duquel est logé l'intestin. Sur une partie de sa longueur, ce sinus présente, il est vrai, deux dilatations longitudinales qui font saillie dans l'intestin, en refoulant devant elles la membrane interne de celui-ci, dilatations qu'on pourrait facilement prendre pour un double vaisseau dorsal. Le système nerveux est fort remarquable. M. de Quatrefages a avancé ' que chez les Myxicoles le système nerveux abdominal est divisé en deux chaînes ganglionnaires latérales, comme chez les autres Serpuliens. Je me garderai bien de contester l'exactitude de cette observation, d'autant plus que M. de Quatrefages a négligé de nous dire sur quelle espèce elle a été laite. Mais je puis affirmer que la M. lnfundibulum fait à ce point de vue une exception à une règle, d'ailleurs si générale chez les Serpuliens. Les deux moitiés du système nerveux abdominal et thora- cique sont réunies chez elles en un seul cordon, sur lequel repose une énorme libre tabulaire, comparable aux fibres nerveuses gigantesques des Oligochètes. Cette fibre, ta elle seule, est plus volumineuse que tout le système nerveux proprement dit*. La chaîne nerveuse unique ne ré- sulte à proprement parler pas d'une simple fusion des deux chaînes typiques, mais bien plutôt de l'atrophie normale de l'une d'elles. Chez les mâles les éléments spermatiques se développent par la mul- tiplication de cellules (2 I, a) incolores, à nucléus clair, larges de 8 à 10 micr . Les régimes de zoospermes en voie d'évolution (b) sont formés par des cellules sphériques dont le protoplasma enveloppe un nucléus 1 Hisl. nnt. des Annelés, II, p 409 2 Je n'en dis pas davantage sur celle conformation remarquable des vaisseaux et du système nerveux, parce que je compte traiter ce sujet avec beaucoup de détails dans un mémoire sur l'histologie des An- oélides. (511) 19 148 ANNÉLIDES CHÉTOPODES ovale et s'allonge en une queue d'abord relativement courte. Lorsque les zoospermes se séparent les uns des autres, le nucléus est encore dis- tinct et la tète ovoïde (2 I, c). Toutefois les zoospermes mûrs ont la tète conique à sommet très-aigu (2 K), longue de omicr. Chez les femelles, les œufs mûrs, larges de 0" ,n, ,15, ont une mem- brane vitelline épaisse et chagrinée. La vésicule germinative a un dia- mètre de 50 micr et renferme une tache de Wagner de forme variable, large d'environ 20micr. Quelques mots encore sur la formation du tube. La Myxicole renferme dans la région thoracique deux glandes brunes dont j'étudierai ailleurs la structure. Ces deux glandes sont situées à droite et à gauche du tube digestif. Elles s'amincissent en avant et se continuent en un canal excré- teur Ces deux canaux convergent et s'unissent l'un à l'autre sur la ligne médiane, au-dessus de l'œsophage. Le canal excréteur désormais unique va s'ouvrir dans l'entonnoir branchial sur la ligne médiane dorsale. Cet appareil fournil la mucosité destinée à former le tube. Il suffit, en effet, de priver une Myxicole de son tube muqueux et de la replacer dans l'eau pour voir un courant d'une matière blanchâtre, opalescente, sortir du canal excréteur que je viens de décrire, traverser l'entonnoir branchial, se recourber en arrière (lig. 2, a) en descendant le long de la paroi externe de l'entonnoir et venir se répandre sur la surface du corps de la Myxicole. Les cils vibratiles qui revêtent l'extérieur de l'entonnoir jouent ici un rôle important pour le transport de la matière muqueuse. 11 en est de même des cils qui paraissent revêtir la surface du corps'. Le rôle de ces glandes n'est donc pas douteux. Ce fait a une certaine importance. En effet, ces glandes mucipares sont les homologues de celles que M. Leydig ;* a considérées jadis comme un organe respiratoire 1 Je dois dire que je n'ai noté nulle part l'existence de ces derniers, et que je ne me souviens point de les avoir vus. Toutefois. M. Grube en signale l'existence. Il me parait très-vraisemblable qu'ils existent, au moins à la surface de l'anneau antérieur de chaque segment, car cela établirait une ressemblance de plus avec les I.eptochones décrites plus bas. * Anatomische Bemerkuntjen uber Car inaria, Firnla und Amphicora, von D 1 Franz Leydig. — Zeilschr. f. wts». Zoo/. III, 1851, p. 325. (512) DU GOLFE DE NAPLES. 149 chez un ver d'ailleurs très-voisin des Myxicoles, YÂmphiglena mediterranea (Amphicora mediterranea Leyd.). J'ai déjà exprimé en 1864 1 l'opinion que ces organes de l'Amphiglène constiluenl un appareil glandulaire sé- crétant la substance destinée à former le tube d'babilalion du ver. Cette opinion gagne donc en vraisemblance. Ces organes existent d'ailleurs chez tous les Serpuliens et, chez certaines espèces à tube calcaire, le li- quide sécrété par eux est riche en carbonate de chaux*. Genre LEPTOCHONE. Corpus muciparum ; coïïare radium ; tori uncinigeri prominentes nulli ; uncini in ante- riore eorporis parte paru/m numerosi, manvbrio elongato, rostrati, in posteriore numcro- sissimi , brevissimi, avicuîares, uniseriales, tam supra quant infra fascicidum setarum capiUarium obrii. Branchies semiorbem utrinque formantes, ultra dimidiam arum lovgi- tudinem membrane, connexes, apice nudo, pinmdis dorsualibus punctisque ocidaribus nuUis. Antennes minutes dues, semilunares. Les Leptochones se distinguent des Myxicoles par la présence au thorax de crochets unirostres à long manubrium, entièrement différents des crochets aviculaires très-courts de l'abdomen. Elles partagent ce carac- tère avec les Cbones et les Eucbones, genres dont elles se distinguent d'ailleurs immédiatement par l'absence totale de collerette. Elles parta- gent avec les Myxicoles le caractère des crochets aviculaires de l'abdo- men, disposés en longue série transverse, tant au-dessus qu'au-dessous des faisceaux de soies sétigères. Elles s'éloignent aussi des Chones et des Eucbones parle nombre des antennes qui n'est que d'une seule paire. Les Myxicoles, dans le sens restreint que M. Sars et M. Malmgren ont donné à ce mol, rentrent dans le genre Leptochone, ou doivent former 1 Glanures zootomiques parmi tes Annélides île Pori-Vemlres, par Ed. Claparède. Genève, 1864, p 31 (Soc. de Phys. et d'Hist. nat. de Genève, tome XVII, 2™" partie, p. 191) * On pourrait donc se demander si ces organes sont bien les homologues des organes segmenlaires des Térébelles. Mais des fondions différentes n'empêcheraient point l'homologie morphologique. L'appareil pourrait d'ailleurs servira la fois a la ponte et à la sécrétion du tube. Je dois dire d'ailleurs que je n'ai, pour ma part, encore jamais rencontré d'éléments sexuels dans les organes en question, ni chez les Té- rébellicns, ni chez les Serpuliens. (S 13) 150 ANN EUDES CHÉTOPODES un genre à part, placé immédiatement auprès de lui dans le système zoologique. Leptochone ^esthetica. PI XIV, fig. 1. Corpus crassiusculum, subteres, longitudine 7-22 mm , postice acuminatum, albidum. Seg- menta anteriora uncinis maniibrio instructis numéro 3. Stdcus copragogus obsoletus. Tu- bereula setigera mininia, vix conspicua, setis laiiceolatis armata. Uncini abdominales bre- vissimi, numerosissimi, sérient transversam corpus cingentem, in dorso ac ventre vix in- terruptam, formantes. Paria branchianim circa 8 scmiorbcm /(trinque formantes, apice lïbero, longiore, fûiformi. Oculi numerosissimi in segmentonun Jateribus siti. (Japsulœ auditives plures. Celte Leplochone ne vil point enfoncée dans la vase comme les grandes Myxicoles. On la trouve parfois en abondance sur des fucus ou des flo- ridées où elle rampe à la manière des Amphiglènes el des Fabricies. Comme ces petites Annélides, elle paraît ne se former qu'un tube assez temporaire, muqueux et délicat, qu'elle abandonne facilement pour errer dans la forêt qu'elle habite. Dans ces pérégrinations, elle chemine sou- vent à reculons, comme les vers en question '. La manière d'être de l'a- nimal, est en particulier si semblable à celle des Amphiglènes, que j'ai cru au premier abord avoir affaire à une nouvelle espèce de ce genre. Toutefois l'examen des branchies me montra bientôt que malgré la grande parenté de ces vers, la Leplochone doit former un genre à part, intermédiaire entre les Amphiglènes et les Myxicoles. Le corps du ver est presque cylindrique, un peu déprimé. Il est sujet à des contractions subites comme celui des Myxicoles. Sa couleur est d'un blanc jaunâtre. Le microscope fait pourtant reconnaître des bandes noires assez minces sur le dos. Ces bandes sont transversales et inter- rompues sur la ligne médiane (fig. 1). Au point de l'interruption, chaque moitié de la bande se recourbe en avant pour former une espèce de cro- chet. Ces bandes sont dues à des boyaux de cellules brunes sur la signi- fication desquels je suis dans le doute le plus complet. 1 C'est aussi la manière d'être de la Mi/xirula modeslu Qlrfg. d'après M. de.Qnatrefages (Histoire nal. des An ne lés, II, p. 481). (S 14) DU GOLFE DE NAPLES. 151 Le premier segment est achète. Les trois suivants ont des tubercules séligères rudimentaires, dorsaux et ventraux. Les soies dorsales (1 A), peu nombreuses, sont lancéolées, un peu recourbées à l'extrémité. Les ventrales (1 B) sont des crochets unirostres à long manubrium, renflés en leur milieu. Au cinquième segment (quatrième sétigère) Tordre des soies est interverti. Les soies lancéolées sont ventrales et les crochets sont dorsaux. Ces crochets sont d'ailleurs entièrement différents des pre- miers. Us sont aviculaires (1 C) de même que dans tous les segments suivants, biroslres, hauts seulement de 8" licr . Leur nombre est peu con- sidérable et ils sont disposés en une seule série transversale. Dès le seg- ment suivant (cinquième sétigère) les crochets aviculaires deviennent fort nombreux et, disposés en une seule série, ils forment tout autour du corps une ceinture qui n'est interrompue que sur une très-faible longueur à la ligne médiane dorsale et à la ventrale. Les soies lancéolées sont implantées en avant de celte ceinture (1 II). Une large zone de cils vibra tiles (l H, a) forme également une ceinture autour de chaque seg- ment, un peu en avant des soies. D'autres cils vibrantes (6) sont implantés sur les sutures intersegmentaires. Les tores uncinigères n'existent pour ainsi dire pas, en ce sens qu'ils ne font pas saillie au-dessus du niveau général. Cependant ils se distinguent par un tissu particulier. Ils pré- sentent un épitbélium de grandes cellules polygonales, à protoplasma granuleux (l F). Chacune d'elles renferme un nucléus rond, clair, large de 5 micr , avec un nucléole toujours distinct. L'appareil branchial est formé d'un nombre variable de rayons bran- chiaux. J'en ai compté en maximum 8 de chaque côté chez les adultes. Chaque moitié de l'appareil forme un tout indivisible, grâce à une pal- mure qui comprend les '/,, de la longueur des branchies. Tantôt ces deux moitiés sont relevées et rapprochées de manière à simuler un large entonnoir (fig. 1), tantôt elles sont renversées sur les côtés comme deux éventails. Chaque rayon porte au côté interne de l'entonnoir les deux rangées habituelles de barbules branchiales. Toute la surface externe de l'appareil est couverte de cils vibraliles comme chez les Myxicoles. (515) 152 ANNÉLIDES CHÉTOPODES L'axe cartilagineux, vu de profil (fi g. 1 G), ne présente pas une rangée unique de cellules comme chez la Myxicola Infundibulum , mais bien deux. Ces cellules ne sont guère que deux fois aussi larges que hautes. Leur capsule est épaisse et le proloplasma paraît accumulé autour du nucléus, sans donner naissance à des prolongements aussi multiples que chez les Myxicoles. Les axes des barbules (1 G) s'unissent bien ici avec l'axe principal par une cellule sphérique comme chez les Myxicoles, mais le diamètre de cette cellule est à peine supérieur à celui des cellules cy- lindriques qui forment le reste de l'axe secondaire. Bien que dépourvue d'yeux branchiaux, la Leplochone œsthetica est fort richement dotée au point de vue des organes des sens. De là son nom spécifique. Le premier segment du corps porte de chaque côté un amas de taches oculaires d'un brun noirâtre. Tous les autres segments du corps sont ornés d'yeux latéraux formés d'un amas de pigment rouge violacé et d'un cristallin. Il n'existe dans la règle qu'un seul œil de chaque côté de chaque segment, toutefois il n'est pas rare d'en compter deux ou trois. Le dernier segment du corps (1 D) porte un grand nombre d'yeux, semblables aux yeux latéraux des autres segments. 11 est inté- ressant de voir apparaître soit des yeux proprement dits, soit des taches oculaires au segment anal chez les Leptochones, les Amphiglènes, les Oria et les Fabricies, c'est-à-dire chez les genres de Sabellides qui che- minent souvent à reculons. Le second segment (premier séligère) renferme de chaque côté des organes auditifs. Leur nombre ne paraît pas constant. Du moins en ai-je trouvé tantôt trois, tantôt seulement deux de chaque côté. Ils sont formés par des otolithes sphériques, enfermés chacun dans une capsule spéciale. Les plus gros ololilhes ont un diamètre de ll micr , les plus petits de 4 a,icr seulement. La fréquence relative des capsules auditives dans la tribu des Sabel- lides est frappante. Nous connaissons, en effet, aujourd'hui ces organes dans les genres Oria, Amphiglena, Dialychône et Leplochone, auxquels il faut ajouter le genre Amphicorina Qtrfg., à supposer qu'il soit réellement (516) DU GOLFE DE NAPLES. 153 différent du genre Oria'. En revanche ces organes sont fort rares chez les autres Annélides, puisqu'on ne les connaît avec certitude que chez les Arénicoles 5 . TRIBU DES SERPULIDES. Genre PSYGMOBRANCHUS Phil. PSYGMOBRANCHUS COECUS. PI. XIII, fig. 4. Corpus teretiusculum, longitudine 12 mm (branchvis cxclusis), latitudhie mm ,8, postice vtdde atténuât uni, segmmtis 40-50. Branchiarum paria quinque, fasciis transversis au- rantiacis 2 vel 3, pantin ilidindis, ocellis midis, longitudine 3-â mm . Thorax septem compo- stius segmmtis, setis capiUaribus limbatis, nusquam pedinatis. l'abus cretaceus, paUide roseus, cuva3°"" longus, postice attenuatus, 7 vel 8-earinatus, scaber. Cette espèce est commune sur les piquants de Cidaris, où l'on trouve ses tubes cylindriques, sinueux, longs d'environ 3 centimètres, larges de 2 mra en avant, mais s'at- ténuant graduellement et se terminant en pointe fine en arrière. La surface du tube est ornée de 7 à 8 côtes longitudinales, irrégulières et dentelées. Les segments thoraciques sont au nombre de sept. Le premier est armé de chaque côté d'un faisceau de soies spéciales. Ces soies sont distribuées par groupes de deux (fig. 4): l'une mince et sétacée, l'autre beaucoup plus épaisse et munie d'un fort an- douiller. Cette conformation rappelle celle des Serpules et de quelques autres genres. Aux segments suivants, les soies de la pharètre dorsale sont sétacées, munies d'un ' Une phrase de Y Histoire naturelle des Annelés (lome 11, p. 409) semlile indiquer que H. de Quatre- fages a trouvé en outre des organes auditifs chez les Myxicoles Ce savant a sans doute en vue un ver des cotes de la Sicile, chez lequel il a décrit, dès 1850, des capsules auditives {Types inférieurs île l'embran- chement des Annelés. — Ann. des Se. nat., 1850, XIII, p. 30), et qui parait èlre le même qu'il a décrit plus tard (Hist. nat des Annelés, II, p. 480) sous le nom de Myxicola parasites, sans faire mention de ces organes. Ce ver est évidemment fort voisin de la L. cesthetica, malgré la différence de coloration, et je soupçonne fort qu'il doit rentier dans le genre Leplochone plutôt que dans le genre Myxicola. Le peu qu'en dit H. de Qualiefages ne permet malheureusement pas de décider celte question Dans tous les cas, ce ver présente , comme notre Leptochone, des yeux sur la nuque, des yeux latéraux et des yeux multiples sur le segment anal. 4 Les observations de M. de Quatrefages, relatives à des organes auditifs chez la Marphysa sanguinea, ne sont en effet pas probantes, d'après la déclaration de l'auteur lui-même. (517) 154 ANNÉLIDES CHÉTOPODES large limbe d'un seul côté (4 A), mais il n'y a pas de soie pectinée comme chez les Protules. A l'abdomen, les soies sétacées sont remplacées par des soies rectilignes (4B) dont l'extrémité libre est élargie en une large spatule triangulaire, pectinée sur le bord. Soit au thorax soit à l'abdomen les tores uncinigères portent des plaques onciales (4 C) armées généralement de 7 dents, larges en avant et étroites en arrière. L'abdo- men porte en outre, à ses 20 derniers segments environ, les fines soies capillaires si répandues chez les Serpulides. Les branchies sont incolores, sauf deux ou trois bandes ou taches orangées mal dé- finies. Elles ne portent aucune trace des ocelles, d'ailleurs si répandus dans ce genre. Leur nombre ne parait pas dépasser cinq paires chez les individus adultes et mûrs. Chez les individus mûrs (sexes séparés) les éléments sexuels remplissent complète- ment les 40 segments abdominaux. J'ai constaté chez eux l'existence d'organes seg- mentâmes à chaque segment de l'abdomen. Genre SALMACINA Clprd. (char, rev.) Serpulidœ membrana thoracica instructçe, branchiis œqualïbus, basi circidari, operculo destituais. Segmentum thoracicum primum utrinque fasciculo setarum dorstudium sequen- tïbus nudto majorum, formaque distinctarum munitum. Setœ spathidatœ vel peetinatœ in abdomine desiderata. Tubi ccdcarei, aggregati. La diagnose du genre Salmacina, telle que je l'avais établie dans le principe, ne différenciait guère ce genre des Psygmobranches que par la forme particulière des soies du premier segment. Ce caractère est insuf- fisant. En effet, le Psygmobranehus cœcus que je viens de décrire se com- porte sous le rapport des soies exactement comme les Salmacina. Et pourtant ces dernières doivent certainement former un genre à part. On les dislingue au premier coup d'oeil à leurs petits tubes, agrégés en grand nombre, grâce à un bourgeonnement postérieur, entièrement étranger aux Psygmobrancbes. Les Salmacina sont beaucoup plus voi- sines des Filogranes que des Psygmobrancbes. Ce sont en réalité des Fi- logranes dépourvues d'opercules. J'ai donc dû chercher des caractères anatomiques différentiels, en outre de ceux fournis par les tubes. Or je trouve que les Salmacina n'ont à l'abdomen que des .soies capillaires très- ténues, en outre des plaques onciales. Chez les Psygmobranches, au con- (518) DU GOLFE DE NAPLES. 155 traire, on parait trouver toujours, associées aux soies capillaires, ou bien des soies à extrémité élargie en spatule pectinée, comme chez \ePs.cœcus, ou bien des soies recourbées en faucille à lame ciliée ou pectinée, comme chez le Ps. prolensus. Les trois espèces jusqu'ici connues de ce genre (j'y fais rentrer la Prolula Dysteri Hoxl ) sont d'ailleurs hermaphrodites, particularité qui ne se présente chez aucun Psygmobranche connu. SALMACINA jEDIFICATRIX. PI. XII, fig. 1. Corpus subtils aurantiacum . longitudine 2 mm — J2 mm ,5, segmentis 45-50. Branchiarum paria quatuor, albida, tuberculis granulosis paMidis externis instructa, ociilis nuUis. Seg- menta thoracica 9, setis dorsualibus segmenti primi geniculatis, cuspidaiis, ad basin cuspi- dis alatis, cœterorum (diis subulatis limbatis, aliis faldform ihus pectinatis. Uncini mini/mi multidentati. Tubi capillares dense ramoso-glomerati et intricati. Species hermaphroditica. Cette petite espèce est fort voisine de la Salmacina incrustans, dont elle ne diffère que par des caractères d'importance minime, en ce qui concerne l'animal proprement dit. Leurs tubes, en revanche, ne peuvent se confondre. La S. incrustans, fort abondante aux environs de Naples, forme des incrustations plus ou moins étendues à la surface des fucus et des plantes marines les plus diverses, ainsi que sur des coquilles et d'autres corps étrangers. Ses tubes rampent à la surface de ces corps en y adhérant par toute leur longueur. La S. œdifxcairix est bien moins fré- quente que la précédente et parait habiter à une assez grande profon- deur. Elle construit des sortes de polypiers, formés de nombreuses bran- ches qui s'anastomosent les unes avec les autres, et dont chacune résulte de l'agrégation d'un grand nombre de tubes sinueux et enchevêtrés. Ces sortes de polypiers s'élèvent librement dans la mer, où ils atteignent une hauteur d'un décimètre et peut-être davantage. Le fragment que j'ai eu entre les mains était en elîel brisé, bien qu'il renfermât des milliers de tubes. Ces constructions sont parfaitement identiques à celles de la Salmacina Dysteri (dont notre espèce se distingue facilement par l'absence de renflements à l'extrémité des branchies) et des Filogranes. Leur struc- (519) 20 lo6 ANNÉLIDES CHÈTOPODES ture ne permet pas de douter que l'animal ne se reproduise comme ses voisins par bourgeonnement postérieur, bien que je n'aie pas suivi ce phénomène. Le thorax compte neuf segments à pharètres dorsales. Le premier n'a pas encore de tores uncinigères. Les soies sont d'ailleurs plus grosses que celles des segments suivants et de forme particulière. Ce sont des soies génicûlées (1 A), se terminant par une baïonnette. Au genou, la soie se dilate en une sorte d'aileron du côté convexe. Cet aileron est strié, mais point armé de fortes dents comme chez la S. mcrustans. Aux autres segments thoraciques, les pharètres renferment deux autres formes de soies, très-semblables à celles de la S. incrustons, les unes (1 B) sétacées et marginées, les autres (1 C) recourbées en faucille à l'extrémité et dentelées ou ciliées sur le tran- chant. Les plaques onciales (1 E), hautes de 1 l micr , diffèrent notablement de celles de la S. incruslam. Le premier tore uncinigère est au second segment. L'espace achète entre le thorax et les premières soies abdominales, équivaut à la longueur de quatre ou cinq segments. A l'abdomen, les plaques onciales sont semblables à celles du thorax. Quant aux soies proprement dites, elles sont toutes capillaires et mar- ginées (1 D). Les branchies sont au nombre de quatre paires, dans la règle. Leur longueur équi- vaut presque à la moitié de la longueur du corps. Elles sont parfaitement incolores ou légèrement teintées de vert par suite de la couleur des vaisseaux. Sur le dos de chaque rayon branchial se voient, comme chez la 6'. incrustans, deux rangées de cous- sinets granuleux, correspondant à l'insertion des rameaux secondaires, soit barbules. L'extrémité des rayons est dépourvue de barbules. L'œsophage présente une dilatation dans le premier segment. 11 s'élargit pour for- mer l'estomac (d) qui occupe surtout la région achète entre l'abdomen et le thorax. Cet estomac est d'une couleur brun-violàtre, grâce à une couche colorée qui appar- tient à la surface interne du tube digestif. L'intestin est, comme chez les autres Ser- puliens, logé dans un sinus sanguin. Les deux glandes pour la sécrétion du tube ( 1, b) se réunissent pour former un canal excréteur commun qu'on peut poursuivre jusqu'à la base des brancbies, du côté dorsal. Celle pelile Annélide est hermaphrodite. Les ovules sont produits exclusivement dans les" premiers segments de l'abdomen, où les plus mûrs frappent l'œil par leur couleur d'un brun orangé (/"). Les zoo- (520) DU GOLFE DE NAPI.ES. 157 spermes se développent dans les segmenls suivants, jusqu'à l'extrémité postérieure de l'abdomen. Leur tête a la forme d'un cône très-allongé, long de 6 micr , la queue étant fixée à la base du cône (1 F). Genre SPIBOBBIS Lmrck. Spirorbis ljevis. Spirorbis lœvis Qtrfg. Histoire natur. des Annelés, tome II, p. 490. PI. XII, fig. 3. Tubus calcareus, lœris, albus, in spiram nautiloideam convolutus, gyris quatuor, latitu- dinc totitts apirœ i mm .5. Branchiaram paria duo discreta, dimidiam longitudinis corporis partent valde superantia, radiolis gracitibus, fleocuosis. Segmenta thoracalia 3,'setisseg- menti primi minimis genicidatis, cceterorum majoribus lanceolatis. Segmenta abdominalia setigera novem, setis falciformibus denticulatis. Unàni minimi, vix dentieulati. Operculum cylindrico-conicwn, tabula calcarea iruneatum. Corporis longitude) l mm ,5. Les espèces de Spirorbes décrites en si grand nombre, surtout parles auteurs anglais, ne peuvent guère être identifiées, parce que les observa- teurs n'ont le plus souvent tenu compte que du tube. Je crois pourtant reconnaître dans l'espèce que je vais examiner, le Sp. lœvis, que M. de Qualrefages a observée sur les côtes de la Mancbe et dont il a très-briève- ment décrit soit le tube, soit l'animal. Le peu de cbose qu'en dit ce savant s'applique du moins entièrement à l'espèce actuelle. J'ai trouvé cette espèce sur des Cidaris. Son tube (3 E) se dis- tingue immédiatement de celui du Sp. rommunis Flem. Qtrfg., si ré- pandu sur les algues et autres corps marins de tout genre. En effet, il est beaucoup plus régulièrement enroulé, lisse et dépourvu d'empâtement latéral. Le lest est plus mince et plus fragile. Le nombre des tours de spire est plus considérable, car il s'élève cà quatre et même davantage, tandis qu'il ne dépasse pas trois dans le Spirorbe commun. Le thorax, bien qu'assez long, ne compte que trois segments sétigères. Le premier est, comme chez les autres espèces, armé de soies spéciales, seulement au lieu d'être plus grandes, elles sont relativement plutôt plus petites que celles des segments (521) 158 ANNÉLIDES CHÉTOPODES suivants. Ce sont des soies géniculées (3 D), nullement dentelées. Les soies dorsales des deux autres segments thoraciques sont filiformes, lancéolées à l'extrémité (3 A). Ces deux segments portent en outre, au côté ventral, une rangée de plaques onciales de cliaque côté. Ces plaques (3 C), de forme à peu près triangulaire, sont striées, mais leurs dentelures sur le bord libre sont à peine perceptibles, même à l'aide du plus fort grossissement. Ce bord se termine pourtant en arrière par une dent très-accusée. L'espace entre le thorax et les segments sétigères de l'abdomen, est très-considérable, mais sans division en anneaux distincts. La paroi ventrale de cette région présente une couche musculaire d'une épaisseur extraordinaire (fig. 3). Au contraire la paroi dorsale, ciliée à sa surface, est d'une ténuité extrême et se moule sur l'estomac et les circonvolutions de l'intestin. La délicatesse de cette paroi aurait lieu de surprendre, si cette- partie de l'animal n'était pas constamment protégée par le tube calcaire. La région sétigère de l'abdomen compte neuf segments. Les soies (3 B) s'y terminent par une partie en forme de faucille, à tranchant cilié. Ces suies sont parfaitement identiques à l'une des formes de soies thoraciques des Salmacina, mais elles sont toujours abdo- minales chez les Spirorbes. Les plaques onciales sont semblables à celles du thorax. Les branchies sont au nombre de quatre seulement, relativement longues, à barbules ciliées, allongées et se tordant en sens divers. C'est en vain que j'ai cherché des vaisseaux sanguins dans l'intérieur. Je ne les ai pas plus trouvés que dans le reste de l'animal. Le sang n'est, dans tous les cas, point vert comme celui de l'immense majorité des Serpuliens, mais je ne crois pas même à l'existence d'un système de vais- seaux charriant un liquide incolore. L'opercule est porté par un pédoncule creux dont la cavité est en communication avec celle du corps. L'opercule proprement dit a la forme d'un cône obliquement tronqué par une plaque calcaire concave. Dans la cavité de l'opercule, on trouve en général quatre ou cinq œufs mûrs, de couleur rosée, ou des larves en voie de développement. La ges- tation operculaire a donc lieu ici comme chez le Sp. Pagenslecheri Qlrfg. et la Pileolaria militaris Clprd. M. de Qualrefages a déjà vu ces œufs, mais il les décrit comme de grandes Cellules rosées, rouges au centre, remplis de granulations très-fines, qui paraissent lui « rappeler un peu ce que M. Huxley a dit de la structure des opercules de sa Pro- •(522) DU GOLFE DE NAPLES. 159 lula Dysleri. » Ce rapprochement n'est, dans tous les cas, pas justifié. Les renflements terminaux des branchies de la Salmaeina Dysteri, ren- flements que j'ai décrits en détail et figurés ailleurs, ne renferment pas d'oeufs et n'ont rien à faire avec le développement de l'animal. Dans l'intérieur du thorax on aperçoit sans peine les deux glandes tu- hipares brunes, semblables à celles des autres Serpulides. L'œsophage est un tube rectiligne, incolore, qui traverse les deux pre- miers segments thoraciques, pour s'ouvrir dans un large estomac d'un brun rougeàtre. Cet estomac s'étend jusqu'au milieu de la région achète pour se continuer jusque dans l'intestin. Ce dernier forme d'abord quel- ques circonvolutions, sur lesquelles la paroi dorsale du corps s'applique très-exactement. Ce Spirorbe est hermaphrodite comme les autres espèces du genre. Les ovules se forment dans les deux premiers segments abdominaux. La migration des œufs mûrs, jusque dans l'opercule, a indubitablement lieu à travers le thorax, le calibre du pédoncule operculaire s'ouvranl large- ment dans la cavité périviscérale. Cependant la cavité du pédoncule est séparée de celle de l'opercule proprement dit, par une épaisse paroi. Celte paroi est elle percée d'une ouverture très-dilatable, ou se résorbe-l-elle à certaines époques? c'est ce que je ne saurais dire. Les zoospermes rem- plissent toute la partie postérieure du corps, à partir du 3 me segment ab- dominal. Genre VERMILIA Lam. VERMILIA INFUNDIBULUM '. ? Serpula Infiintlilmltim Gmel. Linn. Syst. nat. cur. Gm. VI, 3745, n°28. Vcrmilia Infundibulum Phil. Arcbiv f. Naturgesch. B (/We Qlrfg .). Vermiha Infundibulum Qlrfg. Histoire Dalur. des Annelés, 11, p. 524. PI. XIII, fig. 3. 1 M. de Quatrefages remarque, avec raison, qu'il n'est guère probable que l'espèce de Gmelin, de la mer (523) 160 ANNÉLIDES CHËTOPODES Testa teres, àlba, mvUtoties varicosa, quasi ex infundibulis sese recipientîbus conflaia, orè quant maxime patulo.— Corpus subteres, longitudine 5 e "" {sine branchns), latitudine 3 mm , carneum, postice atténuation. Collare magnum, trilobum. Branchiarum paria cirea25, ru- bro flavoque annulata, ocellis permultis ornata. Segmenta thoracis setis instructa septem. Operculum cylindrieo-conicum corneum, stylo haud alato. Le tube très-remarquable de cette espèce est formé par une série d'entonnoirs emboîtés. Celte apparence résulte de ce que l'animal, à cer- taines époques de la vie, où la croissance paraît se ralentir, sécrète, comme beaucoup de mollusques, un péristome réfléchi. Lorsque, plus tard, la croissance recommence, l'animal prolonge son tube, du fond du calice formé par le péristome. Cette particularité n'est point spéciale à cette espèce, et il est probable que les auteurs ont confondu, sous le nom de Serpula Infundibulum, des formes spécifiquement distinctes. II est cer- tain, dans tous les cas, que Délie Chiaje a appliqué ce nom à une tout autre espèce qui n'est point une Vermilie, mais une vraie Serpule, bien qu'elle forme un tube tout semblable à celui de notre Vermilie. La couleur du ver (fig. 3) est d'un rose-ctiair tirant sur le jaunâtre, avec une bor- dure rouge à la membrane thoraciqne qui est large et nettement trilobée au point où elle forme la collerette. Les branchies sont annelées de rouge et de blanc. La cupule qui porte l'opercule est d'un beau rouge. Le nombre des segments thoraciques sétigères est de sept, dont les six derniers seulement portent des tores uncinigères. Les soies du premier segment sont sem- blables à celles des pharètres suivantes et de même dimension. Elles sont sélacées, légèrement coudées et bordées d'un limbe strié (3 A), sans aucune frange. A l'abdomen, ces soies sont remplacées par d'autres beaucoup plus franchement coudées, volubles à l'extrémité et frangées sur le tranchant dans toute la partie supérieure au point de flexion (3 B). Les plaques onciales ont, au thorax, environ mra ,t 1 de haut. Elles sont plus larges en haut qu'en bas (3 C). Leur bord libre forme un peigne vigoureux d'une quinzaine de dents pointues, sauf la plus inférieure qui est obtuse et en même temps plus longue et plus large que les autres. A l'abdomen, les plaques onciales ont la même forme, mais leur hauteur n'est plus que de U n,m ,06. En outre des soies que des Indes, soit identique avec celle de Philippi, de la Méditerranée. Comme, toutefois, la véritable espèce de Gmelin ne saurait être déterminée avec certitude, il n'y a pas d'inconvénient à conserver son nom pour l'espèce méditerranéenne. (524) DU GOLFE DE NAPLES. 161 nous venons d'indiquer, les derniers segments du corps portent, comme chez la plupart des Serpulides, des soies capillaires fort longues et fort ténues. Les branchies sont au nombre d'environ vingt-cinq dans chaque moitié de l'appareil. La palmure interradiale est peu élevée. Chaque rayon se continue en un petit filet terminal au delà du point où cessent les dernières barbules. Tous sont comprimés et portent de chaque côté une longue rangée d'ocelles. Ceux-ci sont extrêmement rapprochés vers le sommet de la branchie (3 D) où chacune des deux rangées est elle-même multiple. Ils deviennent de plus en plus rares à mesure qu'on descend le long du rayon et la base en est même complètement dépourvue. Le filet terminal qu'on doit considérer comme l'extrémité de la branchie en voie de croissance, non- seulement renferme toujours un prolongement du vaisseau contractile principal, d'un beau vert, mais présente en outre toujours plusieurs ocelles. Chaque ocelle est formé d'un cristallin piriformp, long de ram ,02, et d'une enveloppe de pigment rouge autour de la pointe de celui-ci. Tous les ocelles regardent vers le côté interne de l'entonnoir branchial. Leur nombre est d'au moins 220 par rayon branchial. Le nombre total des yeux pour un seul individu est donc d'environ 11,000. On voit que ces vers n'ont rien à envier aux Arthropodes pour la multiplicité des organes visuels. L'opercule est à peu prés cylindrique (fig. 3) et corné. Les Vermilies ont en gé- néral l'opercule calcaire, mais cette exception n'a pas assez d'importance pour justifier la formation d'un genre nouveau. Cet opercule repose sur une sorte de cupule rouge qui le fait ressembler à un gland. Genre SERPULA Linn. (Phil. rev.) Serpula Crater *. Serpula Infundibulum Délie Chiaje, Memorie sugli Aoim. senza Vert. III, p. 2"26; lav. XL1X, p. 40. — Llescrizione e notomia, III, p. 70; V, p. 94; tav. 71, fig. 39-40. PI. XIII, fig. 2. Testa arnica albu, multoties varicosa, infiuulibidis sese recipientïbus conflata, striis transversis et longitudinalibus exarata. — Corpus crassiiisculum subteres, îongitudme35 tDm 1 L'espèce considérée aujourd'hui, à tort on à raison, comme étant la Serpula Infundibulum typique de Gmelin, a passé dans le genre Vennilie. On pourrait, par conséquent, conserver le nom de S. m/un- dibulitm pour l'espèce que Délie Chiaje avait déterminée comme telle. Toutefois, différents auteurs n'ad- mettant les Vermilies que comme un simple sous-genre des Serpules, il m'a paru nécessaire de modifier le nom. (525) 162 ANNÈL1DES CHÉTOPODES (sine branchiis), latitudine 4-5 mm , pallide flavum, postice attenuatimi. Coïïare trifidum. Segmenta thoracica setigera septem. Branchiarum paria cire. 40, nèro albidoque annu- lata, ocidis nullis. Operculum stellatum corneum, stylo hand alato. Le lube de celte espèce ressemble, à s'y méprendre, à celui de la Ver- milia Infundibulum. La succession des péristomes réfléchis donne la même appprence d'enlonnoirs emboîtés, un peu exagérée dans la figure de Délie Chiaje. Que ce savant ail figuré le lube de cette Serpule et point celui de la Vermilie, c'est ce dont il n'est pas permis de douter. Il donne en effet une figure de l'opercule, assez mauvaise, il est vrai, mais suffi- sante pour montrer qu'il s'agit d'une Serpule proprement dite. La dia- gnose ne laisse d'ailleurs aucun doute : « apertura operculo slellato clausa » y est-il dit expressément. Le corps de cette espèce est beaucoup moins gracile que celui de la Vermilia In- fundibulum. Son thorax, en particulier, n'est pas beaucoup plus long que large. Le premier segment est armé de soies toutes spéciales, beaucoup plus grosses que celles des segments suivants. Elles sont de deux espèces (flg. 2 A) : les unes plus minces, simplement sétacées et arquées vers l'extrémité, avec de très-fines dentelures sur le côté convexe; les autres beaucoup plus fortes, se terminant par trois andouillers, dont deux courts, lisses et obtus, et un grêle, long, denticulé sur le côté convexe. Aux au- tres segments thoraciques, les soies des faisceaux dorsaux sont subulées avec deux limbes striées dans la partie terminale (213). A l'abdomen, ces soies sont remplacées par d'autres (2 D), élargies à l'extrémité en une spatule triangulaire. A un grossisse- ment suffisant, on peut s'assurer que cette spatule est en réalité un entonnoir oblique, très-comprimé, dentelé sur le bord. Les tores uncinigères commencent dès le second segment thoracique. Soit au thorax, soit à l'abdomen les plaques onciales pectinées ont la forme représentée flg. 2, C. Elles sont armées de six dents. Les branchies présentent quatre zones d'un rouge cinabre, séparées par des zones blanches. Le long de chaque rayon sont semées des taches, blanches à la lumière in- cidente, opaques à la lumière transmise, et disposées comme les yeux d'autres espèces. Rien cependant dans la structure de ces organes ne peut faire présumer des organes visuels. L'axe de la branchie est formé par un tissu cartilagineux à cellules petites, nombreuses et polygonales. Mais en dehors de l'axe proprement dit, du côté externe, sont semées de grandes cellules isolées, larges de 24""". La tige de l'opercule présente dans la règle un anneau rouge cinabre vers le milieu (526) DU GOLFE DE NAPLES. 163 de la longueur. La surface concave de l'opercule, ornée de côtes rayonnantes, comme dans le reste du genre, offre des rayons rouges et blancs alternativement. Genre EUPOMATUS Phil. ' EUPOMATUS TRYPANON '. PI. XIV, fig. i. Corpus vermiforme, postkevaldc atténuât uni, longitudine 9-10 mm ,latitudine l mm , seg- mentas circa 82, thoracicis septem. Branchiarum paria 15-16, 2 mm longa, viridescentia, basi aurantiaca, oculis mdlis. Operculum infundibuliformc costatum, in centro coronam gerens spinarum flexuosarum, basi tumida, lateralibus dentictdatis. Tubus convolutus, sœpe spinditer productus, haud carinatus. Cette petite espèce vit fixée sur les piquants des Cidaris, où ses tubes calcaires, très-en roulés et variables, peuvent facilement être pris pour des tubes de Spirorbis à spirale un peu irrégulière. Le thorax compte sept segments. Comme chez les espèces voisines, le premier porte deux faisceaux de grosses soies (4 A): les unes simplement sétacées et arquées, les autres armées de trois pointes dont deux obtuses et courtes et une longue et aiguë. Les segments suivants portent à la rame dorsale des soies subuléns, à double limbe strié (4 B), et à la rame ventrale des plaques onciales (4 D), à sept dents, dont la pos- térieure est un peu plus forte que les autres. Ces plaques forment une seule rangée transversale sur chaque tore. Leur hauteur est de 25 micr . Elles sont conformées à l'abdomen comme au thorax. En revanche, les soies subulées sont remplacées à l'ab- domen par des soies (4 C) dont l'extrémité est obliquement dilatée en une spatule triangulaire à bord finement dentelé. Les derniers segments de l'abdomen portent, en outre, des soies capillaires fort fines et longues. Il n'existe pas d'iutervalle achète entre le thorax et l'abdomen. 1 D'après M. Malmgren, le nom à'Eupnmatiis Phil. devrail faire place, par droit de priorité, à celui d'Hi/drniites Gunn. Le mémoire de Giinnerus date de 1 708 II n'est malheureusement pas à ma disposition (Act. Nidros. IV, p. 51), et je ne puis voir si les Hy froides ont été considérés par Gunni-rus comme un genre distinct des Serpules, ou si ce nom n'était employé par lui que comme mi synonyme du génie Ser- pula. M. Malmgren n'entre malheureusement dans aucun détail à ce sujet. En attendant de plu;, amples informations, je préfère conserver, au moins provisoirement, le nom do Philippi, aujourd'hui géncia- ralemenl accepté. * Par allusion à la couronne de dents de l'opercule, comparable à un trépan. (527) 21 164 ANNËLIDES CHÉTOPODES Les branchies sont au nombre de 30 à 32 en tout. Elles sont verdâtres par suite de la couleur du sang; seule, la base est orangée. Nulle part il n'existe d'ocelles à leur surface. En revanche on trouve deux taches oculaires sur le dos du segment buccal, comme chez la plupart des Serpulides. L'opercule est souvent double ', mais dans ce cas l'un d'eux est toujours plus petit que l'autre et paraît être un opercule de remplacement en voie de formation. La partie basilaire de l'opercule (fig. 4) est tout a fait comparable à un opercule de Serpule proprement dite. Elle a la forme d'un large vase à bord crénelé. Chaque créneau correspond à une côte saillante longitudinale de la surface externe, côte qui s'efface vers le milieu de la hauteur du vase. De l'intérieur de ce vase sort un faisceau ou plutôt une couronne d'épines, renflées et soudées entre elles à la base, et recourbées en crochet à l'extrémité. Chacune d'elles présente vers le milieu de sa longueur et de chaque côté, deux denticules saillants. Les zoospermes (4 E) ont une tête ovoïde, longue de 2 micr seulement. Cette espèce est évidemment fort voisine de YE. pectinalus Phil. \ Mais chez ce dernier les épines de l'opercule portent un plus grand nombre de dents sur les côtés, au point de paraître pectinées. En outre les branchies sont ornées de points rouges, c'est-à-dire, sans doute, d'ocelles qui font entièrement défaut à YE. Trypanon. M. Phihppi ne dit d'ailleurs rien de l'apparence de Spirorbe du tube, apparence qu'il aurait certainement relevée. 1 Particularité signalée également par M. Philippi chez une espèce fort voisine, l'JE. pectinatus. * Archiv fur Nalurgeschichte, 1814, I, p. 195. -» — ?=5feO=SCPT — "" (528) DU GOLFE DE NAPLES. 165 INDEX Pages Acholoë 3, 18 astericola 18 Alciopa 103, 104 carndida 105, 108 Cantraihii 105 Délie Ckiaji 108 F.ihfurilsii 103 Reynaudi 104 AU'IOPin.E 103 •Alentia 10 Amage 133 Ampharete 133 AMPHARETID^ 132 Amphicora mediterranea 149 Amphicteis 132 curvipalea 132 Gumieri 133 Amphiglena. .. 135, 150, 152 mediterranea 148 Amphitrite 129 cirrata 129, 132 incana 129 Tnfundibulum 140, 141 Johnstoni 131 Meckelii 129 Anaïtis 94 1 ineata 94 peremptoria 95 puailla 96 Antinoë reticulata 12 çasculosa 14 Aphrodita acaleata 13, 137 APHRODITID.E.. 7 ARETIDEA 83 Arripasa Infwndvbulwm 141 Asterope 103, 104, 107 candida 103, 108 Branchiomma 137 Kollikori 138 vesicQlosum 138 vigilans 137 Ceratonereis 87 Costa- 88 Ehlersiana 88 guttata .42, 81 Kinbergiana 89 tentaculata 88 Cirrobranchia 26 parthenopeia 26 CH.KTOPTERID/E 124 Chsetopterus variopedatus 124 Chone 141 Crossostoma 132 Diopatra neapolitana 24, 26 Drilonereis 35 Pilum 35 ERIOGKAPHIDA 135, 140 Eriographis borealis 141 Euchone 141 Eulalia 97 guttata 97 microcephala 98 Eumida 97 guttata 97 Eunice 27 adriatica 27 aphroditoïs 24 (529) cingwlata 26 Çlaparedii... 24,31, 32, 35 Harassii 31, 32, 35 limosa 34 purpurea 26 rabrocincta 24, 35 schizobranchia ... .28, 30 siciliensis 24, 27, 30 Taenia 28 vittata 24, 33, 34 EUNICIDA 27 EUNICID/E 22 Eupomatus 163 Trypanon 163 Glycera 3 capitata 5 initis 4 setosa 6 umcornis 3 Halla 26 parthenopeia 26 Halosydna 10 Harmothoë laevigata 15 Hedyle 47 lobulata 75 Hermadion 16 fragile 16 Hermione Hystrix 7 HEStONID.-E 118 Heteronereis 39 fucicola 37, 39, 44 glaucopis 39 grandifolia 37 lobulata 75 Malmgreni 44 166 Pages Middendorffii 39 Hyalinœcia 26 rigida 33, 35 tubicola 24 Hydroïdes 1 63 Hydrophanes 99 Krohnii 100 Iphinereis fucicola . 37, 44 Iphione muricata i\ ovata 11 Krohnia 103 Edwardsii 10'> LABIDOGNATHA 24, 36 Leontis 44 cocr inea 86 Dumeriln 37, 44, 86 Lepidonotus 9, 16 punctatus 9 Lepidasthenia 18 Leptochone. ... 135, 141, 149 œsthetica 150 Leptonereis 90 glauca 90 Leiicodore 1 23 Leucodorum 123 Liocaoa 1 03 Cantrainii 105 vertebralis 108 vitrea 105 Lipephi le 75 cuit ifera 75, 81 macropus 80 margaritacea 75 LOPADORH YNCHIDA 98 Lopadorhynchus 99 brevis 99, 100 LUMBRICONERE1DA 35 Lumbriconereis breviceps 24 Filum 35 impatiens 23, 24 Lumbricus fitigerus 3 ANNÉLIDES CUÉTOPODES fragilis 24 LYCOR1D.E 36 Lycoris fucata 39 lobulata 75 Lysidice communis 16 Ninetta 24 Marphysa sanguinea 24 Mastigonereis 83 Melinna 133 Monocolea 8 tessellata 8 Myxicola 125, 140 (.rubii 141, 144 Infundibulura 141 modesta 150 parasites 152 Sarsii 144 Steenstrupii 144 Najades Cantrainii 105 NEREIDjE 36 Nereilepas 82 fucata 39 lobidatus 75 parallelogramma 84 variabilis 37, 44 Nereiphylla Paretti 92 Nereis 36 Agassizii 39 aphroditoïs 24 astericola 18 Beaucoudrayi 75 bilineata 75 camdea 75 Coste 88 cultrifera... 38, 40, 75, 81 cylindrata 40 Dumerilii 37, 40, 44 Ehlersiana 88 flexuosa 3, 118 floridana 76 (530) Pages fucata 39 fulva 75 glauca 90 grandifolia, 37 guttata 42, 81, 89 incerta 75 Kinbergiana 89 lobata 75 lobulata 75 macropus 76, 80 margaritacea 75 massiliensis 44, 72 parallelogramma 84 pelagica 37, 38, 85 peritonealis 44 perivisceralis 84 pulsatoria 40, 84 sanguinea 24 squamosa 18 succinea 84 tubicola 24 Ventilabrum 75 vexillosa 39 virens 39 vittata 34 zostericola 44 Nicidion cincta 24 Nicomedes 90 Nicon 90 NICONIDEA 90 Notocirrus Hilairii 33 Onuphis 26 fragilis 24 Pancerii 23, 24 Pallonia 129 rapax 1 29 Paranereis 76, 83 Perinereis 76, 83 Pileolaria mihtaris 158 Pisenoë 44 PISENOIDEA 44 Phyllodoce 92 Pages Kinbergii 93 aminosa 93 Pancerina 92 Paretti 92 Rathkei 92 Rathkii 93 PHYLLODOCIDA 92 PHYLLODOCID.E 92 Platynereis M Plioceras eutticiformht 26 Polydora 123 Agassizii 124 antennata 124 flava 123 Polynoë 8 aslericola 3 elegans 18 fasciculosa 12 Grubiana 9 laevigata 14 laevis 13 hmulata 8 muricata 10 retieulata 10 squamata 9 tentaculata 15 vasculosa 12 POLYNOIDA 8 Polyodontes DU GOLFE DE NAPLES. Pages maxillosus 122 PRIONOGNA THA 24, 36 Protula Dysteri 154, 158 Pseudonereis 83 Psygmobranchus 153 cœcus 153 Ranzania 125 sagittaria 126 Rhynchobohts 3 Rhynchonerella 104 Sabella 139 brachychona 139 gelatinosa 141 Infundibulum 141 Josephinœ 136 villosa 141 SABELLIDA 135, 137 Sabellides 133 adspersus 133 Salmacina 154 œdificatrix 155 Dysteri 155. 158 incrustans 155 Samytha 133 Serpula 161 Crater 161 Infundibulum .... 159, 161 SERPULIDA 135 SERPULID.£ 135 167 Pages Sigalion 20 squamatum 20 SIGALIOMDA 20 Sosane 133 Spio 121 Bombyx 121 fuliginosus 121 SPIONID/E 121 Spirographis 136 longîspira 136 Spallanzanii 136 Spirorbis 157 communis 157 lœvis 157 Pagenstecheri 158 Terebella Buccina 141 Infundibulum 141 Meckelii 128 TEREBELLID/E 128 Torea 103 ritrea 108 Tuba divisa 141 Infundibulum 141 Vanadis 104, 116 formosa ■ 116 Vermilia 159 Infundibulum 159 mu/tivarica 159 (531) 168 ANNÉLIDES CHÉTOPODES EXPLICATION DES PLANCHES. Planche I. Fig. 1. Polynoë reticuiata Clprd. Pronation. Gr. ■}-. 1 A. Id. Extrémité céphalique, pronation. Gr. Y- 1 B. Id. Elytre isolé : a bord externe ; b bord antérieur. Gr. Y. 1 C. Id. Une partie du bord externe de l'élytre avec les papilles. Gr. ^ . 1 D. Id Une partie de la surface d'un élytre avec le réseau tnbulaire orangé a et les papilles porifères b. Gr. Y . 1 E. Id. Une papille du bord de l'élytre avec son filet nerveux dans l'axe. Gr. 5 -°-°. i F. Id. Deux tubercules de la surface de l'élytre, l'un a simple (avec un seul pore), l'autre b composé (avec plusieurs pores). Gr. - L P- Fig. 2. Polynoë Grubiana Clprd. Pronation. Gr. J. 2 A Id Extrémité céphalique, pronation. Le premier élytre de gauche est enlevé ; a point d'attache de l'élytre absent sur l'élytrophore. Gr. J T ? . Fig. 3. Polynoë lœvigata ' Clprd. Pronation. Gr. j. 3 A. Id Extrémité céphalique, pronation, fir. -',-. 3 B. Id. Soie arquée, à crêtes transverses crénelées, de la rame supérieure. 3 C Id. Soie simple, à crêtes transverses crénelées, de la rame inférieure. 3 D. Id. Un élytre isolé : a bord externe. Gr \. 3 E. Id. Une papille des cirres isolée, avec son filet nerveux dans l'axe de la cavité centrale et ses poils terminaux Gr. ^-p. 3 F. Id. Fragment d'un cirre avec les cellules brunes de l'hypoderme. Gr. *£-. 3 G. Bord d'un palpe avec les papilles tactiles. Gr. if?. 3 H. Id. Un pied cirrirère : a appendice cirriforme de la rame supérieure ; b de la rame infé- rieure. Gr. \ 5 . Fig. 4. Polynoë vasculosa Clprd. Extrémité céphalique, pronation. V"- 1 A. Id. Elytre isolé: a bord externe. Gr. -y 1 . 4 B Id Soie arquée à crêtes crénelées, de la rame supérieure. Gr. ^p. 4 C. Id. Soie crochue, de la rame inférieure. Gr. 2 p. 4 D. Id. Une partie de l'intestin avec le système vasculaire: a vaisseau dorsal; b anses laté- rales ; c rosettes vibratiles résultant de l'insertion des diverticules latéraux de l'intestin, dont un seul (/ a été représenté. Gr. ^. Planche II. Fig. i . Acholoë astericola (Polynoë asteiïcola délie Chiaje). Extrémité antérieure dans la pronation. Gr. f 1 A. Id Un pied cirrifère vu de profil : a branchie ; b diverticule de l'intestin pénétrant dans la cavité de la branchie ; c ovules ; d base du cirre dorsal. Gr. ^2. 1 B. Id. Extrémité antérieure dans la pronation, élytres enlevés ; a article basilaire du cirre tentaculaire dorsal avec son champ de cils vibratiles ; b zone vibratile de l'élytrophore ; (532) DU GOLFE DE NAPLES. 169 c zone vibratile sur le coussinet homologue de l'élytrophore dans les pieds sans élytres. Gr. V 6 • Fig. "2. Henni lion fragile Clprd. Pied vu de profil par derrière : a masse d'oeufs enfermée dans un sac membraneux ; b tubercule portant l'ouverture de l'organe segmentaire. Gr. -L{- 5 . 2 A et 2 A'. Id. Masses d'apparence cellulaire renfermant des concrétions excrémentielles : de la paroi des diverticules intestinaux Gr. 2 p. 2 B. Id. Une partie du sac rempli d'oeufs : a paroi du sac. Gr. 2 -p. Fig. 3. Sigalion squamatum délie Chiaje. Papilles du bord de l'élytre : a nerf du bord de l'élytre ; b, c ses rameaux destinés aux papilles ; (/ nucléus des cellules terminales ; e réseau ner- veux du milieu de l'élytre ; /' rameau nerveux provenant du nerf marginal Gr. — p. 3 A. Id. Deux branches d'une papille pennée; a rameau nerveux ; b bâtonnets accolés à la papille. Gr. ^f-° . Fig. 4. Drilonereis Filum Clprd. Extrémité de la trompe à demi extroversée, avec son réseau vas- culaire. Gr. 3 , 5 -. Fig. 5. Eunice siciliensis Grube. Extrémité antérieure, pronation. Gr. {. 5 A. Id. Pied de la région antérieure. Profil. Gr. ^. S B. Id. Pied de la région postérieure avec sa branchie. Profil, -f. S C. Id. Extrémité d'une soie composée falcigère. Gr. *-p. 5 D. Id. Partie du bord et de la surface d'une antenne avec ses papilles pilifères : a cuticule. Gr. H- 5 . Fig. 6. Eunice schizobranchia Clprd. Partie d'un segment de la région postérieure, supination : a cirre ventral ; b branchie ; c cirre dorsal ; d dissépiment et ses muscles ; e entonnoir vibratile de l'organe segmentaire ; e' son tube vibratile ; f glande pédieuse ; g sacs mem- braneux pleins de liquide ; h intestin ; i tache oculiforme. Gr. ^. 6 A et A'. Id. Les soies : (/soie subuléeet marginée du faisceau dorsal ; b soie falcigère du fai- sceau ventral ; c soie hamiforme, du faisceau inférieur ; d soie en spatule pectinée, du faisceau supérieur. Gr. J-p. Fig. 7. Nereis paraUelogramma Clprd. Tissu delà chaîne nerveuse ventrale. Gr. 23J . 7 A. Id. Ganglion de renforcement à la base d un pied : a nerf pédieux; b sa branche destinée à la rame supérieure ; c à la rame inférieure ; d amas de cellules ganglionnaires. Gr. 90 1 • Planche III. Fig. 1. Nereis (Leontis) Dumerilii Aud. Edw. Petite forme néréidienne mûre. Gr. f. 1 A. Id. Partie antérieure d'une femelle pleine d'œufs, pronation. Gr. {. 1 B. Id. Testicule isolé Gr. 3 \-° . 1 C. Id. Corps flottants détachés du testicule ; a cellules ; b corps framboises résultant de la division des cellules. Gr. - s -f- . 1 D. Id. Une couple de zoospermes mûrs. Gr. kA ^-. i E. Id. Un œuf mûr. Gr.^. Fig. 2. Nereis (Leontis) Dumerilii. Individu dépourvu de tout caractère sexuel. Gr. f. 2 A. Le même : partie antérieure, en pronation. Gr. \ 2 -. Fig. 3. Nereis (Leontis) Dumerilii. Phase épigame. Gr. f. 3 A. Id. Portion du tissu sexuel d'un individu maie : a cellules du tissu sexuel ; b régimes de petites cellules destinées à se transformer en zoospermes. Gr. 4 -p. (533) 170 ANNÉLIDES CHÉTOPODES 3 B. Id. Le même tissu après résolution des régimes de cellules dans leurs éléments. Gr. *p. 3 G. Id. Cellules d'évolution des zoospermes. Gr. S-f 5 . 3 D. Id. Les zoospermes : a un groupe de quatre, chacun avec son nucléus; b un zoosperme isolé. Gr. J-f-° . Fig. 4. Nereis (Leontis) Dumerilii. Grande Hétéronéréide en pronation. Gr. f. 4 A. Id. Les zoospermes mûrs. Gr. ^-~' . 4 B. Id. Un ovule mùr. Gr. *f . Fig. 5. Nereis (Leontis) Dumerilii. Petite Hétéronéréide, pronation. Gr. f . 5 A. Id. Ovule mùr. Gr. *±. Fig. 6. Nereis (Leontis) Dumerilii. Forme hermaphrodite; partie du contenu de la cavité périvis- cérale : a ovule ; b cellules du tissu sexuel ; c groupe de cellules d'évolution des zoo- spermes . 6 A. Id. Trois jeunes ovules agglutinés. 6 B. Id. Ovule mùr. 6 C. Id. Groupes de cellules d'évolution des zoospermes. 6 D. Id. Zoospermes en voie de développement. Gr. ^p. 6 E. Id. Zoospermes mûrs. Gr. ^-p. N. B. Les figures 6 à 6 E sont dues à M. Elias Mecznikow. Planche IV. Fig. 1 . Nereis (Leontis) Dumerilii. Individu épigame dans le moment de la transformation en Hétéronéréide ; les pieds commencent à prendre la forme caractéristique ; la tête s'élargit et les yeux grandissent. Gr. \ 2 . 1 A. Id. Trompe d'un individu épigame. supination. Gr. *£■. Fig. 2. Nereis (Leontis) Dumerilii. Individu presque entièrement transformé en Hétéronéréide, pronation. Gr. ^ • 2 A. Trompe delà même, supination. Gr. *£. 2 B. Mâchoire de la même. Fig. 3. Nereis (Leontis) Dumerilii. Trompe d'un individu de la forme néréidienne, de taille moyenne, pronation. 3 Nereis (Leontis) Dumerilii. Mâchoire d'un individu mûr de la petite forme néréidienne. Gr. ¥-• Fig. 4. Id. Trompe d'un individu néréidien de taille moyenne, pronation. Gr. *£• 4 A. Id. La même, supination. Gr. p. Fig. 5. Id. Mâchoire d'un individu de la forme hétéronéréidienne : a et b les deux canaux excréteurs; c tissu aréolaire. Gr. s ^-. 5 A. Id. Tissu aréolaire de l'intérieur de la mâchoire du même individu. Gr. -S-p. Fig. 6. Id. Individu monstrueux avec atrophie des antennes et soudure des deux palpes. Gr. -*p. Fig. 7. Id. Œuf en voie de segmentation, tiré de la cavité périviscérale d'un individu de la forme hermaphrodite (Mecznikow) . Planche V. Fig. 1. Nereis (Leontis) Dumerilii. Forme néréidienne : lobe céphalique et parties adjacentes; a sac péritonéal médian ; b son prolongement autour de la base du nerf antennaire ; c sacs (534) 1)1 GOLFE DE XAPLES. 171 péritonéaux postérieurs ; d sac péritonéal du palpe ; e revêtement péritonéal aux articles basilaires des cirres tentaculaires ; /' nerf des cirres tentaculaires ; g ses terminaisons su- perficielles ; // cœcuni vasculaires contractiles ; i amas de follicules. Gr. Y- A. Id. Rame supérieure d'un pied : n base du cirre dorsal ; // // //' glandes iSjiiiimli ■nsi-n Ehlers); c ccecum vasculaires contractiles. Gr. ! 5 1 i F 'g- 3. 3 3 3 N . B F ig- i. Fig. 2. Nereis (Leontis) DumeriUi, l'orme hétéronéréidienoe : Lobe céphalique et parties adjacentes, pronation. Gr. V- 2 A. Id. Portion d'un lobe membraneux des pieds : n artère avec ses subdivisions a' ; b les ccecum contractiles placés au-dessous. Gr. i \ i . 2 B. Id. Portion excisée d'un lobe pédieux : les artères et les veines se sont vidées de sang et les ccecum contractiles n restent seuls pleins de liquide ; a' point où les ccecum passent en- dessus et en-dessous aux artères et aux veines; b paroi affaissée des artères et des veines avec leurs nucléus; c cellules isolées du tissu sexuel. Gr. 3 -\-. 2 C. Id. Un ccecum vasculaire d'un lobe pédieux : a membrane contractile ; b ses noyaux. Gr. *Jy^. D. Id. Portion de trois fibres musculaires avec leur axe granuleux. Nereis (Leontis) DumeriUi, forme hermaphrodite, de San Remo. Extrémité antérieure, pro- nation (individu de 35 segments). A. Un pied de la même. B. Fibres musculaires de la même. G. Individu de San Remo, dépourvu de caractère sexuel, comptant 24 segments. . Les figures 3 à 3 C sont dues à M. Mecznikow. Lumbriconereis impatiens Clprd. Appareil maxillaire supérieur, supination : .1 support; H pince ; C pièce dentaire ; D D' paragnathe ; a a' la double dent terminale de la pièce dentaire droite ; b la dent simple correspondante de la pièce gauche ; c c' la double dent de la pièce gauche ; d la dent correspondante unique de la pièce droite. Fig. 5. Onuphis Pancerii Clprd. Appareil maxillaire supérieur, pronation ; A jusqu'à W, comme dans la figure précédente ; a paragnathe supplémentaire, denté en scie, de la moitié gauche de l'appareil. Planche VI. Fi?. 1. Nereis (Leontis) DumeriUi. Une partie de la région dorsale d'un individu de la l'orme né- réidienne, de taille moyenne. La paroi du corps est enlevée dans la partie antérieure de la figure, afin de laisser voir les parties plus profondes : a ligne de section de la paroi du corps ; b vaisseaux de l'hypoderme ; e nucléus hypodermiques entourés de granules de pig- ment violet; d vaisseau dorsal; e valvule avec son nucléus ; /'bride de la valvule empê- chant le renversement de celle-ci en arriére pendant la contraction du vaisseau ; g corpus- cules du sang ; h cellules violettes du péritoine ; i cellules d'un jaune brun. Gr. ^f 5 . I A. id. Glandes verticillées en voie de formation Gr. -'-f^. Fig. 2. Id. Figure analogue à la Ggure t , empruntée à un individu chez lequel le pigment est disposé en raies transversales : a, c, h comme ci-dessus. Gr. ^-jp. Fig. 3. Nereis (Leontis) DumeriUi, individu à moitié transformé en Hétéronéréide. — Cellules pig- mentaires péritonéales du lobe céphalique. Gr. l f â . (535) 22 172 ANNÉLIDES CHËTOPODES 3 A. Id Cellules pigmentaires de la choroïde, dans l'œil en croissance. Gr. 1 -^. Fig. k. Nereis (Leontis) Dumerilii, forme hét^ronéréidienne. Portion de la région dorsale des pre- miers segments du corps : a la paroi du corps avec ses lignes transversales de pigment violet; b ligne suivant laquelle la paroi du corps est supposée coupée transversalement et enlevée pour mettre à nu les cellules péritonéales c en voie de résorption. Gr. 3 -p. I A. Id Disposition du pigment rouge-brun sur le dos d'un segment abdominal, chez une Hé- téronéréide : a ligne du pigment profond ; le reste du pigment est superficiel. Gr. '-j- 2 -. 4 B. Id. Portion de la surface ventrale d'un segment chez une Hétéronéréide : a la première plaque criblée du côté externe ; a' a" les deux suivantes du côté de la ligne médiane ; // //' //" les follicules verticillés vus en place, avec leur apparence dendrilique ; c groupe de nombreux follicules muqueux; c' c" follicules muqueux isolés Gr. 8 -p. •1 C. Id. Un fragment de cuticule arraché à la face ventrale d'une Hétéronéréide, avec la cuti- cule des groupes de follicules verticillés suspendue à sa surface inférieure. Gr. -J". i D. Id. Moitié droite d'un segment de la région antérieure (vers le 2u mB segment) d'une Hé- téronéréide, pronation, et i E. Moitié gauche de deux segments de la même région, supination : a acicule de la rame dorsale; b rame dorsale ; c cirre dorsal ; (/ rame ventrale ; c, e , e" les glandes de la rame dorsale (Spinndriisen Ehlers); /'vaisseau dorsal; g anse intestinale; /janse périviscéralè ; i intestin ; / cœcum contractile à la face ventrale ; m, n cœcum contractiles du pied ; o grosse branche vasculaire née de l'anse intestinale ; p cirre ventral ; q, q' glandes de la rame ventrale ; c muscles longitudinaux; s muscles obliques de la rame supérieure; l, t' muscles obliques de la rame inférieure ; n. n. n muscles transverses de la rame supérieure; v muscles de l'acicule. Gr. ^. i F. Id. Partie d'une anse vasculaire parcourue par une onde de contraction, chez une Hétéro- néréide : a anneaux musculaires ; b nucléus de ces anneaux ; c réseau contractile étendu entre les anneaux ; il valvules dans l'intérieur du vaisseau. Gr. ? p. N. B. Le réseau contractile et les anneaux musculaires n'ont pas été dessinés dans la partie infé- rieure de la figure, afin de mi j ux laisser voir les valvules d'. Fig. S. Nereis (Leontis) Dumerilii. Moitié d'un segment d'une petite Néréide mûre, supination : */ cirre dorsal ; b cirre ventral ; c c languettes pédieuses ; d anse vasculaire ; e dissépi- ment ; f ouverture dans le dissépiraent ; g entonnoir vibratile de l'organe segmentaire ; /* son tube cilié; «son pore externe; I: // corps d'apparence glandulaire; / /' muscles; m paroi de l'intestin ; m' sa cavité; n corpuscules lymphatiques ; o zoospermes; // acicule de la rame inférieure. Gr. ^ . Planche VII. Fig. 1. Nereis (Lipephile) cultrifera Grube. Forme de Néréide: a individu adulte; b individu jeune. Gr. ~. 1 A. Id. Partie antérieure d'un individu de forme néréidienne. Gr. Jj 2 . 1 B. Id. Forme hétéronéréidienne, pronation cf. Gr. }. 1 C. Id. Forme hétéronéréidienne, pronation Ç Gr. {. 1 D. Id. Extrémité antérieure d'une Hétéronéréide, pronation. Gr. x y. 1 E. Id. Une soie rémigêre de l'abdomen d'une Hétéronéréide. (536) IM GOLFE DE NAPLES. 173 l F. Id Un groupe de quatre zoospermes de la cavité périviscérale d'une Hétéronéréide. Gr. H- 5 - 1 G. Id. lieux zoospemies murs isolés. Gr. " , 1 11. Id. Deux zoospermes plus fortement grossis : a nucléus; b prolongement de la queue à travers le protoplasma de la tête jusqu'au nucléus. Gr. J- 3 ^. 1 I. Id Ovule mûr. Gr. 3 -p. Kig. 2. Nereis Nereilepas) parallelogramma Clprd. Trompe d'un individu jeune, supination. Gr. '/. 2 A. Id. La môme en pronation. Gr. ',". "2 B. Id. Pied de la région antérieure, vu de profil (les soies ont été omises). 2 C. Id. Pied de la région postérieure. 2 I) ld. Deux paragnathes. Gr. 2 -f°. 2 E. Id. Les soies : n spinigère homogomphe; // falcigère homogomphe ; c falcigère hétéro- goniplie; il spinigère hétérogomphe. Gr. ^. Fig. 3. Nereis (Leptonereis ) glauca Clprd. Extrémité antérieure en pronation. Gr. l*- 3 A Id. Un pied, vu de profd. Gr. ', 3 B. Id. Les soies . a spinigère homogornplie ; // spinigère hétérogomphe ; c falcigère hété- rogomphe. Gr. -\-. 3 C. Id. La trompe, pronation. Gr. ■',•". Planche VIII. Fig. 1. Nereis (Lipephile) macropus Clprd. Individu adulte, pronation. Gr. -}. 1 A. Id. Partie antérieure, pronation. Gr. ". I B Id. La trompe, pronatinn. Gr. Jj 8 . 1 C. Id. La trompe, supination. Gr. Jj 8 . 1 D. Id. Pied du î) me segment, vu de profil par la face antérieure. Gr. ^. t E. Id. Pied du 30 n10 segment, vu de profd par la face antérieure. Gr. *fi. I F. Id. Pied de la région postérieure, vu par devant : n languette supérieure gigantesque- ment développée ; b languette moyenne; c languette inférieure ; d cirre dorsal , e cirre ventral ; y vaisseau donnant naissance aux réseaux admirahles ; h amas de follicules mu- queux. Gr. ^j 2 . t G. Id Soie spinigère homogomphe. Gr. ^-f- 5 - 1 H. ld. Soie falcigère hétérogomphe. Gr. -^-f- 5 . Fig. 2. Nereis (Centtonereis) Ehlersicma Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. -f . 2 A. ld. La trompe, supination. Gr. 3 . 2 B. Id. La trompe, pronation. Gr. \. 2 C. ld. Un pied vu par la face antérieure. Gr. ^f. 2 D. Id. Pied du premier segment sétigère. Gr. Y- 2 E. Id. Les soies : a falcigère hétérogomphe des premiers segments ; b falcigère hétérogomphe des segments suivants ; c spinigère homogomphe. 2 F. ld. Deux paragnathes. Fig. 3. Nereis (Ceratonereis) Kinbergiana Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. Y- 3 A. Id. Pied du premier segment sétigère, vu par devant. Gr. ±f. (537) 174 ANNËLIDES CI1ÈT0P0DES 3 ES. Id. Pied de l'un des segments suivants, vu par devant. Gr. &£. 3 C. Id. Les soies : a spinigère homogomphe ; b falcigère hétérogomphe large; d falcigère mince. Gr. --f-°. Planche IX. Fig. 1. Phylbdoce Pancerina Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. {. i A. Id Extrémité céphalique, pronation. Gr. ^. 1 B. Id. Un pied vu de profil : a cirre dorsal ; b cirre ventral 1 C. Id Une soie isolée Gr. 5 p. Fig. 2. Eulalia (Eumida) guttata Clprd. Extrémité céphalique, pronation. Gr. i*. Fig. 3. Eulalia {Pterocirrus) microcephala Clprd. Extrémité antérieure, pronation. Gr. '^- Fig. 4. Anaïtis tineata Clprd. Extrémité antérieure, pronation : a kystes parasites dans les cirres Gr. V- •1 A. Id. Un pied isolé : a kystes parasites. i B. Id. Bourrelet porteur des cils vibratiles sur les cirres dorsaux. Gr. L p. 4 C. Une soie isolée. i D. Un kyste parasite des cirres. Gr. ^-p. Fig. 5. Anaïtis pusilla Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. ±p. 5 A. Id Une couple de zoospermes. Gr. 7 J 5 . Fig. 6. Anaïtis peremptoria Clprd. Partie antérieure, supination : a tubercule exsertile cilié ; b yeux entrevus par transparence; c bouche; d chaîne ganglionnaire. Gr. *■*. Planche X. Fig. 1. Asterope candida (Alciope candida délie Chiaje). Partie antérieure, pronation : a trompe extroversée ; b antennes supérieures ; c antennes inférieures ; c antenne médiane repré- sentée par un simple tubercule , d tentacules buccaux, soit palpes ; e glandes sombres ; f pre- mier cirre dorsal cordiforme ; y vaisseau dorsal ; h sclérotique ; i couche extrapigmentaire de la rétine. Gr. i î ? -. 1 A. Id. L'un des deux tentacules proboscidiens : u cuticule ; b hyi'oderme semé de nucléus ; c denticules durs ; d follicules ou forme de cornue ; e leurs ouvertures à la surface de la cuticule. Gr. 3 ^-. 1 B. Id. Partie delà trompe prés de son bord antérieur : a cuticule en coupe optique ; b mou- chets de cils vibratiles ; c denticules; il follicules. Gr. 3 -J-°. 1 C. Id. Un organe segmentais : a ouverture rétrécie engagée dans le dissépiment ; b la partie du tube cilié formant une anse en forme de boucle, avec mouchets de poils raides; c la suite du tube ; d sa partie élargie pour constituer la vésicule séminale ; <• extrémité externe du tube cilié. Gr. 2 J-. i D. Id. Une cellule isolée des glandes sombres : a nucléus granuleux ; b gouttelette brune. Gr. ^f- . 1 E. Id. Une partie de la muqueuse intestinale avec ses gros nucléus. Gr. ^-p. 1 F. Id. Un follicule des cirres dorsaux, isolé. Gr. ^-p. I G. Id. Groupe de zoospermes en voie d'évolution. Gr. ip. (538) DU GOLFE DE NAPLES. 175 1 H. Id. Forme exceptionnelle des zoospermes (phase d'évolution). Gr. ;L p. 1 K. Id. Zoospermes mûrs : a aileron membraneux ; b zoosperme à tête exceptionnellement petite. Gr. ^ . 1 L. Id. Mosaïque des bâtonnets rétiniens. Gr. -\ i M. Id. Coupe à travers la couche à bâtonnets de la rétine ; a épiphyses internes ; b diaphyses; c épiphyses pigmentaires rouge-brunes ou externes Gr. ^j- 5 . 1 N. Id. Deux bâtonnets isolés: o diaphyses ; b épiphyses internes; c épiphyses pigmentaires. Gr. 4 -p. i 0. Id. Deux bâtonnets modifiés par l'acide hyperosmique ; n. c comme dans la figure précé- dente. Tir. ^-f- 1 . Fig. 2. Alciopa Cantrainii Najades Canlrainii délie Chinje). Partie latérale de deux segments, vue en dessous ; les soies n'ont pas été dessinées : a ouverlure externe de l'organe seg- mentais , c tube cilié du même appareil; d vésicule séminale pleine de semence; c plaque granuleuse de la lace ventrale ; g glandes sombres ; h acicule. Gr. -~. 2 A. Id. Extrémité antérieure de la trompe Gr. -f. 2 B. Id. L'une des papilles eordiformes du bord de la trompe, remplie de follicules glandu- laires. On aperçoit les pores par lesquels ces follicules débouchent à la surface. Gr. - 3 -°-°. 2 C. Id. Un organe segmentaire de la région antérieure du corps : a pore externe; b enton- noir vibratile engagé dans le dissépiment , c tube cilié. Gr. ^. 2 D. Id. Un organe segmentaire de la région moyenne : a, b. c comme dans la figure précé- dente ; d vésicule séminale pleine de semence. Gr. - 3 -p. Fig. 3. Cleta formosa Clprd. Extrémité antérieure dans la supination. Gr. -f. 3 A. Id. Un pied isolé : a cirre dorsal ; // cirre ventral ; c appendice terminal cirriforme. Gr. ¥• 3 B. Id. Partie de la surface d'un pied, montrant les pores d'émergence des soies. 3 C. Id. Les zoospermes avec leur double queue. Gr. -* }- 5 . Planche XI. Fig. \. Ranzania sagittaria Clprd. Partie antérieure, pronation : a lèvre inférieure ; b tentacules rudimentaires ; c lobe céphalique ; d œsophage Gr. -, 5 . I A. Id. Pied de la quatrième paire : a soies subulées ; b soies en massue tronquée; c soies cultriformes ; (/ tissu aréolaire. Gr. 7 i B. Id. L'une des pharêtres thoraciques. Gr. 1 ~. I C. Id. Pied du U" ,e segment : a rame dorsale ; b rame ventrale. t D. Id. Pied du 13""° segment : a rame dorsale ; b rame ventrale. I E. Id. Pied de la région postérieure, rame dorsale ; a intestin ; b glandes (organe segmen- taire?). I F. Id. Plaque onciale multirostre. Gr. ^-f- 5 . I G. Id. Corpuscules formés dans l'hypoderme de la région antérieure : a follicules bacilli- pares ; b filaments expulsés. 1 H. Id. Une soie des pharêtres thoraciques, avec aileron trés-développé. Gr. *-p. Fig. 2. Hydrophanes Krohnii Clprd. Individu complet, pronation : a les organes vibratiles rétractés; b les glandes bacillipares. Gr. • î î 5 . (539) 176 ANNÉLIDES CHÈTOPODES 2 A. Id. Partie latérale droite du lobe céphalique et du segment buccal : a organe vibratile évaginé. Gr. J-?- 1 . 2 B. Id" Pied isolé. Gr. Lp. 2 C. Id. Soie cultrigère. Gr. ^. 2 D. Id. Soie subulée de la partie inférieure des éventails. Gr. ^p-. 2 E. Id. Soies crochues en S des deux premiers segments sétigères Gr. - 5 -J-. 2 F. Id. L'une des grandes glandes bacillipares de la région antérieure. Gr. '-p. 2 G. Id. Eléments bacilliformes sécrétés par cette glande. Gr. ^p. 2 H. Id. Bord de la trompe : a papilles marginales coniques ; h follicules bacillipares; c folli- cules à contenu granuleux. Gr. 4 p 6 . — il bâtonnets fnsiformes sécrétés par les glandes bacillipares. Gr. - 6 -p. Planche XII. Fig. 1. Stejhppnia flexuosrt Nereis flexuosa délie Chiaje). Le ver entier, pronation. Gr. ]. 1 A. Id. Partie antérieure, pronation. Gr. B ,°- I B. Id. Un pied vu de profil : a vaisseaux sanguins; b cœcum.Gr. -J-. 1 C. Id. Extrémité d'un acicule. I U. Id Soie falcigère à serpe courte. 1 E. Id. Soie falcigère à serpe longue. Fig. 2 Sfiio Bombyx Clprd. Extrémité antérieure, pronation. Gr. \ 5 . 2 A. Id. Une poche sétipare : a paroi de la poche avec ses nucléus : // tissu glandulaire ; c écheveau de soies. Gr. *-p. 2 B. Id. Autre poche sétipare. L p. 2 C. Id. Soies crochues du premier segment. Gr. ^p. 2 D. Id. Soies de diverses formes: a simples capillaires; b simples bordées; c crochets hamiformes ; il soies arquées à surface couverte d'aspérités; ?.l ■■'. $ % I jj *k / I •i a %&%%.'<' Pi, , : #îf- /'/ Il I ■ / I 1.G ■J H ^=>. /// > v v v. Il l'.l /A' 6 <*> a ■ . rterope Alciopa Va.na.dis Ran ; a nia. . ffydrophanes Pi. n JUf. Stephania Spio Jpirorbù /'/ 13 ■ îalmacina .Serpula _ Vcrmilia.. Psygmobran.chus.-Amphic.teis.. Tereb ■ ^KC^. Eà Cla/tartUf dtl U'.ï4trU(hlfber .',-. ieptcchone . Myxicola Branchioinma.. Eupoma>tus êabèlW. k. I A« Aftw' •T*^; R: !■ :^ ^ ^Jifii H™!?\ ^f p 1 ^FaphKK r ^mm(S\ SiïM /7^ ^S^C ■I *^>r l£â 2 jâMIISEW^ ^m . BRI >%*C